Regards sur la société canadienne
Premiers résultats sur le marché du travail des diplômés étrangers : résultats de l’Enquête nationale auprès des diplômés

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Aperçu de l’étude

La présente étude s’appuie sur les données de l’Enquête nationale auprès des diplômés de 2023 (promotion de 2020) pour examiner les premiers résultats sur le marché du travail des diplômés étrangers vivant toujours au Canada, trois ans après avoir terminé leurs études, par rapport aux résultats des diplômés canadiens.

  • La grande majorité (90,3 %) des diplômés vivant toujours au Canada, trois ans après avoir terminé leurs études, avaient un emploi trois ans après l’obtention du diplôme. Toutefois, les diplômés étrangers (88,6 %) avaient généralement des taux d’emploi plus faibles que les diplômés canadiens (91,0 %).
  • Les diplômés étrangers de premier cycle (diplôme collégial ou baccalauréat) étaient plus susceptibles d’occuper un emploi dans la vente et les services que les diplômés canadiens. Par ailleurs, ceux qui avaient fait des études supérieures (maîtrise ou doctorat) étaient plus susceptibles d’être employés dans les sciences naturelles et appliquées que les diplômés canadiens.
  • En moyenne, le revenu des diplômés étrangers était inférieur de 19,6 % à celui des diplômés canadiens, trois ans après l’obtention du diplôme. La différence de revenus entre les diplômés étrangers et les diplômés canadiens a été observée à tous les niveaux de scolarité, et ceux titulaires d’un baccalauréat (48,7 %) ou d’une maîtrise (50,5 %) étaient moins susceptibles d’être satisfaits à l’égard de leur salaire que les diplômés canadiens (58,0 % et 60,3 %, respectivement).
  • Les diplômés étrangers titulaires d’un diplôme collégial (44,3 %) ou d’un baccalauréat (33,8 %) étaient moins susceptibles que les diplômés canadiens (63,6 % et 62,4 %, respectivement) de croire que leur emploi était étroitement lié à leur domaine d’études. De plus, les diplômés étrangers titulaires d’un diplôme collégial (30,9 %) étaient plus susceptibles de se sentir surqualifiés pour leur emploi que les diplômés canadiens (20,7 %) ayant le même niveau de scolarité.
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Introduction

Le nombre d’étudiants étrangers qui font leurs études au Canada a considérablement augmenté au cours des dernières décennies, et ce jusqu’à tout récemment : ce nombre a plus que doublé, passant de 142 200 étudiants en 2010 à 388 800 en 2019Note . Toutefois, les diplômés étrangers peuvent faire face à des transitions plus difficiles lorsque ceux-ci passent de l’école au marché du travail (p. ex. des taux d’emploi plus faibles, un revenu d’emploi plus faible), comparativement aux diplômés canadiens ayant le même niveau de scolarité, du moins dans un premier tempsNote . La promotion des diplômés de 2020 a notamment dû faire face à des difficultés particulières au moment de son entrée sur le marché du travail pendant la pandémie de COVID-19Note  . Plus de la moitié des diplômés ont déclaré des changements à leur situation d’emploi ou à leurs plans d’emploi en raison de la pandémie, et près du tiers (30,6 %) ont perdu leur emploi ou ont été mis à pied en 2020.

En s’appuyant sur les données de l’Enquête nationale auprès des diplômés de 2023 (promotion des diplômés de 2020), la présente étude compare les premiers résultats sur le marché du travail des diplômés étrangers à ceux des diplômés canadiens. L’analyse se limite aux diplômés qui ont terminé leur programme d’études postsecondaires en 2020, qui vivaient au Canada trois ans après l’obtention du diplôme et qui n’ont pas poursuivi d’études postsecondaires après l’obtention de leur diplôme en 2020. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les données utilisées dans cette étude, veuillez consulter l’encadré « Sources de données, méthodes et définitions ».

Les différences entre les résultats à l’entrée sur le marché du travail des diplômés étrangers et des diplômés canadiens sont examinées selon le niveau de scolarité (diplôme collégial, baccalauréat, maîtrise ou doctorat). Dans certains cas, les résultats sont agrégés en combinant les étudiants de premier cycle (collège ou baccalauréat) et les étudiants de deuxième cycle (maîtrise ou doctorat) afin de simplifier les tendances générales.

Les recherches montrent que le fait de terminer des études au Canada est associé à des avantages sur le marché du travail (p. ex. revenus)Note . Malgré cela, les diplômés étrangers ayant terminé leurs plus récentes études au Canada doivent encore surmonter des difficultés liées à l’emploi, comme des taux d’emploi plus faibles et un revenu d’emploi plus faible par rapport à ceux des diplômés canadiensNote . Bien que ces difficultés soient connues, on en sait moins sur les diverses professions exercées par les étudiants étrangers, ainsi que sur leurs perceptions par rapport à diverses mesures relatives à la qualité de l’emploi (p. ex. la satisfaction à l’égard du salaire, la sécurité de l’emploi et la correspondance entre les études et l’emploi). La présente étude a pour but de faire la lumière sur ces questions.

En 2020, environ 6 diplômés étrangers sur 10 étaient Sud-Asiatiques ou Chinois

En 2023, environ 83 300 diplômés étrangers vivaient toujours au Canada après avoir terminé leurs études en 2020, ce qui représente 24,0 % de tous les diplômés de 2020.

Plus de la moitié (56,0 %) des étudiants étrangers ayant obtenu leur diplôme en 2020 ont obtenu un diplôme collégial, comparativement à 40,0 % des diplômés canadiens (tableau A.1). De plus, environ le quart (24,7 %) des étudiants étrangers ont obtenu un baccalauréat, soit environ la moitié du taux observé chez les diplômés canadiens (45,3 %). Des proportions semblables d’étudiants étrangers et de diplômés canadiens ont obtenu une maîtrise (16,9 % par rapport à 13,1 %) ou un doctorat (2,4 % par rapport à 1,5 %).

La majorité des étudiants étrangers ayant obtenu leur diplôme en 2020 étaient Sud-Asiatiques (48,1 %) ou Chinois (12,0 %). Une proportion importante étaient également Noirs (10,0 %) ou Latino-américains (7,2 %). À titre de comparaison, la plus grande proportion des diplômés canadiens étaient Blancs (63,8 %), bien qu’une proportion importante d’entre eux soit également Sud-Asiatiques (7,3 %) ou Chinois (6,1 %).

Un pourcentage légèrement plus élevé de diplômés étrangers ont déclaré être des hommes (54,1 %), alors qu’à l’inverse, on retrouve une plus grande proportion de femmes (54,2 %) au sein de la population des diplômés canadiens. L’âge médian des diplômés étrangers au moment de l’obtention du diplôme se chiffrait à 25 ans, et était le même que celui des diplômés canadiens.

En ce qui a trait au domaine d’études, le domaine du commerce, de la gestion et de l’administration publique était le programme le plus courant chez les diplômés étrangers (36,3 %) et les diplômés canadiens (24,9 %). Chez les étudiants étrangers, ce programme était suivi par celui de l’architecture, du génie et des technologies connexes (20,8 %) et celui des mathématiques, de l’informatique et des sciences de l’information (11,6 %), tandis que chez les diplômés canadiens, il était suivi par celui de la santé et des domaines connexes (15,9 %), celui de l’architecture, du génie et des technologies connexes (14,2 %), puis par celui des sciences sociales et de comportements et du droit (14,1 %), et ce tous niveaux de scolarité confondus.

Les diplômés étrangers sont moins susceptibles d’avoir un emploi trois ans après l’obtention du diplôme que les diplômés canadiens

La majorité (90,3 %) des diplômés étrangers, n’ayant pas poursuivi leurs études et qui vivaient toujours au Canada, avaient un emploi trois ans après l’obtention du diplôme. Cependant, on observait certaines différences entre les taux d’emploi des diplômés étrangers et des diplômés canadiens, ce qui donne à penser que les transitions entre l’école et le marché du travail sont plus difficiles pour certains diplômés étrangers.

En 2023, soit trois ans après l’obtention du diplôme, le taux d’emploi des diplômés étrangers s’établissait à 88,6 % comparativement à 91,0 % chez les diplômés canadiens (tableau 1). Par ailleurs, une plus grande proportion de diplômés étrangers (7,8 %) que de diplômés canadiens (4,2 %) cherchaient du travail trois ans après l’obtention du diplôme.

Le taux d’emploi variait également selon le niveau de scolarité et était souvent plus élevé chez les diplômés canadiens. En effet, le taux d’emploi des diplômés étrangers était inférieur à celui des diplômés canadiens au niveau du baccalauréat (84,5 % par rapport à 91,9 %), de la maîtrise (91,3 % par rapport à 94,6 %) et du doctorat (90,6 % par rapport à 94,2 %). Toutefois, on observait aucune différence significative dans les taux d’emploi des diplômés étrangers (89,6 %) et des diplômés canadiens (88,6 %) chez ceux titulaires d’un diplôme collégial.

Tableau 1
Situation d’activité sur le marché du travail des diplômés étrangers et canadiens qui ont obtenu leur diplôme en 2020, selon le niveau de scolarité, 2023 Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Situation d’activité (titres de rangée) et Tous les niveaux de scolarité, Diplôme collégial, Baccalauréat, Maîtrise et Doctorat, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Situation d’activité Tous les niveaux de scolarité Diplôme collégial Baccalauréat Maîtrise Doctorat
pourcentage
Note *

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (réf.) (p < 0,05)

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Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des diplômés, 2023.
Diplômés étrangers  
Personne occupée 88,6 89,6 84,5 Tableau 1 Note * 91,3 Tableau 1 Note * 90,6 Tableau 1 Note *
Personne au chômage 7,8 Tableau 1 Note * 6,9 11,8 Tableau 1 Note * 5,5 Tableau 1 Note * 6,6 Tableau 1 Note *
Personne inactive 3,5 3,5 3,7 3,2 2,8
Diplômés canadiens (réf.)  
Personne occupée 91,0 88,6 91,9 94,6 94,2
Personne au chômage 4,8 5,9 4,7 2,4 2,9
Personne inactive 4,2 5,5 3,4 3,0 2,9

Les diplômés étrangers titulaires d’un diplôme collégial ou d’un baccalauréat sont plus susceptibles de travailler dans les professions de la vente et des services

Des différences apparaissent également lorsqu’on examine les professions des diplômés étrangers et des diplômés canadiens. Parmi les diplômés étrangers titulaires d’un diplôme de premier cycle, l’emploi était fortement concentré dans la vente et les services. En effet, les diplômés étrangers (34,8 %) titulaires d’un diplôme collégial étaient deux fois plus susceptibles de travailler dans la vente et les services que les diplômés canadiens (17,4 %), et ceux titulaires d’un baccalauréat étaient plus de trois fois plus susceptibles d’exercer ce type de profession que les diplômés canadiens (30,6 % par rapport à 9,5 %) (tableau 2).

À titre de comparaison, les diplômés canadiens ayant un diplôme de premier cycle étaient moins concentrés dans une seule catégorie professionnelle et étaient plutôt uniformément répartis au sein d’un plus grand nombre de catégories professionnelles. Ils étaient aussi plus susceptibles d’être employés dans les professions de la santé et les professions en enseignement, en droit et en services sociaux, communautaires et gouvernementaux, que les diplômés étrangers ayant le même niveau de scolarité. Par exemple, le pourcentage de diplômés canadiens, titulaires d’un diplôme collégial et employés dans des professions de la santé, étaient était plus de deux fois plus élevé que celui des diplômés étrangers (16,1 % par rapport à 6,1 %). C’était aussi le cas chez les titulaires d’un baccalauréat (22,6 % par rapport à 8,5 %).

Dans les cycles supérieurs (maîtrise, doctorat), l’emploi des diplômés étrangers et des diplômés canadiens était concentré au sein d’un petit nombre de catégories professionnelles. L’emploi des diplômés étrangers était fortement concentré dans les sciences naturelles et appliquées. En 2023, près de la moitié des diplômés étrangers titulaires d’une maîtrise (44,5 %) ou d’un doctorat (45,8 %) étaient employés dans les sciences naturelles et appliquées, comparativement à environ le cinquième des diplômés canadiens titulaires d’une maîtrise (18,2 %) ou d’un doctorat (21,0 %). Plus précisément, plus de la moitié des diplômés étrangers titulaires d’un diplôme d’études supérieures, employés au sein de cette catégorie professionnelle, étaient des professionnels/professionnelles en informatique (22,7 %), des concepteurs/conceptrices et développeurs/développeuses en informatique, logiciel et Web (21,3 %), ou des mathématiciens/mathématiciennes, statisticiens/statisticiennes, actuaires et scientifiques de données (12,4 %). À titre de comparaison, les diplômés canadiens ayant un diplôme d’études supérieures étaient plus susceptibles d’être employés en enseignement, en droit et dans les services sociaux, communautaires et gouvernementaux. Par exemple, plus du tiers (38,0 %) des diplômés canadiens titulaires d’une maîtrise travaillaient dans cette catégorie professionnelle, comparativement à 8,4 % des diplômés étrangers.

Tableau 2
Grande catégorie professionnelle de l’emploi des diplômés étrangers et canadiens qui ont obtenu leur diplôme en 2020, selon le niveau de scolarité, 2023 Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Grande catégorie professionnelley (titres de rangée) et Tous les niveaux de scolarité, Diplôme collégial, Baccalauréat, Maîtrise et Doctorat, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Grande catégorie professionnelle Tous les niveaux de scolarité Diplôme collégial Baccalauréat Maîtrise Doctorat
pourcentage
Note x

confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique

Note *

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (réf.) (p < 0,05)

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Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des diplômés, 2023.
Diplômés étrangers  
Gestion x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique
Affaires, finance et administration 24,0 22,2 25,7 30,1 Tableau 2  Note * 5,3
Sciences naturelles et appliquées et domaines connexes 20,7 Tableau 2  Note * 12,7 19,7 44,5 Tableau 2  Note * 45,8 Tableau 2  Note *
Services de santé 4,3 Tableau 2  Note * 6,1 Tableau 2  Note * 2,6 Tableau 2  Note * 1,4 Tableau 2  Note * 1,5 Tableau 2  Note *
Enseignement, droit et services sociaux, communautaires et gouvernementaux 6,9 Tableau 2  Note * 4,2 Tableau 2  Note * 8,5 Tableau 2  Note * 8,4 Tableau 2  Note * 43,1 Tableau 2  Note *
Arts, culture, sports et loisirs 2,5 2,1 3,0 3,4 2,0
Vente et services 28,3 Tableau 2  Note * 34,8 Tableau 2  Note * 30,6 Tableau 2  Note * 7,8 Tableau 2  Note * 1,3
Métiers, transport, machinerie et domaines connexes 9,5 Tableau 2  Note * 13,4 6,3 2,7 Tableau 2  Note * 0,4
Ressources naturelles, agriculture et production connexe 0,2 Tableau 2  Note * 0,1 Tableau 2  Note * 0,4 0,5 0,2
Fabrication et services publics 3,6 4,5 3,3 1,2 0,4
Diplômés canadiens (réf.)  
Gestion 0,1 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 0,9 0,2
Affaires, finance et administration 21,9 17,8 26,4 19,9 5,6
Sciences naturelles et appliquées et domaines connexes 15,7 11,9 18,0 18,2 21,0
Services de santé 14,5 16,1 13,5 13,3 10,8
Enseignement, droit et services sociaux, communautaires et gouvernementaux 23,3 17,6 22,6 38,0 58,1
Arts, culture, sports et loisirs 3,9 3,0 4,7 3,8 2,7
Vente et services 11,6 17,4 9,5 3,5 0,8
Métiers, transport, machinerie et domaines connexes 5,8 11,0 3,1 1,1 0,3
Ressources naturelles, agriculture et production connexe 0,9 1,3 0,8 0,4 0,1
Fabrication et services publics 2,3 3,8 1,4 1,1 0,5

La correspondance entre les études et l’emploi est comparable parmi les diplômés de niveau collégial, mais elle diffère entre les diplômés étrangers et les diplômés canadiens titulaires d’un baccalauréat ou d’une maîtrise

L’une des façons de déterminer si les diplômés obtiennent un emploi qui correspond à leur niveau de scolarité consiste à examiner le degré de formation, d’études, d’expérience et de responsabilités (FEER) requis pour leur poste. La mesure de la FEER utilisée dans la présente étude provient de la Classification nationale des professions (CNP) de 2021, qui est passée des quatre « niveaux de compétences » antérieurs aux six nouvelles catégories de la FEERNote .

Selon les catégories de la FEER, la correspondance entre les études et l’emploi était comparable chez les diplômés étrangers et les diplômés canadiens titulaires d’un diplôme collégial. En 2023, plus de la moitié des diplômés étrangers (53,6 %) et des diplômés canadiens (58,2 %), titulaires d’un diplôme collégial, occupaient des emplois qui nécessitaient habituellement l’achèvement d’un programme d’études postsecondaires dans un collège communautaire, un institut de technologie ou un cégep (FEER 2 ou 3). Le reste des diplômés étrangers et des diplômés canadiens titulaires d’un diplôme collégial occupaient soit, des emplois qui ne nécessitaient pas de certificat, de diplôme ou de grade d’études postsecondaires (FEER 4 et 5) (25,7 % et 21,9 %, respectivement), ou bien des emplois qui nécessitaient habituellement la détention d’un diplôme universitaire (20,7 % et 19,9 %, respectivement).

Toutefois, au niveau du baccalauréat et de la maîtrise, les diplômés étrangers étaient moins susceptibles que les diplômés canadiens d’occuper des emplois exigeant habituellement l’obtention d’un diplôme universitaire, ce qui pourrait indiquer une entrée sur le marché du travail plus difficile pour certains diplômés étrangers. Au niveau du baccalauréat, un peu plus du tiers des diplômés étrangers (36,6 %) occupaient des emplois exigeant habituellement l’obtention d’un grade universitaire (baccalauréat, maîtrise ou doctorat), comparativement à plus de la moitié (58,8 %) des diplômés canadiens. Une tendance similaire a été observée au niveau de la maîtrise, les diplômés étrangers (66,9 %) étant encore une fois moins susceptibles d’occuper des emplois qui correspondaient à leur niveau de scolarité que les diplômés canadiens (85,1 %). Il n’y avait néanmoins pas de différence significative au niveau du doctorat.

Les taux de surqualification perçue sont semblables chez de nombreux diplômés étrangers et canadiens

Les diplômés étrangers étaient moins susceptibles d’avoir le sentiment que leur emploi était étroitement lié à leur domaine d’études. En effet, une proportion plus faible de diplômés étrangers titulaires d’un diplôme collégial, d’un baccalauréat ou d’une maîtrise avaient l’impression que leur emploi était « étroitement lié » à leur domaine d’études comparativement aux diplômés canadiens ayant le même niveau de scolarité (tableau 3). Cette différence était particulièrement prononcée chez les titulaires d’un baccalauréat, où le tiers (33,8 %) des diplômés étrangers avaient l’impression que leur emploi était étroitement lié à leur domaine d’études, comparativement à près des deux tiers (62,4 %) des diplômés canadiens.

Les taux de surqualification perçue étaient semblables chez les diplômés étrangers et canadiens, à l’exception de chez ceux titulaires d’un diplôme collégial. En 2023, 3 diplômés étrangers sur 10 (30,9 %), titulaires d’un diplôme d’études collégiales, estimaient être surqualifiés pour leur emploi, comparativement au cinquième (20,7 %) des diplômés canadiens ayant le même niveau de scolarité.

Tableau 3
Correspondance perçue entre les études et l'emploi des diplômés étrangers et canadiens qui ont obtenu leur diplôme en 2020, selon le niveau de scolarité, 2023 Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Correspondance perçue entre les études et l'emploi des diplômés étrangers et canadiens qui ont obtenu leur diplôme en 2020, selon le niveau de scolarité, 2023 Tous les niveaux de scolarité, Diplôme collégial, Baccalauréat, Maîtrise et Doctorat, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Tous les niveaux de scolarité Diplôme collégial Baccalauréat Maîtrise Doctorat
pourcentage
Note *

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (réf.) (p < 0,05)

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Source: Statistique Canada, Enquête nationale auprès des diplômés, 2023.
Diplômés étrangers  
Lien entre les études et l'emploi  
Étroitement liés 20,8 Tableau 3 Note * 44,3 Tableau 3 Note * 33,8 Tableau 3 Note * 54,6 Tableau 3 Note * 71,7
Un peu liés 24,8 23,4 Tableau 3 Note * 36,8 Tableau 3 Note * 30,4 Tableau 3 Note * 23,7 Tableau 3 Note *
Pas du tout liés 54,4 Tableau 3 Note * 32,3 Tableau 3 Note * 29,4 15,1 4,6
Qualification professionnelle  
Surqualifié 29,3 Tableau 3 Note * 30,9 Tableau 3 Note * 27,1 27,6 27,7
Qualifié 69,0 Tableau 3 Note * 67,4 Tableau 3 Note * 70,6 71,7 72,0
Sous-qualifié 1,7 1,8 2,3 0,6 0,3
Diplômés canadiens (réf.)  
Lien entre les études et l'emploi  
Étroitement liés 34,9 63,6 62,4 72,2 73,9
Un peu liés 23,8 16,0 20,6 20,5 20,3
Pas du tout liés 41,3 20,4 17,0 7,2 5,8
Qualification professionnelle  
Surqualifié 20,6 20,7 19,2 24,3 26,7
Qualifié 77,1 76,2 78,8 74,9 73,0
Sous-qualifié 2,3 3,1 2,0 0,8 0,3

Les diplômés étrangers ont un revenu médian inférieur à celui des diplômés canadiens ayant le même niveau de scolarité

Conformément aux études antérieuresNote  et aux précédentes constatations en lien avec la correspondance entre les études et l’emploi, le revenu d’emploi annuel médian des diplômés étrangers ayant travaillé à temps plein en 2023 était inférieur à celui des diplômés canadiens.

Cela est vrai pour l’ensemble des niveaux de scolarité, toutefois les écarts les plus important se trouvaient au niveau du baccalauréat et de la maîtrise. En 2023, le revenu d’emploi annuel médian des diplômés étrangers (52 000 $) titulaires d’un baccalauréat, et ayant travaillé à temps plein, était inférieur de 20,2 % à celui des diplômés canadiens titulaires d’un baccalauréat (65 200 $) (graphique 1). Au niveau de la maîtrise, les diplômés étrangers (70 000 $) gagnaient 16,6 % de moins que les diplômés canadiens (83 900 $).

Ces résultats pourraient être liées en partie aux professions qu’exercent les diplômés étrangers, en particulier chez les titulaires d’un diplôme collégial ou d’un baccalauréat. Effectivement, en 2023, une plus grande proportion de diplômés étrangers étaient employés dans le domaine de la vente et des services, où les revenus sont inférieurs à la médiane nationale. Toutefois, le secteur professionnel n’explique pas nécessairement les différences de revenu observées au niveau de la maîtrise et du doctorat, où une grande proportion d’étudiants étrangers étaient employés dans le domaine des sciences naturelles et appliquées, un domaine où les revenus sont généralement supérieurs à la médiane nationale.

Tableau de données du graphique 1
Graphique 1
Revenu d’emploi annuel médian des diplômés étrangers et canadiens qui travaillaient à temps plein, selon le niveau de scolarité, 2023 Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Niveau de scolarité (titres de rangée) et Revenu d’emploi et Diplômés étrangers, calculées selon dollars unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Niveau de scolarité Revenu d’emploi
Diplômés étrangers Diplômés canadiens (réf.)
dollars
Note *

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (réf.) (p < 0,05)

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Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des diplômés, 2023.
Diplôme collégial 45 000 Graphique 1 Note * 53 000
Baccalauréat 52 000 Graphique 1 Note * 65 200
Maîtrise 70 000 Graphique 1 Note * 83 900
Doctorat 83 000 Graphique 1 Note * 90 000

Les diplômés étrangers expriment une satisfaction à l’égard de l’emploi et de la sécurité d’emploi semblable à celle des diplômés canadiens, mais sont moins satisfaits à l’égard de leur salaire

En dépit des difficultés éprouvées sur le marché du travail décrites plus tôt, les diplômés étrangers affichaient des niveaux semblables de satisfaction à l’égard de l’emploi (81,0 %) et de sécurité d’emploi (75,8 %) à ceux des diplômés canadiens (82,0 % et 79,1 %) (tableau 4).

Toutefois, leur revenu annuel d’emploi plus faible pourrait avoir contribué à leur plus faible taux de satisfaction à l’égard de leur salaire. En effet, les diplômés étrangers titulaires d’un baccalauréat (48,7 % par rapport à 58,0 %), d’une maîtrise (50,5 % par rapport à 60,3 %) ou d’un doctorat (56,8 % par rapport à 62,6 %) étaient tous moins susceptibles d’être satisfaits à l’égard de leur salaire comparativement aux diplômés canadiens. La plus grande différence relativement à la satisfaction à l’égard du salaire a été observée chez les titulaires d’un baccalauréat ou d’une maîtrise, où les proportions de diplômés étrangers satisfaits à l’égard de leur salaire étaient respectivement inférieures de 9,3 et 9,8 points de pourcentage à celles des diplômés canadiens.

Tableau 4
Satisfaction à l’égard de l’emploi, du salaire et de la sécurité d’emploi des diplômés étrangers et canadiens qui ont obtenu leur diplôme en 2020, selon le niveau de scolarité, 2023 Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Satisfaction à l’égard de l’emploi, du salaire et de la sécurité d’emploi des diplômés étrangers et canadiens qui ont obtenu leur diplôme en 2020, selon le niveau de scolarité, 2023 Tous les niveaux de scolarité, Diplôme collégial, Baccalauréat, Maîtrise et Doctorat, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Tous les niveaux de scolarité Diplôme collégial Baccalauréat Maîtrise Doctorat
pourcentage
Note *

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (réf.) (p < 0,05)

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Source: Statistique Canada, Enquête nationale auprès des diplômés, 2023.
Diplômés étrangers  
Satisfaction à l’égard de l’emploi  
Satisfait 81,0 Tableau 4 Note * 78,4 84,2 84,4 86,5
Ni satisfait ni insatisfait 13,5 16,6 9,3 10,3 8,5
Insatisfait 5,4 5,0 6,6 5,4 5,0
Satisfaction à l’égard du salaire  
Satisfait 49,5 Tableau 4 Note * 49,3 48,7 Tableau 4 Note * 50,5 Tableau 4 Note * 56,8 Tableau 4 Note *
Ni satisfait ni insatisfait 23,7 Tableau 4 Note * 22,9 25,8 Tableau 4 Note * 23,3 Tableau 4 Note * 21,8 Tableau 4 Note *
Insatisfait 26,8 27,8 25,5 26,2 21,4
Satisfaction à l’égard de la sécurité d’emploi  
Satisfait 75,8 Tableau 4 Note * 74,7 80,2 75,2 Tableau 4 Note * 64,4
Ni satisfait ni insatisfait 16,6 Tableau 4 Note * 17,5 Tableau 4 Note * 14,0 17,2 16,9 Tableau 4 Note *
Insatisfait 7,6 7,8 5,8 7,6 18,7 Tableau 4 Note *
Diplômés canadiens (réf.)  
Satisfaction à l’égard de l’emploi  
Satisfait 82,0 82,7 80,5 84,0 86,5
Ni satisfait ni insatisfait 10,8 10,8 11,0 10,2 8,6
Insatisfait 7,3 6,5 8,6 5,8 4,9
Satisfaction à l’égard du salaire  
Satisfait 57,5 55,8 58,0 60,3 62,6
Ni satisfait ni insatisfait 17,8 19,6 16,7 17,1 13,4
Insatisfait 24,6 24,6 25,2 22,6 24,0
Satisfaction à l’égard de la sécurité d’emploi  
Satisfait 79,1 79,9 78,3 81,1 65,0
Ni satisfait ni insatisfait 12,3 11,2 13,3 11,8 12,5
Insatisfait 8,7 8,9 8,5 7,1 22,5

Conclusion

En s’appuyant sur les données de l’Enquête nationale auprès des diplômés de 2023, la présente étude a fourni un aperçu de certains des premiers résultats sur le marché du travail des diplômés étrangers par rapport aux diplômés canadiens.

L’étude montre que la grande majorité des diplômés étrangers et des diplômés canadiens, qui vivaient toujours au Canada, avaient un emploi trois ans après l’obtention du diplôme. Toutefois, les diplômés étrangers avaient généralement des taux d’emploi plus faibles que les diplômés canadiens. Ils avaient également un profil professionnel différent de celui des diplômés canadiens. Les diplômés étrangers ayant obtenu un grade de premier cycle étaient plus susceptibles d’occuper des emplois dans le domaine de la vente et des services que les diplômés canadiens, tandis que les titulaires d’un diplôme d’études supérieures étaient plus susceptibles d’occuper un emploi dans le domaine des sciences naturelles et appliquées.

La correspondance entre les études et l’emploi était comparable chez les diplômés étrangers et les diplômés canadiens. Toutefois, au niveau du baccalauréat et de la maîtrise, les diplômés étrangers étaient moins susceptibles que les diplômés canadiens d’occuper des emplois exigeant habituellement l’obtention d’un diplôme universitaire, ce qui pourrait indiquer une entrée sur le marché du travail plus difficile pour certains diplômés étrangers.

Même si, dans l’ensemble, les diplômés étrangers occupaient moins souvent des emplois liés à leur niveau de scolarité et à leur domaine d’études, leur satisfaction à l’égard du travail et leur sécurité d’emploi étaient comparables à celles des diplômés canadiens. Toutefois, les diplômés étrangers étaient moins satisfaits à l’égard de leur salaire que les diplômés canadiens, ce qui cadre avec le fait qu’ils gagnaient moins par année que les diplômés canadiens.


Brittany Etmanski est analyste principale au Centre de l’information sur le marché du travail à Statistique Canada.

Annexe

Tableau A.1
Certaines caractéristiques démographiques des diplômés étrangers et canadiens qui ont obtenu leur diplôme en 2020 Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Caractéristiques (titres de rangée) et Tous les diplômés, Diplômés étrangers et Diplômés canadiens (réf.), calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Caractéristiques Tous les diplômés Diplômés étrangers Diplômés canadiens (réf.)
pourcentage
Note *

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (réf.) (p < 0,05)

Retour à la référence de note&nbsp;* referrer

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des diplômés, 2023.
Sexe  
Hommes 45,8 54,1 Tableau A.1 Note * 45,8
Femmes 54,2 45,9 Tableau A.1 Note * 54,2
Niveau de scolarité  
Diplôme collégial 44,4 56,0 Tableau A.1 Note * 40,0
Baccalauréat 39,9 24,7 Tableau A.1 Note * 45,3
Maîtrise 14,0 16,9 Tableau A.1 Note * 13,1
Doctorat 1,7 2,4 Tableau A.1 Note * 1,5
Groupe de population  
Blanc 50,3 6,5 Tableau A.1 Note * 63,8
Sud-Asiatique 17,1 48,1 Tableau A.1 Note * 7,3
Chinois 7,5 12,0 Tableau A.1 Note * 6,1
Noir 5,7 10,0 Tableau A.1 Note * 4,3
Philippin 2,6 2,3 2,7
Arabe 3,1 2,6 3,3
Latino-Américain 3,6 7,2 Tableau A.1 Note * 2,4
Asiatique du Sud-Est 2,8 5,7 Tableau A.1 Note * 1,8
Asiatique occidental 1,5 1,6 1,5
Coréen 1,2 2,3 0,9
Japonais 0,5 1,1 0,3
Autre 1,4 1,6 1,3
Programme d’études  
Enseignement 5,6 1,1 Tableau A.1 Note * 7,1
Arts visuels et d’interprétation et technologie des communications 4,0 2,3 Tableau A.1 Note * 4,5
Sciences humaines 3,3 2,9 3,2
Sciences sociales et de comportements et droit 12,7 8,7 Tableau A.1 Note * 14,1
Commerce, gestion et administration publique 27,8 36,3 Tableau A.1 Note * 24,9
Sciences physiques et de la vie et technologies 3,2 4,0 3,0
Mathématiques, informatique et sciences de l’information 6,7 11,6 Tableau A.1 Note * 5,1
Architecture, génie et technologies connexes 15,6 20,8 Tableau A.1 Note * 14,2
Agriculture, ressources naturelles et conservation 1,9 1,0 Tableau A.1 Note * 2,3
Santé et domaines connexes 14,0 7,4 Tableau A.1 Note * 15,9
Services personnels, de protection et de transport 3,6 3,2 3,8
Autre 1,3 0,6 1,5

Sources de données, méthodes et définitions

Sources de données

La présente étude s’appuie sur les données de l’Enquête nationale auprès des diplômés (END) de 2023. La population cible de l’END, pour la promotion de 2020, représente les diplômés des établissements d’enseignement postsecondaire publics au Canada au cours de l’année civile 2020 qui habitaient au Canada au moment de l’interview, en 2023.

Seuls les diplômés de programmes de niveau collégial ou universitaire d’une durée de trois mois ou plus font partie du champ de l’END. Les titulaires d’un certificat ou d’un diplôme d’une école de métiers ou d’un centre de formation professionnelle sont exclus de l’END.

Toutes les analyses concernant les résultats sur le marché du travail excluent les diplômés qui ont poursuivi des études postsecondaires entre l’obtention de leur diplôme et le moment de l’interview.

Les répondants occupés sont ceux qui ont effectué un travail contre rémunération ou profit ou qui avaient un emploi mais étaient absents du travail au moment de l'entretien en 2023. Travailler à temps plein fait référence au fait de travailler habituellement 30 heures ou plus par semaine dans le cadre d’un seul emploi ou d’une seule entreprise.

Définitions

Les diplômés étrangers comprennent les diplômés qui étaient titulaires d’un permis d’études ou de travail lorsqu’ils ont commencé le programme d’études pour lequel ils ont obtenu leur diplôme en 2020.

Les diplômés canadiens comprennent les diplômés qui n’étaient pas titulaires d’un permis d’études ou de travail lorsqu’ils ont commencé le programme d’études pour lequel ils ont obtenu leur diplôme en 2020.

Le diplôme d’études collégiales comprend les certificats et les diplômes d’un collège ou d’un autre établissement non universitaire et les certificats et les diplômes d’un cégep.

Le baccalauréat comprend les baccalauréats, les diplômes en médecine, en médecine dentaire, en médecine vétérinaire et en optométrie et les certificats et les diplômes universitaires de niveau inférieur au baccalauréat.

La maîtrise comprend les maîtrises et les certificats et les diplômes universitaires de niveau supérieur au baccalauréat.

Le doctorat comprend le doctorat, qui peut être obtenu après la maîtrise, habituellement au bout d’au moins trois ans. Cette catégorie ne comprend pas les doctorats honorifiques qui sont décernés à des personnes importantes.

Études de premier cycle comprend les diplômés qui ont obtenu un diplôme collégial ou un baccalauréat.

Études supérieures comprend les diplômés qui ont obtenu une maîtrise ou un doctorat.

Renseignements additionnels

Articles connexes

Sources de données

Références bibliographiques

  1. Documents consultés
  2. Comment citer le présent article

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