Résumé

Contexte

En octobre 2018, le gouvernement du Canada a légalisé la consommation de cannabis à des fins non médicales, par les adultes, dans le but de réduire les effets néfastes qui y sont associés et de priver les criminels de cette source de profits. En octobre 2019, une plus grande variété de produits du cannabis, dont des produits comestibles, ont été légalisés, puis ont été mis sur le marché en décembre de la même année.

Données et méthodologie

Les données de trois trimestres (le premier trimestre de 2018, le premier trimestre de 2019 et le quatrième trimestre de 2020) de l’Enquête nationale sur le cannabis ont été utilisées pour étudier l’évolution de la consommation de cannabis (globale, tous les jours ou presque tous les jours), des modes de consommation, des produits et de leurs sources.

Résultats

Le pourcentage de Canadiens ayant déclaré avoir consommé du cannabis au cours des trois mois précédents était plus élevé à la fin de 2020 (20,0 %) qu’en 2019 (17,5 %) et en 2018 (14,0 %), et c’était tout particulièrement le cas pour les femmes (dont les taux de consommation ont augmenté jusqu’à égaler, pour la première fois, ceux des hommes), pour les adultes de 25 ans et plus, et dans certaines provinces. Le taux de consommation tous les jours ou presque tous les jours a aussi augmenté, passant à 7,9 %. Le pourcentage de Canadiens ayant déclaré avoir obtenu au moins une partie de leur cannabis légalement ou l’avoir cultivé s’est accru en 2020, alors que le pourcentage ayant indiqué l’avoir obtenu auprès d’amis, de membres de leur famille ou de sources illégales a diminué.

Interprétation

Cette étude s’étend sur trois ans, c’est-à-dire de la période précédant la légalisation jusqu’à environ deux ans après. Elle brosse un tableau plus complet de l’incidence de la législation sur la consommation de cannabis et les comportements connexes, en rendant notamment compte du fait que l’industrie du cannabis légal est maintenant mieux établie et mieux outillée pour concurrencer le marché noir sur le plan du prix, de la commodité et de la diversité de l’offre. Les résultats démontrent que la situation continue d’évoluer et que, tout comme auparavant, une certaine prudence reste de mise et certaines assurances demeurent. L’ampleur des répercussions de la pandémie de COVID-19 sur la consommation de cannabis est encore difficile à mesurer. Il importe de continuer à suivre la situation, compte tenu de la conjoncture sans cesse changeante du commerce de détail dans les provinces, de l’introduction de nouveaux produits vendus légalement, et des pressions exercées par l’industrie pour supprimer ou modifier les limites concernant la teneur des produits et permettre la livraison à grande échelle, les ventes à la ferme et les salons de cannabis.

Mots-clés

légalisation, Loi sur le cannabis, C-45, drogues contrôlées et illicites, marijuana, produits comestibles, Canada

DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202100400001-fra

Résultats

Le 17 octobre 2018, le Canada est devenu le deuxième pays au monde à légaliser la production, la distribution, la vente et la consommation de cannabis à des fins non médicales par les adultes. Cette mesure a fait suite à la légalisation du cannabis pour usage médical une vingtaine d’années plus tôt. Pendant la première année suivant la légalisation du cannabis pour usage non médical au Canada, les changements observés ont été minimes : de manière générale, selon les données autodéclarées, l’augmentation de la consommation a été modeste, et la consommation avant la conduite d’un véhicule n’a pas changé. Par ailleurs, le nombre de consommateurs de cannabis ayant déclaré s’en être procuré auprès d’une source légale s’est accru, une tendance qui a coïncidé avec des hausses marquées des ventes légales au détail, ainsi que des volumes vendus. [Article complet]

Auteure

Michelle Rotermann (michelle.rotermann@canada.ca) travaille à la Division de l’analyse de la santé, au sein de la Direction des études analytiques, à Statistique Canada.

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