Résumé

Contexte

Les parents jouent un rôle essentiel dans le sain développement des enfants au cours de la petite enfance. La présente étude a pour objectif d’examiner les associations entre le comportement sédentaire et l’activité physique des parents et ceux des enfants au sein d’un vaste échantillon représentatif d’enfants canadiens âgés de 3 à 5 ans. En outre, elle vise à déterminer si les associations sont différentes chez les fils et les filles et chez les mères et les pères.

Données et méthodes

Le groupe de participants était constitué de 1 116 enfants âgés de 3 à 5 ans et d’un de leur parent biologique issus des cycles 2 à 5 (2009 à 2017) de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé, une enquête transversale permanente. Le temps consacré à des activités sédentaires, l’activité physique d’intensité légère (APL) et l’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse (APMV) ont été mesurés de manière objective chez les parents de même que chez les enfants, au moyen d’accéléromètres Actical. Le nombre moyen de minutes par jour a été calculé pour l’ensemble des jours valides, pour les jours de semaine valides et pour les jours de fin de semaine valides (n = 935). Les parents ont déclaré le temps qu’eux et leurs enfants ont passé devant un écran, et un nombre moyen d’heures par jour a été calculé. Des corrélations de Pearson et des modèles de régression linéaire comprenant des paramètres d’interaction ont été établis.

Résultats

Dans l’échantillon global, tous les niveaux d’activité physique et tous les comportements sédentaires des parents étaient significativement corrélés avec les comportements des enfants (r = 0,08 à 0,20). Aucune interaction liée au sexe n’a été observée pour les parents ou les enfants dans les modèles de régression linéaire. Les modèles n’ont donc pas été stratifiés selon le sexe du parent ou de l’enfant. Des associations significatives dont la taille des effets est petite ont été observées entre tous les comportements des parents et les comportements des enfants. En ce qui a trait aux données de l’accéléromètre, ces associations étaient constantes pour l’ensemble des jours, les jours de semaine et les jours de fin de semaine.

Interprétation

Le comportement sédentaire des parents et leur niveau d’activité physique peuvent constituer des cibles d’intervention au cours de la petite enfance. Cela semble constant, peu importe le sexe du parent ou de l’enfant. Étant donné la petite taille des effets observés, il convient également d’envisager d’autres cibles d’intervention.

Mots-clés

accéléromètre; activité physique; comportement sédentaire; enfants d’âge préscolaire; parents

DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202000200001-fra

Résultats

L’activité physique procure de nombreux avantages pour la santé physique, sociale et cognitive au cours de la petite enfance. Inversement, le comportement sédentaire, surtout le temps passé devant un écran, peut compromettre une croissance et un développement sains dans ce groupe d’âge. Les modèles comportementaux développés au cours de la petite enfance ont des répercussions tout au long de l’enfance. Plus précisément, les résultats ont permis de constater que l’activité physique était modérément stable de la petite enfance jusqu’à la moyenne enfance, alors qu’au cours de la même période, la stabilité du comportement sédentaire était de modérée à grande. Actuellement, seulement 15 % des enfants canadiens d’âge préscolaire (âgés de 3 à 4 ans) respectent à la fois les recommandations concernant l’activité physique (au moins 180 minutes par jour d’activité physique au total, ce qui comprend au moins 60 minutes par jour de jeu énergique) et celles concernant le temps passé devant un écran (1 heure ou moins par jour), conformément aux Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures. Un modèle semblable a été observé dans un échantillon régional de tout-petits à Edmonton, au Canada. [Article complet]

Auteures

Valerie Carson (vlcarson@ualberta.ca) travaille à la Faculté de kinésiologie, du sport et des loisirs de l’Université de l’Alberta, à Edmonton (Alberta). Kellie Langlois et Rachel Colley travaillent au sein de la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada, à Ottawa (Ontario).

Début de l'encadré

 

Ce que l'on sait déjà sur le sujet

  • L’activité physique procure de nombreux bienfaits pour la santé au cours de la petite enfance, tandis qu’un comportement sédentaire excessif, en particulier le temps passé devant un écran, a des répercussions indésirables sur la santé.
  • Moins d’un enfant canadien d’âge préscolaire sur six respecte les recommandations en matière d’activité physique et de temps passé devant un écran.
  • Il est particulièrement important d’examiner les corrélats parentaux du comportement sédentaire et de l’activité physique au cours de la petite enfance, car les jeunes enfants ont une autonomie limitée par rapport à leurs parents.
  • L’importance du rôle de modèle que joue le parent en matière de comportement sédentaire et d’activité physique au cours de la petite enfance n’est pas claire en raison des lacunes et des limites des données probantes.

Ce qu'apporte l'étude

  • Des associations parents-enfants en ce qui concerne le comportement sédentaire et le niveau d’activité physique ont été observées au sein d’un échantillon représentatif de Canadiens âgés de 3 à 5 ans.
  • Un degré plus élevé d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse et d’activité physique d’intensité légère chez les parents a été associé à un degré plus élevé d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse et d’activité physique d’intensité légère chez les enfants.
  • Chaque heure additionnelle de temps passé devant un écran et de temps consacré à des activités sédentaires chez les parents était associée à une hausse d’environ 8 minutes du temps passé devant un écran et de 7 minutes du temps consacré à des activités sédentaires chez les enfants, respectivement.
  • Contrairement à ce qui était observé chez les groupes plus âgés, les associations entre le comportement sédentaire et le niveau d’activité physique des parents et les comportements des enfants n’étaient pas différentes selon le jour de la semaine (un jour de semaine par rapport à un jour de fin de semaine), le sexe du parent (mère ou père) ou le sexe de l’enfant (fils ou fille).

Fin de l'encadré

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