Résumé

Introduction

L’exposition au combat militaire est associée à des problèmes de santé mentale, notamment au trouble de stress post-traumatique (TSPT) et à la dépression. Pour comprendre les effets du combat sur les problèmes de santé, il faut pouvoir mesurer les expériences de combat de façon fiable, mais un grand nombre d’échelles utilisées antérieurement sont très longues. Une mesure rapide de l’exposition au combat est bénéfique pour les militaires parce qu’elle allège le fardeau de réponse et elle réduit le temps nécessaire pour répondre au questionnaire dans des conditions postdéploiements ainsi que dans le cadre de vastes enquêtes sur la santé qui sont représentatives de la population.

Données et méthodes

La présente étude vise à décrire les propriétés psychométriques d’une mesure rapide de l’exposition au combat au sein du personnel des Forces armées canadiennes (FAC). Les données tirées du dépistage postdéploiement ont servi à comparer les propriétés psychométriques d’une échelle à 8 éléments à celles d’une échelle plus longue à partir de laquelle elle avait été élaborée.

Résultats

La mesure à 8 éléments ne s’ajustait pas bien à une solution unifactorielle et n’a pas donné lieu à une amélioration significative sur le plan statistique de l’ajustement du modèle par rapport à la mesure plus longue à 30 éléments. Par contre, son association à des cotes exprimant le risque de présenter un certain nombre de résultats en matière de santé plus élevées indique qu’elle pourrait être utile comme mesure rapide de l’exposition au combat dans des conditions où il est impossible d’utiliser l’échelle plus longue.

Interprétation

Les mesures rapides de l’exposition au combat sont utiles pour évaluer des événements vécus par le personnel militaire durant un déploiement. Même si l’échelle à 8 éléments de l’exposition au combat qui a été évaluée dans la présente étude constitue une mesure potentiellement utile pour le personnel des FAC, il faudra effectuer de plus amples recherches pour améliorer son ajustement.

Mots-clés

Afghanistan, Canada, combat, dépistage postdéploiement, déploiement, militaire, troubles de stress, trouble de stress post-traumatique

DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x201901100002-fra

Résultats

Les recherches ont invariablement montré que l’exposition au combat militaire est associée à une foule de problèmes de santé mentale, notamment le trouble de stress post-traumatique (TSPT), la dépression et l’abus d’alcool, l’association la plus étroite étant affichée par le TSPT. En outre, on a associé l’exposition au combat à l’abus d’alcool ou de drogues, à l’idéation suicidaire, aux blessures et aux traumatismes cérébraux. Pour comprendre les effets du combat sur les problèmes de santé, il faut pouvoir mesurer les expériences de combat de façon fiable. Les mesures génériques des traumatismes comportent des éléments qui illustrent les expériences militaires de façon théorique (p. ex. l’exposition au combat ou les opérations de maintien de la paix), mais leur utilisation comporte plusieurs limites : un manque de précision quant aux expériences particulières sur lesquelles les personnes interrogées se basent pour souscrire à un élément, une incapacité à saisir le vaste éventail d’intensités des expériences de combat et une incapacité à relier d’autres éléments traumatiques de l’inventaire au service militaire. [Article complet]

Auteurs

Kerry A. Sudom (kerry.sudom@forces.gc.ca), et Robert Nesdole travaillent pour la Directeur général Recherche et analyse stratégiques (Personnel militaire), Recherche et développement pour la défense Canada. Mark A. Zamorski (décédé le 17 août 2018) travaillait à la Direction de la santé mentale du Groupe des Services de santé des Forces canadiennes et au Département de médecine familiale de l’Université d’Ottawa, en Ontario.

Début de l'encadré

 

Ce que l’on sait déjà sur le sujet

  • Il est important de pouvoir évaluer de manière fiable et précise les événements vécus durant un déploiement militaire afin de comprendre les effets du combat sur les problèmes de santé, notamment le trouble de stress post-traumatique (TSPT) et la dépression.
  • Dans les recherches antérieures, on a souvent utilisé de longues listes d’expériences de combat pour mesurer l’exposition à des événements durant le déploiement.
  • Une échelle plus concise aurait l’avantage d’être plus rapide et facile à utiliser dans des conditions postdéploiements, ce qui allégerait par conséquent le fardeau de réponse et la charge administrative.

Ce qu’apporte l’étude

  • À l’instar d’échelles plus longues, la mesure rapide de l’exposition au combat examinée dans la présente étude était associée à une variété de résultats en matière de santé, notamment la dépression, le TSPT et les traumatismes cérébraux.
  • L’association des scores de l’échelle abrégée à des cotes exprimant le risque de présenter des problèmes de santé plus élevées indique que l’échelle serait potentiellement utile comme mesure rapide de l’exposition au combat dont on se servirait dans des conditions où il est impossible d’utiliser l’échelle plus longue.

Fin de l'encadré

Date de modification :