Résumé

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Contexte

En dépit de l'hétérogénéité de la population immigrante au Canada, les petites tailles d'échantillon empêchent souvent les chercheurs dans le domaine de la santé d'étudier des sous-groupes particuliers. Le présent article montre comment la combinaison de cycles de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) permet d'aller au-delà de la dichotomie personne née au Canada/immigrant pour procéder à des analyses plus poussées de la santé des immigrants.

Données et méthodes

À partir de données combinées de l'ESCC de 2003, 2005 et 2007-2008, la présente analyse compare la prévalence normalisée selon l'âge d'un état de santé autoévalué passable/mauvais, du diabète et de l'arthrite chez les immigrants et chez la population née au Canada, à partir de trois ventilations de plus en plus précises de la population immigrante selon le lieu de naissance.

Résultats

Globalement, les immigrants étaient plus susceptibles que les personnes nées au Canada de déclarer un mauvais état de santé et être atteint de diabète, mais moins susceptibles de déclarer souffrir d'arthrite. Cette association changeait lorsque le groupe d'immigrants était désagrégé. Le présent document décrit l'importance de l'analyse des résultats en matière de santé chez les immigrants selon le lieu de naissance et la durée de résidence au Canada.

Interprétation

Les études fondées sur la dichotomie immigrant/non-immigrant portent sur des immigrants ayant des facteurs de risque, des expériences d'établissement et des comportements en matière de santé différents, et peuvent produire des résultats qui semblent contradictoires. L'analyse de sous-groupes d'immigrants plus spécifiques permet de mieux comprendre la santé des immigrants par rapport à celle de la population née au Canada.

Mots-clés

Arthrite, diabète, lieu de naissance, enquêtes sur la santé, immigration, état de santé autoévalué, temps écoulé depuis l'immigration.

Résultats

Selon les données du Recensement de 2006, près de 20 % de la population du Canada est née à l'étranger. En outre, au cours des 35 dernières années, on a noté une transition dans les principaux pays d'origine des immigrants au Canada, de l'Europe à l'Asie, ainsi qu'au Moyen-Orient et à l'Afrique. Compte tenu des origines de plus en plus diversifi ées des immigrants, il est important d'étudier cette population en tant que groupe non homogène. Cela constitue un défi pour les chercheurs dans le domaine de la santé, car les enquêtes fondées sur des petites tailles d'échantillon limitent l'analyse des sous-populations d'immigrants.[Texte intégral]

Auteurs

Michelle Rotermann (613-951-3166; michelle.rotermann@statcan.gc.ca) travaille à la Division de l'analyse de la santé à Statistique Canada, Ottawa (Ontario) K1A 0T6.

Ce que l'on sait déjà sur le sujet

  • Il peut y avoir des différences dans la santé des immigrants et dans leur utilisation des soins de santé selon la région du monde du lieu de naissance et la durée de la résidence au Canada, mais les tailles d'échantillon de la plupart des enquêtes ne permettent pas de telles ventilations.

Ce qu'apporte l'étude

  • La présente étude démontre les avantages en matière d'analyse de combiner des cycles de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) pour examiner la santé des immigrants.
  • Lorsque les données provenant de trois cycles de l'ESCC sont combinées, il se dégage des différences dans la prévalence d'un état de santé autodéclaré passable/mauvais et dans celle de l'arthrite et du diabète, selon le lieu de naissance des immigrants et leur durée de résidence au Canada.
  • Les données combinées illustrent comment le fait d'aller au-delà de la dichotomie personne née au Canada/immigrant permet de mieux comprendre la santé de la population immigrante au Canada.
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