Résumé
Contexte
Les médicaments sur ordonnance sont consommés tout au long de la vie, y compris chez les enfants et les jeunes. Les pratiques de prescription peuvent être influencées par l’apparition de nouveaux problèmes de santé, la disponibilité de nouveaux médicaments ainsi que par l’évolution des pratiques cliniques et des connaissances sur l’innocuité et l’efficacité des médicaments. L’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) fournit des renseignements à l’échelle nationale pour faciliter la surveillance de la consommation de médicaments sur ordonnance dans la population.
Données et méthodes
Fondé sur les données de l’ECMS (2012 à 2017), le présent article brosse un tableau de la consommation de médicaments sur ordonnance au cours du dernier mois chez les personnes âgées de 3 à 19 ans. Les renseignements sur 45 médicaments d’ordonnance ont été consignés et classés selon la classification anatomique thérapeutique et chimique de Santé Canada. Des analyses de la fréquence et des analyses bivariées ont permis d’examiner la consommation de médicaments en fonction de facteurs sociodémographiques et liés à la santé. Les catégories de médicaments les plus courantes ont été déterminées pour chaque groupe d’âge.
Résultats
On estime que 23 % des enfants et des jeunes Canadiens (1,5 million) avaient consommé au moins un médicament d’ordonnance au cours du dernier mois et que 9 % en avaient consommé deux ou plus. La consommation de médicaments d’ordonnance était plus courante chez les personnes ayant déclaré des niveaux plus faibles de santé générale et mentale ainsi que chez les personnes qui avaient de l’asthme (51 %), un trouble de l’humeur (71 %), un trouble déficitaire de l’attention (60 %) ou un trouble d’apprentissage (43 %). Les médicaments pour le système respiratoire et le système nerveux figuraient parmi les plus couramment prescrits. En outre, 4 % des jeunes de 14 ans ou plus avaient consommé des médicaments d’ordonnance à des fins non thérapeutiques, pour vivre une expérience, pour l’effet procuré ou pour se geler.
Interprétation
La consommation de médicaments sur ordonnance chez les enfants et les jeunes est courante au Canada. Elle est associée à des niveaux plus faibles de santé autodéclarés et à la présence de problèmes de santé chroniques. Les estimations fournissent un point de référence pour faciliter la surveillance de la consommation de médicaments sur ordonnance au Canada.
Mots clés
Enquête canadienne sur les mesures de la santé, médicaments, prévalence, produits pharmaceutiques
DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202100300001-fra
Résultats
En 2002, la Commission sur l’avenir des soins de santé au Canada a fait rapport sur l’importance accrue et le coût croissant des médicaments dans le système de soins de santé. À ce moment-là, les dépenses en médicaments sur ordonnance totalisaient 14,8 milliards de dollars et représentaient 12,8 % des dépenses totales en santé. On prévoyait qu’en 2019, les dépenses en médicaments sur ordonnance auraient plus que doublé (34,3 milliards de dollars), celles-ci représentant 13,0 % des dépenses en soins de santé au Canada et n’étant dépassées que par celles associées aux hôpitaux (26,6 %) et aux médecins (15,1 %). Les médicaments sur ordonnance devaient constituer 85,1 % de toutes les dépenses en médicaments, les médicaments sans ordonnance représentant les 14,9 % restants. Une comparaison internationale a révélé que les dépenses en médicaments par habitant au Canada étaient élevées parmi les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Par exemple, en 2016, les dépenses en médicaments s’élevaient en moyenne à 1 043 $ par personne au Canada, ce qui plaçait le pays au troisième rang derrière les États-Unis (1 470 $) et la Suisse (1 353 $). [Article complet]
Auteures
Jennifer Servais (Jennifer.Servais@canada.ca) et Julia Gal (Julia.Gal@canada.ca) travaillent au Centre de données sur la santé de la population de Statistique Canada, à Ottawa, en Ontario, au Canada. Pamela L. Ramage-Morin (Pamela.Ramage-Morin@canada.ca) travaille au sein de la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada, à Ottawa, en Ontario, au Canada. Craig M. Hales (chales@cdc.gov) travaille au National Center for Health Statistics, Centers for Disease Control and Prevention, à Hyattsville, au Maryland, aux États-Unis.
Avis de non-responsabilité
Les constatations et les conclusions contenues dans le présent rapport sont celles des auteurs; elles ne reflètent pas nécessairement la position officielle des Centers for Disease Control and Prevention.
Début de l'encadré
Ce que l'on sait déjà sur le sujet?
- Les pratiques de prescription peuvent être influencées par l’apparition de nouveaux problèmes de santé, la disponibilité de nouveaux médicaments ainsi que par l’évolution des pratiques cliniques et des connaissances sur l’innocuité et l’efficacité des médicaments.
- Les données de 2007 à 2011 ont révélé qu’au Canada, 12 % des personnes âgées de 6 à 14 ans et 26 % de celles âgées de 15 à 24 ans avaient consommé un médicament sur ordonnance au cours des deux jours précédents.
- Chez les Canadiens âgés de 15 à 24 ans, la consommation de médicaments sur ordonnance était beaucoup plus élevée chez les femmes (40 %) que chez les hommes (13 %), les contraceptifs prescrits contribuant à cette différence importante.
Ce qu'apporte l'étude?
- Au cours de la période allant de 2012 à 2017, on estime que 23 % (1,5 million) des enfants et des jeunes Canadiens âgés de 3 à 19 ans avaient consommé au moins un médicament sur ordonnance au cours du dernier mois et que 9 % en avaient consommé deux ou plus.
- La consommation de médicaments d’ordonnance était plus courante chez les personnes ayant déclaré des niveaux plus faibles de santé générale et mentale ainsi que chez les personnes qui avaient de l’asthme (51 %), un trouble de l’humeur (71 %), un trouble déficitaire de l’attention (60 %) ou un trouble d’apprentissage (43 %).
- Au total, 4 % des jeunes de 14 ans ou plus avaient consommé des médicaments d’ordonnance à des fins non thérapeutiques, pour vivre une expérience, pour l’effet procuré ou pour se geler.
Fin de l'encadré
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