Regards sur la société canadienne
Résultats du Recensement de 2016 : Les langues autochtones et le rôle de l’acquisition d’une langue seconde

par Thomas Anderson

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Début de l’encadré

Regards sur la société canadienne publie aujourd’hui une étude fondée sur les données du Recensement de 2016. La présente étude s’appuie sur les données du recensement sur les langues autochtones.

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Aperçu de l’étude

Au moyen des données du Recensement de 2016, on examine, dans la présente étude, la mesure dans laquelle les langues autochtones sont parlées au Canada, et on évalue si le nombre de locuteurs d’une langue autochtone a augmenté au cours des dernières décennies. On examine aussi les facteurs associés à l’utilisation et à la conservation des langues autochtones.

  • En 2016, 263 840 Canadiens ont déclaré pouvoir parler une langue autochtone. De 1996 à 2016, le nombre total de personnes qui maîtrisaient suffisamment bien une langue autochtone pour tenir une conversation s’est accru de 8 %.
  • Les Premières Nations représentaient 79 % de tous les locuteurs d’une langue autochtone, tandis que les Inuits en représentaient 16 % et les Métis, 4 %. À titre de comparaison, parmi l’ensemble des personnes ayant une identité autochtone, 58 % étaient issues des Premières Nations, 35 %, étaient des Métis et 4 %, des Inuits.
  • L’acquisition d’une langue seconde joue un rôle important dans la transmission des langues autochtones. La proportion de locuteurs d’une langue autochtone qui l'ont appris comme langue seconde est passée de 18 % en 1996 à 26 % en 2016.
  • Parmi les personnes dont la langue maternelle était une langue autochtone, 90 % des personnes la parlaient au moins régulièrement à la maison. Parmi les personnes dont la langue autochtone était une langue seconde, 73 % la parlaient à la maison. Les deux proportions ont augmenté de 2006 à 2016.
  • La mesure dans laquelle les langues autochtones sont parlées dépend d’un certain nombre de facteurs personnels, familiaux et géographiques. Par exemple, les familles dont au moins un parent avait comme langue maternelle une langue autochtone étaient plus susceptibles de compter des enfants qui pouvaient parler une langue autochtone.

Fin de l’encadré

Introduction

Une grande partie de la société canadienne repose sur la capacité de parler le français ou l’anglais dans la vie publiqueNote . En 2016, plus de 99 % des personnes qui occupaient un emploi au cours de l’année précédente ont déclaré qu’elles parlaient le français ou l’anglais au moins régulièrement au travail. Cette réalité peut poser quelques défis pour de nombreuses personnes qui parlent une langue autochtone lorsque vient le temps de participer à la vie culturelle, au monde universitaire ou à la population active en général.

Selon la Commission royale sur les peuples autochtones, des siècles d’histoire coloniale ont eu des répercussions négatives profondes sur l’utilisation et la transmission des langues autochtones au CanadaNote . La Commission de vérité et réconciliation du Canada a permis de bien documenter la violence subie dans le réseau de pensionnats et d’écoles industrielles fédérales, y compris ses effets négatifs sur la transmission des langues autochtonesNote . Les politiques d’assimilation qui ont affaibli l’utilisation des langues autochtones dans le passé ont eu des répercussions sur la promotion des langues autochtonesNote Note .

Les études réalisées sur la survie à long terme des langues autochtones ont permis d’exposer les défis particuliers à relever lorsque les locuteurs d’une langue d’au moins deux groupes ont des contacts soutenus les uns avec les autresNote . Dans de rares cas, ces contacts peuvent faciliter la création d’une toute nouvelle langue, comme la création du mitchif à partir du cri et du françaisNote . Dans d’autres cas, la langue moins importante peut être mise de côté, pouvant même disparaîtreNote .

Pourtant, malgré les obstacles historiques et les pressions du monde contemporain, les langues autochtones ont survécu.

Au cours des 20 dernières années, la part de la population autochtoneNote capable de parler une langue autochtone a diminué. En 1996, 29 % des Autochtones maîtrisaient suffisamment bien une langue autochtone pour tenir une conversation. En 2006, un peu plus de 22 % de la population autochtone pouvait parler une langue autochtone. En 2016, cette proportion était passée à 16 %.

Le fait de tout simplement constater la diminution de la part des locuteurs d’une langue autochtone au sein de la population autochtone peut surévaluer la baisse totale. Comme les études antérieures ont permis de le montrer, la population autochtone croît rapidement. Cette situation est attribuable, en grande partie, à une probabilité accrue d’auto-identificationNote . Ce changement signifie qu’un nombre élevé de personnes qui, dans le passé, ne s’identifiaient pas comme faisant partie d’une population ayant une identité autochtone le font désormais. Une grande partie de cette croissance s’est produite dans de grandes villes, où les langues autochtones sont moins souvent parlées.

Le fait d’étudier le nombre de locuteurs d’une langue autochtone, plutôt que leur proportion, permet de présenter ces renseignements d’un autre point de vue. Par exemple, dans le cadre du Recensement de 2016, 263 840 personnes maîtrisaient suffisamment bien une langue autochtone pour tenir une conversation. Au cours de la période de 20 ans allant de 1996 à 2016, le nombre total de personnes qui étaient en mesure de parler une langue autochtone s’est accru de 8 %.

Au cours des dernières années, on a souvent indiqué l’apprentissage d’une langue secondeNote comme facteur favorisant la hausse du nombre de personnes qui peuvent parler une langue autochtoneNote . Les efforts déployés et les appels faits pour soutenir les langues autochtones sont de plus en plus fréquentsNote Note . Malgré tout, la question demeure quant à savoir si l’apprentissage de ces langues comme langues secondes permettra de revitaliser les langues en déclin.

La présente étude porte sur deux groupes de locuteurs d’une langue autochtoneNote , ceux en ayant acquis une comme langue maternelle, et ceux en ayant apprise une comme langue seconde. En outre, on y étudie la hausse du nombre de personnes apprenant une langue autochtone comme langue seconde, de même que l’incidence de la hausse de l’acquisition d’une langue seconde parmi les locuteurs d’une langue autochtone sur l’avenir et la vitalité des langues autochtones au Canada.

L’acquisition d’une langue seconde est à la hausse

Le Recensement de la population de 2016 a fourni des données sur près de 70 langues autochtones, lesquelles peuvent être réparties en 12 familles linguistiques distinctesNote . Presque tous les locuteurs d’une langue autochtoneNote faisaient partie de la population ayant une identité autochtoneNote (99 %). Les Premières Nations représentaient 79 % de tous les locuteurs d’une langue autochtone, suivies des Inuits (16 %) et des Métis (4 %)Note . Parmi l’ensemble des personnes ayant une identité autochtone (1 673 785 personnes), 58 % étaient issues des Premières Nations, 35 % étaient des Métis et 4 %, des Inuits.

Par langue maternelle, on entend la première langue apprise dans l’enfance que la personne comprend toujours. Des trois groupes autochtones, les locuteurs d’une langue inuite étaient les plus susceptibles d’avoir appris cette langue comme langue maternelle. Parmi les plus de 41 000 Inuits qui pouvaient parler une langue autochtone, 88 % l’avaient apprise comme langue maternelle. Après les locuteurs d’une langue inuite, les locuteurs d’une langue autochtone parlée par les Premières Nations étaient les plus susceptibles de l’avoir acquise comme langue maternelle (73 %), suivis des locuteurs d’une langue autochtone parlée par les Métis (58 %).

Comme il a été mentionné précédemment, de 1996 à 2016, le nombre total de personnes qui maîtrisaient suffisamment bien une langue autochtone pour tenir une conversation s’est accru de 8 %. Cependant, le nombre de personnes ayant une langue autochtone comme langue maternelle a baissé de 1 % au cours de cette période de 20 ans. Cette différence montre que la croissance du nombre de locuteurs d’une langue autochtone est principalement attribuable à l’acquisition d’une langue seconde.

Parmi les locuteurs d’une langue autochtone, la proportion de ceux en ayant apprise une comme langue seconde a augmenté au cours de la période de 20 ans allant de 1996 à 2016. En 2016, environ le quart des locuteurs d’une langue autochtone l’ont appris en tant que langue seconde (graphique 1)Note .

Graphique 1

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Proportion de locuteurs d’une langue autochtone ayant acquis une langue autochtone comme langue seconde, Canada, 1996 à 2016, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Proportion de locuteurs d’une langue autochtone ayant acquis une langue autochtone comme langue seconde, Canada, 1996 à 2016
pourcentage
1996 18,1
2001 20,2
2006 19,5
2011 22,1
2016 25,7

Ce changement tient compte de la hausse de la population ayant pour langue seconde une langue autochtone, et de la baisse de la population ayant pour langue maternelle une langue autochtone : la hausse nette, de 1996 à 2016, du nombre total de locuteurs d’une langue autochtone était attribuable à la hausse du nombre de personnes ayant appris une langue autochtone comme langue seconde.

Les personnes ayant appris une langue autochtone comme langue seconde sont plus jeunes que celles en ayant appris une comme langue maternelle

Parmi ceux ayant déclaré une identité autochtone, une proportion semblable de femmes (16 %) et d’hommes (15 %) parlaient une langue autochtone. Parmi ceux-ci, il s’agissait d’une langue seconde dans 25 % des cas, à la fois chez les hommes et chez les femmes.

On a observé des différences significatives en ce qui concerne la répartition selon l’âge des personnes ayant une langue autochtone comme langue maternelle et celles ayant appris une langue autochtone plus tard au cours de leur vie (graphique 2). L’âge moyen des personnes ayant appris une langue autochtone comme langue maternelle était de 37,1 ans, alors qu’il était de 30,8 ans chez les personnes ayant appris une langue autochtone comme langue seconde.

Graphique 2

Tableau de données du graphique 2 
Graphique 2
Pyramide d’âge des personnes ayant appris une langue autochtone comme langue maternelle, et des personnes l’ayant acquis comme langue seconde, locuteurs d’une langue autochtone, Canada, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Pyramide d’âge des personnes ayant appris une langue autochtone comme langue maternelle. Les données sont présentées selon Âge (titres de rangée) et Acquise comme langue maternelle, hommes, Acquise comme langue maternelle, femmes, Acquise comme langue seconde, hommes et Acquise comme langue seconde, femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Âge Acquise comme langue maternelle, hommes Acquise comme langue maternelle, femmes Acquise comme langue seconde, hommes Acquise comme langue seconde, femmes
pourcentage
0 à 4 7,2 6,6 8,2 7,6
5 à 9 7,8 7,0 11,6 11,7
10 à 14 7,0 6,3 10,3 9,5
15 à 19 7,0 6,2 8,6 7,6
20 à 24 7,0 6,8 7,6 7,2
25 à 29 6,8 6,6 7,3 7,9
30 à 34 6,2 6,4 6,6 7,8
35 à 39 6,0 6,2 6,3 6,9
40 à 44 6,6 6,8 6,2 6,9
45 à 49 7,4 7,6 6,4 6,8
50 à 54 7,6 8,0 6,1 6,2
55 à 59 6,9 7,2 5,1 4,6
60 à 64 5,6 5,9 3,9 3,5
65 à 69 4,4 4,7 0,3 2,5
70 à 74 3,0 3,4 1,8 1,6
75 à 79 1,9 2,1 0,9 1,1
80 à 84 1,0 1,3 0,4 0,4
85 à 89 0,4 0,5 0,1 0,3
90 à 94 0,1 0,2 0,0 0,1
95 à 99 0,0 0,0 0,0 0,0
100 et plus 0,0 0,0 0,0 0,0

Le fait que l’âge des personnes ayant appris une langue autochtone comme langue seconde était très inférieur à celui des personnes en ayant appris une comme langue maternelle laisse entrevoir différents points. Tout d’abord, il peut faire état de la dynamique linguistique à la maison chez de nombreux enfants inuits, métis et des Premières Nations : même s’ils n’ont pas appris en premier leur langue autochtone, ces enfants l’apprennent tout de même de leurs parents ou grands-parents vivant avec eux. Ensuite, de nombreux enfants ont appris leur langue autochtone à l’école, à la garderie ou dans le cadre d’autres programmes réservés à la petite enfanceNote . Cette situation laisserait croire que les programmes qui encouragent l’apprentissage d’une langue autochtone dans ce contexte ont des répercussions positives.

Les personnes ayant appris une langue autochtone comme langue seconde étaient moins susceptibles de parler cette langue à la maison que les personnes en ayant appris une comme langue maternelle

La recherche linguistique a souvent pris en considération la langue parlée à la maisonNote . La langue parlée à la maison permet de mesurer un aspect de la vitalité linguistique : le degré auquel une population utilise sa langue dans la vie quotidienne, faisant état de la vigueur d’une langue d’une manière que le fait de prendre tout simplement en considération le nombre de personnes qui parle cette langue ne permet pas de faire.

La majorité des personnes ayant appris une langue autochtone comme langue seconde la parlaient à la maison, soit comme langue qu’elles utilisaient le plus souvent, soit comme langue qu’elles parlaient régulièrement (tableau 1). De ce groupe, 73 % la parlaient au moins régulièrement à la maison. Cependant, la prévalence était supérieure chez les personnes ayant acquis une langue autochtone comme langue maternelle, s’établissant à 90 %.


Tableau 1
Langue autochtone parlée à la maison selon le mode d’acquisition, locuteurs d’une langue autochtone, Canada, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Langue autochtone parlée à la maison selon le mode d’acquisition Capable de parler une langue autochtone, Langue autochtone acquise comme langue maternelle et Langue autochtone acquise comme langue seconde, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Capable de parler une langue autochtone Langue autochtone acquise comme langue maternelle Langue autochtone acquise comme langue seconde
nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage
Total 263 840 100,0 195 660 100,0 68 180 100,0
Langue autochtone parlée au moins régulièrement à la maison 224 990 85,3 175 445 89,7 49 545 72,7
Langue autochtone parlée le plus souvent à la maison 135 945 51,5 123 885 63,3 12 060 17,7
Langue autochtone parlée régulièrement à la maison (utilisation secondaire)Tableau 1 Note 1 89 055 33,8 51 565 26,4 37 490 55,0

L’écart était encore plus marqué chez les personnes qui parlaient une langue autochtone le plus souvent à la maison. Parmi les personnes ayant appris une langue autochtone comme langue seconde, 18 % la parlaient le plus souvent à la maison, comparativement à 63 % des personnes l’ayant apprise comme langue maternelle.

Cependant, l’utilisation de la langue autochtone à la maison a augmenté chez les personnes qui en avaient une comme langue maternelle ainsi que chez celles qui en ont acquis une comme langue seconde (graphique 3), et ce, même si les personnes faisant partie du second groupe étaient moins susceptibles de parler leur langue autochtone à la maison.

Graphique 3

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3. Les données sont présentées selon Langue autochtone (titres de rangée) et Parlée le plus souvent à la maison et Parlée régulièrement à la maison, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Langue autochtone Parlée le plus souvent à la maison Parlée régulièrement à la maison
pourcentage
Acquise comme langue maternelle
2006 63,8 18,0
2011 60,1 26,0
2016 63,7 26,2
Acquise comme langue seconde
2006 11,6 26,6
2011 10,1 39,4
2016 17,6 54,9

En 2006, 38% des personnes ayant comme langue seconde une langue autochtone parlaient leur langue autochtone à la maison au moins régulièrement. À titre de comparaison, 73 % des personnes ayant acquis une langue autochtone comme langue seconde parlaient cette langue à la maison en 2016. Parmi les personnes ayant comme langue maternelle une langue autochtone, 8 sur 10 parlaient leur langue autochtone à la maison au moins régulièrement en 2006. Ce chiffre était de près de 9 sur 10 en 2016.Note

Parmi les personnes ayant comme langue maternelle une langue autochtone, ce sont celles ayant déclaré parler leur langue régulièrement à la maison, mais pas le plus souvent, qui sont à l’origine de la hausse. Cette situation a été principalement observée pour cinq langues autochtones : les langues criesNote , l’ojibwé, l’oji-cri, le déné et l’inuktitut. Celles-ci représentaient un peu moins de 80 % de l’écart en ce qui concerne les personnes qui parlaient leur langue autochtone régulièrement à la maison de 2006 à 2016Note .

Parmi les personnes ayant une langue autochtone comme langue seconde, on a à la fois observé une hausse du nombre de personnes qui parlaient leur langue le plus souvent à la maison et une augmentation du nombre de personnes qui la parlaient régulièrement. Moins de 70 % de l’écart lié aux personnes qui parlaient leur langue le plus souvent à la maison et près de 70 % de l’écart relatif aux personnes qui la parlaient régulièrement à la maison comprenaient le pied-noir, les langues cries, l’ojibwé, les langues salishennes et l’inuktitut.

La transmission des langues autochtones est plus fréquente dans les familles où au moins un parent a pour langue maternelle une langue autochtone

Il est également important d’évaluer le degré auquel les langues autochtones sont transmises du parent à l’enfant.

Parmi les familles de recensementNote vivant dans des ménages privés constitués d’au moins un parent et d’au moins un enfantNote , on comptait 47 705 familles au sein desquelles au moins un parent pouvait parler une langue autochtone. Au sein de ce groupe, il était plus fréquent que les enfants parlent une langue autochtone si un parent avait cette langue comme langue maternelle plutôt que comme langue seconde.

Parmi les familles dont au moins un parent avait comme langue maternelle une langue autochtone, 66 % comptaient un enfant qui pouvait parler une langue autochtone (tableau 2). Cela laisse croire que la langue a été transmise avec succès par le parent à l’enfantNote . Parmi les familles dans lesquelles aucun parent n’avait une langue autochtone comme langue maternelle, mais où au moins un parent avait une langue autochtone comme langue seconde, 49 % comptaient un enfant à la maison qui pouvait parler une langue autochtone.


Tableau 2
Mode d’acquisition d’une langue autochtone chez les parents des enfants qui connaissent une langue autochtone, familles de recensement dans les ménages privés constitués d’au moins un parent et d’au moins un enfant de 0 à 17 ans, Canada, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Mode d’acquisition d’une langue autochtone chez les parents des enfants qui connaissent une langue autochtone Acquisition d’une langue autochtone, Total, Au moins un enfant pouvait parler une langue autochtone et Aucun enfant ne pouvait parler une langue autochtone, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Acquisition d’une langue autochtone
Total Au moins un enfant pouvait parler une langue autochtone Aucun enfant ne pouvait parler une langue autochtone
nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage
Total 3 862 870 100,0 31 135 0,8 3 831 740 99,2
Au moins un parent a acquis une langue autochtone comme langue maternelle 35 550 100,0 23 515 66,1 12 035 33,9
Aucun parent n’a une langue maternelle autochtone, mais au moins un parent a appris une langue autochtone comme langue seconde 12 155 100,0 5 900 48,5 6 255 51,5
Aucun parent dans la famille de recensement ne pouvait parler une langue autochtone 3 815 165 100,0 1 715 0,0 3 813 445 100,0

Parmi les familles comptant un couple de sexe opposéNote , les familles dont la mère et le père avaient comme langue maternelle une langue autochtone étaient les plus susceptibles (78 %) de compter des enfants qui pouvaient parler une langue autochtone. Parmi les familles dans lesquelles l’un des parents avait une langue autochtone comme langue maternelle et l’autre parent avait une langue autochtone comme langue seconde, 68 % comptaient un enfant à la maison qui pouvait parler une langue autochtone. Ce taux était supérieur chez les familles au sein desquelles la mère avait pour langue maternelle une langue autochtone (72 %) par rapport aux familles au sein desquelles le père avait pour langue maternelle une langue autochtone (65 %). Ce résultat concorde avec les études antérieures qui indiquaient que les femmes avaient une incidence élevée sur la vigueur des langues autochtonesNote .

La majorité des familles (65 %) au sein desquelles la mère et le père parlaient une langue autochtone comme langue seconde comptaient au moins un enfant qui pouvait aussi parler cette langue. Les familles au sein desquelles seulement un parent pouvait parler une langue autochtone étaient significativement moins susceptibles de compter un enfant qui parlait une langue autochtone (19 %); cette divergence était observable que la langue soit la langue maternelle du parent (18 %) ou une langue seconde (20 %). Cette situation laisse penser que la capacité de chaque parent à parler une langue autochtone influe davantage sur la transmission des langues autochtones que le mode d’acquisition.

Parmi les familles monoparentales, 70 % des familles dans lesquelles le parent avait comme langue maternelle une langue autochtone comptaient un enfant qui pouvait parler cette langue. Cette proportion est supérieure à celle affichée par les familles dans lesquelles le parent avait une langue autochtone comme langue seconde (56 %). Les taux étaient sensiblement les mêmes que le parent au sein de la famille monoparentale soit de sexe masculin ou féminin.

Relation opposée entre la continuité linguistique et le taux d’acquisition d’une langue seconde

Dans la présente étude, le taux de continuité de la langue maternelle renvoie à la proportion de personnes qui ont une langue autochtone comme langue maternelle et qui la parlent au moins régulièrement à la maison. On peut considérer le taux de continuité comme une mesure de rétention de la langue parmi les personnes qui ont une langue autochtone comme langue maternelle. En revanche, par taux d’acquisition d’une langue seconde, on entend la proportion de personnes qui ont appris une langue autochtone comme langue seconde.

La comparaison de ces deux indicateurs pour différentes langues autochtones montre qu’il existe une relation inversée entre la continuité linguistique et le taux d’acquisition d’une langue seconde (graphique 4). Les langues dont le degré de continuité est élevé, comme l’atikamekw (96 %), l’inuktitut (97 %) et le déné (91 %), ont tendance à avoir des taux d’acquisition de langue seconde significativement moins élevés (6 %, 12 % et 14 %, respectivement).

Chart 4

Tableau de données du graphique 4 
Graphique 4
Taux d’acquisition d’une langue seconde selon le taux de continuité de la langue maternelle, langues autochtones, Canada, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux d’acquisition d’une langue seconde selon le taux de continuité de la langue maternelle. Les données sont présentées selon Langue (titres de rangée) et Famille linguistique, Taux de continuité de la langue maternelle et Taux d’acquisition d’une langue seconde(figurant comme en-tête de colonne).
Langue Famille linguistique Taux de continuité de la langue maternelle Taux d’acquisition d’une langue seconde
Atikamekw Langues algonquiennes 96,3 5,9
Naskapi Langues algonquiennes 97,2 6,5
Montagnais (innu) Langues algonquiennes 94,9 8,7
Inuktitut Langues inuites 97,0 12,0
Déné Langues athabascanes 90,6 14,1
Oji-Cri Langues algonquiennes 86,7 14,7
Stoney Langues siouennes 84,6 18,1
Cri, n.d.a. Langues algonquiennes 84,3 24,5
Cri des bois Langues algonquiennes 78,7 25,0
Ottawa (odawa) Langues algonquiennes 81,8 26,8
Esclave du Nord (lièvre) Langues athabascanes 73,0 27,4
Mi'kmaq Langues algonquiennes 81,1 28,5
Flan-de-chien (tlicho) Langues athabascanes 85,9 29,5
Esclave du Sud Langues athabascanes 79,4 30,4
Langues inuites, n.i.a. Langues inuites 47,4 31,2
Esclave, n.d.a. Langues athabascanes 63,6 32,6
Haisla Langues wakashanes 57,7 34,3
Tutchone du Nord Langues athabascanes 23,2 35,1
Dakota Langues siouennes 58,1 35,3
Chilcotin Langues athabascanes 72,7 35,7
Moskégon (cri des marais) Langues algonquiennes 64,6 35,7
Heiltsuk Langues wakashanes 43,5 36,0
Gitxan (gitksan) Langues tsimshennes 62,8 36,0
Thompson (ntlakapamux) Langues salishiennes 41,0 36,7
Cri du Nord‑Est Langues algonquiennes 78,5 36,7
Ojibwé Langues algonquiennes 71,1 37,1
Algonquin Langues algonquiennes 66,3 40,5
Cri de Moose Langues algonquiennes 57,1 41,0
Castor Langues athabascanes 63,6 42,6
Cri des plaines Langues algonquiennes 70,8 44,7
Pied-noir Langues algonquiennes 82,3 45,1
Tsimshian Langues tsimshennes 62,0 45,1
Babine (wetsuwet'en) Langues athabascanes 66,7 45,2
Inuvialuktun Langues inuites 43,5 46,2
Porteur Langues athabascanes 57,1 46,2
Langues athabascanes, n.i.a. Langues athabascanes 41,7 47,1
Gwich'in Langues athabascanes 44,4 48,6
Nuu-chah-nulth (nootka) Langues wakashanes 46,1 50,4
Kwakiutl (kwak'wala) Langues wakashanes 34,4 52,9
Kaska (nahani) Langues athabascanes 62,2 53,4
Mitchif Isolée ou autre 41,7 53,5
Inuinnaqtun Langues inuites 72,2 54,3
Malécite Langues algonquiennes 62,0 57,6
Mohawk Langues iroquoiennes 55,7 58,6
Kutenai Isolée ou autre 55,0 58,8
Sekani Langues athabascanes 45,5 59,5
Langues wakashanes, n.i.a. Langues wakashanes 0,0 60,0
Comox Langues salishennes 40,0 51,1
Lillooet Langues salishennes 47,2 62,0
Tutchone du Sud Langues athabascanes 37,5 62,1
Nisga'a Langues tsimshennes 53,8 62,1
Langues autochtones, n.d.a. Isolée ou autre 41,5 62,7
Okanagan Langues salishennes 47,8 64,4
Shuswap (secwepemctsin) Langues salishennes 50,9 65,5
Halkomelem Langues salishennes 31,8 66,5
Tahltan Langues athabascanes 36,4 68,5
Langues salishennes, n.i.a. Langues salishennes 30,8 69,0
Tlingit Isolée ou autre 27,3 73,1
Haida Isolée ou autre 45,2 74,2
Cri du Sud‑Est Langues algonquiennes 66,7 75,0
Oneida Langues iroquoiennes 80,0 75,0
Langues siouennes, n.i.a. Langues siouennes 40,0 78,6
Langues algonquiennes, n.i.a. Langues algonquiennes 0,0 79,2
Cayuga Langues iroquoiennes 33,3 80,0
Straits Langues salishennes 40,0 80,8
Sarsi Langues athabascanes 18,2 83,3
Squamish Langues salishennes 40,0 87,5
Langues iroquoiennes, n.i.a. Langues iroquoiennes 40,0 91,3

En revanche, les langues autochtones dont le degré de continuité est moins élevé, comme le sarsi (18 %) et le tlingit (27 %), ont tendance à avoir des taux d’acquisition de langue seconde plus élevés (83 % et 73 %, respectivement).

Il est plus probable que la langue autochtone soit une langue maternelle dans les communautés plus petites où la concentration linguistique est forte

Selon des études antérieures, les personnes dont la langue maternelle est une langue autochtone étaient plus susceptibles de parler cette langue à la maison si elles vivaient dans une région où il y a une forte concentration d’autres personnes ayant une langue autochtone comme langue maternelleNote .

Les langues autochtones qui sont la langue maternelle d’une grande proportion de personnes se trouvent souvent dans de petites régions, parfois rurales, où il y a une forte concentration géographique de personnes les parlant. Par exemple, au Canada, en 2016, 6 640 personnes parlaient l’atikamekw. Pour 6 % d’entre elles, il s’agissait d’une langue seconde. Cela signifie qu’il s’agissait de la langue maternelle de la majorité des personnes parlant la langue. Environ 78 % de l’ensemble des personnes parlant l’atikamekw vivaient dans des réserves de trois subdivisions de recensement (SDR)Note du centre-nord du Québec. Dans ces communautés, 98 % de la population maîtrisaient l’atikamekw suffisamment bien pour tenir une conversation.

Dans le même ordre d’idées, 1 465 personnes parlaient le naskapi en 2016. Il s’agissait de la langue maternelle de 94 % d’entre elles, et de la langue seconde de la proportion restante. Parmi la population parlant le naskapi, 83 % vivaient sur une réserve dans deux SDR en 2016, une dans l’est du Québec et l’autre, au Labrador. Dans ces communautés regroupées, le naskapi était parlé par 79 % de la population.

L’inuktitut est possiblement l’exemple le plus flagrant de cette relation entre les petites communautés ayant une forte concentration de personnes parlant une langue autochtone et la majorité des personnes qui apprennent la langue comme langue maternelle. Il s’agissait de la langue maternelle de la majorité des locuteurs de l’inuktitut, et de la langue seconde de 12 % d’entre elles.

En 2016, la majorité (94 %) des personnes parlant l’inuktitut vivaient au Nunavut ou au Nunavik. Dans ces régions, la population vit dans un certain nombre de petites communautés accessibles uniquement par voie aérienne ou par voie d’eau. La municipalité la plus grande, Iqaluit, comptait 7 590 résidents en 2016. En regroupant le Nunavut et le Nunavik, 78 % de la population pouvait parler l’inuktitut.

En revanche, de nombreuses langues affichant une proportion supérieure d’apprenants d’une langue seconde étaient moins susceptibles de se trouver dans des régions où il y avait une forte concentration de personnes les parlant. Par exemple, 83 % des locuteurs du sarsi l’ont appris comme langue seconde; bien que 60 % des personnes pouvant parler le sarsi vivaient dans la SDR de Calgary, elles ne représentaient qu’une petite fraction des 1,2 million de personnes vivant à cet endroit.

Le squamish et le straits sont deux langues de la famille des langues salishennes, parlées principalement en Colombie-Britannique. Chacune de ces langues comptait une population composée principalement d’apprenants de langue seconde.

Parmi les personnes pouvant parler le squamish, 68 % vivaient sur l’une des réserves de deux petites communautés gérées par la nation Squamish. Cependant, ces SDR se trouvent dans la grande région métropolitaine de recensement de Vancouver; dans les SDR, la proportion de la population qui pouvait parler le squamish était inférieure à 6 %.

Parmi les personnes qui pouvaient parler le straits, 71 % vivaient dans l’une des réserves de deux SDRNote . Tout comme dans le cas du squamish, ces SDR se trouvent dans une grande région métropolitaine de recensement, soit Victoria, en Colombie-Britannique. La langue anglaise domine dans cette région : 99 % de la population pouvait parler l’anglais, et 73 % de la population ne pouvait parler que l’anglais. En 2016, 0,2 % de la population de Victoria pouvait parler une langue autochtone. Dans les deux communautés particulières, 10 % de la population pouvait parler le straits.

Ces exemples laissent croire que, dans le cas de l’acquisition d’une langue, la région environnante est tout aussi importante que la communauté immédiate. Les personnes qui ont comme langue maternelle une langue autochtone résidaient souvent à l’écart des grandes régions métropolitaines, contrairement aux personnes qui en ont fait une langue seconde.

Conclusion

Le nombre de personnes qui ont une langue autochtone comme langue seconde augmente, tandis que le nombre de personnes qui ont une langue autochtone comme langue maternelle diminue. Cependant, sans égard au mode d’acquisition, pour que les langues autochtones continuent d’exister au Canada et qu’elles prospèrent, des recherches antérieures ont démontré qu’il est nécessaire qu’elles soient transmises aux enfants et qu’elles soient utilisées dans la vie quotidienneNote .

À cet égard, cependant, les résultats sont quelque peu contradictoires. D’une part, l’utilisation des langues autochtones à la maison est inférieure chez les personnes pour lesquelles il s’agit d’une langue seconde. Les langues autochtones affichant des taux élevés d’acquisition comme langue seconde ont aussi tendance à être des langues pour lesquelles le degré de continuité de la langue maternelle est faible.

D’autre part, la proportion des locuteurs d’une langue autochtone à la maison augmente. Cela vaut pour les personnes ayant acquis une langue autochtone comme langue maternelle, et celles en ayant acquis une comme langue seconde.

Les facteurs associés à l’utilisation et à la conservation d’une langue autochtone peuvent être regroupés sur les plans personnel, familial et communautaire. Tout d’abord, sur le plan personnel, la structure par âge de la population ayant appris une langue autochtone comme langue seconde est significativement plus jeune que celle de la population ayant appris une langue autochtone comme langue maternelle. Tandis que le Recensement de la population ne tient pas compte de certains facteurs, comme l’importance perçue du fait de parler une langue autochtone, des études futures s’appuyant sur d’autres sources de données, comme l’Enquête auprès des peuples autochtones de 2017, pourraient examiner cette question.

Ensuite, dans la plupart des cas, la famille est le principal environnement dans lequel une langue est apprise et parlée. Les familles dont au moins un parent avait comme langue maternelle une langue autochtone sont plus susceptibles d’avoir des enfants qui peuvent parler une langue autochtone. Dans les familles biparentales, la probabilité de transmission linguistique lorsque les deux parents parlent une langue autochtone était significativement supérieure par rapport aux familles où un seul parent peut parler une langue autochtone. Cette situation laisse croire que le fait d’être entouré d’autres personnes parlant une langue autochtone importe le plus en ce qui concerne la transmission de cette langue.

Enfin, la communauté, autant le lieu que le groupe de personnes, est essentielle pour maintenir les acquis linguistiques. La langue est une question de communauté. Pour qu’elle soit vivante, une langue doit être partagée. Les langues autochtones ayant un taux élevé de continuité ont tendance à se trouver dans de petites régions souvent isolées où il y a une forte concentration de personnes qui les parlent. Cependant, les langues autochtones comptant un petit nombre de locuteurs qui sont fortement dispersés font face à des défis particuliers, tout comme celles se trouvant dans des collectivités où le français et l’anglais dominent.

Thomas Anderson est un analyste au sein de la Division de la statistique sociale et autochtone de Statistique Canada.

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Sources de données, méthodes et définitions

Sources de données

Les données utilisées dans le présent article sont tirées du Recensement de la population de 2016, ainsi que ceux de 1996, 2001 et 2006, et de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011. D’autres renseignements sur le recensement figurent dans le Guide du Recensement de la population, 2016. Des renseignements supplémentaires sur la qualité des données du recensement et leur degré de comparabilité en ce qui concerne les Autochtones figurent dans le Guide de référence sur les peuples autochtones, Recensement de la population, 2016.

Méthodes

Des taux de croissance ont été appliqués au moyen d’une base corrigée, afin de vérifier les différences dans les réserves partiellement dénombrées d’un cycle à un autre. Cependant, les estimations ponctuelles — sauf indication contraire — ont été comparées sans correction tenant compte du dénombrement partiel. Pour en savoir plus sur la comparaison de données du recensement d’un cycle à un autre, voir le Guide de référence sur les peuples autochtones, Recensement de la population, 2016.

Lorsque l’on compare les données sur les peuples autochtones du Recensement de la population de 2016 et des cycles précédents, on doit tenir compte de plusieurs facteurs. Parmi eux figurent les différences de méthodologie, les modifications du libellé et de la présentation des questions destinées aux Autochtones, les changements législatifs et les différences dans la liste de réserves indiennes partiellement dénombrées.

En plus de ces facteurs, il arrive pour diverses raisons que certaines personnes déclarent leur identité autochtone différemment d’une période de collecte à l’autre. Cela vaut particulièrement en ce qui concerne les différences relatives à la méthodologie utilisée lors de l’ENM de 2011 et celle du Recensement de 2016. Les estimations de l’ENM sont dérivées d’une enquête à participation volontaire et elles peuvent, par conséquent, comporter davantage d’erreurs dues à la non-réponse que les estimations dérivées du questionnaire détaillé du Recensement de 2016.

Arrondissement aléatoire et répartitions en pourcentage : Afin de protéger le caractère confidentiel des renseignements recueillis lors du Recensement de 2016, on applique une méthode aux données qui consiste à arrondir de façon aléatoire les valeurs présentées dans les cellules individuelles. Par conséquent, lorsque ces données sont totalisées ou regroupées, la valeur totale peut ne pas correspondre à la somme des valeurs individuelles, étant donné que le total et les totaux partiels sont arrondis séparément. De même, la somme des répartitions en pourcentage, qui sont calculées à partir de données arrondies, ne correspond pas nécessairement à 100 %.

En raison de l’arrondissement aléatoire, les chiffres et les pourcentages peuvent varier légèrement d’un produit de recensement à un autre, comme les documents analytiques, les faits saillants en tableaux et les tableaux de données.

Note sur les variables associées à la langue : Certaines réserves et certains établissements indiens n’ont pas pris part au Recensement de 2016, puisque le dénombrement n’était pas permis ou a été interrompu avant l’achèvement. Par conséquent, certaines estimations figurant dans le présent document pourraient être sous-estimées, surtout en ce qui concerne les langues parlées par les Premières Nations. Par exemple, de nombreuses réserves comptant un nombre élevé de locuteurs de langues iroquoiennes n’ont pas pris part au Recensement de la population de 2016.

Définitions

Locuteur d’une langue autochtone : Renvoie aux personnes qui ont déclaré pouvoir parler suffisamment bien une langue autochtone pour tenir une conversation. On se fonde sur la variable de la connaissance d’une langue autochtone.

Mode d’acquisition : Cette variable renvoie à la manière dont les locuteurs d’une langue autochtone ont appris la langue, qu’il s’agisse de leur langue maternelle ou d’une langue seconde.

  • Acquise comme langue maternelle : Ce groupe comprend les personnes qui ont déclaré avoir comme langue maternelle une langue autochtone (question 9 du Recensement de 2016) et pouvoir toujours parler cette langue suffisamment bien pour tenir une conversation (question 16).
  • Acquise comme langue seconde : Ce groupe comprend les locuteurs d’une langue autochtone, mais qui n’ont pas déclaré cette langue à la question sur la langue maternelle.

Langue parlée à la maison : Cette variable est constituée de deux concepts tirés du questionnaire du recensement. Le premier concept est celui de la langue parlée le plus souvent à la maison et le deuxième, la langue parlée régulièrement à la maison.

  • Langue parlée le plus souvent à la maison : Désigne la langue que la personne parle le plus souvent à la maison au moment de la collecte des données. Une personne peut déclarer plus d’une langue parlée le plus souvent à la maison si l’utilisation de ces langues est équivalente.
  • Autres langues parlées régulièrement à la maison : Désigne les langues, s’il en est, que la personne parle régulièrement à la maison au moment de la collecte des données, autres que la langue ou les langues qu’elle parle le plus souvent à la maison.

Taux d’acquisition d’une langue seconde : Renvoie à la proportion de personnes qui ont appris une langue autochtone donnée comme langue seconde, divisée par le nombre total de personnes qui parlent cette langue autochtone.

Taux de continuité de la langue maternelle : Renvoie à la proportion de personnes qui ont une langue autochtone comme langue maternelle et qui la parlent au moins régulièrement à la maison.

Base corrigée : Cette variable permet l’ajustement des estimations afin de tenir compte des réserves indiennes et des établissements indiens partiellement dénombrés d’un recensement à un autre. Par exemple, si des réserves ou établissements étaient partiellement dénombrés dans le cadre du Recensement de 2006 ou de celui de 2016, ils devraient être exclus des totalisations pour les deux années lorsqu’elles sont comparées. En conséquence, les estimations des tableaux ajustés utilisés aux fins de comparaison historique peuvent différer des estimations fondées sur les données non ajustées. Pour obtenir plus de renseignements sur les réserves indiennes et établissements indiens partiellement dénombrés, voir l’annexe 1.2 du Guide du Recensement de la population, 2016.

Fin de l’encadré

Renseignements additionnels

Informations Supplémentaires

Articles connexes

Sources de données

Références bibliographiques

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