Résumé

Résumé

Contexte

Une petite fraction de la population est responsable d’une part disproportionnée des dépenses et des ressources en soins de santé. Le fait de coupler les enquêtes sur la santé aux dossiers d’hospitalisation et aux enregistrements de décès permet d’examiner plus en détail la grande utilisation des services hospitaliers de soins de courte durée qu’en ayant recours aux données administratives seulement.

Données et méthodologie

Les données de 62 675 participants à trois cycles de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes ont été couplées à celles de la Base de données sur les congés des patients et de la Base canadienne de données sur la mortalité. Les participants ont été classés selon le total annuel de journées passées à l’hôpital : les grands utilisateurs (30 jours ou plus), les utilisateurs faibles ou modérés (de 1 à 29 jours) et les non-utilisateurs (personnes n’ayant pas été hospitalisées). Des tableaux croisés stratifiés selon l’âge (de 50 à 74 ans et 75 ans et plus) ont été utilisés pour décrire les caractéristiques sociodémographiques, sur la santé, sur le comportement influant sur la santé et sur l’expérience hospitalière des trois groupes d’utilisateurs. Un modèle logit multinomial et une régression logistique ont été utilisés pour examiner les associations entre ces caractéristiques et l’utilisation élevée ou l’absence d’utilisation par rapport à une utilisation faible ou modérée des services hospitaliers.

Résultats

Les grands utilisateurs constituent 0,5 % de la population âgée de 50 à 74 ans et 2,6 % de la population âgée de 75 ans et plus, mais ils enregistraient 45,6 % et 56,1 %, respectivement, du nombre de jours passés à l’hôpital pour les personnes de ces groupes d’âge. Le fait de ne pas avoir de conjoint, de se trouver en fin de vie, de souffrir d’un trouble neurologique, d’être inactif ou de présenter une comorbidité (chez les personnes âgées de 50 à 74 ans) augmentait la cote exprimant le risque d’être un grand utilisateur des services hospitaliers. Le fait d’être de sexe féminin, de ne pas souffrir de problèmes de santé chroniques majeurs, de ne pas être en fin de vie, d’avoir un poids normal ou d’être en surpoids et d’être actif était associé au fait de ne pas nécessiter d’hospitalisation.

Interprétation

Le couplage des données d’enquête, d’hospitalisation et de décès améliore la compréhension des facteurs associés à l’utilisation élevée des services hospitaliers.

Résultats

Les dépenses en matière de soins de santé ont été estimées à 218 milliards de dollars en 2016 et représentaient plus de 11 % du produit intérieur brut du Canada. Un faible pourcentage de la population (de 1 % à 5 %) est à l’origine d’une grande part de ces coûts de soins de santé et de l’utilisation des ressources. [Texte intégral]

Mots clés

Couplage de données, enquête sur la santé, coûts hospitaliers, dossiers d’hospitalisation, hospitalisation, durée de séjour, mortalité, statistique de l’état civil

Auteurs

Michelle Rotermann (Michelle.Rotermann@canada.ca) travaille à la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada, Ottawa, Ontario, K1A 0T6.

Début de l'encadré

 

Ce que l’on sait déjà sur le sujet

  • Les grands utilisateurs des services hospitaliers constituent une petite fraction de la population. Toutefois, ils représentent une part disproportionnée des dépenses et des ressources en matière de soins de santé.
  • Les données administratives des hôpitaux montrent qu’une grande utilisation des services hospitaliers tend à être associée au vieillissement, aux maladies chroniques et aux troubles de la mobilité.
  • On sait moins de choses à propos des facteurs qui ne sont pas couverts par les données hospitalières, comme le fait d’être en fin de vie, l’état matrimonial, le poids et l’inactivité physique.
  • La plupart des études canadiennes portant sur l’utilisation des services hospitaliers concernent les provinces individuelles.

Ce qu’apporte l’étude

  • Le fait de coupler les données d’enquête aux données administratives des hôpitaux a permis d’obtenir une large base de données nationale pour étudier la grande utilisation des services hospitaliers de soins de courte durée chez les personnes âgées de 50 ans et plus.
  • Les troubles neurologiques, un score non nul de l’indice de comorbidité de Charlson (pour les personnes de 50 à 74 ans), le transfert vers des soins de longue durée, le fait d’être en fin de vie, l’inactivité et le fait de ne pas avoir de conjoint étaient tous des facteurs augmentant la cote exprimant le risque d’être un grand utilisateur des services hospitaliers, par rapport au risque d’être un utilisateur faible ou modéré.
  • Le fait d’être une femme, d’avoir un poids normal ou d’être en surpoids, de faire de l’activité physique, de ne pas souffrir de nombreuses maladies graves et de ne pas être en fin de vie était associé au fait de ne pas être hospitalisé, par rapport à être un utilisateur faible ou modéré.

Fin de l'encadré

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