Résumé

Contexte

La caractérisation des tendances en matière d’usage du tabac avec le temps est essentielle pour évaluer les répercussions des interventions de contrôle de l’usage du tabac et pour prévoir la mortalité liée à l’usage du tabac. À partir d’une cohorte de naissance de 1920, les antécédents d’usage du tabac (c.-à-d. les estimations du début et de l’abandon du tabagisme, et la prévalence des fumeurs actuels et des anciens fumeurs) ont été générés.

Données

L’échantillon de l’Ontario (n = 238 411) des cycles de 2003 à 2013 de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, qui est menée tous les deux ans, a été utilisé pour obtenir des renseignements transversaux sur les comportements actuels en matière d’usage du tabac.

Méthodes

L’âge auquel les personnes ont commencé à fumer et celui auquel elles ont cessé ont été utilisés pour construire des antécédents d’usage du tabac pour chaque répondant, jusqu’à la date de l’enquête. Un modèle âge-période-cohorte a été généré et utilisé pour examiner les différences de survie selon la situation à l’égard de l’usage du tabac. En utilisant le modèle, et après avoir tenu compte des différences de survie selon la situation à l’égard de l’usage du tabac, la prévalence des fumeurs actuels, des anciens fumeurs et des personnes n’ayant jamais fumé a été estimée dans les cohortes, de 1920 à 1985. Le début, l’abandon et l’intensité du tabagisme ont ensuite été estimés pour les répartitions selon l’âge de chaque cohorte de naissance. Ces taux ont été projetés jusqu’en 2041. Les tendances en matière d’usage du tabac par plus haut niveau de scolarité atteint ont été générées en utilisant des modèles stratifiés selon le niveau de scolarité.

Résultats

Les antécédents d’usage du tabac montrent des tendances claires avec le temps selon le sexe, la cohorte et l’âge. Si les tendances actuelles persistent, la prévalence de l’usage du tabac devrait diminuer pour afficher des pourcentages inférieurs à 10 % d’ici 2023 pour les femmes et 2040 pour les hommes.

Interprétation

Des antécédents d’usage du tabac propres aux cohortes de naissance peuvent être générés en utilisant des enquêtes transversales sur la santé. Ces antécédents de cohorte peuvent décrire les tendances en matière d’usage du tabac avec le temps et pour l’avenir. Ces antécédents peuvent aussi être utilisés dans les modèles de microsimulation pour évaluer les interventions historiques ou planifiées de contrôle de l’usage du tabac, et pour projeter la prévalence de l’usage du tabac.

Mots clés

modèles; prévalence statistique; usage du tabac, épidémiologie et tendances; abandon du tabac; statistiques et données numériques; éducation, études

DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202001100002-fra

Résultats

Dans la plupart des pays, y compris le Canada, l’usage du tabac demeure la principale cause de mortalité attribuable à un comportement influant sur la santé. Pour surveiller les progrès vers la réduction de la prévalence de l’usage du tabac, les études se fondent sur l’observation des tendances en matière de prévalence de l’usage du tabac en utilisant soit des enquêtes générales sur la santé de la population, comme l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC), soit des enquêtes thématiques sur l’usage du tabac, comme l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues. Deux propriétés des antécédents d’usage du tabac sont importantes pour évaluer l’effet des stratégies antitabac : exposition au tabac au cours de la vie et renseignements sur le début et l’abandon du tabagisme. L’exposition au tabac au cours de la vie est importante, parce que les maladies chroniques attribuables au tabac comportent une longue période de latence. Les renseignements sur le début et l’abandon du tabagisme sont essentiels pour évaluer les deux principales stratégies pour réduire la prévalence de l’usage du tabac (c.-à-d. les stratégies pour réduire le début du tabagisme ou accroître l’abandon du tabagisme). [Article complet]

Auteurs

Douglas G. Manuel (dmanuel@ohri.ca) et Carol Bennett travaillent à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa et à la CIEE, à Ottawa, en Ontario. Andrew S. Wilton œuvre aussi auprès de la CIEE. Douglas G. Manuel travaille aussi à Statistique Canada et au Département de médecine familiale ainsi qu’à l’École d’épidémiologie, de santé publique et de médecine préventive de l’Université d’Ottawa. Adrian Rohit Dass et Audrey Laporte travaillent à l’École de santé publique Paul Dalla Lana au département des politiques, de la gestion et de l’évaluation de la santé de l’Université de Toronto et au Centre canadien en économie de la santé. Theodore R. Holford travaille au département de biostatistiques de l’École de santé publique de Yale à New Haven, au Connecticut.

Début de l'encadré

 

Ce que l’on sait déjà sur le sujet?

  • Holford et coll. (2014) ont mis au point un modèle générateur d’antécédents d’usage du tabac qui utilise les antécédents d’usage du tabac selon la cohorte de naissance pour modéliser les tendances en matière d’usage du tabac. En utilisant les données d’enquêtes menées aux États-Unis, le modèle âge-période-cohorte a prévu une prévalence de l’usage du tabac qui s’approchait beaucoup de la prévalence de l’usage du tabac observée.
  • Le modèle générateur d’antécédents d’usage du tabac a été utilisé pour projeter la prévalence, l’incidence et l’abandon de l’usage du tabac pour l’avenir. Comportant des modèles de microsimulation, le modèle a aussi été utilisé pour évaluer l’efficacité des stratégies de prévention du tabagisme.

Ce qu’apporte l’étude?

  • Les tendances en matière d’usage du tabac fondées sur les antécédents propres à la cohorte de naissance peuvent être générées au moyen de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes et d’autres enquêtes qui renferment des questions sur l’âge de début de l’usage du tabac et l’âge d’abandon du tabac.
  • Cette étude a découvert une étroite approximation entre la prévalence de l’usage du tabac modélisée et observée au Canada. La répétition de la même méthode de modélisation dans deux pays (le Canada et les États-Unis) laisse supposer que la méthode est robuste.
  • À la connaissance des auteurs, il s’agit de la première étude à estimer les données historiques sur le début et l’abandon du tabagisme selon les groupes sociodémographiques et à projeter la future prévalence de l’usage du tabac. Les projections laissent supposer une grande différence persistante de la prévalence de l’usage du tabac au Canada jusqu’en 2041 entre les personnes ayant un diplôme d’études postsecondaires et celles qui sont sans diplôme d’études secondaires.
  • Il est utile de reproduire cette étude dans d’autres pays ayant des enquêtes similaires sur la santé de la population, compte tenu de la robustesse de l’approche et de l’importance de projeter la prévention de l’usage du tabac.

Fin de l'encadré

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