Rapports économiques et sociaux
Tendances concernant l’écart de patrimoine entre les familles d’immigrants et celles nées au Canada de 2016 à 2023
DOI : https://doi.org/10.25318/36280001202600300002-fra
Début du texte
Résumé
La présente étude porte sur les tendances en matière d’écarts de patrimoine entre les familles nées au Canada et les familles d’immigrants. Le patrimoine médian des familles nées au Canada était deux fois plus élevé que celui des familles d’immigrants récents en 2016 et en 2023, bien que l’écart absolu en dollars se soit élargi en 2023, en particulier chez les familles dont le principal soutien économique n’était pas titulaire d’un diplôme universitaire. En revanche, le patrimoine médian des familles d’immigrants établis a augmenté, dépassant celui des familles nées au Canada en 2023, et cela a surtout été observé chez les familles n’ayant pas de diplôme universitaire. Le patrimoine des familles d’immigrants établis dont le principal soutien économique était titulaire d’un diplôme universitaire a continué d’afficher un recul par rapport à celui de leurs homologues nées au Canada, mais cet écart de patrimoine s’est rétréci au fil du temps. Dans tous les groupes, la valeur nette tirée de la résidence principale était la principale source de patrimoine. La valeur nette du logement détenue par les familles d’immigrants récents était moins élevée que celle détenue par les familles nées au Canada, alors qu’elle était plus élevée chez les familles d’immigrants établies. Les actifs provenant des régimes de retraite étaient moins élevés parmi les deux groupes d’immigrants, et on observait un écart persistant chez les familles d’immigrants récents et un écart réduit chez les familles d’immigrants établis.
Auteurs
Max Stick, Christoph Schimmele et Feng Hou travaillent à la division de l’analyse et de la modélisation économique et sociale au sein de la Direction des études analytiques et de la modélisation à Statistique Canada. Stephane Arabackyj et Jianwei Zhong travaillent à la Division de la recherche et de la mobilisation des connaissances d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.
Remerciements
Les auteurs remercient Chantal Goyette, Marc Frenette et Xuelin Zhang pour leur examen d’une version antérieure du présent article. Cette étude a été menée conjointement par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et Statistique Canada.
Introduction
La mesure dans laquelle les immigrants peuvent accumuler un patrimoine après leur établissement au pays est un aspect important de leur intégration économique (Maroto et Aylsworth, 2016; Painter et Qian, 2016; Zhang, 2003). Un patrimoine peut offrir une protection contre la perte d’emploi, payer les frais d’urgence ou les dépenses imprévues, et fournir des possibilités de mobilité socioéconomique (Painter et Qian, 2016; Rothwell et Robson, 2018). Pourtant, le patrimoine est un indicateur du bien-être économique des immigrants dont on ne tient pas compte.
Selon Morissette (2019), les comparaisons du patrimoine entre les immigrants et les personnes nées au Canada doivent tenir compte du caractère récent de l’immigration, du profil d’âge et du niveau de scolarité. En 2016, le patrimoine médian des immigrants de longue date (20 ans ou plus au Canada) était 10 fois plus élevé que celui des immigrants récents (de 0 à 9 ans au Canada), ce qui rend compte d’une plus longue période pour accumuler des actifs. Le plus jeune âge des personnes gagnant un revenu dans les familles d’immigrants récents limite également le temps qu’ils ont eu pour accumuler de la richesse. De 2009 à 2016, le patrimoine a augmenté plus rapidement chez les immigrants récents âgés de 25 à 44 ans que chez les personnes nées au Canada du même groupe d’âge, ce qui a réduit l’écart sans toutefois le combler. La croissance du patrimoine a été plus faible chez les immigrants établis âgés de 45 à 64 ans, ce qui a fait en sorte qu’ils ont perdu leur avantage initial. Les taux de croissance du patrimoine chez les immigrants récents titulaires d’un diplôme universitaire étaient semblables à ceux de leurs homologues nés au Canada, tandis que le patrimoine a connu une croissance plus lente chez les immigrants établis titulaires d’un diplôme universitaire.
La présente étude met à jour l’étude de Morissette (2019) au moyen de données de l’Enquête sur la sécurité financière (ESF) de 2016, de 2019 et de 2023Note . L’ESF permet de mesurer le patrimoine en tant que différence entre la valeur totale des actifs et la valeur totale des passifs (valeur nette). Les actifs comprennent les actifs financiers, l’immobilier et d’autres actifs non financiers, la valeur nette d’entreprise et les actifs provenant des régimes de retraite privésNote . Les passifs comprennent le solde impayé de cartes de crédit et les prêts remboursables par versements, la dette hypothécaire, le solde impayé de marges de crédit, les prêts automobiles, les prêts étudiants et d’autres dettes. Dans la présente étude, le patrimoine est mesuré au niveau du ménage, et est converti en dollars constants de 2023 au moyen de l’Indice des prix à la consommation d’ensemble à l’échelle du Canada.
Cette étude porte sur deux questions :
- L’écart de patrimoine entre les familles d’immigrants récents, les familles d’immigrants établis et les familles nées au Canada a-t-il changé depuis 2016?
- Quels éléments du patrimoine (valeur nette du logement, régimes de retraite, investissements) ont contribué à l’écart de patrimoine?
Tendances récentes de l’écart de patrimoine entre les familles d’immigrants et les familles nées au Canada selon le groupe d’âge
Pour tenir compte des différences de patrimoine selon le caractère récent de l’immigration et le profil d’âge, l’analyse compare (1) les familles d’immigrants récents avec les familles nées au Canada dont le principal soutien économique était âgé de 25 à 44 ansNote et (2) les familles d’immigrants établis avec les familles nées au Canada dont le principal soutien économique était âgé de 35 à 64 ansNote .
De 2016 à 2023, la valeur nette médiane des familles d’immigrants récents dont le principal soutien économique était âgé de 25 à 44 ans était inférieure à celle des familles nées au Canada dont le principal soutien économique était aussi âgé de 25 à 44 ans (partie supérieure du tableau 1). La valeur nette médiane des familles d’immigrants récents se chiffrait à 132 300 $ en 2023, en hausse par rapport à la valeur de 77 500 $ observée en 2016. Cela n’a pas permis de réduire l’écart de patrimoine entre les familles de récents immigrants et les familles de personnes nées au Canada, parce que le patrimoine a augmenté davantage chez les familles nées au Canada. En termes relatifs, la valeur nette médiane des familles nées au Canada (293 900 $) était plus du double de celle des familles d’immigrants récents (132 300 $) en 2023, ce qui est semblable à la différence relative observée en 2016.
La comparaison des différences absolues (en dollars) du patrimoine entre les familles d’immigrants récents et les familles nées au Canada permet de mieux comprendre l’évolution de l’écart de patrimoine. En termes absolus, la valeur nette médiane des familles d’immigrants récents était inférieure de 161 600 $ à celle des familles nées au Canada en 2023. Il s’agit d’une hausse par rapport à la valeur nette médiane observée en 2016 qui était inférieure de 86 200 $, et de la valeur nette médiane enregistrée en 2019Note qui était inférieure de 130 000 $.
| 2016 | 2019 | 2023 | |
|---|---|---|---|
| médiane (dollars de 2023) | |||
| Source : Statistique Canada, Enquête sur la sécurité financière (2620), 2016, 2019 et 2023. | |||
| Principal soutien économique âgé de 25 à 44 ans | |||
| Familles d’immigrants récents (de 0 à 9 ans depuis l'établissement au pays) | 77 500 | 65 800 | 132 300 |
| Familles nées au Canada | 163 700 | 195 800 | 293 900 |
| Différence en dollars (familles nées au Canada moins familles d’immigrants) | 86 200 | 130 000 | 161 600 |
| ratio | |||
| Différence relative (ratio des familles nées au Canada par rapport aux familles d’immigrants) | 2,11 | 2,98 | 2,22 |
| médiane (dollars de 2023) | |||
| Principal soutien économique âgé de 35 à 64 ans | |||
| Familles d’immigrants établis (10 ans ou plus depuis l'établissement au pays) | 593 400 | 588 500 | 751 500 |
| Familles nées au Canada | 541 300 | 558 800 | 608 400 |
| Différence en dollars (familles nées au Canada moins familles d’immigrants) | -52 100 | -29 700 | -143 100 |
| ratio | |||
| Différence relative (ratio des familles nées au Canada par rapport aux familles d’immigrants) | 0,91 | 0,95 | 0,81 |
Les familles d’immigrants établis avaient un avantage concernant le patrimoine par rapport aux familles nées au Canada ayant un profil d’âge semblable. La valeur nette médiane des familles d’immigrants établis a augmenté, passant de 593 400 $ en 2016 à 751 500 $ en 2023 (partie inférieure du tableau 1). En termes relatifs et absolus, l’avantage sur le plan du patrimoine des familles d’immigrants établis était plus important en 2023 qu’en 2016, parce que leur patrimoine a connu une plus forte hausse que celui de leurs homologues nées au Canada. En 2023, la valeur nette médiane des familles d’immigrants établis était supérieure de 143 100 $ à celle des familles nées au Canada. Il s’agit d’une augmentation par rapport à la valeur nette médiane observée en 2016 qui était supérieure de 52 100 $, et à la valeur nette médiane enregistrée en 2019 qui était supérieure de 29 700 $.
La désagrégation selon le niveau de scolarité du principal soutien économique des familles d’immigrants récents et d’immigrants établis a montré des tendances plus nuancées. À l’instar de la tendance générale, les familles d’immigrants récents dont le principal soutien économique (âgé de 25 à 44 ans, zéro à neuf ans depuis l’établissement au pays) n’était pas titulaire d’un diplôme universitaire avaient un désavantage en matière de patrimoine par rapport à leurs homologues nées au Canada. En termes absolus, l’écart de patrimoine entre ces familles était plus important en 2023 (146 300 $) qu’en 2016 (73 700 $), même si la différence relative a légèrement diminué de 2016 à 2023 (partie supérieure du tableau 2).
Les familles d’immigrants établis dont le principal soutien économique (âgé de 35 à 64 ans, 10 ans ou plus depuis l’établissement au pays) n’était pas titulaire d’un diplôme universitaire avaient un avantage en matière de patrimoine par rapport à leurs homologues nées au Canada, en termes absolus et relatifs. Leur avantage en matière de patrimoine absolu était un peu plus faible en 2023 qu’en 2016 (mais il était plus important en 2019), tandis que l’écart relatif était semblable en 2016 et en 2023. Néanmoins, le patrimoine médian de ces familles d’immigrants établis était supérieur de 135 300 $ en 2023 à celui des familles nées au Canada ayant un âge et un profil scolaire semblables.
| 2016 | 2019 | 2023 | |
|---|---|---|---|
| médiane (dollars de 2023) | |||
| Source : Statistique Canada, Enquête sur la sécurité financière (2620), 2016, 2019 et 2023. | |||
| Principal soutien économique sans diplôme universitaire | |||
| Âgé de 25 à 44 ans | |||
| Familles d’immigrants récents (0 à 9 ans depuis l’établissement au pays) | 38 600 | 53 500 | 80 600 |
| Familles nées au Canada | 112 300 | 135 600 | 226 900 |
| Différence en dollars (familles nées au Canada moins familles d’immigrants) | 73 700 | 82 100 | 146 300 |
| ratio | |||
| Différence relative (ratio des familles nées au Canada par rapport aux familles d’immigrants) | 2,91 | 2,54 | 2,82 |
| médiane (dollars de 2023) | |||
| Âgé de 35 à 64 ans | |||
| Familles d’immigrants établis (10 ans ou plus depuis l'établissement au pays) | 515 700 | 435 600 | 566 000 |
| Familles nées au Canada | 372 200 | 414 700 | 430 700 |
| Différence en dollars (familles nées au Canada moins familles d’immigrants) | -143 500 | -20 900 | -135 300 |
| ratio | |||
| Différence relative (ratio des familles nées au Canada par rapport aux familles d’immigrants) | 0,72 | 0,95 | 0,76 |
| médiane (dollars de 2023) | |||
| Principal soutien économique titulaire d’un diplôme universitaire | |||
| Âgé de 25 à 44 ans | |||
| Familles d’immigrants récents (0 à 9 ans depuis l’établissement au pays) | 95 400 | 71 900 | 146 900 |
| Familles nées au Canada | 320 300 | 317 900 | 393 700 |
| Différence en dollars (familles nées au Canada moins familles d’immigrants) | 224 900 | 246 000 | 246 800 |
| ratio | |||
| Différence relative (ratio des familles nées au Canada par rapport aux familles d’immigrants) | 3,36 | 4,42 | 2,68 |
| médiane (dollars de 2023) | |||
| Âgé de 35 à 64 ans | |||
| Familles d’immigrants établis (10 ans ou plus depuis l'établissement au pays) | 720 900 | 755 900 | 955 600 |
| Familles nées au Canada | 1 043 400 | 1 016 700 | 1 121 000 |
| Différence en dollars (familles nées au Canada moins familles d’immigrants) | 322 500 | 260 800 | 165 400 |
| ratio | |||
| Différence relative (ratio des familles nées au Canada par rapport aux familles d’immigrants) | 1,45 | 1,35 | 1,17 |
Parmi les familles dont le principal soutien économique était titulaire d’un diplôme universitaire, l’écart de patrimoine entre les familles d’immigrants récents (soutien âgé de 25 à 44 ans, zéro à neuf ans depuis l’établissement au pays) et les familles nées au Canada était plus important, en termes absolus et relatifs, que celui observé au niveau global. En 2023, la valeur nette médiane de ces familles d’immigrants récents était inférieure de 246 800 $ à celle de leurs homologues nées au Canada (partie inférieure du tableau 2). L’écart absolu de la valeur nette entre ces familles d’immigrants récents et celles nées au Canada a légèrement augmenté de 2016 à 2023, tandis que l’écart relatif a diminué. Cela contraste avec la tendance générale observée entre les familles d’immigrants récents et les familles nées au Canada, où l’écart absolu du patrimoine a doublé au cours de cette période.
Les familles d’immigrants établis dont le principal soutien économique était titulaire d’un diplôme universitaire (âgé de 35 à 64 ans, 10 ans ou plus depuis l’établissement au pays) avaient un désavantage en matière de patrimoine par rapport à leurs homologues nées au Canada, ce qui représente l’inverse de la tendance générale observée. En 2023, la valeur nette médiane de ces familles d’immigrants établis était inférieure de 165 400 $ à celle des familles nées au Canada ayant un âge et un profil scolaire semblables. Cependant, le désavantage en matière de patrimoine de ces familles d’immigrants établis était plus petit en 2023 qu’en 2016.
Écarts entre les composantes du patrimoine des familles d’immigrants et des familles nées au Canada
Pour mieux comprendre l’écart de patrimoine entre les familles d’immigrants et les familles nées au Canada, les moyennes désagrégées des composantes du patrimoine ont été examinées, en mettant l’accent sur la valeur nette du logement, les actifs provenant de régimes de retraite privés et d’autres sources de patrimoine. Les niveaux de patrimoine moyens ont été utilisés dans cette analyse afin que chaque composante du patrimoine puisse être exprimée en pourcentage additif du patrimoine total. Contrairement aux valeurs médianes, les valeurs moyennes du patrimoine sont sensibles aux familles disposant d’un patrimoine important, ce qui peut avoir une incidence sur les estimations des écarts entre les groupes dans les cas où la taille des échantillons est petite. Pour tenir compte de cela, les familles de la tranche supérieure de 5 % de la répartition du patrimoine ont été exclues des estimations du patrimoine moyenNote .
La valeur nette du logement représente la plus grande part du patrimoine dans l’ensemble des familles
En ce qui a trait aux familles ayant un profil d’âge plus jeune (principal soutien économique âgé de 25 à 44 ans), la valeur nette tirée de leur résidence principale représentait la plus grande part du patrimoine total en 2016, en 2019 et en 2023. La résidence principale représentait près des deux cinquièmes du patrimoine total des familles d’immigrants récents (37 %) et des familles nées au Canada (38 %) en 2023. Parmi les familles ayant un profil d’âge plus jeune, la valeur nette de cet actif était plus faible pour les familles d’immigrants récents que pour les familles nées au Canada au cours de ces années (Tableau 3). Le montant moyen de la valeur nette (valeur marchande moins la dette hypothécaire) de la résidence principale s’établissait à 145 700 $ pour les familles d’immigrants récents comparativement à 194 600 $ pour les familles nées au Canada, soit un écart d’environ 48 900 $. L’écart absolu pour cet actif était plus important en 2023 qu’en 2016, lorsque la valeur nette tirée de la résidence principale des familles d’immigrants récents était en moyenne inférieure de 27 400 $ à celle des familles nées au Canada.
| 2016 | 2019 | 2023 | ||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Familles d’immigrants récents | Familles nées au Canada | Familles d’immigrants récents | Familles nées au Canada | Familles d’immigrants récents | Familles nées au Canada | |||||||
| Dollars de 2023 | Pourcentage | Dollars de 2023 | Pourcentage | Dollars de 2023 | Pourcentage | Dollars de 2023 | Pourcentage | Dollars de 2023 | Pourcentage | Dollars de 2023 | Pourcentage | |
Source : Statistique Canada, Enquête sur la sécurité financière (2620), 2016, 2019 et 2023. |
||||||||||||
| Patrimoine total | 223 500 | 100,0 | 360 400 | 100,0 | 229 000 | 100,0 | 365 300 | 100,0 | 391 800 | 100,0 | 511 700 | 100,0 |
| Immobilier | ||||||||||||
| Résidence principale | 99 300 | 44,4 | 126 700 | 35,1 | 87 200 | 38,1 | 139 400 | 38,2 | 145 700 | 37,2 | 194 600 | 38,0 |
| Autres biens immobiliers | 48 800 | 21,8 | 20 000 | 5,5 | 51 000 | 22,3 | 16 200 | 4,4 | 41 200 | 10,5 | 27 900 | 5,4 |
| Actifs provenant de RPA | 16 400 | 7,4 | 94 800 | 26,3 | 17 700 | 7,7 | 86 700 | 23,7 | 26 400 | 6,7 | 79 100 | 15,5 |
| REER | 10 200 | 4,6 | 37 800 | 10,5 | 11 800 | 5,2 | 35 700 | 9,8 | 15 600 | 4,0 | 42 600 | 8,3 |
| Valeur nette d'entreprise | 14 500 | 6,5 | 23 300 | 6,5 | 19 000 | 8,3 | 22 400 | 6,1 | 62 200 | 15,9 | 52 600 | 10,3 |
| Autre source de patrimoine Tableau 3 Note 1 | 34 300 | 15,4 | 58 000 | 16,1 | 42 200 | 18,4 | 65 000 | 17,8 | 100 700 | 25,7 | 114 900 | 22,5 |
La valeur nette tirée de la résidence principale représentait une part du patrimoine encore plus importante chez les familles d’immigrants établis ayant un profil d’âge plus âgé (principal soutien économique âgé de 35 à 64 ans). La valeur nette tirée de la résidence principale des familles d’immigrants établis et des familles nées au Canada était plus élevée en 2023 qu’elle ne l’était en 2016 et en 2019, toutefois la part du patrimoine total que représentait cet actif était semblable au cours de ces années. La valeur nette tirée de la résidence principale était systématiquement plus élevée chez les familles d’immigrants établis que chez les familles nées au Canada ayant un profil d’âge plus âgé. En moyenne, la valeur nette tirée de la résidence principale des familles d’immigrants établis se chiffrait à 432 100 $ (47 % de leur patrimoine total) en 2023 comparativement à 283 400 $ chez les familles nées au Canada (35 % de leur patrimoine total), soit une différence d’environ 149 000 $ (Tableau 4). En termes absolus et relatifs, l’écart de la valeur nette du logement entre les familles d’immigrants établis et les familles nées au Canada était un peu plus faible en 2023 qu’en 2016.
La valeur nette d’autres biens immobiliers des familles d’immigrants récents et d’immigrants établis était plus importante que celle des familles nées au Canada. En 2023, cet actif représentait environ 10 % du patrimoine des familles d’immigrants récents (en baisse par rapport à 22 % en 2016 et en 2019), comparativement à 5 % du patrimoine des familles nées au Canada (Tableau 3). La valeur nette d’autres biens immobiliers des familles d’immigrants récents était supérieure de 13 300 $ à celle des familles nées au Canada, en baisse par rapport à 28 800 $ en 2016 et 34 800 $ en 2019. Les autres biens immobiliers représentaient environ 8 % du patrimoine des familles d’immigrants établis et 5 % du patrimoine des familles nées au Canada pendant ces années (Tableau 4). Le patrimoine que les familles d’immigrants établis détenaient dans d’autres biens immobiliers était supérieur de 37 500 $ à celui des familles nées au Canada, en hausse par rapport à environ 21 000 $ en 2016 et en 2019.
| 2016 | 2019 | 2023 | ||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Familles d’immigrants établis | Familles nées au Canada | Familles d’immigrants établis | Familles nées au Canada | Familles d’immigrants établis | Familles nées au Canada | |||||||
| Dollars de 2023 | Pourcentage | Dollars de 2023 | Pourcentage | Dollars de 2023 | Pourcentage | Dollars de 2023 | Pourcentage | Dollars de 2023 | Pourcentage | Dollars de 2023 | Pourcentage | |
Source : Statistique Canada, Enquête sur la sécurité financière (2620), 2016, 2019 et 2023. |
||||||||||||
| Patrimoine total | 727 100 | 100,0 | 706 700 | 100,0 | 735 400 | 100,0 | 718 600 | 100,0 | 927 100 | 100,0 | 812 600 | 100,0 |
| Immobilier | ||||||||||||
| Résidence principale | 373 600 | 51,4 | 212 000 | 30,0 | 365 700 | 49,7 | 230 600 | 32,1 | 432 100 | 46,6 | 283 400 | 34,9 |
| Autres biens immobiliers | 58 700 | 8,1 | 38 200 | 5,4 | 55 600 | 7,6 | 34 800 | 4,8 | 73 700 | 8,0 | 36 200 | 4,5 |
| Actifs provenant de RPA | 136 600 | 18,8 | 246 500 | 34,9 | 137 900 | 18,7 | 239 600 | 33,3 | 129 200 | 13,9 | 194 600 | 23,9 |
| REER | 57 800 | 7,9 | 88 200 | 12,5 | 65 400 | 8,9 | 90 200 | 12,6 | 76 500 | 8,2 | 98 100 | 12,1 |
| Valeur nette d'entreprise | 28 400 | 3,9 | 29 300 | 4,2 | 33 000 | 4,5 | 29 500 | 4,1 | 63 900 | 6,9 | 49 300 | 6,1 |
| Autre source de patrimoine Tableau 4 Note 1 | 72 000 | 9,9 | 92 500 | 13,1 | 77 800 | 10,6 | 93 900 | 13,1 | 151 700 | 16,4 | 150 900 | 18,6 |
Ces écarts de la valeur nette du logement entre les familles d’immigrants et celles nées au Canada pourraient correspondre aux différences de taux d’accession à la propriété. En 2023, environ 40 % des familles d’immigrants récents étaient propriétaires de leur résidence principale, comparativement à 59 % des familles nées au Canada (Tableau 1 de l’annexe). Cet écart de taux d’accession à la propriété entre ces deux groupes, qui était semblable en 2016 et en 2019, peut en partie attribuable au lieu de résidence. Les immigrants récents sont plus susceptibles de vivre à Toronto et à Vancouver, où les prix des logements sont plus élevés. Parmi les propriétaires en 2023, la valeur nette tirée de la résidence principale des familles d’immigrants récents était inférieure de 30 600 $ à celle des familles nées au Canada. Il s’agit d’une forte baisse par rapport à celle observée en 2016 qui était inférieure de 113 400 $. En 2023, environ 70 % des familles d’immigrants établis étaient propriétaires de leur résidence principale, une proportion comparable à celle des familles nées au Canada. Une proportion légèrement plus élevée de familles d’immigrants établis étaient propriétaires de leur logement en 2016 (75 %) par rapport aux familles nées au Canada (71 %). Lorsque l’on considère uniquement les propriétaires, la valeur nette tirée de la résidence principale des familles d’immigrants établis était supérieure d’environ 165 000 $ à celle des familles nées au Canada en 2023, alors que la valeur nette tirée de la résidence principale des familles d’immigrants établis était un peu moins élevée en 2016, et un peu plus élevée en 2019.
On observe des écarts importants entre les actifs provenant des régimes de retraite privés des familles d’immigrants et ceux des familles nées au Canada
Les cohortes d’immigrants récents sont confrontées à des défis plus importants en matière d’intégration sur le marché du travail, ce qui limite l’accès aux emplois comportant un régime de retraite parrainé par l’employeur et réduit les cotisations (Curtis et Lightman, 2017; Hum et Simpson, 2010). Parmi les familles ayant un profil d’âge plus jeune, le patrimoine détenu par les familles d’immigrants récents dans des Régimes de pension agréés (RPA) et des Régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) était moins élevé que celui des familles nées au Canada. L’écart des actifs provenant d’un RPA a diminué, passant de 78 400 $ en 2016 à 52 700 $ en 2023 (Tableau 3). La part du patrimoine qu’occupent les actifs provenant d’un RPA était deux fois plus élevée chez les familles nées au Canada (15 %) que chez les familles d’immigrants récents (7 %) en 2023, en baisse par rapport à la part plus de trois fois plus élevée observée en 2016. La valeur des REER des familles d’immigrants récents était inférieure de 27 000 $ à celle des familles nées au Canada en 2023, l’écart était à peu près le même que celui observé en 2016, et les REER représentaient un plus petit pourcentage du patrimoine total des familles d’immigrants récents.
En 2023, les actifs provenant d’un RPA et d’un REER représentaient 22 % du patrimoine des familles d’immigrants établis ayant un profil d’âge plus âgé, comparativement à 36 % chez leurs homologues nées au Canada (Tableau 4). Pour les deux groupes, les actifs provenant d’un RPA et d’un REER représentaient une part plus petite du patrimoine en 2023 qu’en 2016, en particulier chez les familles nées au Canada. En 2023, les actifs provenant d’un RPA des familles d’immigrants établis étaient inférieurs de 65 400 $ à ceux des familles nées au Canada. Il s’agit d’une amélioration par rapport à l’écart observé en 2016, lorsque les actifs provenant d’un RPA des familles d’immigrants établis étaient inférieurs de 109 700 $ à ceux des familles nées au Canada. L’écart des actifs provenant d’un REER entre ces groupes était plus faible en 2023 (21 600 $) qu’il ne l’était en 2016 (30 400 $)Note .
Écarts des autres actifs entre les familles d’immigrants et les familles nées au Canada
Chez les familles ayant un profil d’âge plus jeune, la valeur nette d’entreprise et d’autres éléments du patrimoine (p. ex. économies, investissements, véhicules) représentaient une plus grande part du patrimoine des familles d’immigrants récents (42 %) que de celui des familles nées au Canada (33 %) en 2023, tandis qu’ils représentaient des parts similaires en 2016 (22 % par rapport à 23 %). En 2023, la valeur nette d’entreprise des familles d’immigrants récents était plus élevée comparativement aux familles nées au Canada (62 200 $ par rapport à 52 600 $) et leur patrimoine provenant d’autres sources était moins élevé (100 700 $ par rapport à 114 900 $). En ce qui a trait à ces composantes, le patrimoine était plus important en 2023 qu’en 2016 chez les familles d’immigrants récents et les familles nées au Canada, et le désavantage que les immigrants récents avaient concernant ces composantes en 2016 a soit diminué, soit disparu.
En 2023, la valeur nette d’entreprise des familles d’immigrants établis était plus élevée que celle des familles nées au Canada plus âgées (63 900 $ par rapport à 49 300 $), le patrimoine provenant d’autres sources était semblable (150 900 $) et ces composantes représentaient une part similaire du patrimoine total de ces familles. La valeur de ces actifs et leur part du patrimoine total étaient plus importantes en 2023 qu’en 2016 chez les familles d’immigrants établis et les familles nées au Canada. En 2023, la valeur de ces actifs était plus élevée chez les familles d’immigrants établis que chez les familles nées au Canada, soit l’inverse de la tendance observée en 2016.
Sommaire
La présente étude a porté sur la variation de l’écart de patrimoine et les différences des composantes du patrimoine entre les familles d’immigrants et les familles nées au Canada de 2016 à 2023. L’analyse a comparé (1) les familles d’immigrants récents (de 0 à 9 ans depuis l’établissement au pays) et les familles nées au Canada dont le principal soutien économique était âgé de 25 à 44 ans, et (2) les familles d’immigrants établis (10 ans ou plus depuis l’établissement au pays) et les familles nées au Canada dont le principal soutien économique était âgé de 35 à 64 ans.
En 2023, le niveau de patrimoine médian des familles nées au Canada était le double de celui des familles d’immigrants récents, ce qui représente une proportion comparable à l’écart relatif du patrimoine entre ces deux groupes observé en 2016. Cependant, l’écart absolu du patrimoine (c.-à-d. la différence réelle en dollars) entre ces deux groupes était plus important en 2023 qu’en 2016, ce qui indique que les familles d’immigrants récents accusaient davantage un retard par rapport aux familles nées au Canada en 2023 qu’en 2016. Cette augmentation de l’écart absolu de patrimoine s’est concentrée chez les familles dont le principal soutien économique n’était pas titulaire d’un diplôme universitaire. L’écart de patrimoine entre les familles d’immigrants récents et les familles nées au Canada dont le principal soutien économique était titulaire d’un diplôme universitaire était un peu plus élevé en 2023 qu’en 2016.
Les familles d’immigrants établis s’en sortaient généralement mieux en 2023 qu’en 2016. Le niveau de patrimoine médian était plus élevé pour les familles d’immigrants établis que pour les familles nées au Canada en 2023, et leur avantage en matière de patrimoine était plus important en termes relatifs et absolus qu’en 2016. Cet avantage était concentré chez les familles dont le principal soutien économique n’était pas titulaire d’un diplôme universitaire. En 2016 et en 2023, le patrimoine des familles d’immigrants établis dont le principal soutien économique n’était pas titulaire d’un diplôme universitaire était supérieur à celui de leurs homologues nées au Canada, tandis qu’il était inférieur pour les familles d’immigrants établis dont le principal soutien économique était titulaire d’un diplôme universitaire. Néanmoins, l’écart de patrimoine entre les familles d’immigrants établis et les familles nées au Canada dont le principal soutien économique était titulaire d’un diplôme universitaire était plus faible en 2023 qu’en 2016.
La valeur nette tirée de la résidence principale était la principale source de patrimoine pour toutes les familles. La valeur nette tirée de la résidence principale des familles d’immigrants récents était inférieure à celle des familles nées au Canada, et cette disparité était plus importante en 2023 qu’en 2016. En revanche, la valeur nette tirée de la résidence principale des familles d’immigrants établis était supérieure à celle des familles nées au Canada, mais leur avantage à l’égard de cet actif était légèrement plus faible en 2023 qu’en 2016. Les familles d’immigrants récents et d’immigrants établis avaient moins d’actifs provenant de régimes de retraite privés que les familles nées au Canada. Même si l’écart des actifs provenant de régimes de retraite privés entre les familles d’immigrants récents et les familles nées au Canada était semblable en 2016 et en 2023, l’écart entre les familles d’immigrants établis et les familles nées au Canada était plus faible en 2023 qu’en 2016.
| Principal soutien économique âgé de 25 à 44 ans | Principal soutien économique âgé de 35 à 64 ans | |||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2016 | 2019 | 2023 | 2016 | 2019 | 2023 | |||||||
| Familles d’immigrants récents | Familles nées au Canada | Familles d’immigrants récents | Familles nées au Canada | Familles d’immigrants récents | Familles nées au Canada | Familles d’immigrants établis | Familles nées au Canada | Familles d’immigrants établis | Familles nées au Canada | Familles d’immigrants établis | Familles nées au Canada | |
| dollars | ||||||||||||
| Note : RMR = région métropolitaine de recensement.
Source : Statistique Canada, Enquête sur la sécurité financière (2620), 2016, 2019 et 2023. |
||||||||||||
| Patrimoine moyen (propriétaires seulement) | 459 000 | 572 400 | 494 500 | 579 100 | 734 300 | 764 900 | 922 200 | 935 700 | 972 600 | 953 800 | 1 222 400 | 1 057 000 |
| pourcentage | ||||||||||||
| Propriétaire d'une résidence principale | 37,4 | 56,9 | 34,3 | 55,7 | 39,9 | 59,2 | 75,0 | 70,7 | 70,4 | 69,2 | 69,9 | 70,5 |
| Type de logement (propriétaires seulement) | ||||||||||||
| Maison individuelle non attenante | 57,6 | 75,2 | 63,7 | 77,1 | 42,0 | 67,7 | 66,0 | 81,1 | 67,2 | 81,2 | 57,2 | 74,3 |
| Maison jumelée, duplex | 27,6 | 13,0 | 18,9 | 12,4 | 38,1 | 16,1 | 22,6 | 10,2 | 21,6 | 10,5 | 24,6 | 13,0 |
| Appartement | 14,0 | 10,3 | 17,3 | 9,0 | 19,7 | 13,7 | 11,2 | 7,1 | 10,6 | 6,2 | 18,2 | 10,8 |
| Autre | 0,8 | 1,5 | 1,5 | 0,3 | 2,5 | 0,2 | 1,7 | 0,6 | 2,2 | 0,1 | 1,9 | |
| Lieu de résidence (propriétaires seulement) | ||||||||||||
| Montréal | 11,5 | 10,6 | 13,2 | 10,1 | 6,0 | 10,6 | 8,4 | 10,9 | 9,7 | 10,9 | 11,8 | 10,7 |
| Toronto | 29,1 | 9,2 | 16,2 | 8,4 | 29,3 | 7,6 | 43,9 | 7,0 | 37,2 | 7,3 | 37,2 | 7,5 |
| Vancouver | 10,4 | 4,3 | 15,9 | 3,7 | 11,8 | 4,3 | 10,7 | 3,3 | 11,3 | 3,7 | 13,9 | 3,5 |
| RMR de taille moyenne | 25,2 | 24,3 | 27,0 | 20,3 | 27,1 | 19,8 | 18,2 | 19,2 | 22,8 | 16,9 | 17,1 | 19,0 |
| Petites RMR | 12,6 | 19,0 | 14,9 | 23,2 | 15,4 | 22,7 | 10,8 | 20,0 | 11,0 | 21,1 | 12,3 | 21,6 |
| À l’extérieur d’une RMR | 11,3 | 32,7 | 12,9 | 34,3 | 10,5 | 35,0 | 8,1 | 39,6 | 7,9 | 40,2 | 7,9 | 37,7 |
Bibliographie
Curtis, J., et Lightman, N. (2017). Golden years or retirement fears? Private pension inequality among Canada’s immigrants. La revue canadienne du vieillissement, vol. 36, no 2, p. 178 à 195.
Hum, D., et Simpson, W. (2010). The declining retirement prospects of immigrant men. Analyse de Politiques, vol. 36, no 3, p. 287 à 305.
Maroto, M., et Aylsworth, L. (2016). Catching up or falling behind? Continuing wealth disparities for immigrants to Canada by region of origin and cohort. Revue canadienne de sociologie, vol. 53, no 4, p. 374 à 408.
Morissette, R. (2019). Le patrimoine des familles immigrantes au Canada. Statistique Canada, Direction des études analytiques : documents de recherche, no 422.
Peintre, M. A., et Qian, Z. (2016). Wealth inequality among new immigrants. Sociological Perspectives, vol. 59, no 2, p. 368 à 394.
Rothwell, D., et Robson, J. (2018). The prevalence and composition of asset poverty in Canada: 1999, 2005, and 2012. International Journal of Social Welfare, vol. 27, no 1, p. 17 à 27.
Zhang, X. (2003). Le niveau de richesse des familles d’immigrants au Canada. Statistique Canada, Direction des études analytiques : documents de recherche, no 197.
- Date de modification :