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Premières Nations, Métis, Inuits et la COVID-19 : Caractéristiques sociales et de la santé

Diffusion : 2020-04-17

Bien que la pandémie de COVID-19 ait eu de profondes répercussions sur la vie de tous les Canadiens, l'Agence de la santé publique du Canada a indiqué que certaines caractéristiques sociales, économiques et de santé sont associées à un risque plus élevé de contracter ou de propager la COVID-19 et de souffrir de complications graves.

Le présent communiqué est le premier d'une série de diffusions qui porteront sur ces caractéristiques propres aux Premières Nations, aux Métis et aux Inuits, ainsi que sur les défis importants au chapitre de l'économie, de la société et de la santé qui pourraient jouer un rôle dans la façon dont la COVID-19 touche la vie des Autochtones au Canada.

Bon nombre des Premières Nations, des Métis et des Inuits vivent dans des collectivités éloignées ou nordiques

Le Canada compte 1,7 million d'Autochtones. Bien qu'un grand nombre d'entre eux vivent dans les villes, on en compte également beaucoup qui vivent dans des collectivités rurales, éloignées et nordiques, où les résidents doivent relever des défis uniques.

Par exemple, la plupart des Inuits (73 %) vivent dans l'Inuit Nunangat, où la vaste majorité des collectivités sont accessibles uniquement par le transport aérien. Parmi les Premières Nations ayant le statut d'Indien inscrit ou des traités, 44 % vivent dans les réserves. Comparativement à la population non autochtone, les Métis sont également beaucoup plus susceptibles de vivre en milieu rural.

L'isolement géographique peut nuire à l'accès aux soins médicaux ou aux conseils en matière de santé

Bon nombre des collectivités des Premières Nations, des Inuits et des Métis situées dans des régions isolées ou éloignées ont des établissements de soins de santé plus petits, comme des postes de soins infirmiers, et les patients doivent parfois parcourir de longues distances pour obtenir des soins. Par exemple, 82 % des Inuits vivant dans l'Inuit Nunangat ont déclaré ne pas avoir de médecin de famille. À titre de comparaison, moins de 1 Canadien sur 5 n'avait pas de médecin de famille.

De plus, selon les résultats de l'Enquête régionale sur la santé des Premières Nations de 2015-2016 menée par le Centre de gouvernance de l'information des Premières Nations, parmi les Premières Nations vivant dans les réserves, 1 sur 10 a déclaré avoir eu des besoins non comblés en matière de soins de santé au cours des 12 mois précédant l'enquête.

Bien que les soins de santé puissent être plus facilement accessibles aux Autochtones qui vivent près des centres de population ou à l'intérieur de ceux-ci, les Autochtones de ces régions font également face à des obstacles. Par exemple, en 2017, près de 1 personne issue des Premières Nations vivant hors réserve sur 5 (19 %) et 16 % des Métis n'avaient pas de médecin de famille.

La population autochtone affiche des niveaux élevés de problèmes de santé préexistants

Selon l'Agence de la santé publique du Canada, les personnes âgées, les personnes ayant certains problèmes de santé préexistants et les personnes dont le système immunitaire est plus faible sont plus susceptibles de souffrir de complications liées à la COVID-19.

Parmi les adultes des Premières Nations âgés de 50 ans et plus vivant hors réserve, 36 % ont déclaré souffrir d'hypertension artérielle et 20 % ont déclaré être atteints du diabète. À titre de comparaison, 33 % de tous les Canadiens de 50 ans et plus ont déclaré souffrir d'hypertension artérielle et 14 % ont déclaré être atteints du diabète.

Graphique 1  Graphique 1: Proportion des Premières Nations vivant hors réserve, des Métis et des Inuits ayant certains problèmes de santé préexistants, selon le groupe d'âge, 2017
Proportion des Premières Nations vivant hors réserve, des Métis et des Inuits ayant certains problèmes de santé préexistants, selon le groupe d'âge, 2017

Les conditions de logement inadéquates augmentent la vulnérabilité

De nombreux Autochtones, en particulier ceux qui vivent dans des collectivités éloignées et nordiques, habitent dans des logements inadéquats. Le surpeuplement des logements est particulièrement associé à un risque accru de propagation de maladies infectieuses.

En 2016, 18,3 % de la population autochtone vivait dans un logement jugé de taille insuffisante selon la Norme nationale d'occupation. La « taille convenable du logement », une mesure du surpeuplement, indique si le logement comporte suffisamment de chambres à coucher pour la taille et la composition du ménage.

Plus de la moitié (51,7 %) des Inuits vivant dans l'Inuit Nunangat habitaient dans un logement jugé de taille insuffisante, y compris 24,5 % dans un logement où il manquait au moins deux chambres à coucher.

Parmi les Premières Nations, 23,1 % vivaient dans des logements de taille insuffisante et la proportion était beaucoup plus élevée dans les réserves (36,8 %) qu'à l'extérieur des réserves (16,0 %). À titre de comparaison, la proportion de la popultion non autochtone vivant dans des logements de taille insuffisante s'établissait à 8,5 %.

Graphique 2  Graphique 2: Proportion des Premières Nations, des Métis et des Inuits vivant dans des logements surpeuplés, Canada, 2016
Proportion des Premières Nations, des Métis et des Inuits vivant dans des logements surpeuplés, Canada, 2016

De plus, de nombreux Autochtones vivent dans des logements qui nécessitent des réparations majeures. L'état et la qualité d'un logement, y compris les besoins de réparation, l'état de la plomberie, l'accès à l'eau et la qualité de l'eau, ainsi que l'exposition aux allergènes et aux moisissures, peuvent aussi être associés à un risque accru de propagation de maladies infectieuses. La vulnérabilité des personnes qui vivent dans des logements nécessitant des réparations majeures peut également croître dans des situations où l'on recommande la quarantaine ou l'auto-isolement.

Le quart des Inuits (26,2 %) et des Premières Nations (24,2 %) vivaient dans des logements nécessitant des réparations majeures en 2016. Le pourcentage de logements nécessitant des réparations majeures était le plus élevé chez les Premières Nations vivant dans les réserves (44,1 %).

Graphique 3  Graphique 3: État des logements des Premières Nations, des Métis et des Inuits, Canada, 2016
État des logements des Premières Nations, des Métis et des Inuits, Canada, 2016

Les familles autochtones vivant dans des ménages multigénérationnels pourraient être particulièrement vulnérables

De nombreuses familles autochtones, en particulier les Premières Nations vivant dans les réserves et les Inuits vivant dans l'Inuit Nunangat, font partie de ménages multigénérationnels. Le fait de vivre dans un ménage où les grands-parents côtoient leurs enfants et leurs petits-enfants pourrait accroître les risques d'exposition à la maladie des Autochtones âgés, qui constituent un groupe susceptible de développer des symptômes graves de la COVID-19.

En 2016, plus du quart (25,4 %) des Premières Nations vivant dans les réserves et 23,5 % des Inuits de l'Inuit Nunangat vivaient dans des ménages multigénérationnels. À titre de comparaison, 6,1 % de la population non autochtone vivaient dans des ménages multigénérationnels.

Les statistiques sur le logement présentées ci-dessus sont fondées sur la population vivant dans des ménages privés. Il est important de souligner que les Autochtones sont souvent surreprésentés parmi les personnes en situation de logement précaire ou sans logement (p. ex. les personnes qui vivent dans des refuges pour sans-abri, dans des logements de transition ou dans des établissements d'hébergement pour les victimes de violence).

L'engagement de Statistique Canada à mesurer les conséquences sociales de la pandémie de COVID-19

La pandémie de COVID-19 continuera d'avoir de profondes répercussions sur le bien-être de tous les Canadiens. En plus des conséquences sur la santé, les répercussions économiques des mesures visant à ralentir la propagation de la COVID-19 (p. ex. les fermetures d'écoles et d'entreprises) pourraient avoir des conséquences importantes sur le plan social et sur le bien-être des Canadiens.

Les personnes vivant déjà dans de mauvaises conditions socioéconomiques (parmi lesquelles les Premières Nations, les Métis et les Inuits sont surreprésentés) sont particulièrement vulnérables à ces répercussions.

Statistique Canada continuera de surveiller la situation et de fournir des renseignements sur un éventail de sujets afin d'éclairer la situation en constante évolution, et de fournir des données de grande qualité aux collectivités des Premières Nations, des Métis et des Inuits.

  Note aux lecteurs

Les renseignements sur le risque accru de propagation de maladies infectieuses associé au surpeuplement parmi les Autochtones proviennent du rapport du Centre de collaboration nationale de la santé autochtone, 2017, intitulé Le logement : un déterminant social de la santé des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Les renseignements sur la population autochtone vivant dans des refuges pour sans-abri proviennent de la publication de Belanger, Y., O. Awosoga, et G. Weasel Head. 2013. « Homelessness, urban Aboriginal people, and the need for a national enumeration », Aboriginal Policy Studies, vol. 2, no 2.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (STATCAN.infostats-infostats.STATCAN@canada.ca), ou communiquez avec les Relations avec les médias au 613-951-4636 (STATCAN.mediahotline-ligneinfomedias.STATCAN@canada.ca).

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