Résumé

Contexte

Les niveaux d’activité physique autodéclarée et mesurée par accéléromètre présentent généralement une faible corrélation et une faible concordance. La présente étude vise à comparer les estimations de l’activité physique chez les adultes provenant d’un nouveau questionnaire canadien à celles obtenues de façon objective par accélérométrie.

Données et méthodes

Les données se rapportant aux personnes âgées de 18 à 79 ans (n = 2 372) ont été recueillies en 2014 et en 2015 dans le cadre de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS). L’activité physique modérée à vigoureuse (APMV) a été déclarée dans le questionnaire de l’enquête menée auprès des ménages selon le contexte de l’activité (transport, loisirs et travail ou tâches ménagères) dans le cadre du nouveau Questionnaire sur les activités physiques destiné aux adultes (QAPA). En outre, l’APMV a été mesurée de façon objective à l’aide de l’accéléromètre Actical. Des analyses des corrélations et des écarts moyens ont été menées pour évaluer les relations entre les variables de l’activité physique mesurée et celles de l’activité physique déclarée. Une régression linéaire a servi à vérifier l’association entre l’activité physique mesurée et déclarée et des mesures de l’obésité.

Résultats

En moyenne, l’activité physique déclarée par les adultes au Canada était supérieure à celle calculée par un accéléromètre (49 minutes par rapport à 23 minutes par jour). La plus forte corrélation a été observée entre l’APMV mesurée par accéléromètre et la somme de l’activité autodéclarée liée aux loisirs et au transport (R = 0,36, p < 0,0001). La somme de l’activité pratiquée dans tous les contextes (loisirs + transport + travail ou tâches ménagères) présentait une plus faible corrélation avec les variables mesurées parce que le contexte du travail ou des tâches ménagères affichait une corrélation négative avec l’APMV (R = ‐0,04). Le contexte du travail ou des tâches ménagères présentait une corrélation positive avec l’activité physique d’intensité légère (APIL) (R = 0,20, < 0,0001). Les répondants se classant dans le quintile le moins actif étaient plus susceptibles que ceux qui se classaient dans le quintile le plus actif de déclarer une activité supérieure à celle mesurée par l’accéléromètre. En moyenne, l’activité déclarée par le quintile le plus actif était inférieure à celle mesurée par l’accéléromètre.

Interprétation

Le nouveau questionnaire canadien sur l’activité physique a permis d’observer une corrélation et une concordance modestes avec l’activité physique mesurée par accéléromètre chez les adultes. Les accéléromètres et les questionnaires permettent d’obtenir des renseignements complémentaires sur différents aspects de l’activité physique (le mouvement réel par rapport au temps perçu). En conséquence, il faut faire preuve de prudence lorsqu’on utilise de manière interchangeable les estimations calculées à partir de ces méthodes.

Mots clés

Collecte de données, enquêtes sur la santé, exercice, mesure directe, mouvement

Résultats

Les Directives canadiennes en matière d’activité physique (les Directives) pour les adultes (⋝ 150 minutes par semaine d’activité physique modérée à vigoureuse [APMV] par tranches de ⋝ 10 minutes) reposent sur de nombreuses données probantes, lesquelles montrent que l’activité physique est associée à un risque moins élevé de maladies chroniques et de mortalité toutes causes confondues. L’utilisation d’appareils permettant de mesurer de manière objective l’activité physique dans le cadre des enquêtes nationales sur la santé de la population au Canada a élargi la portée des solutions envisageables pour la surveillance de l’activité physique. Cependant, le manque de concordance entre l’estimation mesurée et celle autodéclarée en ce qui a trait à l’activité physique pose un défi en matière de surveillance. Les données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) de 2016 montrent que près de la moitié des adultes au Canada se considèrent comme au moins modérément actifs durant leurs loisirs, tandis que les données mesurées par accéléromètre de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) de 2014 à 2015 montrent que seulement 17 % d’entre eux respectent les Directives actuelles. En ce qui a trait à la santé, les écarts entre l’activité physique autodéclarée et celle mesurée par accéléromètre et leur degré d’association posent un autre défi pour ce qui est de concilier les différences entre les méthodes. [Texte intégral]

Auteurs

Rachel C. Colley (rachel.colley@canada.ca) et Didier Garriguet travaillent au sein de la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada, à Ottawa, en Ontario. Gregory Butler, Stephanie A. Prince et Karen C. Roberts travaillent au Centre de surveillance et de recherche appliquée de l’Agence de la santé publique du Canada, à Ottawa. Stephanie A. Prince travaille également à la Division de prévention et de réadaptation cardiaque de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa.

Début de l'encadré

 

Ce que l'on sait déjà sur le sujet

  • Les niveaux d’activité physique autodéclarée et d’activité physique mesurée par accéléromètre présentent généralement une faible corrélation et une faible concordance.
  • Des comparaisons faites précédemment entre l’activité physique autodéclarée et celle mesurée par accéléromètre à l’aide des données de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) ont révélé une faible corrélation entre les méthodes et des écarts importants dans le nombre de minutes d’activité physique calculée par jour et le respect des Directives en matière d’activité physique.
  • Un nouveau module du questionnaire sur l’activité physique a été adopté dans le cadre de l’ECMS de 2014 à 2015 dans le but de remédier à certaines limites observées dans les modules précédents.

Ce qu'apporte l'étude

  • En moyenne, l’activité physique déclarée par les adultes au Canada est supérieure à celle calculée par l’accéléromètre.
  • La corrélation était faible entre les données autodéclarées issues du nouveau module du questionnaire et l’activité physique mesurée par accéléromètre. Cette constatation est conforme aux résultats obtenus pour d’autres modules du questionnaire.
  • La somme de l’activité physique liée aux loisirs et de celle liée au transport correspondait davantage aux données mesurées par accéléromètre.
  • La présente étude confirme les conclusions de rapports précédents selon lesquelles les questionnaires et les accéléromètres mesurent des aspects différents de l’activité physique et ne doivent donc pas être utilisés de manière interchangeable.

Fin de l'encadré

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