Les variations dans les dettes et les actifs des familles canadiennes, 1999 à 2012

par Sharanjit Uppal et Sébastien LaRochelle-Côté

[Communiqué dans Le Quotidien] [Article intégral en PDF]

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Début de l'encadré

Aperçu de l’étude

Le présent article examine les variations de la dette, des actifs et de la valeur nette parmi les familles canadiennes détenant une dette au cours de la période allant de 1999 à 2012, selon certaines caractéristiques familiales. Il porte aussi sur les variations de deux ratios clés de l’endettement : le ratio de la dette au revenu et le ratio de la dette aux actifs.

  • En 2012, le pourcentage de familles canadiennes détenant une dette se chiffrait à 71 %, comparativement à 67 % en 1999. La dette médiane détenue par ces familles s’établissait à 60 100 $, comparativement à 36 700 $ en 1999 (en dollars constants de 2012).
  • Entre 1999 et 2012, la dette médiane et les actifs médians ont augmenté pour la plupart des types de familles, mais pas également pour toutes les catégories de familles. La dette médiane, par exemple, a connu une hausse plus rapide dans le groupe des 35 à 44 ans, chez les couples ayant des enfants de moins de 18 ans et chez les détenteurs d’hypothèque.
  • Entre 1999 et 2012, le ratio médian de la dette au revenu a progressé, pour passer de 0,78 à 1,10, tandis que le ratio médian de la dette aux actifs est demeuré stable, à environ 0,25. Les familles du groupe des 35 à 44 ans ont connu des hausses significatives de leurs ratios de la dette au revenu et de la dette aux actifs.
  • En 2012, 35 % des familles canadiennes avaient un ratio de la dette au revenu supérieur à 2,0, ce qui signifie que leur dette représentait au moins deux fois leur niveau de revenu annuel après impôt. Cela était le cas pour 23 % des familles canadiennes en 1999.
  • En 2012, 14 % des familles avaient une dette de consommation (c.�à�d., une dette autre qu’une dette hypothécaire) qui était supérieure à leur revenu familial annuel après impôt. En comparaison, 8 % des familles étaient dans la même situation en 1999.

Fin de l'encadré

Introduction

Dans les ouvrages publiés en sciences sociales, le revenu est souvent dépeint comme une mesure clé du bien-être économique et social. Toutefois, d’autres mesures du bien-être économique sont tout aussi importantes, par exemple, la valeur nette qui peut être définie comme la valeur actuelle du total des actifs de la famille moins la somme de toutes les dettes détenues par cette famille. Les actifs sont généralement constitués de biens immobiliers, d’effets personnels et d’épargnes, ainsi que d’investissements financiers, mais peuvent aussi inclure la valeur actuelle des régimes de retraite d’employeurs. La dette comprend la dette hypothécaire et la dette de consommation (comme les prêts étudiants et autres prêts; les marges de crédit personnelles et hypothécaires; les factures non payées et les soldes de carte de crédit).

La dette est un élément central des finances des ménages, en grande partie parce qu’elle joue un rôle fondamental dans le maintien de niveaux de consommation relativement constants au cours du cycle de vieNote 1. Aux premières étapes du cycle de vie, on peut avoir recours à l’épargne et à l’emprunt pour financer la scolarité et l’acquisition d’un logement. Plus tard, la dette est remboursée au fur et à mesure que le revenu augmente par rapport à la consommation, ce qui mène à une accumulation de patrimoine. Aux dernières étapes du cycle de vie, la valeur nette peut fournir une forme de sécurité financière à la retraite, particulièrement en l’absence d’une couverture appropriée par un régime de retraiteNote 2.

Le processus d’accumulation de patrimoine, toutefois, a changé au fil du temps. Les 15 dernières années ont été caractérisées par une baisse des taux d’intérêt, une augmentation des prix des logements, des variations du rendement des marchés financiers et des changements dans la situation économiqueNote 3. Par suite de ces changements, les actifs et la dette ont pris de plus en plus d’importance dans les finances des familles, à tout le moins par rapport au revenu. En 2013, le ratio agrégé de la dette des ménages au revenu disponible s’établissait à 1,63 (soit 1,63 $ de dette pour chaque dollar de revenu disponible), comparativement à un ratio de 0,89 en 1990. Au cours de la même période, le ratio de la dette des ménages aux actifs des ménages a peu varié, oscillant autour de 0,2 ou moins (graphique 1)Note 4.

Graphique 1 Dette des ménages en proportion des actifs et du revenu disponible, 1990 à 2013

Description du graphique 1

Les variations de la dette et des actifs, toutefois, n’ont peut�être pas été les mêmes pour tous les types de familles. Dans une étude antérieure fondée sur des données sur la dette de 2009Note 5, on a déterminé que les niveaux de dette étaient généralement plus élevés parmi les détenteurs d’hypothèque, les personnes ayant fait des études universitaires, les couples avec enfants, les personnes vivant en Alberta et en Colombie-Britannique et les personnes ayant un revenu familial plus élevé. On sait peu de choses au sujet des variations de l’accumulation des actifs et de la dette selon les diverses caractéristiques des familles depuis 2005, année où la dernière enquête complète sur la dette et les actifs des ménages a été menée par Statistique Canada. À partir des nouvelles données disponibles dans l’Enquête sur la sécurité financière (ESF) de 2012, et des données du cycle de 1999 de la même enquête, la présente étude comble cette lacune en examinant les changements qui ont touché les niveaux de dette et d’actifs des familles canadiennes au cours de la période de 1999 à 2012 (voir Sources de données, méthodes et définitions)Note 6. Tous les chiffres du présent article sont exprimés en dollars de 2012, en utilisant l’indice d’ensemble des prix à la consommation comme déflateur.

Dans le présent document, on examine des indicateurs de la dette et des actifs pour la période allant de 1999 à 2012, selon des caractéristiques familiales clés comme l’âge, la scolarité, la structure de la famille, la région, la propriété du logement et le revenu familial. Le présent document examine aussi les variations au fil du temps de deux indicateurs clés de l'endettement selon les caractéristiques familiales : le ratio de la dette au revenu (montant total de la dette divisé par le revenu après impôt) et le ratio de la dette aux actifs (dette totale divisée par le total des actifs).

Le pourcentage de familles détenant une dette a augmenté dans tous les types de familles

Quelle est la proportion de familles endettées (le pourcentage d’« emprunteurs ») au Canada? En 2012, le pourcentage de familles canadiennes détenant une dette s’établissait à 71 %, comparativement à 67 % en 1999 (tableau 1). Plusieurs caractéristiques ont été associées aux pourcentages plus élevés d’emprunteursNote 7.

Tableau 1
Pourcentage de familles détenant une dette, 1999 et 2012
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Pourcentage de familles détenant une dette 1999 et 2012, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  1999 2012
pourcentage
Familles détenant une dette 67,3 71,1
Âge du soutien économique principal  
15 à 34 ans 79,6 78,6
35 à 44 ans 80,0 84,7
45 à 54 ans 76,4 80,7
55 à 64 ans 60,9 70,3
65 ans et plus 27,4 42,5
Niveau de scolarité du soutien économique principal  
Niveau inférieur à des études secondaires 51,1 51,2
Diplôme d'études secondaires 69,9 70,1
Diplôme d'un collège/d'une école de métiers 75,1 78,0
Diplôme universitaire 75,1 76,3
Structure de la famille  
Personnes non âgées (moins de 65 ans)  
Personnes seules 64,4 65,6
Couples sans enfants ou avec enfants de 18 ans et plus 77,9 82,5
Couples avec enfants de moins de 18 ans 87,2 90,4
Parents seuls 71,7 79,6
Autres 73,6 77,9
Personnes âgées (65 ans et plus) 27,4 42,5
Statut d'immigrant du soutien économique principal  
A immigré au cours des 10 dernières années 63,0 76,0
Plus de 10 années écoulées depuis l'immigration 62,9 66,3
Né au Canada 68,3 71,8
Région  
Atlantique 73,4 76,4
Québec 64,3 71,3
Ontario 67,2 70,7
Manitoba et Saskatchewan 63,5 68,9
Alberta 71,6 73,1
Colombie-Britannique 68,3 68,8
Propriété du logement  
Propriétaires avec hypothèque 100,0 100,0
Propriétaires sans hypothèque 42,5 51,3
Non-propriétaires 58,3 60,3
Quintile du revenu  
Quintile inférieur 54,0 54,6
Deuxième quintile 56,5 65,6
Quintile intermédiaire 70,6 76,1
Quatrième quintile 77,4 78,8
Quintile supérieur 77,8 80,7

Tant en 1999 qu’en 2012, les proportions les plus élevées de familles ayant une dette se trouvaient parmi les familles les plus jeunes; les familles dont le soutien économique principal avait fait des études universitaires; les couples avec enfantsNote 8; et les familles du quintile de revenu supérieur. En comparaison, celles ayant les proportions d’endettement les plus faibles étaient les familles dont le soutien économique principal était âgé de 65 ans et plus; les familles dont le soutien économique principal n’avait pas fait d’études secondaires; et les familles du quintile de revenu inférieurNote 9.

Ces résultats correspondent à la théorie du cycle de vie de la consommation, les jeunes et les familles ayant des enfants vivant à la maison étant généralement plus susceptibles de détenir des dettes pour financer leur consommation (par exemple l’achat d’une maison)Note 10. Les personnes plus âgées, en comparaison, sont plus susceptibles d’être propriétaires de leur maison et, ainsi, plus susceptibles d’avoir moins de dettes dans leur bilan.

Le pourcentage global d’emprunteurs a augmenté pour presque toutes les catégories de familles entre 1999 et 2012, mais a connu une hausse plus rapide dans certains cas. Il s’agit notamment des familles du groupe des 65 ans et plus (de 27 % à 43 %), des immigrants récents (de 63 % à 76 %), des familles du deuxième quintile de revenu (de 57 % à 66 %), et des propriétaires sans hypothèque (de 43 % à 51 %). L’augmentation parmi les familles plus âgées laisse supposer qu’une part croissante des personnes qui approchent de la retraite ont toujours une dette au moment où elles prennent leur retraiteNote 11.

La dette médiane a augmenté plus rapidement dans les familles d'âge moyen et les couples avec enfants

En 2012, le montant médian de la dette détenue par les familles canadiennes (exprimé en dollars constants de 2012) s’établissait à 60 100 $, comparativement à 36 700 $ en 1999 (tableau 2). La valeur médiane des actifs des familles détenant une dette a aussi augmenté, passant de 225 400 $ à 405 200 $Note 12. Ces chiffres variaient toutefois selon les caractéristiques familiales et personnelles.

Tableau 2
Dette médiane et actifs médians, familles détenant une dette, 1999 et 2012
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Dette médiane et actifs médians Dette médiane, Variation, Actifs médians, 1999, 2012 et 1999 à 2012, calculées selon dollars de 2012 unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Dette médiane Variation Actifs médians Variation
1999 2012 1999 à 2012 1999 2012 1999 à 2012
dollars de 2012
Tous 36 700 60 100 23,400Note * 225 400 405 200 179 800Note *
Âge du soutien économique principal  
15 à 34 ans 24 400 39 300 14 900Note * 63 600 92 700 29 100
35 à 44 ans 63 000 142 600 79 600Note * 234 000 413 800 179 800Note *
45 à 54 ans 50 500 87 800 37 300Note * 355 400 552 700 197 300Note *
55 à 64 ans 26 200 49 300 23 100Note * 404 100 656 800 252 700Note *
65 ans et plus 8 500 18 000 9 500Note * 310 100 484 300 174 200Note *
Niveau de scolarité du soutien économique principal  
Niveau inférieur à des études secondaires 15 100 19 000 3 900 150 600 208 100 57 500
Diplôme d'études secondaires 36 400 42 500 6 100 206 000 346 100 140 100Note *
Diplôme d'un collège/d'une école de métiers 43 000 75 000 32 000Note * 221 900 388 100 166 200Note *
Diplôme universitaire 61 600 109 000 47 400Note * 351 200 621 700 270 500Note *
Structure de la famille  
Personnes non âgées (moins de 65 ans)  
Personnes seules 12 100 19 700 7 600Note * 42 200 58 200 16 000
Couples sans enfants ou avec enfants de 18 ans et plus 48 500 91 000 42 500Note * 325 100 578 300 253 200Note *
Couples avec enfants de moins de 18 ans 82 600 170 000 87 400Note * 283 600 528 700 245 100Note *
Parents seuls 19 300 22 300 3 000 65 000 89 500 24 500
Autres 26 200 43 000 16 800 225 500 401 200 175 700Note *
Personnes âgées (65 ans et plus) 8 500 18 000 9 500Note * 310 100 484 300 174 200Note *
Statut d'immigrant du soutien économique principal  
A immigré au cours des 10 dernières années 34 100 58 000 23 900 122 000 274 000 152 000
Plus de 10 années écoulées depuis l'immigration 53 900 88 500 34 600Note * 335 900 559 900 224 000Note *
Né au Canada 34 500 56 000 21 500Note * 215 100 388 600 173 500Note *
Région  
Atlantique 23 900 39 000 15 100Note * 163 900 284 600 120 700Note *
Québec 27 500 34 300 6 800 176 600 334 000 157 400Note *
Ontario 48 200 72 000 23 800Note * 271 600 449 000 177 400Note *
Manitoba et Saskatchewan 31 500 61 000 29 500Note * 198 000 369 700 171 700Note *
Alberta 52 400 117 000 64 600Note * 242 100 460 600 218 500Note *
Colombie-Britannique 45 900 72 300 26 400 274 600 531 400 256 800Note *
Propriété du logement  
Propriétaires avec hypothèque 105 000 180 000 75 000Note * 319 400 547 800 228 400Note *
Propriétaires sans hypothèque 13 100 24 300 11 200Note * 462 200 846 500 384 300Note *
Non-propriétaires 7 900 10 000 2 100Note * 22 800 23 400 600
Quintile du revenu  
Quintile inférieur 9 100 12 000 2 900 19 800 24 800 5 000
Deuxième quintile 23 700 31 900 8 200 141 300 241 700 100 400Note *
Quintile intermédiaire 44 300 84 000 39 700Note * 228 200 406 000 177 800Note *
Quatrième quintile 62 300 105 000 42 700Note * 307 000 562 100 255 100Note *
Quintile supérieur 90 400 158 500 68 100Note * 492 400 1 023 900 531 500Note *

Les différences dans les niveaux de dette et d’actifs entre les catégories de familles allaient de pair avec l’hypothèse du cycle de vie. Par exemple, les familles d’âge moyen (dont le soutien économique principal avait entre 35 et 44 ans) détenaient une dette médiane plus élevée en 2012 (142 600 $), tout comme les familles de couples avec enfants (170 000 $) et les propriétaires de maison ayant une hypothèque (180 000 $). En outre, les valeurs médianes des actifs étaient plus élevées parmi les familles du groupe des 55 à 64 ans (656 800 $) et les propriétaires de maison sans hypothèque (846 500 $). Ces résultats étaient à prévoir, étant donné que les familles plus jeunes en sont aux premières étapes de leur cycle de vie et ont donc des niveaux plus élevés de dette par rapport à leurs actifs. Les familles plus âgées, en comparaison, ont généralement une dette moins grande et des actifs plus élevés.

D’autres catégories de familles ont été associées à des niveaux plus élevés de dette et d’actifs. Elles comprenaient celles dont le soutien économique principal était titulaire d’un diplôme universitaire, celles dans le groupe des immigrants installés au Canada depuis plus de 10 ans, celles résidant en Alberta et en Colombie-Britannique et celles du quintile de revenu supérieur.

En outre, les variations de la dette et des actifs au cours de la période n’ont pas été les mêmes d’une catégorie familiale à l’autre. Entre 1999 et 2012, la dette médiane a augmenté dans tous les groupes d’âge, mais particulièrement chez les familles du groupe des 35 à 44 ans (hausse de 79 600 $). Les couples avec enfants ont aussi fait face à une augmentation comparativement importante de leur dette médiane (87 400 $), tout comme les détenteurs d’une hypothèque (75 000 $).

Parmi les autres catégories de familles ayant connu des hausses significatives de la dette médiane figuraient les couples sans enfants et les personnes seules, les familles ayant des niveaux plus élevés de scolarité, les familles immigrantes résidant au Canada depuis au moins 10 ans, et les familles appartenant aux trois quintiles supérieurs de revenu familial. Sur le plan régional, la dette médiane a augmenté de 64 600 $ en Alberta, soit la hausse la plus importante de toutes les régions. D’autres augmentations significatives ont eu lieu au Manitoba et en Saskatchewan, en Ontario et dans la région de l’Atlantique.

En général, les hausses significatives de la dette ont été accompagnées d’augmentations significatives des actifs médians au cours de la période. Parmi les résidents de l’Alberta, par exemple, les actifs médians ont augmenté de 218 500 $ au cours de la période. De même, les actifs médians ont augmenté de 179 800 $ chez les 35 à 44 ans; de 245 100 $ chez les couples avec enfants; et de 228 400 $ chez les détenteurs d’hypothèque.

Pour certaines catégories de familles, l’augmentation de la valeur médiane des actifs a été nettement plus grande que la hausse de la dette médiane. Cela était le cas des familles des groupes plus âgés (55 ans et plus) et des propriétaires de maison sans hypothèque, ces derniers voyant leurs actifs médians augmenter de 384 300 $, comparativement à une hausse relativement faible (mais statistiquement significative) de 11 200 $ de la dette médiane. Les familles dont le soutien économique principal détenait un diplôme d’études secondaires, celles dont la structure familiale était « autre »Note 13, celles vivant au Québec et en Colombie-Britannique, et celles du deuxième quintile de revenu ont aussi vu leurs actifs médians augmenter sans que cette hausse ne soit accompagnée d’une hausse significative de la dette médiane.

D’autres types de familles, toutefois, ont vu leur dette médiane augmenter de manière significative, sans toutefois bénéficier d’une hausse significative de leurs actifs médians. Cela était le cas des non-propriétaires, des personnes vivant seules et des familles du groupe des 15 à 34 ans.

Variations de la valeur nette médiane selon les caractéristiques familiales

Les résultats qui précèdent soulèvent des questions quant aux familles qui ont connu la hausse la plus importante de leur valeur nette ou de leur avoir net au cours de la période. Dans le présent document, l’avoir net est défini comme étant la valeur globale des actifs (y compris les pensions d’employeur) détenus par une famille moins la valeur globale de la dette détenue par la même famille. En 2012, par exemple, l’avoir net médian de toutes les familles canadiennes détenant une dette s’établissait à 248 000 $, comparativement à 131 100 $ en 1999 (tableau 3). Comme c’était le cas pour la dette et les actifs, toutefois, les variations de l’avoir net médian variaient aussi selon les catégories de familles.

Tableau 3
Valeur nette médiane, familles détenant une dette, 1999 et 2012
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Valeur nette médiane 1999, 2012 et Variation, 1999 à 2012, calculées selon dollars constants de 2012, dollars et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  1999 2012 Variation, 1999 à 2012
dollars constants de 2012 dollars pourcentage
Tous 131 100 248 000 116,900Note T3s_1asterisk-refa* 89,2
Âge du soutien économique principal  
15 à 34 ans 34 100 42 200 8 100 23,8
35 à 44 ans 141 500 218 000 76 500Note T3s_1asterisk-refb* 54,1
45 à 54 ans 253 100 402 600 149 500Note T3s_1asterisk-refc* 59,1
55 à 64 ans 349 100 539 400 190 300Note T3s_1asterisk-refd* 54,5
65 ans et plus 283 400 447 400 164 000Note T3s_1asterisk-refe* 57,9
Niveau de scolarité du soutien économique principal  
Niveau inférieur à des études secondaires 95 600 114 600 19 000 19,9
Diplôme d'études secondaires 118 200 190 000 71 800Note T3s_1asterisk-reff* 60,7
Diplôme d'un collège/d'une école de métiers 124 700 220 000 95 300Note T3s_1asterisk-refg* 76,4
Diplôme universitaire 231 600 430 100 198 500Note T3s_1asterisk-refh* 85,7
Structure de la famille  
Personnes non âgées (moins de 65 ans)  
Personnes seules 26 000 36 500 10 500 40,4
Couples sans enfants ou avec enfants de 18 ans et plus 223 600 408 600 185 000Note T3s_1asterisk-refi* 82,7
Couples avec enfants de moins de 18 ans 165 800 303 000 137 200Note T3s_1asterisk-refj* 82,8
Parents seuls 30 700 47 300 16 600 54,1
Autres 171 800 304 500 132 700Note T3s_1asterisk-refk* 77,2
Personnes âgées (65 ans et plus) 283 400 447 400 164 000Note T3s_1asterisk-refl* 57,9
Statut d'immigrant du soutien économique principal  
A immigré au cours des 10 dernières années 47 300 74 400 27 100 57,3
Plus de 10 années écoulées depuis l'immigration 216 400 346 300 129 900Note T3s_1asterisk-refm* 60,0
Né au Canada 125 400 240 900 115 500Note T3s_1asterisk-refn* 92,1
Région  
Atlantique 113 000 179 500 66 500Note T3s_1asterisk-refo* 58,8
Québec 104 200 217 600 113 400Note T3s_1asterisk-refp* 108,8
Ontario 155 100 272 900 117 800Note T3s_1asterisk-refq* 76,0
Manitoba et Saskatchewan 135 900 240 200 104 300Note T3s_1asterisk-refr* 76,7
Alberta 142 000 260 000 118 000Note T3s_1asterisk-refs* 83,1
Colombie-Britannique 144 000 316 900 172 900Note T3s_1asterisk-reft* 120,1
Propriété du logement  
Propriétaires avec hypothèque 190 900 331 900 141 000Note T3s_1asterisk-refu* 73,9
Propriétaires sans hypothèque 427 400 784 800 357 400Note T3s_1asterisk-refv* 83,6
Non-propriétaires 12 300 10 100 -2 200 -17,9
Quintile du revenu  
Quintile inférieur 11 300 13 500 2 200 19,5
Deuxième quintile 81 500 126 200 44 700Note T3s_1asterisk-refw* 54,8
Quintile intermédiaire 137 700 234 800 97 100Note T3s_1asterisk-refx* 70,5
Quatrième quintile 196 600 419 900 223 300Note T3s_1asterisk-refy* 113,6
Quintile supérieur 366 300 839 000 472 700Note T3s_1asterisk-refz* 129,0

La plupart des catégories de familles ont vu des hausses significatives de leur avoir net entre 1999 et 2012. Les augmentations les plus importantes ont touché les familles du quintile de revenu supérieur (472 700 $), les propriétaires de maison sans hypothèque (357 400 $), les familles dont le soutien économique principal était titulaire d’un diplôme universitaire (198 500 $), les familles du groupe des 55 à 64 ans (190 300 $), et les couples sans enfants (185 000 $). Ces résultats ne sont pas surprenants, étant donné que ces catégories de familles ont connu des hausses relativement importantes de leurs actifs médians, et des hausses comparativement plus faibles de leurs niveaux de dette médians.

En comparaison, l’avoir net n’a pas connu de hausse significative parmi les familles du groupe des 15 à 34 ans, les familles faisant partie du groupe des moins scolarisés (moins d’un diplôme d’études secondaires), les personnes seules, les familles monoparentales, les immigrants récents, les non�propriétaires et les familles du quintile de revenu inférieur. Dans le cas des familles plus jeunes, des personnes seules et des non�propriétaires, l’avoir net n’a pas connu de hausse parce que les actifs médians n’ont pas augmenté de façon proportionnelle à la hausse des niveaux d’endettement. Dans le cas des familles situées dans le groupe des moins scolarisés, des familles monoparentales, des immigrants récents et des familles se situant dans le quintile de revenu inférieur, ni la dette médiane, ni les actifs médians n’ont connu de hausse significative au cours de la période.

Ces résultats laissent supposer que les actifs immobiliers ont joué un rôle clé dans l’augmentation globale de la valeur des actifs au cours de la période (voir Décomposition des variations de la dette et des actifs selon les caractéristiques familiales pour des informations supplémentaires).

Variations du ratio de la dette au revenu et du ratio de la dette aux actifs

Les ratios de la dette aux actifs et de la dette au revenu fournissent une autre perspective tout aussi importante des finances des ménagesNote 14. Le ratio de la dette au revenu est considéré comme l’un des principaux indicateurs de l’endettement des familles. Les familles dont le ratio de la dette au revenu est relativement élevé sont plus susceptibles de consacrer une proportion plus importante de leur revenu au remboursement de leur dette, ce qui leur laisse moins d’argent pour d’autres activités de consommation (ou pour l’épargne). Un autre indicateur important est le ratio de la dette aux actifs, qui révèle la vulnérabilité potentielle des familles aux variations des valeurs des actifs, particulièrement le logement.

Dans le présent document, on utilise le ratio médian pour chaque catégorie de familles. On l’obtient en calculant le ratio de la dette au revenu et le ratio de la dette aux actifs pour chaque famille appartenant à une catégorie particulière et en déterminant la valeur pour la famille médiane de la catégorie. Cette méthode a comme avantage d’être plus représentative de la situation financière des familles « typiques » de chaque catégorie. Par ailleurs, ces valeurs ne peuvent pas être comparées aux valeurs agrégées de la dette et du revenu disponible des ménages qui sont fournies par le Système de comptabilité nationaleNote 15. Dans les comptes, la valeur globale de la dette des ménages est divisée par la valeur globale du revenu (pour le ratio de la dette au revenu) ou des actifs (pour le ratio de la dette aux actifs). Même si cette méthode pourrait aussi être utilisée pour produire des estimations du ratio de la dette au revenu et du ratio de la dette aux actifs pour chaque catégorie, ces ratios ne seraient pas nécessairement représentatifs des familles typiques de chaque catégorieNote 16. Des ratios agrégés selon la catégorie de familles sont disponibles dans un tableau supplémentaire (voir le tableau A.2).

Entre 1999 et 2012, le ratio médian de la dette au revenu a augmenté de façon significative, passant de 0,78 à 1,10. Cela signifie qu’en 2012 la famille médiane avait une dette correspondant à 110 % du revenu de la famille (comparativement à 78 % en 1999). Toutefois, le ratio médian de la dette aux actifs a peu varié, s’établissant à 0,27 en 1999 et à 0,25 en 2012 (tableau 4), ce qui laisse supposer que la famille médiane avait un niveau de dette correspondant à environ le quart des actifs, les deux annéesNote 17.

Tableau 4
Ratio médian de la dette au revenu et de la dette aux actifs selon les caractéristiques familiales, familles détenant une dette, 1999 et 2012
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Ratio médian de la dette au revenu et de la dette aux actifs selon les caractéristiques familiales 1999 et 2012, calculées selon Ratio médian de la dette au revenu et Ratio médian de la dette aux actifs unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  1999 2012 1999 2012
Ratio médian de la dette au revenu Ratio médian de la dette aux actifs
Tous 0,78 1.10Note T4s_1asterisk-refa* 0,27 0,25
Âge du soutien économique principal  
15 à 34 ans 0,83 1,28Note T4s_1asterisk-refb* 0,52 0,53
35 à 44 ans 1,15 1,93Note T4s_1asterisk-refc* 0,31 0,39Note T4s_1asterisk-refv*
45 à 54 ans 0,75 1,16Note T4s_1asterisk-refd* 0,18 0,20
55 à 64 ans 0,48 0,84Note T4s_1asterisk-refe* 0,08 0,11
65 ans et plus 0,24 0,42Note T4s_1asterisk-reff* 0,05 0,05
Niveau de scolarité du soutien économique principal  
Niveau inférieur à des études secondaires 0,44 0,50 0,22 0,20
Diplôme d'études secondaires 0,83 0,94 0,29 0,26
Diplôme d'un collège/d'une école de métiers 0,93 1,26Note T4s_1asterisk-refg* 0,30 0,28
Diplôme universitaire 0,96 1,43Note T4s_1asterisk-refh* 0,24 0,23
Structure de la famille  
Personnes non âgées (moins de 65 ans)  
Personnes seules 0,55 0,82 0,40 0,40
Couples sans enfants ou avec enfants de 18 ans et plus 0,79 1,200Note T4s_1asterisk-refi* 0,20 0,19
Couples avec enfants de moins de 18 ans 1,24 1,94Note T4s_1asterisk-refj* 0,33 0,34
Parents seuls 0,62 0,62 0,42 0,37
Autres 0,48 0,65 0,17 0,21
Personnes âgées (65 ans et plus) 0,24 0,42Note T4s_1asterisk-refk* 0,05 0,05
Statut d'immigrant du soutien économique principal  
A immigré au cours des 10 dernières années 0,89 1,66 0,52 0,45
Plus de 10 années écoulées depuis l'immigration 0,88 1,37Note T4s_1asterisk-refl* 0,25 0,26
Né au Canada 0,76 1,03Note T4s_1asterisk-refm* 0,26 0,24
Région  
Atlantique 0,56 0,87Note T4s_1asterisk-refn* 0,20 0,22
Québec 0,66 0,75 0,24 0,19Note T4s_1asterisk-refw*
Ontario 0,92 1,18 0,29 0,27
Manitoba et Saskatchewan 0,72 0,99 0,22 0,23
Alberta 0,92 1,60Note T4s_1asterisk-refo* 0,31 0,31
Colombie-Britannique 0,98 1,43Note T4s_1asterisk-refp* 0,31 0,27
Propriété du logement  
Propriétaires avec hypothèque 1,72 2,46Note T4s_1asterisk-refq* 0,35 0,35
Propriétaires sans hypothèque 0,25 0,38Note T4s_1asterisk-refr* 0,03 0,03
Non-propriétaires 0,27 0,31 0,34 0,37
Quintile du revenu  
Quintile inférieur 0,62 0,76 0,45 0,40
Deuxième quintile 0,64 0,79 0,28 0,28
Quintile intermédiaire 0,88 1,36Note T4s_1asterisk-refs* 0,28 0,27
Quatrième quintile 0,91 1,34Note T4s_1asterisk-reft* 0,24 0,21
Quintile supérieur 0,87 1,24Note T4s_1asterisk-refu* 0,18 0,16

Le ratio de la dette au revenu atteint un sommet chez les familles du groupe de 35 à 44 ans, puis diminue avec l’âge. Cela était à prévoir, les niveaux de dette étant plus faibles pour les groupes plus âgés. Entre 1999 et 2012, le ratio médian a augmenté pour tous les groupes d’âge, et particulièrement chez les 35 à 44 ans, dont le ratio de la dette au revenu a connu une hausse, pour passer de 1,15 en 1999 à 1,93 en 2012. Le ratio médian a aussi augmenté chez les familles du groupe des 65 ans et plus, passant de 0,24 en 1999 à 0,42 en 2012.

Les familles dont le soutien économique principal était âgé de 35 à 44 ans se sont aussi distinguées du fait qu’elles appartenaient à la seule catégorie d’âge pour laquelle le ratio médian de la dette aux actifs a augmenté au cours de la période, passant de 0,31 à 0,39. Cela appuie nos constatations antérieures selon lesquelles la dette médiane a augmenté relativement rapidement par rapport aux actifs médians parmi les familles de ce groupe d’âge. D’autres groupes d’âge affichaient des ratios similaires de la dette aux actifs, tant en 1999 qu’en 2012, les familles plus jeunes ayant des ratios plus élevés et les familles plus âgées, des ratios plus faibles.

Entre 1999 et 2012, le ratio de la dette au revenu a augmenté de façon significative parmi les familles dont le soutien économique principal avait un diplôme d’un collège, d’une école de métiers ou un grade universitaire. Toutefois, le ratio de la dette aux actifs est demeuré stable au cours de la période dans toutes les catégories de scolarité.

Des hausses significatives du ratio de la dette au revenu ont aussi touché les familles de couples avec enfants (celui-ci étant passé de 1,24 à 1,94) et les familles de couples sans enfants (celui-ci étant passé de 0,79 à 1,20). Par contre, les variations du ratio de la dette aux actifs n’étaient pas significatives d’une structure familiale à l’autre.

Les augmentations des ratios de la dette au revenu étaient statistiquement significatives parmi les familles d’immigrants installées au Canada depuis au moins 10 ans et parmi les personnes nées au Canada. En comparaison, les ratios de la dette aux actifs sont demeurés stables au cours de la période pour les deux types de familles d’immigrants et pour les personnes nées au Canada.

La propriété du logement était associée à des hausses significatives du ratio de la dette au revenu, particulièrement chez les détenteurs d’hypothèque, dont le ratio médian de la dette au revenu a augmenté, pour passer de 1,72 en 1999 à 2,46 en 2012. Le ratio de la dette aux actifs des détenteurs d’hypothèque, toutefois, est demeuré stable au cours de la période (à 0,35).

À l’échelon régional, les augmentations les plus importantes du ratio de la dette au revenu ont eu lieu en Alberta et en Colombie-Britannique, élargissant l’écart avec les autres provinces. De l’autre côté du pays, la région de l’Atlantique a aussi enregistré une augmentation plus faible, mais significative, au cours de la période. Les changements dans le ratio médian de la dette au revenu n’étaient pas significatifs dans les trois autres régions.

Enfin, les ratios médians de la dette aux actifs sont demeurés stables dans toutes les régions, sauf au Québec, où le ratio médian a diminué pour passer de 0,24 en 1999 à 0,19 en 2012. Ces résultats correspondent à nos constatations antérieures qui montrent que les actifs médians ont augmenté de façon significative au Québec, mais pas la dette médiane.

Plus du tiers des familles canadiennes avaient un ratio de la dette au revenu supérieur à 2,0 en 2012

Étant donné qu’il existe des variations considérables entre les familles canadiennes en ce qui a trait aux finances des ménages, l’examen des changements dans la répartition des deux ratios peut fournir des renseignements additionnels.

En 2012, par exemple, environ le tiers des familles canadiennes avaient un ratio de la dette au revenu pouvant aller jusqu’à 0,5, ce qui signifie que la valeur totale de leur dette ne dépassait pas 50 % de leur revenu familial total après impôt (graphique 2). Ces familles sont probablement moins à risque d’un choc financier, étant donné qu’elles ont un degré plus faible d’exposition à la dette.

Graphique 2 Répartition des familles canadiennes selon le niveau du ratio de la dette au revenu, familles détenant une dette, 1999 et 2012

Description du graphique 2

Toutefois, un autre tiers (35 %) des familles canadiennes avaient un ratio de la dette au revenu supérieur à 2,0 en 2012. En comparaison, la proportion de familles dans cette situation s’établissait à 23 % en 1999. En fait, la catégorie des familles ayant un ratio supérieur à 2,0 est la seule à avoir augmenté au cours de la période, la proportion ayant diminué dans toutes les autres catégories affichant des ratios plus faibles.

En outre, 14 % des familles canadiennes avaient une dette de consommation supérieure à leur revenu familial après impôt en 2012, comparativement à 8 % en 1999. La dette de consommation peut être décrite comme le montant total de dette qui n’est pas une dette hypothécaire : soldes de cartes de crédit, marges de crédit personnelles et hypothécaires, emprunts garantis et non garantis contractés auprès de banques et d’autres établissements de crédit (y compris les prêts automobiles), et autres factures impayées. Le respect de leurs obligations financières pourrait présenter un défi pour ces familles, dont certaines consacrent peut�être une portion importante de leur revenu au service d’une dette qui ne contribue pas à rehausser la valeur nette du logement.

La proportion de familles canadiennes ayant une dette de consommation supérieure au revenu familial après impôt était, dans une certaine mesure, plus élevée dans certaines catégories de familles, comme les personnes seules (21 %) et les résidents de la Colombie�Britannique (20 %). Toutefois, l’augmentation du ratio au cours de la période n’est pas attribuable à une hausse particulière de la part des familles plus à risque d’afficher un ratio plus élevé. Le ratio a plutôt augmenté dans la presque totalité des catégories de familles au cours de la période.

En comparaison, la répartition du ratio de la dette aux actifs est demeurée relativement stable au cours de la période (graphique 3). En 2012, 31 % des familles canadiennes avaient un ratio de la dette aux actifs égal ou inférieur à 0,1 (familles ayant des niveaux de dette représentant 10 % de la valeur de leurs actifs). Par contre, 37 % des familles canadiennes avait un ratio de la dette aux actifs supérieur à 0,4 en 2012. Ces pourcentages étaient relativement semblables en 1999.

Graphique 3 Répartition des familles canadiennes selon le niveau du ratio de la dette aux actifs, familles détenant une dette, 1999 et 2012

Description du graphique 3

Conclusion

Au Canada, les années 1999 à 2012 ont été caractérisées par des hausses significatives des actifs et des dettes pour presque tous les types de familles au pays. L’ampleur de ces changements, toutefois, n’a pas été la même d’un type de famille à l’autre. De façon plus particulière, la dette a augmenté plus rapidement parmi les familles qui étaient au début de leur cycle de vie, comme celles du groupe des 35 à 44 ans et les couples avec enfants. Ces familles ont aussi profité de hausses de leurs actifs, mais d’autres types de familles ont aussi été avantagées à cet égard, particulièrement celles aux dernières étapes de leur cycle de vie. Par exemple, les actifs médians ont augmenté de 252 700 $ dans le groupe des 55 à 64 ans au cours de la période, comparativement à 179 800 $ chez les 35 à 44 ans.

On peut avoir un autre point de vue des finances des familles en examinant les ratios d’endettement. Dans le présent document, deux ratios particuliers ont été examinés : le ratio de la dette au revenu et le ratio de la dette aux actifs. Entre 1999 et 2012, le ratio médian de la dette au revenu des familles canadiennes a augmenté, pour passer de 0,78 à 1,10, tandis que le ratio médian de la dette aux actifs est demeuré relativement stable (autour de 0,25). Le ratio de la dette au revenu a augmenté plus rapidement pour certains types de familles que pour d’autres. Cela était le cas pour les familles dont le soutien économique principal était âgé entre 35 et 44 ans et les familles de couples ayant des enfants de moins de 18 ans. Les familles du groupe des 35 à 44 ans étaient les seules pour lesquelles le ratio médian de la dette aux actifs a augmenté au cours de la période, passant de 0,31 à 0,39.

Comme certaines familles ont de très faibles ratios, et d’autres, des ratios plus élevés, il est aussi important d’examiner la répartition des familles entre les catégories de ratios de la dette au revenu et de la dette aux actifs. En 2012, plus du tiers de toutes les familles canadiennes (environ 35 %) avaient un ratio de la dette au revenu supérieur à 2,0 (ou au moins 200 % de leur revenu), comparativement à 23 % en 1999. De même, 34 % d'entre elles avaient un ratio de la dette au revenu pouvant atteindre 0,5, en baisse par rapport à la proportion de 40 % enregistrée en 1999. Par contre, la répartition des familles entre les ratios de la dette aux actifs est demeurée à peu près inchangée entre 1999 et 2012.

Sharanjit Uppal est un analyste principal de la Division de la statistique du travail et Sébastien LaRochelle-Côté est le rédacteur en chef de Regards sur la société canadienne, à Statistique Canada.

Notes

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