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Répercussions de la pandémie de COVID-19 sur la religiosité des Canadiens
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Introduction
La pandémie de COVID-19 a eu des répercussions sur plusieurs aspects de la vie des Canadiens, y compris la religion. Par exemple, les risques associés au virus et les mesures de distanciation physique ont limité l’accès aux lieux de culte, ce à quoi de nombreuses organisations religieuses ont réagi en offrant la possibilité d’assister à des services religieux en ligne. Certains sondages réalisés par des entreprises privées ont indiqué que la diffusion en ligne des services religieux aurait permis de remplacer en partie la participation en personne, mais pas complètementNote. Par ailleurs, certaines personnes ont déclaré que la pandémie aurait fait en sorte qu’elles ont prié plus souventNote ou que leur foi s’est raffermieNote. Est-ce que les données de la plus récente Enquête sociale générale (ESG) permettent de constater les effets de la pandémie sur la religiosité?
La présente étude utilise les données de l’ESG (cycles 29 à 35, soit de 2015 à 2020) afin de mieux comprendre l’effet de la pandémie de COVID-19 sur la religiosité des Canadiens. Ainsi, la situation de 2020, soit pendant la pandémie (la collecte de données pour ce cycle a été effectuée d’août 2020 à janvier 2021), a été comparée avec la situation observée au cours des années précédentes. L’étude analyse l’évolution des taux d’affiliation religieuse, de la fréquence de la participation à des activités religieuses (en groupe ou sur une base individuelle) et de l’implication auprès d’organismes religieux.
La participation à des activités religieuses en groupe a diminué durant la pandémie
Au cours des dernières décennies, les taux de participation à des activités religieuses en groupe ont diminué au CanadaNote. La proportion de personnes participant à une telle activité au moins une fois par mois a diminué, passant de 43 % en 1985 à 23 % en 2019. Au cours de la même période, la proportion de personnes n’ayant participé à aucune activité religieuse en groupe au cours de l’année précédant l’enquête a augmenté, passant de 38 % à 53 %.
En 2020, la diminution de la participation à des activités religieuses en groupe a grandement accéléré. Dans l’ensemble de la population, la proportion de personnes ayant participé à une activité religieuse en groupe au moins une fois par mois a diminué, passant de 23 % à 19 % (graphique 1). En outre, le pourcentage de personnes ayant participé à une activité religieuse en groupe au moins une fois au cours de l’année précédant l’enquête a diminué, passant de 47 % en 2019 à 40 % en 2020. Par conséquent, la situation en 2020 se démarquait de celle des années précédentes, ce qui indique que la pandémie et les mesures de distanciation physique ont eu une incidence sur cette participation.
Tableau de données du graphique 1
Année | Jamais | Au moins une fois par année | Au moins une fois par semaine | Au moins une fois par mois |
---|---|---|---|---|
pourcentage | ||||
2015 | 47,7 | 26,3 | 17,0 | 9,0 |
2017 | 48,5 | 26,6 | 15,9 | 9,0 |
2018 | 53,3 | 24,1 | 15,1 | 7,6 |
2019 | 52,6 | 24,1 | 16,0 | 7,3 |
2020 | 60,4 | 21,0 | 12,3 | 6,3 |
Notes : Ce graphique linéaire représente la fréquence de la participation à des activités religieuses en groupe pour la population de 15 ans et plus au Canada de 2015 à 2020. L'axe des « Y » les pourcentage selon les fréquences de la participation à des activités religieuses en groupe. L'axe des « X » présente les années de collecte des données. Source : Statistique Canada, Enquête sociale générale, cycles 29 (2015) à 35 (2020). |
Un effet moindre sur la pratique religieuse est observé chez les personnes déclarant avoir une excellente santé générale
On peut supposer que la pandémie a eu une incidence plus importante sur la pratique religieuse en groupe des personnes dont la santé générale est moins bonne. Par précaution, celles-ci pourraient avoir été plus susceptibles d’éviter les rassemblements en raison d’un risque accru de contracter le virus. De 2019 à 2020, on constate que la baisse dans la proportion de personnes qui n’ont pas participé à une activité religieuse en groupe au cours de la dernière année variait en fonction de la santé autodéclarée des personnes (tableau 1).
Parmi les personnes ayant déclaré avoir une santé générale passable ou mauvaise, la proportion de personnes ayant participé à une activité religieuse au moins une fois au cours de l’année précédente a diminué, passant de 43 % en 2019 à 34 % en 2020. De façon similaire, cette proportion a diminué chez les personnes qui jugeaient que leur santé était bonne, passant de 47 % à 37 %, et de 49 % à 41 % chez celles qui jugeaient qu’elle était très bonne. Toutefois, parmi les personnes qui jugeaient que leur santé générale était excellente, on ne constatait pas de différence significative de 2019 à 2020 dans la proportion de celles ayant participé à des activités religieuses en groupe.
2019 | 2020 | |
---|---|---|
pourcentage | ||
Total | 47 | 40Note * |
Genre | ||
Masculin | 45 | 37Note * |
Féminin | 50 | 42Note * |
Groupe d'âge | ||
15 à 29 ans | 45 | 37Note * |
30 à 44 ans | 46 | 37Note * |
45 à 59 ans | 47 | 42Note * |
60 à 74 ans | 48 | 39Note * |
75 ans et plus | 57 | 50Note * |
Lieu de résidence | ||
Provinces de l'Atlantique | 49 | 41Note * |
Québec | 40 | 31Note * |
Ontario | 53 | 45Note * |
Prairies | 50 | 43Note * |
Colombie-Britannique | 40 | 34Note * |
Autoévaluation de la santé générale | ||
Excellente | 48 | 45 |
Très bonne | 49 | 41Note * |
Bonne | 47 | 37Note * |
Passable ou mauvaise | 43 | 34Note * |
Importance accordée aux convictions religieuses ou spirituelles | ||
Très importantes | 80 | 70Note * |
Assez importantes | 59 | 46Note * |
Pas très importantes | 34 | 25Note * |
Pas importantes du tout | 12 | 8Note * |
Religion d'affiliation | ||
Bouddhiste | 74Note E: à utiliser avec prudence | 50Note * |
Chrétienne | 60 | 53Note * |
Hindoue | 78Note E: à utiliser avec prudence | 70 |
Juive | 75Note E: à utiliser avec prudence | 67 |
Musulmane | 71 | 57Note * |
Autres traditions religieuses et spirituelles | 72 | 66 |
Aucune religion et perspectives séculières | 16 | 11Note * |
E à utiliser avec prudence
|
Les personnes qui accordent une plus grande importance à leurs croyances remarquent une plus grande incidence sur leur pratique religieuse
La pandémie de COVID-19 semble avoir eu une incidence particulièrement notable sur la pratique religieuse des Canadiens accordant une forte importance à leurs convictions religieuses ou spirituelles. Le pourcentage de personnes ayant participé à au moins une activité religieuse en groupe au cours de la dernière année a diminué, passant de 80 % en 2019 à 70 % en 2020 chez les personnes qui accordaient une très grande importance à leurs croyances en ce qui a trait à leur façon de vivre leur vie, et de 59 % à 46 % chez les personnes qui accordaient une assez grande importance à leurs croyances. La baisse a été plus modeste parmi les personnes considérant leurs croyances comme n’étant pas importantes du tout, passant de 12 % à 8 %.
Une plus grande incidence est observée quant à la participation à des activités religieuses en groupe chez certains groupes d’affiliation religieuse
On a constaté des différences entre les groupes d’affiliation religieuse en ce qui concerne l’incidence de la pandémie sur les taux de participation à des activités religieuses. Parmi certains groupes, la proportion de personnes ayant participé à au moins une activité religieuse en groupe avait davantage diminué que la moyenne. C’était le cas pour les bouddhistes (passant de 74 %Note en 2019 à 50 % en 2020) et les musulmans (passant de 71 % à 57 %).
L’implication auprès d’organismes diminue en 2020, y compris les organismes religieux
En plus de participer à des services religieux, de nombreuses personnes font du bénévolat pour des organismes à vocation religieuse. En 2020, 12 % des Canadiens ont déclaré s’impliquer auprès d’un organisme à vocation religieuse au courant des 12 mois précédents. Pour environ le tiers d’entre eux (soit 4 % de la population totale), un tel organisme religieux était le principal organisme, groupe ou association où ils s’impliquaient, c’est-à-dire celui auquel ils consacraient le plus de temps. Parmi ces personnes qui s’impliquaient principalement auprès d’un organisme religieux, 35 % ont dit avoir diminué le nombre d’heures qu’elles y consacraient comparativement à l’année précédente, alors que 22 % ont dit y avoir consacré plus d’heures et 43 % ont dit que le nombre d’heures était demeuré inchangé. Cette tendance était similaire à celle observée parmi l’ensemble des personnes s’impliquant auprès d’organismes, de groupes ou d’organisations de tous types confondus : 40 % des gens ont déclaré que leur implication avait diminué comparativement à l’année précédente, alors que 13 % ont dit que leur implication avait augmenté et 46 % ont dit qu’elle était demeurée la même.
La pandémie n’a pas d’incidence sur la fréquence de pratique d’activités religieuses ou spirituelles sur une base individuelle
Contrairement à ce qui a été observé au sujet des activités religieuses en groupe, la pandémie ne semble pas avoir eu d’incidence notable en ce qui concerne la fréquence de pratique d’activités religieuses ou spirituelles sur une base individuelle (p. ex. la prière ou la méditation). Les réponses de 2020 concernant ce sujet étaient similaires à celles obtenues au cours des années précédentes (graphique 2).
Tableau de données du graphique 2
Année | Jamais | Au moins une fois par année | Au moins une fois par semaine | Au moins une fois par jour |
---|---|---|---|---|
pourcentage | ||||
2015 | 44,3 | 17,4 | 13,0 | 25,2 |
2017 | 44,9 | 18,1 | 13,4 | 23,7 |
2018 | 51,9 | 17,9 | 11,0 | 19,3 |
2019 | 53,0 | 17,0 | 10,4 | 19,6 |
2020 | 53,5 | 18,4 | 10,7 | 17,3 |
Notes : Ce graphique linéaire représente la fréquence de la pratique sur une base individuelle au Canada de 2015 à 2020. L'axe des « Y » les pourcentage selon les fréquences de pratique sur une base individuelle. L'axe des « X » présente les années de collecte des données. Source : Statistique Canada, Enquête sociale générale, cycles 29 (2015) à 35 (2020). |
La pandémie n’a aucun effet notable sur les tendances en matière d’affiliation religieuse
Somme toute, l’affiliation religieuse en tant que telle ne semble pas avoir été touchée par la pandémie.
Dans l’ensemble de la population canadienne âgée de 15 ans et plus, 66 % des gens ont déclaré une affiliation religieuse en 2020, comparativement à 68 % en 2019 (graphique 3). Cette légère baisse suit la tendance générale observable depuis 2017, une année où 78 % des répondants à l’ESG ont déclaré une affiliation religieuse. Cette tendance à la baisse en ce qui concerne l’affiliation religieuse se poursuit depuis près de 35 ans au CanadaNote.
Tableau de données du graphique 3
Année | Affiliation à une religion | Intervalles de confiance de 95 % | |
---|---|---|---|
inférieur | supérieur | ||
pourcentage | |||
2015 | 79,3 | 78,4 | 80,2 |
2016 | 76,9 | 76,0 | 77,7 |
2017 | 77,6 | 76,9 | 78,4 |
2018 | 74,4 | 73,7 | 75,2 |
2019 | 68,3 | 67,2 | 69,4 |
2020 | 65,8 | 65,0 | 66,7 |
Notes : Ce graphique linéaire représente l'affiliation à une religion pour la population de 15 ans ou plus au Canada de 2015 à 2020. L'axe des « Y » présentre les pourcentages d'affiliation à une religion. L'axe des « X » présente les années de collecte des données. Source : Enquête sociale générale, cycles 29 (2015) à 35 (2020). |
Conclusion
À la lueur des résultats de l’ESG, il semble que la pandémie de COVID-19 ait eu certains effets sur la religiosité des Canadiens, sans toutefois bouleverser les activités religieuses et l’affiliation religieuse. Les risques associés à la pandémie et les mesures de santé publique en vigueur pourraient avoir contraint la population à diminuer sa participation à des activités religieuses en groupe, certains groupes de personnes ayant été plus durement touchés que d’autres. L’implication auprès d’organismes religieux a aussi diminué. En revanche, la pandémie de COVID-19 ne semble pas avoir eu d’incidence sur la pratique religieuse ou spirituelle sur une base individuelle ni l’affiliation à une religion.
Méthodes
Données et population
Les données proviennent des cycles 29 (2015) à 35 (2020) de l’Enquête sociale générale (ESG). Ces données fournissent des échantillons représentatifs de la population canadienne âgée de 15 ans et plus vivant dans les provinces (excluant les territoires).
Plusieurs facteurs peuvent influer sur la comparabilité des données entre les différents cycles de l’ESG, si bien que ces comparaisons doivent toujours être faites avec prudence. Ces facteurs comprennent des différences dans les questionnaires des différents cycles (sujets abordés, emplacement des questions sur la religion dans le questionnaire, etc.) ainsi que dans le mode d’administration du questionnaire (questionnaire électronique ou entrevue téléphonique). Par exemple, le cycle 35 (2020) a fait appel à des questionnaires électroniques dans une mesure nettement plus importante que les cycles précédents. Le mode d’administration du questionnaire peut avoir une incidence considérable sur les réponses à certaines questions, en particulier celles pour lesquelles un biais dû à la désirabilité sociale est susceptible d’influer sur les réponses. Cela dit, des analyses ont permis de confirmer que les tendances analysées dans le cadre de la présente étude (p. ex. la baisse de la participation à des activités religieuses en groupe en 2020) ne sont pas attribuables à un effet du mode d’enquête.
Définitions
Affiliation à une religion. L’affiliation à une religion désigne l’association ou l’affiliation autodéclarée d’une personne à une confession, un groupe, un organisme, une secte ou un culte religieux, ou à une autre communauté religieuse ou un autre système de croyances. La religion ne se limite pas à l’affiliation officielle à une organisation ou à un groupe religieux. La question de l’Enquête sociale générale (cycle 35) était la suivante : « Quelle est votre religion? Indiquez une confession ou une religion précise, même si vous n’êtes pas pratiquant(e). » Les répondants peuvent indiquer n’avoir aucune religion, ou préciser leur religion (question ouverte, sans choix de réponse).
Participation à des activités religieuses en groupe. La question de l’Enquête sociale générale (cycle 35) était la suivante : « Sans compter les occasions comme les mariages ou les funérailles, au cours des 12 derniers mois, à quelle fréquence avez-vous participé à des activités religieuses ou assisté à des réunions ou à des services religieux? Exclure les rites de passage comme les mariages, les funérailles, les baptêmes, les bar-mitsvah. » Les choix de réponse étaient les suivants : au moins une fois par semaine; au moins une fois par mois; au moins trois fois par année; une ou deux fois par année; pas du tout.
Pratique d’activités religieuses ou spirituelles sur une base individuelle. La question de l’Enquête sociale générale (cycle 35) était la suivante : « Au cours des 12 derniers mois, à quelle fréquence avez-vous pratiqué des activités religieuses ou spirituelles sur une base individuelle? Inclure la prière, la méditation et les autres formes de dévotion ayant lieu chez vous ou ailleurs. » Les choix de réponse étaient : au moins une fois par jour; au moins une fois par semaine; au moins une fois par mois; au moins trois fois par année; une ou deux fois par année; pas du tout.
Importance des convictions religieuses ou spirituelles. La question de l’Enquête sociale générale (cycle 35) était la suivante : « Quelle est l’importance de vos convictions religieuses ou spirituelles sur la façon dont vous vivez votre vie? » Les choix de réponse étaient : très importantes; assez importantes; pas très importantes; pas du tout importantes.
Auto-évaluation de la santé générale. La question de l’Enquête sociale générale (cycle 35) était la suivante : « En général, comment est votre santé? Par santé, nous entendons non seulement l’absence de maladie ou de blessure, mais aussi le bien-être physique, mental et social. » Les choix de réponse étaient : excellente; très bonne; bonne; passable; mauvaise.
Engagement auprès d’un organisme. En 2020, une section du questionnaire de l’Enquête sociale générale (cycle 35) portait sur l’implication au sein de divers types d’organismes, de groupes ou d’associations communautaires. Concernant l’organisme auprès duquel les répondants disaient consacrer le plus de temps, on demandait : « Comparativement à l’année dernière, diriez-vous que votre implication auprès de cet organisme a augmenté, a diminué ou est restée la même? ».
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