Rapports sur la santé
Exposition au soleil, protection solaire et coup de soleil chez les adultes canadiens

par Lauren Pinault et Vitali Fioletov

Date de diffusion : le 17 mai 2017

Le cancer de la peau a l’incidence la plus élevée de tous les cancers au CanadaNote 1Note 2. La Société canadienne du cancer a évalué qu’il y a eu 6 800 nouveaux cas de mélanome cutané et 78 300 nouveaux cas de cancer de la peau avec mélanome bénin en 2015Note 2. De 1986 à 2010, l’incidence du mélanome a augmenté de 2 % par année chez les hommes, et de 1,5 % par année chez les femmesNote 1.

Le principal facteur de risque pour tous les cancers de la peau est l’exposition aux rayons ultraviolets (UV) provenant principalement du soleil, mais aussi des appareils de bronzageNote 1Note 3. L’exposition aux rayons UV varie en fonction du temps passé au soleil et des comportements en matière de protection individuelle. Selon des enquêtes canadiennes et américaines, de 30 % à 40 % des adultes portent un écran solaire ou se tiennent à l’ombre, et de 30 % à 45 % des hommes portent des vêtements protecteursNote 4Note 5Note 6. Des différences en ce qui concerne les pratiques en matière de protection solaire ont été observées entre les sexes et les groupes d’âge; par exemple, les jeunes adultes portent plus fréquemment un écran solaireNote 4Note 5Note 6.

Des antécédents de coups de soleil graves sont aussi un important facteur de risque pour le mélanome et le cancer de la peau avec mélanome béninNote 7Note 8. Les coups de soleil sont habituellement le résultat d’une exposition intermittente à de fortes doses de rayons UVNote 8. Selon les résultats de la National Health Interview Survey réalisée en 2010 aux États-Unis et de l’Enquête nationale sur l’exposition au soleil de 2006, au Canada, 37 % des adultes ont déclaré avoir eu au moins un coup de soleil par année au cours des mois estivauxNote 6Note 9. Les coups de soleil sont plus fréquents chez les hommes, les groupes d’âges plus jeunes, les travailleurs à l’extérieur, les personnes dont la couleur de la peau est pâle et celles qui ont un revenu supérieurNote 6Note 9Note 10.

En plus du portrait national complet des comportements en matière de protection solaire au Canada dévoilé par l’Enquête nationale sur l’exposition au soleil de 2006 (n = 7 121)Note 6, 58 120 répondants ont été interviewés, entre 2005 et 2014, dans six provinces, au sujet de plusieurs de ces comportements dans le cadre d’un module sur la protection contre le soleil (MPS) optionnel de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC). En fonction des données du MPS, la présente étude quantifie les coups de soleil et les pratiques de protection solaire au cours des loisirs, selon les caractéristiques socioéconomiques et démographiques de cet échantillon plus vaste, mais non représentatif à l’échelle nationale. Comme nouveauté, l’étude évalue aussi les associations entre les rayons UV érythémateux ambiants (évalués selon le lieu de résidence du répondant) et les coups de soleil et les comportements axés sur la protection solaire.

Méthodes

Sources de données

L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) est une enquête transversale auprès des Canadiens âgés de 12 ans et plus, qui compile des données sur la santé au moyen d’une base d’échantillonnage se fondant sur les régions sociosanitaires. L’ESCC a été réalisée tous les deux ans, de 2000 à 2007, puis annuellement. Elle exclut les résidents de réserves indiennes, d’établissements autochtones, d’établissements institutionnels et de certaines communautés nordiques éloignées, ainsi que les membres à temps plein des Forces armées canadiennesNote 11. Un module sur la protection contre le soleil (MPS) optionnel a été choisi par six provinces (Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Québec, Saskatchewan et Alberta) lors d’années différentes au cours de la période de 2005 à 2014. Le module renfermait des questions au sujet des coups de soleil subis au cours des 12 mois précédents, du temps passé au soleil et de la protection solaireNote 12Note 13Note 14Note 15Note 16; l’exposition au soleil au travail n’a pas été évaluée. Des 58 120 répondants au MPS (cycles regroupés), 4 990 étaient des enfants âgés de 12 à 17 ans, qui ont été exclus de l’étude actuelle en raison du rôle que joue fréquemment l’engagement des adultes en ce qui concerne l’adoption d’un comportement sécuritaire quant à l’exposition au soleil (point non évalué par le MPS). L’analyse touchait 53 130 répondants âgés de 18 ans ou plus. Puisque le MPS a été utilisé dans différentes provinces à des moments différents (tableau 1), il n’était pas possible d’examiner les changements au fil du temps.

Les données sur les rayons UV ambiants représentent des estimations des doses de rayons UV quotidiennes pour le spectre d’action érythémateuse (coup de soleil) (en joules par m2) pour chaque mois de l’année, selon une grille de 1 ° sur 1 ° créée par Environnement et Changement climatique CanadaNote 17. Ces estimations ont été validées au moyen d’estimations au sol obtenues à l’aide de spectrophotomètres de Brewer au Canada et aux États-UnisNote 17. Un lien entre les valeurs climatologiques des rayons UV et le risque de mélanome a été établi pour le CanadaNote 18. Puisque l’exposition à des rayons UV ambiants se produit principalement au cours de l’été au Canada, et que les questions sur la protection contre le soleil ont été posées pour une journée estivale typique, la moyenne des doses de rayons UV érythémateux quotidiens pour juin, juillet et août a été utilisée pour évaluer les rayons UV estivaux ambiants.

Au moyen d’un Système d’information géographique (SIG) (ArcGIS v.10, ESRI 2010), des estimations des rayons UV ont été créées pour les répondants au MPS à leur lieu de résidence, en fonction de leur code postal. Des points de représentation pour les codes postaux des répondants ont été attribués avec la version 6C du Fichier de conversion des codes postaux Plus (FCCP+) de Statistique Canada, au moyen d’un algorithme de répartition aléatoire pondérée en fonction de la populationNote 19.

Analyse statistique

On a demandé aux répondants au MPS s’ils ont eu un coup de soleil sur n’importe quelle partie du corps au cours des 12 mois précédents. On leur a aussi posé des questions sur le temps qu’ils ont passé au soleil, entre 11 h et 16 h, pendant une fin de semaine ou un congé typique de l’étéNote 20. On a posé des questions aux répondants qui ont déclaré passer au moins 30 minutes au soleil (dans le cadre de l’enquête) au sujet des mesures de protection prises : Au cours des mois d’été, pendant une fin de semaine ou une journée de congé typique, lorsque vous êtes exposé au soleil pendant des périodes de 30 minutes ou plus, à quelle fréquence :.. tentez-vous de vous mettre à l’ombre, portez-vous un chapeau, portez-vous un pantalon ou une jupe longue, appliquez-vous un écran solaire sur votre visage ou sur votre corps.Note 12Note 13Note 14Note 15Note 16? Une variable dichotomique a été créée pour chaque question afin d’identifier les répondants qui ont répondu de manière affirmative (« toujours » ou « parfois »)Note 8Note 10. L’analyse comprenait le sexe, l’âge, l’appartenance à une minorité visible, le quintile du revenu du ménage et la situation d’emploi. Les quintiles de revenu ont été déterminés au moyen de la variable de répartition du revenu du ménage de l’ESCC, qui est tirée du revenu personnel total autodéclaré, de la taille du ménage et de la géographieNote 12Note 13Note 14Note 15Note 16. Les données sur le type de peau n’étaient pas accessibles. Les données sur les rayons UV érythémateux ont été transformées en cote z, tandis qu’une unité correspondait à un écart type (187 J/m2 ou 5,4 % de l’exposition moyenne de tous les répondants).

Pour décrire le temps passé au soleil et le comportement en matière de protection, des proportions binomiales ont été calculées pour la moyenne et les limites de confiance de Wilson de 95 %. La régression logistique a servi pour évaluer les associations entre les cotes exprimant le risque de coup de soleil et les caractéristiques socioéconomiques, le temps passé au soleil et les rayons UV ambiants; les cotes exprimant le risque de coup de soleil et différents comportements en matière de protection; les cotes relatives à la déclaration d’un comportement en matière de protection et les rayons UV ambiants. Les poids de sondage de l’ESCC ont servi à évaluer les moyennes représentatives de la population dans les provinces faisant partie de l’échantillon. Avant l’analyse, des poids de sondage ont été divisés par le nombre de périodes étudiées (cinq périodes de deux ans). Lorsque c’était pertinent, les analyses ont été stratifiées selon le sexe.

Résultats

Population étudiée

Les caractéristiques sélectionnées des 53 130 répondants adultes au MPS se trouvent dans le tableau 1. L’enquête n’était pas représentative à l’échelle nationale. La majorité des répondants vivaient au Québec (40 %) ou en Alberta (20 %). Presque tous les répondants (98 %) ont répondu à la question sur les coups de soleil, sans égard à leurs caractéristiques socioéconomiques. En ce qui concerne la question sur la protection solaire, 69 % des répondants ont répondu; le taux de réponse était supérieur chez les personnes plus jeunes, appartenant aux quintiles de revenu supérieur et ayant un emploi. Ces différences en ce qui concerne les réponses étaient attribuables en grande partie aux différences en ce qui a trait à la population non visée par l’enquête plutôt qu’à la non-réponse, même si le taux de non-réponse était supérieur chez les personnes âgées de 80 ans ou plus et les personnes qui sont incapables de travailler. La moyenne des rayons UV érythémateux ambiants de juin à août a atteint 3 479 J/m2 (plage allant de 2 789 à 4 111 J/m2) et ne variait pas en fonction des caractéristiques socioéconomiques (données non illustrées). Les données sur le type de peau n’étaient pas accessibles. Cependant, 91 % des répondants ont déclaré ne pas faire partie d’une minorité visible.

Exposition au soleil

Lors d’une journée estivale « typique » (fin de semaine ou congé), 13 % des répondants n’ont pas passé de temps au soleil entre 11 h et 16 h. En outre, 41 % ont déclaré avoir passé moins de 2 heures au soleil. Des pourcentages plus petits de répondants ont déclaré avoir passé de 2 à 4 heures (29 %) ou plus de 4 heures (17 %) au soleil.

Les personnes qui n’ont pas passé de temps au soleil étaient plus susceptibles d’être des femmes, d’être plus âgées, d’avoir un revenu du ménage inférieur et d’être incapables de travailler (tableau 2). Les personnes qui ont déclaré passer plus de 4 heures au soleil étaient plus susceptibles d’être des hommes, d’être des personnes plus jeunes, de ne pas faire partie des minorités visibles, d’avoir un revenu supérieur et d’avoir un emploi (tableau 2).

Protection solaire

Chez les personnes qui ont passé au moins 30 minutes au soleil pendant une journée estivale « typique », la précaution la plus fréquemment prise était l’application d’un écran solaire au visage (45 %) (tableau 3). Des pourcentages plutôt inférieurs de répondants ont indiqué se tenir à l’ombre (41 %), porter un chapeau (39 %) ou appliquer un écran solaire sur le corps (38 %). Un peu plus du quart (27 %) des répondants portaient un pantalon ou une jupe longue.

Les mesures de protection solaire utilisées ont varié entre les sexes : les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de se tenir à l’ombre (46 %) et de porter un écran solaire au visage (63 %) et au corps (51 %); les hommes étaient plus susceptibles que les femmes de porter un chapeau (50 %) ou un pantalon (35 %).

Les personnes plus âgées étaient plus susceptibles de déclarer se tenir à l’ombre et porter des vêtements protecteurs. Les jeunes étaient plus susceptibles de déclarer porter un écran solaire. Les personnes qui vivaient dans un ménage à revenu supérieur ou qui avaient un emploi étaient plus susceptibles de porter un écran solaire et moins susceptibles de porter un pantalon ou une jupe longue que les résidents des ménages à revenu inférieur et les personnes n’ayant pas d’emploi.

Des modèles de régression logistique multiple ont servi à déterminer si les rayons UV ambiants et les mesures de précaution étaient associés. Chez les hommes, une légère association négative a été observée entre les rayons UV ambiants et l’utilisation d’une protection solaire, à l’exception du port d’un écran solaire sur le corps (tableau 4). Réciproquement, lorsque les rayons UV ambiants augmentaient, les femmes étaient plus susceptibles de déclarer employer la plupart des mesures de protection, plus particulièrement le fait de se tenir à l’ombre (RC = 1,07; IC de 95 % : 1,06 à 1,08), de porter un chapeau (RC = 1,09; IC de 95 % : 1,09 à 1,10) et d’appliquer un écran solaire au visage (RC = 1,07; IC de 95 % : 1,06 à 1,07).

Coups de soleil

Un tiers (33 %) des répondants au MPS ont déclaré avoir eu un coup de soleil au cours des 12 mois précédents, soit 30 % des femmes et 37 % des hommes. Des coups de soleil accompagnés de cloques ont été déclarés par 3 % des répondants. En outre, 10 % des répondants ont déclaré avoir eu un coup de soleil qui avait été douloureux pendant plus d’une journée (données absentes des tableaux).

Selon les résultats de la régression logistique, les hommes étaient plus susceptibles que les femmes d’avoir eu un coup de soleil (RC = 1,21; IC de 95 % : 1,20 à 1,22) (tableau 5). Cependant, en ce qui concerne les deux sexes, les tendances en ce qui concerne les rapports de cotes pour les coups de soleil selon les caractéristiques socioéconomiques et le temps passé au soleil étaient semblables. Dans l’ensemble, on a observé moins fréquemment des coups de soleil plus les gens étaient âgés, ainsi que chez les membres des minorités visibles (RC = 0,20; IC de 95 % : 0,20 à 0,20). La cote exprimant le risque de coup de soleil augmentait lorsque le quintile du revenu du ménage était supérieur. En outre, elle était plus élevée chez les personnes qui avaient un emploi et celles qui passaient davantage de temps au soleil pendant leurs loisirs. L’association négative entre les rayons UV ambiants et les coups de soleil était faible, mais significative sur le plan statistique, chez les femmes.

Selon les résultats d’un deuxième modèle de régression logistique qui a servi à déterminer l’association entre les coups de soleil et les comportements en matière de protection, les coups de soleil étaient signalés moins fréquemment par les personnes qui portaient un pantalon ou une jupe longue (RC = 0,66; IC de 95 % : 0,65 à 0,67) et par celles qui se tenaient à l’ombre (RC = 0,90; IC de 95 % : 0,89 à 0,91) (tableau 6). Cependant, les coups de soleil ont été signalés plus fréquemment par les hommes qui portaient un chapeau (RC = 1,01; IC de 95 % : 1,00 à 1,02) et les personnes qui avaient appliqué un écran solaire au visage (RC = 1,20; IC de 95 % : 1,19 à 1,20) ou au corps (RC = 1,14; IC de 95 % : 1,13 à 1,15).

Discussion

La présente étude examinait les associations entre les caractéristiques démographiques et socioéconomiques, l’utilisation d’une protection solaire et les coups de soleil, ainsi que l’influence des rayons UV érythémateux estivaux ambiants sur ces résultats. Chez les femmes, mais pas chez les hommes, une association positive a été observée entre le fait de vivre dans une région ayant un taux de rayons UV ambiants supérieur et celui d’utiliser une protection contre le soleil. Ce résultat suggère que les femmes peuvent être davantage influencées par l’information au sujet des rayons UV ambiants contenue dans les messages sur la santé publique et l’indice UV. Une faible association négative a été observée entre les rayons UV et l’incidence des coups de soleil, indiquant que les autres médiateurs de l’exposition (comme le comportement) peuvent jouer un rôle plus important.

Même si elles s’appliquent à seulement six provinces, les conclusions de cette étude étaient semblables à celles d’études nationales réalisées au Canada et aux États-Unis. L’incidence des coups de soleil était de 33 %, ce qui est légèrement inférieur aux estimations de l’Enquête nationale sur l’exposition au soleil (Canada) et de la National Health Interview Study (États-Unis), qui étaient de 37 %Note 6Note 9. Les coups de soleil étaient plus fréquents chez les hommes, les groupes d’âges plus jeunes ainsi que les membres des ménages à revenu supérieurNote 5Note 9Note 10. Puisque le coup de soleil est un important facteur de risque du mélanome, ces résultats vont de pair avec un risque supérieur de mélanome chez les hommes et les personnes ayant un revenu supérieurNote 18. Conformément aux études précédentes, les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de demeurer à l’ombre et d’appliquer un écran solaire, tandis que les hommes étaient plus susceptibles de porter des vêtements protecteurs, notamment un chapeauNote 4Note 5Note 6. De plus, conformément aux études précédentes, les jeunes adultes (âgés de 30 à 39 ans) utilisaient plus fréquemment un écran solaireNote 4Note 6.

Tout comme c’était le cas lors d’une étude canadienne en 2001, le fait d’éviter l’exposition au soleil et celui de porter des vêtements protecteurs étaient associés à un risque inférieur de coup de soleil, tandis que les utilisateurs d’écran solaire avaient un risque supérieur de coup de soleilNote 10. Des associations semblables ont été observées chez les jeunes Américains qui ont déclaré utiliser un écran solaire. Souvent, ces derniers ne l’utilisaient pas de manière routinière ou ne le réappliquaient pas correctementNote 21. Parmi les autres raisons pouvant expliquer l’association entre l’utilisation d’un écran solaire et les coups de soleil, il y a le fait que l’écran solaire est souvent appliqué en quantité inadéquate ou trop tard (après une première exposition au soleil)Note 10.

Limites

Parmi les limites les plus importantes de l’étude, il y a le fait qu’elle n’est pas nationale. Notamment, l’Ontario, la province la plus peuplée et qui a le taux de rayons UV ambiants le plus élevé, a été exclue. Cependant, l’échantillon était vaste. Les répondants ont été choisis au moyen d’une méthode d’échantillonnage stratifié complexe dans les provinces qui avaient des poids d’échantillonnage. En outre, les résultats étaient semblables aux conclusions tirées de l’enquête nationale de 2006Note 6.

Idéalement, les questions sur la protection contre le soleil seraient posées à la fin de l’été ou à l’automne. Cependant, les répondants au MPS ont été interviewés tout au long de l’année, ce qui peut avoir favorisé le biais de rappel. Malgré tout, une méta-analyse a conclu que le biais de rappel est relativement faible pour les questions posées au sujet des 12 mois précédentsNote 20.

La période de référence pour la question sur les coups de soleil (au cours des 12 mois précédents) ne coïncidait pas avec les périodes de référence pour les autres questions (p. ex., protection solaire au cours de l’été) et les données sur les rayons UV (mois estivaux). Même s’il est raisonnable de supposer que la plupart des coups de soleil se produisent au cours des mois estivaux, l’enquête ne pouvait pas déterminer les coups de soleil subis, par exemple, lors de vacances hivernales dans un climat chaud ou à la suite de l’utilisation d’appareils de bronzage, et les brûlures au visage subies lors de sports hivernaux pratiqués à l’extérieur.

Plusieurs facteurs de risque importants n’ont pas été pris en considération. L’enquête n’a pas évalué l’exposition intermittente par rapport à l’exposition chronique. En outre, elle n’a pas évalué les coups de soleil qui se produisent au cours de vacances au soleil prises l’hiverNote 22. Aucune question au sujet des caractéristiques de la peau ou de la tendance à brûler n’a été posée aux répondantsNote 22Note 23. Les appareils de bronzage, qui sont un important facteur de risque pour le cancer de la peau (avec ou sans coup de soleil)Note 24, n’ont pas été évalués.

En plus d’exclure certains facteurs de risque, l’analyse n’a pas pris en considération tous les aspects des coups de soleil et de la protection solaire. Selon une étude américaine, 12 % des personnes ont au moins quatre coups de soleil par année, plus fréquemment, celles qui évitent le soleilNote 25. Cependant, les données du MPS n’ont pas fait état du nombre de coups de soleil subis chaque année. Les questions sur les coups de soleil ne comprenaient pas la partie du corps touchée. Cependant, chez les hommes, les coups de soleil sur le tronc sont un facteur de risque plus important pour le mélanome que toute autre partie du corpsNote 26. Les données au travail de l’ESCC varient selon le cycle. Les emplois à l’extérieur n’ont pas été évalués. Cependant, les travailleurs à l’extérieur passent beaucoup de temps au soleil et ont différentes méthodes pour se protéger du soleil. Selon une enquête auprès des travailleurs de la construction, 79 % portent un casque et 82 % portent un haut à manches longuesNote 26. On ne sait pas si les gens qui travaillent à l’extérieur utilisent les mêmes mesures de protection pendant leurs loisirs.

Mot de la fin

En fonction des données pour six provinces, le tiers des gens âgés de 18 ans ou plus ont eu un coup de soleil au cours de l’année précédente. Les coups de soleil étaient plus fréquents chez les hommes, les groupes d’âges plus jeunes, les personnes faisant partie d’un ménage à revenu supérieur et les personnes ayant un emploi. Pour se protéger du soleil, les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de se tenir à l’ombre et d’appliquer un écran solaire, tandis que les hommes étaient plus susceptibles de porter un chapeau ou des vêtements protecteurs. Chez les femmes, contrairement aux hommes, une association positive a été observée entre les rayons UV estivaux ambiants et les comportements axés sur la protection. En raison de cette association, lors d’études futures, il pourrait être utile d’évaluer l’influence des messages en santé publique et sur l’indice UV sur le comportement axé sur la protection contre le soleil.

Références
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