Résumé

Contexte

Le cancer de la prostate est le type de cancer le plus courant chez les hommes au Canada. Les recommandations relatives au dépistage ont considérablement changé au cours des 25 dernières années. Depuis 2011 (aux États-Unis) et 2014 (au Canada), selon des lignes directrices de groupes de travail, le dépistage au moyen du test de dépistage de l’antigène prostatique spécifique (APS) est déconseillé chez les hommes à faible risque de tous les âges. La présente étude expose les tendances relatives à l’incidence du cancer de la prostate, à la mortalité et au stade au moment du diagnostic au Canada de 1992 à 2015.

Données et méthodes

Les données sur l’incidence du cancer de la prostate, la mortalité et le stade au moment du diagnostic sont tirées du Registre canadien du cancer et de la Statistique de l’état civil du Canada — Base de données sur les décès de Statistique Canada. Une analyse au moyen du logiciel Joinpoint a été réalisée pour examiner les tendances au fil du temps.

Résultats

Le taux d’incidence normalisé selon l’âge (TINA) du cancer de la prostate a atteint un sommet en 1993 et en 2001, puis a diminué par la suite. De 2011 à 2015, le TINA a diminué de 9,3 % par année. Le taux de mortalité normalisé selon l’âge (TMNA) n’a cessé de diminuer de 1992 à 2015, mais a diminué plus rapidement (2,9 % par année) après 2001. Les données de deux provinces révèlent que, de 2005 à 2015, le taux de cancer de stade I et de stade II a diminué de 3,2 % par année, tandis que le taux de cancer de stade III et de stade IV est demeuré relativement stable.

Interprétation

L’incidence du cancer de la prostate a sensiblement diminué au cours des dernières années. La majeure partie de cette diminution semble concerner les cas localisés (stade I et stade II). Les variations observées dans l’incidence témoignent des changements apportés aux recommandations relatives au dépistage de l’APS. Dans les travaux à venir, la surveillance des tendances au fil du temps à l’échelle nationale devrait être poursuivie, surtout dans la mesure où elles sont liées aux recommandations relatives au dépistage.

Mots-clés

cancer, prostate, antigène prostatique spécifique, dépistage, santé des hommes, santé publique.

DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x201900400002-fra

Résultats

La prostate, qui fait partie des systèmes reproducteur et urinaire de l’homme, est une petite glande située juste au-dessous de la vessie. Les modifications que subissent les cellules de la prostate peuvent entraîner des affections bénignes comme la prostatite ou l’hyperplasie bénigne de la prostate, des états précancéreux comme la néoplasie intra-épithéliale de la prostate ou le cancer de la prostate. Le cancer de la prostate est le type de cancer le plus courant chez les hommes au Canada, suivi du cancer colorectal, du cancer du poumon et du cancer de la vessie. Des analyses récentes de la Société canadienne du cancer indiquent que 1 homme sur 7 recevra un diagnostic de cancer de la prostate au cours de sa vie et que 1 homme sur 29 décédera des suites de la maladie. [Texte intégral]

Auteurs

Allana G. LeBlanc (allana.leblanc@canada.ca), Alain Demers et Amanda Shaw travaillent à la Division des maladies et affections chroniques chez les adultes, au Centre de surveillance et de recherche appliquée de l’Agence de la santé publique du Canada, à Ottawa, en Ontario.

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