Prévalence de la migraine chez la population à domicile au Canada

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par Pamela L. Ramage-Morin et Heather Gilmour

La migraine peut être un trouble débilitant caractérisé par des maux de tête avec douleur pulsatile qui durent de quelques heures à plusieurs jours et qui s’accompagnent de nausées, de vomissements et/ou d’une sensibilité à la lumière et au bruit. Elle est exacerbée par l’activité physique et a tendance à interférer avec elle. La migraine se produit habituellement d’un seul côté de la tête, même si chez les enfants et les jeunes, elle a tendance à être bilatéraleNote1.

On estime que 14 % de la population mondiale a été atteinte de migraines à un moment ou l’autre de sa vieNote2. Les études montrent uniformément que les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’en être atteintesNote2,Note3.

La migraine est considérée comme une cause importante d’incapacitéNote2. Une étude mondiale a classé la migraine comme huitième cause en importance à l’origine d’années vécues avec une incapacité, une mesure du fardeau de la maladieNote4. Le coût pour les personnes, leur famille et la collectivité est élevé du point de vue de la qualité de vie, de l’absentéisme à l’école et au travail, de la productivité perdue et des dépenses en médicamentsNote5,Note6.

À partir des données pour 2010-2011, la présente étude fournit des estimations à jour de la prévalence de la migraine diagnostiquée par un professionnel de la santé, ainsi que des estimations du fardeau de la migraine (voir Les données). Les lacunes étudiées comprennent la prévalence chez les enfants de moins de 12 ans et les répercussions de la migraine sur les activités habituelles. La migraine diagnostiquée par un professionnel de la santé est ci-après appelée « migraine » tout simplement et « migraineux » désigne les personnes atteintes de migrainesNote7.

Prévalence de la migraine

En 2010-2011, environ 8,3 % des Canadiens (2,7 millions) ont déclaré avoir reçu un diagnostic de migraine (tableau 1), ce qui représente probablement une sous-estimation. En effet, les recherches montrent que toutes les personnes atteintes de migraines ne cherchent pas à obtenir de l’aide professionnelle et, par conséquent, certaines peuvent ne pas avoir de diagnostic à déclarerNote8,Note9.

Pour identifier les migraineux, la plupart des études utilisent les critères de l’International Classification of Headache Disorders (ICHD) plutôt que le diagnostic autodéclaré (tableau A en annexe). Toutefois, même parmi les études qui utilisent les critères de l’ICHD, les estimations de la prévalence varient considérablement, allant de 2,4 % à 27,5 % dans certaines études américaines et européennesNote10-15. L’estimation de la prévalence qui se dégage de la présente étude (tableau 1) est inférieure aux estimations fondées sur les résultats de trois enquêtes sur la population menées aux États-Unis, soit 22,7 % (National Health and Nutrition Examination Survey), 16,6 % (National Health Interview Survey) et 11,7 % (American Migraine Prevalence and Prevention study). Par ailleurs, selon Stovner et coll.Note15, les différences de méthodologie dans les études fondées sur la population ont rendu les comparaisons difficiles et font ressortir la nécessité d’uniformiser les lignes directrices méthodologiques pour les études de la migraine.

Les femmes étaient plus de deux fois plus susceptibles que les hommes de déclarer être atteintes de migraines (11,8 % contre 4,7 %) à tous les âges, sauf chez les enfants de moins de 12 ans (figure 1). Moins de 1 % des enfants étaient atteints de migraines, et aucune différence significative n’a émergé entre les garçons et les filles. Chez les deux sexes, la prévalence était la plus élevée de 30 à 49 ans. L’âge moyen chez les femmes était de 43 ans, soit légèrement supérieur à celui observé chez les hommes (40 ans) (p < 0,01).

En moyenne, la migraine était diagnostiquée à l’âge de 26,2 ans, soit 3,6 ans après les premiers symptômes (p < 0,01). Il n’y avait pas de différence significative selon le sexe, contrairement aux conclusions d’études antérieures, selon lesquelles les premiers symptômes atteignent leur sommet plus tôt chez les hommes que chez les femmesNote4.

Comparativement aux chiffres nationaux, la prévalence de la migraine était plus faible au Québec (6,8 %), et plus élevée au Manitoba (9,5 %), en Nouvelle-Écosse (9,1 %) et en Ontario (8,8 %). Ces différences persistaient même après normalisation selon l’âge (données non présentées). Une étude canadienne antérieureNote8 a aussi fait état d’une prévalence plus faible de la migraine au Québec. Des études menées en AllemagneNote14 et en EspagneNote13 ont fait ressortir des différences à l’intérieur des régions d’un même pays.

La plupart des migraineux ont déclaré que la migraine était leur seul problème neurologique (tableau 1). Cela étant dit, ceux-ci étaient plus susceptibles que les non-migraineux de déclarer avoir également reçu un diagnostic de traumatisme cérébral ou de blessure à la moelle épinière, d’épilepsie ou de séquelles d’un accident vasculaire cérébral (tableau B en annexe).

La majorité des migraineux ont déclaré des symptômes de dépression, celle-ci ayant été classée comme minime ou légère chez 63 % d’entre eux, et moyenne à sévère dans 20 % des cas. Le rapport entre ces deux troubles est bien établi dans les ouvrages épidémiologiques : la migraine augmente le risque de dépression et la dépression augmente le risque de migraineNote20-25.

Utilisation de médicaments

Moins de la moitié des migraineux (42 %) ont indiqué avoir pris des médicaments sur ordonnance pour ce problème au cours des trois derniers mois (tableau 2). Les migraineux de 50 ans et plus étaient plus susceptibles que ceux de 15 à 49 ans d’avoir pris des médicaments sur ordonnance (57 % contre 35 %; p ≤ 0,01).

Étant donné que la définition de migraineux utilisée aux fins de la présente étude repose sur un diagnostic de migraine, le faible pourcentage de personnes ayant déclaré prendre des médicaments sur ordonnance n’est pas dû à un sous-diagnostic. Le pourcentage de personnes utilisant des médicaments aurait probablement été beaucoup plus élevé si les produits non prescrits avaient été inclus dans les questions d’enquêteNote26,Note27.

Parmi les migraineux qui ne prenaient pas de médicaments sur ordonnance, les raisons les plus fréquemment invoquées étaient qu’ils n’en avaient pas besoin (35 %), qu’on ne leur en avait pas prescrits (25 %), ou qu’ils ne voulaient pas en prendre (14 %). Plus de la moitié (56 %) des migraineux ont déclaré avoir engagé des frais de médicaments non remboursés au cours des 12 derniers mois.

Répercussions sur les activités habituelles

Environ le quart des migraineux éprouvaient des douleurs qui les empêchaient de faire des activités (26 %) ou s’étaient sentis à l’écart en raison de leur problème de santé (26 %). Plus de la moitié (53 %) ont déclaré que la migraine les avait empêchés de conduire, même pour une courte période de temps. Les trois quarts des migraineux (76 %) ont indiqué que la migraine avait limité leur capacité à passer une bonne nuit de sommeil. Près du tiers (30 %) ont déclaré que leurs possibilités en matière d’études s’en étaient trouvées limitées.

Emploi

Environ le tiers des migraineux ont déclaré que leur trouble avait limité leurs possibilités d’emploi (34 %), même si la majorité d’entre eux étaient actuellement au travail (70 %). Plus du tiers des personnes actuellement au travail (36 %) ont déclaré avoir manqué au moins un jour de travail au cours des trois derniers mois en raison de la migraine. Près d’une personne sur cinq (18 %) n’étant pas au travail qui l’avait précédemment été a déclaré avoir apporté des changements à ses activités professionnelles (heures, type de travail ou interruption du travail) pendant au moins trois mois en raison de la migraine. Des études antérieures ont montré que la migraine comporte un lien étroit avec la perte de productivité, dont la majeure partie est liée au présentéisme (productivité réduite) plutôt qu’à l’absentéismeNote21,Note28.

Mot de la fin

La présente étude comprend les estimations les plus à jour de la prévalence et des répercussions de la migraine au Canada. En 2010-2011, environ 2,7 millions de Canadiens étaient atteints de migraines.  Plusieurs d’entre eux ont déclaré que la migraine affectait leur vie au quotidien, y compris leurs possibilités en matière d’études et de travail. Le trouble était associé à l’utilisation de médicaments, à la douleur, à la dépression, à la difficulté à dormir et à la capacité de conduire.

Remerciements

Statistique Canada remercie tous les participants pour leurs conseils et leur aide au moment de l’élaboration du contenu neurologique de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) et de l’Enquête sur les personnes ayant des problèmes neurologiques au Canada (EPPNC). Le contenu a été élaboré conjointement par la Division de la statistique de la santé de Statistique Canada et l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), avec l’intervention des membres du groupe consultatif d’experts de l’ASPC qui se spécialise dans l’étude des problèmes neurologiques. La sélection du contenu a été fondée sur les objectifs et les besoins de données précisés par l’ASPC. Un parrainage a été assuré par l’ASPC dans le cadre de l’Étude nationale de la santé des populations relative aux maladies neurologiques.

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