Résumé
Contexte
L’objectif de la présente étude était de décrire les taux d’hospitalisation selon le sexe chez les Autochtones au Canada (à l’exclusion du Québec), séparément pour les membres des Premières Nations vivant dans une réserve et hors réserve, les Inuits vivant dans l’Inuit Nunangat (sauf le Nunavik), les Métis et la population non autochtone.
Données et méthodes
Les Cohortes santé et environnement du recensement canadien (CSERCan) de 2006 et de 2011 ont été utilisées, ce qui a permis d’examiner les dossiers d’hospitalisation selon l’identité autochtone déclarée dans le recensement. Cinq années de données sur l’hospitalisation ont été utilisées pour chaque CSERCan. Les causes d’hospitalisation étaient fondées sur le diagnostic principal et étaient codées au niveau du chapitre selon la Classification internationale des maladies (CIM-10-CA). Des taux d’hospitalisation normalisés selon l’âge (THNA) pour 100 000 habitants ainsi que des rapports de taux (RT) ont été calculés pour chaque groupe autochtone par rapport aux non-Autochtones.
Résultats
Les THNA étaient plus élevés chez les Autochtones que chez les non-Autochtones, une tendance qui a été observée tant chez les femmes que chez les hommes des cohortes de 2006 et de 2011. Les profils d’hospitalisation variaient selon le sexe et le groupe autochtone. Les plus grandes disparités avec la population non autochtone ont été observées chez les femmes et les hommes des Premières Nations vivant dans les réserves des deux cohortes. Des RT élevés ont été observés pour les maladies du système endocrinien, nutritionnel et métabolique tant chez les femmes que les hommes des Premières Nations vivant hors réserve, pour les hospitalisations en raison de problèmes de santé mentale tant chez les femmes que les hommes des Premières Nations vivant hors réserve et les hommes inuits ainsi que pour les maladies de l’appareil respiratoire chez les femmes inuites. Chez les femmes et les hommes métis, des RT élevés ont aussi été observés pour les maladies du système endocrinien et les problèmes de santé mentale. Les THNA pour la plupart des causes ont diminué de la cohorte de 2006 et à celle de 2011, à l’exception des THNA pour la santé mentale chez les femmes et les hommes des Premières Nations vivant dans les réserves, qui ont augmenté.
Interprétation
Les résultats présentaient des disparités cohérentes avec celles de l’étude déjà établie sur la santé des Autochtones par rapport aux non-Autochtones. D’autres travaux de recherche sont nécessaires pour comprendre les différences déclarées au chapitre des tendances en matière d’hospitalisation.
Mots clés
couplage de données, CSERCan, dans les réserves, données administratives, dossiers d’hospitalisation, Inuit, Inuit Nunangat, Métis, Premières Nations, recensement, soins de santé
DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202100700002-fra
Résultats
Au Canada, il existe des disparités persistantes dans les résultats en matière de santé entre les populations autochtones et non autochtones. Les raisons expliquant ces disparités sont complexes. On reconnaît que les effets continus de la colonisation, du racisme et des traumatismes intergénérationnels sur les peuples autochtones ainsi que leur plus grand désavantage en ce qui a trait à de nombreux déterminants sociaux de la santé par rapport à la population non autochtone, ont contribué à leurs moins bons résultats en matière de santé. [Article complet]
Auteurs
Evelyne Bougie (Evelyne.Bougie@canada.ca) travaille à la Division de l’analyse de la santé au sein de la Direction des études analytiques de Statistique Canada.
Remerciements
L’auteure remercie Jeremiah Hwee, Dafna Kohen, Veeran-Anne Singh, Mike Tjepkema, Rochelle Garner et Gisèle Carrière qui ont formulé de précieux commentaires sur les versions préliminaires de ce manuscrit. L’auteure remercie également les pairs évaluateurs anonymes de même que les analystes de l’Agence de la santé publique du Canada, du Centre de la statistique et des partenariats autochtones, du Congrès des peuples autochtones, d’Inuit Tapiriit Kanatami et de l’Association des femmes autochtones du Canada qui lui ont fait part de leur opinion.
Début de l'encadré
Ce que l'on sait déjà sur le sujet?
- Plusieurs études ont montré des taux d’hospitalisation en soins de courte durée plus élevés au Canada chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits, comparativement à la population non autochtone.
- Aucune étude nationale à ce jour n’a porté sur les taux d’hospitalisation selon le sexe chez les Autochtones, ni sur les tendances au fil du temps.
Ce qu'apporte l'étude?
- Dans son appel à l’action no 19, la Commission de vérité et réconciliation du Canada a demandé au gouvernement fédéral de publier des données et d’évaluer les tendances à long terme pour un certain nombre d’indicateurs de la santé des peuples autochtones.
- Les données sur les hospitalisations en soins de courte durée sont importantes pour éclairer les politiques en matière de santé et la planification de la prestation des services.
- La présente étude contribue de la façon suivante à l’analyse des tendances en matière d’hospitalisation au sein de la population autochtone à domicile au Canada (à l’exclusion du Québec). Premièrement, une approche normalisée est utilisée pour comparer les taux des membres de deux CSERCan (2006 et 2011). Deuxièmement, les taux d’hospitalisation selon le sexe sont estimés. Troisièmement, le recours à une analyse comparative fondée sur les distinctions permet d'étudier les taux d’hospitalisation chez les membres des Premières Nations vivant dans une réserve et hors réserve, les Inuits vivant dans l’Inuit Nunangat (sauf le Nunavik) et les Métis.
Fin de l'encadré
- Date de modification :