Logo StatCan et la COVID-19: Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur Préoccupations et précautions prises dans le Nord canadien durant la pandémie

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par Sébastien LaRochelle-Côté et Sharanjit Uppal

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La pandémie de COVID-19 a une incidence considérable sur le bien-être économique et social des Canadiens, même dans les régions qui n’ont pas été aussi affectées que d’autres par la pandémie. Au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest, seuls quelques cas ont été enregistrés au début de la pandémie, et le Nunavut n’avait enregistré aucun cas à la fin du mois de juin. Néanmoins, ces territoires ont imposé des restrictions liées à la COVID-19 qui étaient très semblables aux mesures adoptées dans l’ensemble des provinces canadiennesNote .

Du 3 au 25 avril 2020 — période au cours de laquelle de nombreux nouveaux cas de COVID-19 ont été signalés dans plusieurs provinces—, Statistique Canada a adopté une approche participative pour recueillir des renseignements sur les préoccupations des Canadiens et les précautions qu’ils prenaient durant la pandémie. Près de 250 000 participants ont répondu au questionnaire au cours des trois semaines de collecte des données. Parmi eux, 1 849 ont indiqué qu’ils habitaient au Yukon, 513, dans les Territoires du Nord-Ouest et 121, au Nunavut. La grande majorité des participants du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest (au moins 8 sur 10) vivait dans les agglomérations de recensement de Whitehorse et de Yellowknife. Au Nunavut, la plupart des participants ont déclaré qu’ils habitaient à Iqaluit. Dans le présent rapport, les différences recensées entre les capitales territoriales et les autres régions seront mises en relief lorsqu’il y a lieu, exception faite du Nunavut, dont le nombre de participants n’était pas suffisamment élevé pour que ces différences soient examinées.

L’approche participative ne constitue pas une enquête probabiliste, et les données recueillies par approche participative ne peuvent pas être utilisées pour tirer des conclusions sur l’ensemble de la population vivant dans les territoires. Les données ainsi recueillies représentent toutefois une occasion unique de donner une idée de la manière dont les habitants du Nord canadien ont réagi à la pandémie. Ce rapport fournit des renseignements sur les préoccupations et les précautions prises par les Canadiens vivant dans le Nord au plus fort de la pandémie.

Les participants du Nunavut sont plus inquiets des répercussions de la pandémie sur leur propre santé

Malgré le nombre inférieur de cas de COVID-19 enregistrés dans les territoires, les participants vivant dans le Nord n’étaient pas nécessairement moins inquiets que les Canadiens du Sud à l’égard des répercussions de la pandémie sur la santé, y compris les conséquences sur leur propre santé (graphique 1). Au Nunavut, les participants étaient encore plus susceptibles de déclarer qu’ils ressentaient beaucoup ou énormément d’inquiétude à propos de leur propre santé (46 %) que la moyenne canadienne (40 %). Les proportions correspondantes étaient de 39 % dans les Territoires du Nord-Ouest et de 33 % au Yukon.

Graphique 1

Tableau de données pour le graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Préoccupations à l’égard de la santé (titres de rangée) et Canada, Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Préoccupations à l’égard de la santé Canada Yukon Territoires du Nord-Ouest Nunavut
pourcentage
Ma propre santé 39,7 33,3 38,8 45,8
Santé des personnes vulnérables 85,6 83,2 89,5 88,3
Engorgement du système de santé 85,3 81,8 89,5 91,4

De plus, les proportions de participants qui ont déclaré être beaucoup ou énormément inquiets à propos de l’engorgement du système de santé et de la santé des personnes vulnérables étaient comparativement plus élevées au Nunavut et dans les Territoires du Nord-OuestNote . Dans ces deux territoires, l’accès aux services de soins de santé peut être difficile, ce qui peut expliquer pourquoi les participants ont exprimé un degré plus élevé d’inquiétude par rapport à la santé. Selon les données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2017-2018, 14 % des habitants du Nunavut et 37 % de ceux des Territoires du Nord-Ouest avaient accès à un fournisseur habituel de soins de santé, comparativement à 79 % des habitants du Yukon et à 85 % pour l’ensemble du Canada.

Le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest comptent aussi un grand nombre d’Autochtones qui vivent dans des régions éloignées et dont bon nombre connaissent des conditions de logement difficiles — deux facteurs de risque importants dans le contexte d’une pandémieNote . Les Autochtones sont également plus susceptibles de présenter certains problèmes de santé préexistants qui augmentent le risque de souffrir de complications liées à la COVID-19Note . La source des données utilisées dans le présent rapport ne contient pas de renseignements sur l’identité autochtone, mais des enquêtes ultérieures et d’autres projets de collecte par approche participative faisaient état de la situation des peuples autochtones dans le contexte de la pandémie. Un rapport récent, par exemple, mentionne que 60 % des participants autochtones ont déclaré que leur santé mentale s’était détériorée depuis le début de l’éloignement physiqueNote .

Les participants du Nunavut sont plus inquiets par rapport à la violence familiale et aux tensions familiales dues au confinement

Les participants à l’initiative d’approche participative ont également été interrogés sur la mesure dans laquelle certaines conséquences sociales de la pandémie les inquiétaient. Dans la plupart des cas, les participants vivant dans les territoires ont fait état de niveaux d’inquiétude semblables à ceux de leurs homologues canadiens. Par exemple, environ un tiers des participants de tous les territoires ont déclaré ressentir beaucoup ou énormément d’inquiétude par rapport au maintien des liens sociaux, une proportion semblable à la moyenne canadienne (tableau 1). Plus de 40 % des participants de tous les territoires éprouvaient également beaucoup ou énormément d’inquiétude par rapport à la capacité de coopérer et de s’entraider après la crise.


Tableau 1
Participants ayant déclaré ressentir beaucoup ou énormément d’inquiétude à propos de certaines préoccupations sociales, Canada et territoires, avril 2020
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Participants ayant déclaré ressentir beaucoup ou énormément d’inquiétude à propos de certaines préoccupations sociales. Les données sont présentées selon Préoccupations sociales (titres de rangée) et Canada, Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Préoccupations sociales Canada Yukon Territoires du Nord-Ouest Nunavut
pourcentage
Désordre civil 36,9 32,8 39,3 34,7
Maintien des liens sociaux 34,5 33,7 29,4 32,7
Capacité de coopérer et de s’entraider après la crise 44,1 41,2 42,9 44,8
Tensions familiales dues au confinement 35,1 34,2 31,8 38,2
Violence familiale 8,6 8,1 4,0 14,1

Cependant, les participants du Nunavut étaient plus susceptibles de déclarer qu’ils éprouvaient beaucoup ou énormément d’inquiétude par rapport au risque de violence familiale (14 % comparativement à 9 % à l’échelle nationale) et aux tensions familiales dues au confinement (38 % comparativement à 35 % à l’échelle nationale). Ces résultats pourraient être liés aux taux plus élevés de violence familiale au Nunavut. En 2018, le Nunavut avait les taux les plus élevés d’affaires de violence aux mains de partenaires intimes et d’autres personnes déclarées par la police au Canada, ainsi que le taux le plus élevé d’affaires d’enfants et de jeunes victimes de violence familiale et non familiale déclarées par la policeNote . En outre, les victimes de violence familiale dans le Nord disposent de moins de services et d’installations de soutienNote .

Le respect des mesures d’éloignement physique est relativement élevé dans les trois territoires

Les participants à l’initiative d’approche participative ont également été interrogés sur les types de précautions prises dans le contexte de la pandémie. Les résultats révèlent que les participants des territoires étaient aussi susceptibles que les participants du reste du Canada de déclarer qu’ils évitaient les foules et les grands rassemblements, qu’ils pratiquaient l’éloignement physique lors des sorties en public et qu’ils se lavaient les mains plus souvent (graphique 2). Au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest, des résultats semblables ont été obtenus pour les personnes vivant dans les capitales et à l’extérieur des capitales, à une exception notable près : les participants vivant dans les régions rurales étaient moins susceptibles de déclarer qu’ils évitaient de quitter la maison pour des raisons non essentielles.

Graphique 2

Tableau de données pour le graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2. Les données sont présentées selon Précautions (titres de rangée) et Canada, Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Précautions Canada Yukon Territoires du Nord-Ouest Nunavut
pourcentage
Se laver les mains plus souvent 96,3 95,1 97,5 97,1
Pratiquer l’éloignement physique lors des sorties en public 95,8 96,7 96,1 94,5
Éviter les foules et les grands rassemblements 94,6 94,4 95,5 94,4
Éviter de quitter la maison pour des raisons non essentielles 93,2 87,9 90,3 88,1
Éviter de se toucher le visage 72,9 69,1 67,3 65,7
S’approvisionner de produits de première nécessité à l’épicerie ou à la pharmacie 72,0 65,7 72,5 67,8
Travailler de chez soiTableau de Note 1 66,0 60,3 71,5 78,5
Élaborer un plan pour communiquer avec ses proches, ses amis et ses voisins 52,3 43,7 48,9 50,5
Annuler un voyage 51,1 65,7 70,0 65,5
Aller chercher des médicaments d’ordonnance 41,2 33,3 43,7 32,3

Les participants des trois territoires étaient cependant plus susceptibles que les autres Canadiens de déclarer qu’ils avaient annulé un voyage. Ce n’est pas surprenant étant donné que de nombreuses personnes vivant dans les territoires proviennent de l’extérieurNote . Comparativement aux participants du Yukon, ceux du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest étaient légèrement plus susceptibles de déclarer qu’ils travaillaient à partir de la maison. En outre, il y avait des différences importantes entre les capitales et les autres régions. Au Yukon, par exemple, 46 % des travailleurs vivant à l’extérieur de Whitehorse ont déclaré travailler à partir de la maison, comparativement à 62 % de ceux vivant à Whitehorse.

Les participants du Nunavut sont moins inquiets par rapport aux répercussions économiques de la pandémie

La pandémie a également une forte incidence économique dans les territoires, notamment parce qu’un certain nombre de restrictions ont été imposées pour limiter la propagation de la COVID-19. Les territoires ont de solides liens économiques avec le reste du pays et, comme les autres provinces, ils ont été touchés par une réduction de l’activité économique. Les résultats de l’approche participative le confirment : les participants au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest étaient aussi susceptibles que les autres Canadiens de déclarer ressentir beaucoup d’inquiétude à l’égard de la possibilité de perdre leur emploi (environ un quart) ou de signaler que la crise aurait des répercussions majeures sur leur capacité à respecter leurs obligations financières (environ un tiers) [graphique 3]Note .

Cependant, les participants du Nunavut étaient moins susceptibles que ceux des autres territoires de déclarer qu’ils étaient préoccupés par le fait de perdre leur emploi ou de ne pas pouvoir respecter leurs obligations financières. Une explication possible de ces résultats est que la population active occupée au Nunavut est plus susceptible de travailler dans le secteur public, qui comprend l’administration publique, les soins de santé et l’éducationNote . Dans le contexte de la pandémie, les employés du secteur public sont plus susceptibles de conserver leur emploi que ceux du secteur privé.

Graphique 3

Tableau de données pour le graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3. Les données sont présentées selon Répercussions sur l’emploi ou les finances familiales en raison de la crise (titres de rangée) et Canada, Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Répercussions sur l’emploi ou les finances familiales en raison de la crise Canada Yukon Territoires du Nord-Ouest Nunavut
pourcentage
Tout à fait d’accord ou d’accord avec le fait qu’ils pourraient perdre leur emploi principal ou leur principale source de revenus provenant d’un travail autonome 28,2 24,7 26,7 13,8
Répercussions majeures ou modérées sur la capacité de respecter les obligations financières ou de répondre aux besoins essentiels 34,0 33,2 33,7 27,0

Méthodologie

Les données du présent communiqué proviennent du questionnaire de Statistique Canada intitulé « Répercussions de la COVID-19 sur les Canadiens : série de collecte de données ». Le questionnaire de l’approche participative permet de recueillir des données sur la situation actuelle sur les plans économique et social pour évaluer efficacement les besoins des collectivités et mettre en œuvre des mesures de soutien appropriées pendant et après la pandémie. Les données obtenues grâce à cette autre méthode de collecte peuvent être utilisées pour compléter les données recueillies au moyen de méthodes plus traditionnelles, notamment en raison de son coût de mise en œuvre relativement faible et de sa capacité d’accroître le niveau de précision des données en temps opportun. Au cours des trois semaines de collecte des données (du 3 au 25 avril), près de 250 000 personnes vivant au Canada ont répondu volontairement au questionnaire. Statistique Canada continuera de lancer des initiatives d’approche participative pour recueillir des renseignements à jour sur d’autres enjeux importants. Tous les Canadiens sont invités à visiter le site Web de Statistique Canada pour participer à ces initiatives.

Bibliographie

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CONROY, S., M. BURCZYCKA et L. SAVAGE. 2019. « La violence familiale au Canada : un profil statistique, 2018 », produit no 85-002-X au catalogue, https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/85-002-x/2019001/article/00018-fra.htm.

MOFFITT, P., H. FOKOWSKI, M. MAURICIO et A. MACKENZIE. 2013. « Intimate partner violence in the Canadian Territorial North : perspectives from a literature review and a media watch », International Journal of Circumpolar Health, vol. 72, no 1.

STATISTIQUE CANADA. 2018. « Le Yukon : Beau, complexe et en évolution », produit no 11-631-X au catalogue, https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/11-631-x/11-631-x2018006-fra.htm.

STATISTIQUE CANADA. 2020. « Premières Nations, Métis, Inuits et la COVID-19 : Caractéristiques sociales et de la santé », produit no 11-001-X au catalogue, https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/200417/dq200417b-fra.htm.

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