Logo StatCan et la COVID-19: Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur Différences quant aux préoccupations des Canadiens à l’égard de la pandémie de COVID-19

par Sébastien LaRochelle-Côté et Sharanjit Uppal

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La situation liée à la COVID-19 évolue rapidement au Canada. Récemment, la plupart des provinces et des territoires ont mis en place des plans pour assouplir les restrictions, ou sont en train d’élaborer des plans de reprise des activités. Toutefois, puisque le virus continue de représenter un risque pour la santé publique, les autorités gouvernementales ont fait savoir que les Canadiens devront probablement respecter des mesures d’éloignement physique pendant un certain temps. Par conséquent, il est primordial que les décideurs et les autorités sanitaires sachent si les Canadiens entretiennent encore des inquiétudes au sujet de la pandémie, et s’ils continuent de respecter les mesures d’éloignement physique.

Du 3 au 25 avril 2020, Statistique Canada a eu recours à l’approche participative — une nouvelle méthode de collecte de données — pour recueillir des renseignements sur les inquiétudes ressenties et les précautions prises par les Canadiens à l’égard de la pandémie. Près de 200 000 participants ont rempli le questionnaire pendant la première semaine de collecte des données (3 au 9 avril), et Statistique Canada a publié les résultats le 23 avril. Selon les résultats, ces participants étaient presque tous préoccupés par des enjeux liés à la santé, comme l’engorgement du système de santé et la santé des populations les plus vulnérables, et la majorité d’entre eux suivaient les règles d’éloignement physique.

Au cours des deuxième et troisième semaines de collecte des données (10 au 25 avril), 50 000 autres participants ont répondu au même questionnaire. Les résultats observés chez les participants des deuxième et troisième semaines étaient parfois différents de ceux observés chez les participants de la première semaine. Plus particulièrement, selon les résultats, les participants des deuxième et troisième semaines se sont dits moins inquiets au sujet de la santé des autres, mais plus inquiets à propos de certains facteurs sociaux.

Les participants des deuxième et troisième semaines étaient moins inquiets à propos de l’engorgement du système de santé et de la santé des autres, mais plus inquiets au sujet d’autres facteurs sociaux

En seulement une semaine, on a constaté des différences majeures quant aux préoccupations des participants à l’égard de la pandémie (graphique 1). Plus précisément, les participants des deuxième et troisième semaines étaient moins susceptibles de ressentir « beaucoup » ou « énormément » d’inquiétude relativement à l’engorgement du système de santé (78 % par rapport à 88 % chez les participants de la première semaine), à la santé de la population canadienne (64 % par rapport à 72 %) ou à la santé de la population mondiale (61 % par rapport à 69 %). Ces diminutions étaient généralisées dans tous les groupes d’âge et ont été observées tant chez les hommes que chez les femmes.

Graphique 1 Proportion de participants à l’initiative d’approche participative ayant déclaré ressentir « beaucoup » ou « énormément » d’inquiétude à propos de certaines questions liées à la COVID-19, selon la semaine de participation

Tableaux de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Préoccupations (titres de rangée) et Semaine 1 et Semaines 2 et 3, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Préoccupations Semaine 1 Semaines 2 et 3
pourcentage
Propre santé 39,6 39,5
Santé d’un membre du ménage 54,6 53,2
Santé des personnes vulnérables 86,3 83,5
Santé de la population canadienne 72,0 63,9
Santé de la population mondiale 69,4 60,9
Engorgement du système de santé 88,1 78,0
Désordre civil 36,9 37,2
Maintien des liens sociaux 33,5 36,5
Capacité de collaborer et de s’entraider pendant la crise 45,0 45,2
Capacité de collaborer et de s’entraider après la crise 43,5 45,4
Tensions familiales attribuables au confinement 34,7 37,1
Violence familiale 7,7 10,5

En outre, les participants des deuxième et troisième semaines étaient un peu plus inquiets que ceux de la première semaine au sujet de certains facteurs sociaux, comme les tensions familiales attribuables au confinement (37 % par rapport à 35 %), le maintien des liens sociaux (37 % par rapport à 34 %) et la possibilité de violence familiale (11 % par rapport à 8 %). Les participants plus jeunes demeuraient plus susceptibles que les participants plus âgés de s’inquiéter au sujet de tensions familiales et de violence familiale, ce qui laisse entendre que les préoccupations sociales se sont peut-être accentuées chez les Canadiens à mesure que s’accroît la durée des mesures d’isolement. Pour ce qui est des autres préoccupations, comme celles liées à la santé personnelle, on a observé peu de variation entre les participants de la première semaine et ceux des deuxième et troisième semaines.

Le respect des mesures d’éloignement physique demeure élevé chez les participants des deuxième et troisième semaines

En général, on observe peu de différences entre les précautions prises par les participants de la première semaine et ceux des deuxième et troisième semaines (graphique 2). Au nombre de ces précautions figurent les trois mesures d’éloignement physique mentionnées dans le questionnaire : éviter de quitter le domicile pour des raisons non essentielles, éviter les foules et les grands rassemblements, et pratiquer l’éloignement physique lors des sorties en public. La seule exception concernait la proportion de participants qui travaillaient à domicile (parmi ceux qui avaient un emploi), celle-ci étant moins élevée chez les participants des deuxième et troisième semaines (61 %) que chez ceux de la première semaine (69 %). Ce résultat laisse supposer que le travail à domicile de façon continue n’est peut-être pas possible pour certaines catégories de travailleurs. La proportion de participants qui travaillaient à domicile a diminué de façon similaire parmi tous les groupes d’âge, de même que chez les hommes et chez les femmes.

Graphique 2 Précautions prises par les participants à l’initiative d’approche participative, selon la semaine de participation

Tableaux de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2. Les données sont présentées selon Précautions (titres de rangée) et Semaine 1 et Semaines 2 et 3, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Précautions Semaine 1 Semaines 2 et 3
pourcentage
Éviter de quitter la maison 93,7 91,8
Éviter les foules et les grands rassemblements 95,2 93,3
Pratiquer l'éloignement physique lors des sorties en public 96,2 95,1
Se laver les mains plus souvent 96,7 95,4
Éviter de se
toucher le visage
73,2 72,3
S’approvisionner
de produits de première nécessité
à l’épicerie ou à la pharmacie
72,4 70,4
Élaborer un plan pour communiquer avec des proches, des amis et des voisins 52,7 51,3
Aller chercher des médicaments d’ordonnance 41,3 40,2
Travailler de chez soiTableau de Note 1 68,6 61,1

Les participants qui ne s’inquiètent pas au sujet de la santé des autres sont moins susceptibles de suivre les règles d’éloignement physique

Bien que la proportion de participants ayant manifesté un niveau plus élevé d’inquiétude relativement à la santé des autres ait diminué entre la première semaine et les deuxième et troisième semaines, la majorité des participants des deuxième et troisième semaines demeuraient à tout le moins « quelque peu » inquiets à propos de l’engorgement du système de santé ou de la santé de la population canadienne. Le respect des mesures d’éloignement physique est demeuré relativement élevé chez ceux que ces enjeux préoccupaient à tout le moins « quelque peu », ce qui peut expliquer pourquoi le respect de ces mesures est resté élevé chez les participants des deuxième et troisième semaines.

Graphique 3 Respect des mesures d'éloignement physique parmi les participants à l'initiative d'approche participative, selon le degré de préoccupation de l'engorgement du système de santé, semaines 2 et 3

Tableaux de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3. Les données sont présentées selon Mesures d'éloignement physique (titres de rangée) et Pas du tout, Quelque peu et Beaucoup/énormément, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Mesures d'éloignement physique Pas du tout Quelque peu Beaucoup/énormément
pourcentage
Éviter de quitter la maison 72,4 87,6 93,6
Pratiquer l’éloignement physique lors des sorties en public 79,3 94,2 96,0
Éviter les foules et les grands rassemblements 74,4 91,2 94,6

Le respect des trois mesures d’éloignement physique était plus faible chez les participants qui ne ressentaient « pas du tout » d’inquiétude au sujet de l’engorgement du système de santé ou de la santé de la population canadienne. Par exemple, parmi ceux qui ont dit ne pas être inquiets relativement à l’engorgement du système de santé, 72 % évitaient de quitter le domicile pour des raisons non essentielles, comparativement à 88 % de ceux qui ont dit ressentir quelque peu d’inquiétude et à 94 % de ceux qui ont indiqué ressentir beaucoup ou énormément d’inquiétude (graphique 3). Il convient de noter qu’une proportion relativement faible de participants des deuxième et troisième semaines ont indiqué ne pas être inquiets du tout au sujet de l’engorgement du système de santé ou de la santé de la population canadienne (environ 3 % pour chaque enjeu). Cependant, les proportions correspondantes étaient environ deux fois plus élevées que celles observées chez les participants de la première semaine et elles étaient beaucoup plus élevées chez les hommes. Ces résultats donnent à penser que le respect des mesures d’éloignement physique pourrait constituer un défi si ces proportions continuaient d’augmenter.

Méthodologie

Les données du présent communiqué sont tirées du questionnaire de Statistique Canada intitulé « Approche participative, Répercussions de la COVID-19 sur les Canadiens ». Le questionnaire de l’approche participative permet de recueillir des données sur la situation actuelle sur le plan économique et social, de même que des données sur la santé physique et mentale des personnes, afin d’évaluer efficacement les besoins des collectivités et de mettre en œuvre des mesures de soutien appropriées pendant et après la pandémie. Les données obtenues grâce à cette méthode de collecte de rechange peuvent être utilisées pour compléter les données recueillies au moyen de méthodes plus traditionnelles, notamment en raison de son coût de mise en œuvre relativement faible et de sa capacité d’accroître le niveau de précision des données en temps opportun. Au cours de la première semaine de collecte des données (3 au 9 avril), près de 200 000 personnes vivant au Canada ont répondu volontairement au questionnaire. Au cours des deux semaines suivantes (10 au 25 avril), 50 000 autres personnes ont répondu au questionnaire. Des ajustements méthodologiques ont été apportés aux deux groupes de participants afin de tenir compte des différences sur le plan de l’âge, du sexe, ou de la province. De nouvelles initiatives d’approche participative seront lancées au cours des prochaines semaines pour recueillir des renseignements à jour sur d’autres enjeux importants, comme l’ampleur des répercussions de la COVID-19 sur la vie et le bien-être de différents groupes de Canadiens. Tous les Canadiens sont invités à continuer de visiter le site Web de Statistique Canada pour participer à ces initiatives.

Référence

Statistique Canada. 2020. « Répercussions de la COVID-19 sur les Canadiens : premiers résultats de l’approche participative », Le Quotidien, 23 avril, produit no 11-001-X au catalogue, https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/200423/dq200423a-fra.htm.

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