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En 2004, il y avait 21,6 millions de conducteurs titulaires d'un permis de conduire au Canada1, par rapport à une population de 16 ans et plus de 25,8 millions d'habitants2. À ce nombre de conducteurs autorisés correspondaient plus de 25 millions de véhicules immatriculés3, dont la plupart (76 %) étaient des automobiles, des camions, des autobus et des motocyclettes à usage routier, et une faible proportion, des véhicules agricoles, des véhicules de construction et des véhicules à usage hors route. 

Même si le nombre de conducteurs et de véhicules n'a cessé de croître, le nombre de collisions mortelles ou causant des blessures a diminué de façon constante au cours des 20 dernières années1. Malgré cela, les accidents impliquant un véhicule à moteur demeurent l'une des  principales causes de décès chez les jeunes.

De 2000 à 2004 inclusivement, 44 192 décès accidentels ont été enregistrés au Canada; 32 % d'entre eux (14 082) ont résulté d'un accident de véhicule à moteur (AVM). Or, parmi le groupe des 15 à 24 ans, les décès imputables aux accidents de ce genre (3 417) représentaient 70 % du nombre total de décès accidentels (4 895).

Plusieurs facteurs concurrents augmentent ou réduisent le risque d'accident de véhicule à moteur et de blessure. D'une part, des innovations technologiques, telles que le dispositif de frein antiblocage, les sacs gonflables, les ceintures de sécurité améliorées et les dispositifs de retenue pour enfants rendent les véhicules plus sûrs4-6. Par ailleurs, la législation et l'application des règlements concernant les limites de vitesse, les taux d'alcoolémie, le port de la ceinture de sécurité, le port du casque de bicyclette par les enfants et d'autres mesures de sécurité visent à protéger les occupants des véhicules, les piétons et les cyclistes7. En outre, les normes sociales changeantes  découragent l'alcool au volant8.

Mais la situation en matière de sécurité routière n'est pas uniformément favorable. Bien que la technologie de la ceinture de sécurité se soit améliorée et que la loi rende son port obligatoire, de nombreux adultes continuent de ne pas boucler leur ceinture ou celle de leurs enfants9. On observe le même genre de problèmes lorsque les sièges de sécurité ou les sièges d'appoint sont incorrectement installés ou placés à un endroit à haut risque (sur le siège du passager avant, par exemple), et lorsque les dispositifs de retenue ne sont pas adaptés à l'âge ou à la taille des enfants transportés5. L'usage répandu des téléphones mobiles, des systèmes de navigation et d'autres dispositifs télématiques s'ajoute aux sources de distraction pour les conducteurs10, 11. La conduite en état d'ébriété, quoiqu'en baisse, demeure un problème, surtout chez les jeunes12. De même, la conduite sous l'effet du cannabis est une question qui préoccupe13. Les routes rurales posent une autre menace — en 2004, 62 % des collisions entraînant un décès ont eu lieu dans les régions rurales1. Par ailleurs, les conditions météorologiques entrent souvent en jeu dans les accidents de véhicules à moteur, de même que la défaillance humaine, comme dans le cas de la conduite en état de fatigue ou de somnolence14. Enfin, la « rage au volant », expression créée en 198815 et décrivant cette « colère qui dégénère en violence ou menace de violence sur la route »16, reflète une forme extrême de défaillance humaine.

La présente étude fait le point sur les décès dus aux accidents de véhicules à moteur survenus au Canada de 1979 à 2004 inclusivement, en explorant de façon approfondie la période allant de 2000 à 2004. Les données proviennent de la Base de données sur les décès de la Statistique de l'état civil du Canada, où sont gardés les renseignements extraits des certificats de décès. On a tenu compte des accidents ayant causé la mort d'un piéton ou d'un cycliste lorsqu'un véhicule à moteur était en cause. L'étude porte sur les décès attribuables aux accidents de la circulation et aux accidents en dehors de la circulation (hors route).

Accidents mortels à la baisse depuis 1979

Au cours des 25 dernières années, le nombre de Canadiens décédés chaque année à la suite d'un accident de véhicule à moteur a diminué de 52 %, passant de 5 933 en 1979 à 2 875 en 2004 (tableau 1). Au total, il y a eu 97 964 décès dus aux AVM au cours de cette période, la majorité (71 %) étant survenus chez les hommes.

En 1979, le taux brut de mortalité due aux AVM était de 24,5 décès pour 100 000 habitants, soit 35,9 et 13,2 décès par tranche de 100 000 personnes chez les hommes et les femmes respectivement (tableau 1, figure 1). En 2004, ces taux avaient chuté fortement pour s'établir à 12,8 et à 5,2 décès pour 100 000 personnes respectivement, ce qui correspond à un taux global de 9,0 décès pour 100 000 habitants. L'étroite correspondance entre les taux bruts de mortalité et les taux de mortalité normalisés selon l'âge (tableau 1) indique que cette diminution est attribuable à d'autres facteurs que l'évolution de la structure par âge de la population canadienne de 1979 à 2004.

Tableau 1 Nombre de décès et taux de mortalité (bruts et normalisés selon l'âge) dus aux accidents de véhicules à moteur, selon le sexe, Canada, 1979 à 2004. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira

Tableau 1
Nombre de décès et taux de mortalité (bruts et normalisés selon l'âge) dus aux accidents de véhicules à moteur, selon le sexe, Canada, 1979 à 2004

Figure 1 Taux bruts de mortalité due aux accidents de véhicules à moteur, selon le sexe, Canada, 1979 à 2004. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Figure 1
Taux bruts de mortalité due aux accidents de véhicules à moteur, selon le sexe, Canada, 1979 à 2004

Taux de mortalité selon la province ou le territoire

De 2000 à 2004 inclusivement, on a enregistré 14 082 décès dus aux AVM au Canada, ce qui donne un taux annuel moyen de mortalité de 9,0 décès pour 100 000 habitants (figure 2). Les taux varient d'une région à l'autre du pays, le Yukon affichant le taux le plus élevé (16,4 décès pour 100 000 habitants). Les taux sont également supérieurs à la moyenne nationale pour l'Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick, le Manitoba, la Saskatchewan, l'Alberta et la Colombie-Britannique. Seuls l'Ontario et Terre-Neuve-et-Labrador affichent un taux inférieur à la moyenne nationale, soit 7,0 et 7,8 décès pour 100 000 habitants respectivement.

Figure 2 Taux annuel moyen de mortalité due aux accidents de véhicules à moteur, selon la province ou le territoire, Canada, 2000 à 2004. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Figure 2
Taux annuel moyen de mortalité due aux accidents de véhicules à moteur, selon la province ou le territoire, Canada, 2000 à 2004

Une cause principale de décès chez les jeunes

De 2000 à 2004 inclusivement, les décès dus aux AVM représentaient 1,3 % du nombre total de décès survenus au Canada. Cependant, chez les personnes de moins de 30 ans, près de un décès sur cinq (17,3 %) était attribuable à un accident de ce genre.

Chez les 15 à 24 ans, le taux annuel moyen de mortalité due aux AVM était de 16 décès pour 100 000 personnes, taux significativement plus élevé que celui enregistré pour tous les groupes d'âge confondus (9 décès pour 100 000 personnes) (figure 3). Les personnes âgées (65 ans et plus) montraient également un taux supérieur à la moyenne nationale, soit 13 décès pour 100 000 personnes. En comparaison, les taux étaient plus faibles pour les autres groupes d'âge, particulièrement les moins de 15 ans (3 décès pour 100 000 personnes). Quel que soit le groupe d'âge, les taux de mortalité étaient systématiquement plus élevés chez les personnes de sexe masculin que chez celles de sexe féminin.

Figure 3 Taux annuel moyen de mortalité due aux accidents de véhicules à moteur, selon l'âge et le sexe, Canada, 2000 à 2004. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Figure 3
Taux annuel moyen de mortalité due aux accidents de véhicules à moteur, selon l'âge et le sexe, Canada, 2000 à 2004

La plupart des décès surviennent chez les occupants de véhicules à moteur

De 2000 à 2004, plus du tiers (38 %) des décès dus aux AVM sont survenus chez les occupants (conducteurs ou passagers) d'une automobile, d'une fourgonnette, d'un camion, d'un autobus ou d'un autre véhicule à moteur. Les piétons rendaient compte de 12 % de ces décès, suivis par les motocyclistes (6 %) et les conducteurs de véhicules tout-terrain ou d'autres véhicules conçus pour une utilisation hors route (5 %). Quant aux cyclistes et aux conducteurs de véhicules agricoles, ils représentaient 2 % et 1 %, respectivement, de ces décès. Pour le tiers restant des décès dus aux AVM survenus au cours de la période de référence (4 705), le moyen de transport de la personne décédée n'était pas indiqué sur le certificat de décès.

Si l'on examine plus particulièrement les 5 388 décès enregistrés parmi les occupants de véhicules à moteur, 1 499 (28 %) sont survenus chez les 15 à 24 ans. De 2000 à 2004, le taux annuel moyen pour cette cause de décès était de plus de 3 décès pour 100 000 personnes (figure 4). Toutefois, pour les 15 à 24 ans, il était de 7 décès pour 100 000 personnes, taux significativement plus élevé que celui observé pour n'importe quel autre groupe d'âge. Les jeunes hommes étaient particulièrement à risque, présentant un taux de 10 décès pour 100 000 personnes, comparativement à 4 décès pour 100 000 personnes chez les femmes du même âge (données non présentées).

Figure 4 Taux annuel moyen de mortalité des occupants de véhicules à moteur ou des piétons, selon le groupe d'âge, Canada, 2000 à 2004. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Figure 4
Taux annuel moyen de mortalité des occupants de véhicules à moteur ou des piétons, selon le groupe d'âge, Canada, 2000 à 2004

Décès de piétons âgés

Une part relativement importante des piétons mortellement blessés dans un AVM étaient des personnes âgées. De 2000 à 2004, 1 746 piétons sont décédés à la suite d'un AVM. Plus du tiers d'entre eux (636) étaient âgées de 65 ans et plus. Ainsi, le taux annuel moyen de mortalité due à cette cause de décès chez les personnes âgées dépassait 3 décès pour 100 000 personnes, comparativement à moins de 1 décès pour 100 000 personnes chez les personnes de moins de 65 ans (figure 4).

Culmination des décès durant les mois chauds

En moyenne, de 2000 à 2004, tout près de huit personnes ont perdu la vie chaque jour dans un accident de véhicule à moteur (figure 5). Toutefois, le nombre quotidien de décès attribuables à ce type d'accident varie d'une saison à l'autre. En général, la moyenne quotidienne augmente durant les mois chauds et est à son point le plus faible de janvier à avril.  Ainsi, le nombre de décès a culminé en août 2004, donnant une moyenne de plus de 10 décès par jour, et le nombre le plus faible de décès pour un mois donné a été relevé en mars de la même année, ce qui a donné, en moyenne, cinq décès par jour.

Figure 5 Nombre quotidien moyen de décès dus aux accidents de véhicules à moteur, selon le mois, Canada, 2000 à 2004. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Figure 5
Nombre quotidien moyen de décès dus aux accidents de véhicules à moteur, selon le mois, Canada, 2000 à 2004

Conclusion

Le nombre de décès dus aux accidents de véhicules à moteur est à la baisse depuis 1979. Néanmoins, ces accidents demeurent l'une des  principales causes de décès chez les jeunes.

Il est possible de réduire le risque d'accident de véhicule à moteur, ainsi que le nombre de blessures et de décès attribuables à ce genre d'accident. Les mesures destinées à prévenir les accidents et celles visant à limiter les blessures en cas d'accident constituent deux approches. La réduction des sources de distraction que présentent les téléphones mobiles et autres dispositifs télématiques, ainsi que la lutte contre la conduite sous l'effet de l'alcool et des drogues sont des exemples de la première approche. Le port de la ceinture de sécurité par les adultes et l'utilisation de dispositifs de retenue adaptés à l'âge et à la taille des jeunes passagers relèvent de la deuxième. De nombreuses stratégies ciblant les occupants de véhicules à moteur pourraient également profiter aux usagers de la route plus vulnérables, comme les piétons et les cyclistes. Enfin, en ce qui a trait à cette cause de décès, les automobilistes jeunes et âgés ainsi que les piétons âgés sont particulièrement à risque, compte tenu des taux de mortalité supérieurs à la moyenne qu'ils présentent.