Rapports économiques et sociaux
Utilisation de la main-d’œuvre chez les hommes canadiens ayant fait des études en sciences infirmières

Date de diffusion : le 25 septembre 2024

DOI : https://doi.org/10.25318/36280001202400900001-fra

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On en sait peu sur l’utilisation de la main-d’œuvre chez les hommes canadiens ayant fait des études en sciences infirmières, un groupe qui représentait 12 % des personnes autorisées à exercer dans ce domaine en 2021 (Institut canadien d’information sur la santé, 2022).

De grands écarts ont été observés dans l’utilisation de la main-d’œuvre chez les personnes qui ont une formation en santé entre les personnes nées au Canada et les immigrants formés à l’étranger, et entre les Blancs et les personnes racisées (Hou et Schimmele, 2020). En s’appuyant sur les données du Recensement de la population de 2021, le présent article propose une comparaison entre les hommes racisés et les hommes blancs âgés de 25 à 64 ans ayant fait des études en sciences infirmièresNote  en matière d’utilisation de leurs compétences au sein de la main-d’œuvre. Dans les comparaisons, le rôle du statut de personne racisée est dissocié de celui du statut d’immigrant.

De nombreux hommes canadiens ayant fait des études en sciences infirmières sont des immigrants et appartiennent à un groupe racisé

En 2021, environ 49 500 hommes âgés de 25 à 64 ans avaient fait des études en sciences infirmièresNote . La moitié (53 %) de ces hommes faisaient partie du groupe de population des Blancs, tandis qu’une grande proportion (47 %) appartenait à des groupes racisés. Les hommes philippins représentaient près du quart (23 %) de l’offre de main-d’œuvre chez les hommes ayant étudié dans ce domaine. Les hommes sud-asiatiques et les hommes noirs représentaient chacun 7 %, ou moins de 1/10, de l’offre de main-d’œuvre chez les hommes ayant étudié dans ce domaine, et les hommes de tous les autres groupes racisés en représentaient 1/10.

La plupart des hommes racisés ayant fait des études en sciences infirmières étaient des immigrants formés au Canada (34 %) ou à l’étranger (54 %), et une faible proportion était des personnes nées au Canada (12 %). La plupart des hommes blancs ayant étudié dans ce domaine étaient nés au Canada (90 %), et un petit pourcentage était des immigrants formés au Canada (6 %) ou à l’étranger (4 %). Comme précisé ci-dessous, les différences observées sur le plan de la composition entre les hommes racisés et les hommes blancs entraînent des répercussions sur leurs résultats professionnels.

La plupart des hommes canadiens ayant fait des études en sciences infirmières travaillaient dans le secteur de la santé, mais les immigrants formés à l’étranger affichaient des résultats moins favorables

La plupart des hommes ayant fait des études en sciences infirmières occupaient un emploi en 2021 (88 %), et parmi ceux qui avaient un emploi, les trois quarts (77 %) travaillaient dans le secteur de la santé. Parmi ceux qui occupaient en emploi dans ce secteur, une proportion importante (86 %) occupait un emploi dans leur domaine d’étudesNote .

Par conséquent, les trois cinquièmes (58 %) de tous les hommes ayant étudié en sciences infirmières occupaient un emploi pour lequel ils utilisaient pleinement leurs compétences. Les deux cinquièmes restants occupaient un emploi dans le secteur de la santé, mais pas dans leur domaine d’études, occupaient un emploi non lié au secteur de la santé ou étaient sans emploi.

Les hommes nés au Canada qui ont fait des études en sciences infirmières (85 %) affichaient un taux d’emploi plus faible que les immigrants formés au Canada (90 %) ou à l’étranger (91 %) (tableau 1). Parmi les hommes en emploi, le pourcentage de ceux travaillant dans le secteur de la santé était semblable pour les hommes nés au Canada (83 %) et pour les immigrants formés au Canada (86 %), mais il était plus faible chez les immigrants formés à l’étranger (59 %). Parmi les hommes travaillant dans le secteur de la santé, presque tous les hommes nés au Canada (93 %) et les immigrants formés au Canada (92 %) occupaient un emploi dans leur domaine d’études, alors que c’était le cas pour les trois cinquièmes (61 %) des immigrants formés à l’étranger.

Tableau 1
Résultats en matière d’emploi chez les hommes canadiens âgés de 25 à 64 ans ayant fait des études en sciences infirmières, selon le groupe de population et le statut d’immigrant, 2021 Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Résultats en matière d’emploi chez les hommes canadiens âgés de 25 à 64 ans ayant fait des études en sciences infirmières, selon le groupe de population et le statut d’immigrant, 2021 Occupant un emploi en soins infirmiers dans le secteur de la santé3, Occupant un emploi, Occupant un emploi dans le secteur de la santé2, Immigrants formés au Canada , Personnes nées au Canada et Immigrants formés à l’étranger, calculées selon unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Occupant un emploi Occupant un emploi dans le secteur de la santé Tableau 1 Note 2 Occupant un emploi en soins infirmiers dans le secteur de la santé Tableau 1 Note 3
Personnes nées au Canada Immigrants formés au Canada Immigrants formés à l’étranger Personnes nées au Canada Immigrants formés au Canada Immigrants formés à l’étranger Personnes nées au Canada Immigrants formés au Canada Immigrants formés à l’étranger
Note x

confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique

Note *

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (p<0,05)

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Note **

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (p<0,01)

Retour à la référence de note ** referrer

Note ***

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (p<0,001)

Retour à la référence de note *** referrer

Note 1

Les estimations corrigées reposent sur des modèles de régression qui tiennent compte du niveau de scolarité le plus élevé (niveau inférieur au baccalauréat, baccalauréat, grade supérieur), de la région d’études dans le monde, de l’âge, de la langue maternelle et de la connaissance de l’anglais ou du français, de l’âge à l’arrivée au Canada, de la province de résidence et de la région métropolitaine de recensement.

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Note 2

Le dénominateur correspond à tous les membres du groupe ayant fait des études en sciences infirmières et occupant un emploi.

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Note 3

Le dénominateur correspond à tous les membres du groupe ayant fait des études en sciences infirmières et occupant un emploi dans le secteur de la santé.

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Note : Les résultats pour les groupes de population des Coréens et des Japonais ont été exclus, car ils sont confidentiels en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique.
Source : Statistique Canada, Recensement de la population de 2021.
Pourcentage observé  
Total 85,2 90,4 90,5 83,2 85,5 58,9 92,6 91,5 61,3
Blancs (référence) 84,2 86,6 82,4 83,0 84,4 67,8 92,3 89,8 88,1
Sud-Asiatiques 91,0 91,9 Tableau 1 Note * 93,1 Tableau 1 Note *** 79,6 78,6 64,5 96,5 90,3 60,0 Tableau 1 Note ***
Chinois 96,8 Tableau 1 Note *** 92,2 Tableau 1 Note * x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 88,2 95,5 Tableau 1 Note ** x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 100,0 Tableau 1 Note ** 95,0 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique
Noirs 88,2 92,3 Tableau 1 Note ** 86,9 80,3 86,9 64,0 86,4 Tableau 1 Note * 86,2 68,1 Tableau 1 Note ***
Philippins 94,6 Tableau 1 Note *** 90,4 92,1 Tableau 1 Note *** 88,9 Tableau 1 Note * 86,5 55,3 93,9 95,5 Tableau 1 Note ** 55,3 Tableau 1 Note ***
Arabes et Asiatiques occidentaux x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 89,9 84,0 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 86,9 65,3 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 94,4 74,3 Tableau 1 Note *
Latino-Américains x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 91,8 81,4 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 76,7 65,8 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 86,8 76,1
Asiatiques du Sud-Est 91,8 93,4 91,2 Tableau 1 Note * 93,2 Tableau 1 Note * 82,7 59,6 95,8 100,0 Tableau 1 Note * 71,6
Pourcentage corrigé Tableau 1 Note 1  
Total 85,2 90,4 90,5 83,2 85,5 58,9 92,6 91,5 61,3
Blancs (réf.) 85,2 86,9 82,1 83,5 84,2 72,7 92,5 89,1 87,6
Sud-Asiatiques 81,6 92,9 Tableau 1 Note * 93,8 Tableau 1 Note *** 75,1 Tableau 1 Note * 78,5 64,7 94,6 90,3 61,1 Tableau 1 Note ***
Chinois 87,5 92,7 Tableau 1 Note * x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 81,9 94,3 Tableau 1 Note ** x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 93,4 93,4 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique
Noirs 83,0 91,1 Tableau 1 Note * 86,0 80,9 86,5 68,9 85,5 Tableau 1 Note * 87,8 91,1
Philippins 85,3 91,6 Tableau 1 Note * 91,7 Tableau 1 Note ** 85,4 87,1 53,7 Tableau 1 Note *** 92,4 95,1 Tableau 1 Note ** 51,6 Tableau 1 Note ***
Arabes et Asiatiques occidentaux x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 86,5 86,8 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 85,9 68,9 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 95,2 Tableau 1 Note * 79,1
Latino-Américains x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 91,0 84,9 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 78,7 86,5 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 85,3 94,1
Asiatiques du Sud-Est 82,4 94,1 91,8 Tableau 1 Note * 88,8 84,0 59,3 94,3 99,2 Tableau 1 Note * 64,9 Tableau 1 Note *

En résumé, les deux tiers des hommes nés au Canada (66 %) et des immigrants formés au Canada (71 %) ayant fait des études en sciences infirmières étaient pleinement utilisés dans la main-d’œuvre, comparativement au tiers des immigrants formés à l’étranger (33 %) (tableau 2).

Tableau 2
Taux d’utilisation des compétences chez les hommes canadiens âgés de 25 à 64 ans ayant fait des études en sciences infirmières, selon le groupe de population et le statut d’immigrant, 2021 Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux d’utilisation des compétences chez les hommes canadiens âgés de 25 à 64 ans ayant fait des études en sciences infirmières, selon le groupe de population et le statut d’immigrant, 2021 Personnes nées au Canada, Immigrants formés à l’étranger et Immigrants formés au Canada , calculées selon pourcentage observé et pourcentage corrigé1 unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Personnes nées au Canada Immigrants formés au Canada Immigrants formés à l’étranger Personnes nées au Canada Immigrants formés au Canada Immigrants formés à l’étranger
pourcentage observé pourcentage corrigé Tableau 2 Note 1
Note x

confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique

Note *

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (p<0,05)

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Note **

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (p<0,01)

Retour à la référence de note ** referrer

Note ***

valeur significativement différente de l’estimation pour la catégorie de référence (p<0,001)

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Note 1

Les estimations corrigées reposent sur des modèles de régression qui tiennent compte du niveau de scolarité le plus élevé (niveau inférieur au baccalauréat, baccalauréat, grade supérieur), de la région d’études dans le monde, de l’âge, de la langue maternelle et de la connaissance de l’anglais ou du français, de l’âge à l’arrivée au Canada, de la province de résidence et de la région métropolitaine de recensement.

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Notes : Le taux d’utilisation des compétences correspond au produit obtenu en multipliant le taux d’emploi, le taux d’occupation d’un poste dans le secteur de la santé parmi les personnes en emploi et le taux d’occupation d’un poste en soins infirmiers parmi les personnes travaillant dans le secteur de la santé, comme déclaré dans le tableau 1. Les résultats pour les groupes de population des Coréens et des Japonais ont été exclus, car ils sont confidentiels en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique.
Source : Statistique Canada, Recensement de la population de 2021.
Total 65,7 70,8 32,7 65,7 70,8 32,7
Blancs (référence) 64,5 65,6 49,2 65,8 65,4 51,7
Asiatiques du Sud 69,9 65,2 36,0 Tableau 2 Note *** 57,7 66,1 37,1 Tableau 2 Note **
Chinois 85,4 Tableau 2 Note *** 83,7 Tableau 2 Note *** x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 71,7 81,8 Tableau 2 Note *** x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique
Noirs 61,1 69,2 37,8 Tableau 2 Note ** 56,6 Tableau 2 Note * 69,2 56,6
Philippins 78,9 Tableau 2 Note *** 74,7 Tableau 2 Note ** 28,2 Tableau 2 Note *** 67,6 75,7 Tableau 2 Note ** 24,8 Tableau 2 Note ***
Arabes et Asiatiques occidentaux x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 73,8 40,7 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 71,1 44,2
Latino-Américains x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 61,1 40,8 x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 61,1 74,0
Asiatiques du Sud-Est 82,0 Tableau 2 Note ** 77,3 38,9 69,6 77,2 36,2 Tableau 2 Note *

Les taux d’emploi dans le secteur de la santé étaient semblables d’un groupe de population à l’autre

Parmi les hommes nés au Canada ayant fait des études en sciences infirmières, aucun groupe de population racisé n’affichait un taux d’emploi plus faible ou un taux d’emploi dans le secteur de la santé plus faible que le groupe de population des Blancs (tableau 1). Une tendance similaire a été observée chez les immigrants ayant étudié en sciences infirmières au Canada et à l’étranger. Dans quelques cas, ce sont les hommes appartenant à un groupe racisé qui avaient l’avantage.

Le pourcentage d’hommes nés au Canada ayant fait des études en sciences infirmières et occupant un emploi dans le secteur de la santé était beaucoup plus élevé chez les hommes philippins (89 %) et asiatiques du Sud-Est (93 %) que chez les hommes blancs (83 %) (tableau 1, partie centrale, pourcentage observé).

Si les hommes philippins et asiatiques du Sud-Est nés au Canada avaient le même profil sociodémographique que les hommes blancs, ils auraient affiché un niveau d’emploi comparable dans le secteur de la santé (tableau 1, partie centrale, pourcentage corrigé). Par conséquent, leurs caractéristiques sociodémographiques (p. ex. le niveau de scolarité le plus élevé et l’âge) ont constitué un avantage pour se procurer un emploi dans le secteur de la santé.

Les immigrants ayant fait des études en sciences infirmières au Canada ont également réussi à trouver un emploi dans le secteur de la santé. Parmi ceux qui avaient un emploi, le pourcentage d’hommes chinois qui travaillaient dans le secteur de la santé (96 %) était plus élevé que celui des hommes blancs (84 %).

Parmi les immigrants formés en sciences infirmières à l’étranger et occupant un emploi, les hommes de quelques groupes racisés (Sud-Asiatiques, Philippins et Asiatiques du Sud-Est) affichaient des taux d’emploi supérieurs à ceux des hommes blancs. Toutefois, aucune différence significative n’a été observée en ce qui concerne la proportion d’hommes travaillant dans le secteur de la santé.

Dans tous les groupes de population, un pourcentage plus faible d’immigrants formés en sciences infirmières à l’étranger occupaient un emploi dans le secteur de la santé, comparativement à leurs homologues nés au Canada et à leurs homologues immigrants formés au Canada.

Les écarts entre les hommes racisés et les Blancs relativement à la correspondance études-profession étaient surtout concentrés chez les immigrants formés à l’étranger

Parmi les hommes occupant un emploi dans le secteur de la santé, le pourcentage d’hommes nés au Canada dont l’emploi correspondait à leur domaine d’études était plus élevé chez les hommes chinois (100 %), mais moins élevé chez les hommes noirs (86 %), comparativement aux hommes blancs (92 %) (tableau 1, troisième partie, pourcentage observé). Aucune autre différence significative n’a été observée entre les hommes racisés nés au Canada et les hommes blancs nés au Canada en ce qui a trait à la correspondance études-profession.

La plupart des immigrants formés en soins infirmiers au Canada et travaillant dans le secteur de la santé occupaient un emploi dans leur domaine d’études, et les hommes racisés n’étaient pas désavantagés. Le pourcentage d’hommes occupant un emploi dans leur domaine d’études était plus élevé chez les hommes philippins (96 %) et asiatiques du Sud-Est (100 %) que chez les hommes blancs (90 %).

Parmi les hommes travaillant dans le secteur de la santé, une proportion moins élevée d’immigrants formés à l’étranger appartenant aux groupes de population des Sud-Asiatiques (60 %), des Noirs (68 %), des Philippins (55 %), et des Arabes et Asiatiques occidentaux (74 %) occupaient un emploi dans leur domaine d’études, comparativement à ceux appartenant au groupe de population des Blancs (88 %). Après la prise en compte de certaines caractéristiques, comme le niveau de scolarité le plus élevé, la région d’études dans le monde et l’âge à l’arrivée au Canada, la différence observée entre les hommes noirs, arabes et asiatiques occidentaux et les hommes blancs n’était pas significative. Toutefois, ces caractéristiques ne permettaient pas d’expliquer le taux de correspondance études-profession plus faible observé chez les hommes sud-asiatiques, philippins et asiatiques du Sud-Est.

Les taux d’utilisation des compétences étaient bas chez les immigrants formés à l’étranger

Parmi les hommes nés au Canada, aucun groupe racisé n’affichait un taux d’utilisation des compétences plus faible que celui des hommes blancs. Le taux d’utilisation des compétences désigne le rapport entre les personnes qui occupent un emploi pour lequel elles utilisent pleinement leurs compétences en soins infirmiers et les personnes dont les compétences sont sous-utilisées ou qui sont sans emploi. Dans les groupes de population des Chinois (85 %), des Philippins (79 %) et des Asiatiques du Sud-Est (82 %), un pourcentage plus élevé d’hommes nés au Canada occupait un emploi pour lequel ils utilisaient pleinement leurs compétences, comparativement au groupe de population des Blancs (65 %) (tableau 2, première partie). À chaque étape du marché du travail (c.-à-d. emploi, emploi dans le secteur de la santé et correspondance études-profession), les hommes nés au Canada appartenant aux groupes de population des Chinois, des Philippins et des Asiatiques du Sud-Est avaient un avantage par rapport aux hommes blancs, ce qui explique leur plus haut taux d’utilisation des compétences. Cet avantage était attribuable à leurs caractéristiques sociodémographiques, puisque la différence observée en comparaison avec les hommes blancs n’était pas significative dans les estimations corrigées (tableau 2, deuxième partie).

Des tendances semblables ont été observées chez les immigrants ayant fait des études au Canada. Dans ce groupe, les hommes chinois (84 %) et philippins (75 %) étaient plus susceptibles d’utiliser pleinement leurs compétences dans le cadre de leur emploi que les hommes blancs (66 %). Les immigrants ayant fait des études au Canada et appartenant aux groupes de population des Chinois et des Philippins disposaient également d’un avantage à chaque étape, ce qui explique le taux d’utilisation plus élevé de leurs compétences.

À l’inverse, parmi les immigrants formés à l’étranger, des hommes de divers groupes racisés ont affiché un taux d’utilisation des compétences plus faible que celui des hommes blancs. Un pourcentage plus faible d’hommes sud-asiatiques (36 %), noirs (38 %) et philippins (28 %) occupaient un emploi pour lequel ils utilisaient pleinement leurs compétences, comparativement aux hommes blancs (49 %). Le taux d’utilisation des compétences chez les hommes de ces groupes racisés étaient attribuables à un désavantage lié à l’obtention d’un emploi correspondant à leur domaine d’études en sciences infirmières et, dans une moindre mesure, à un désavantage lié à l’obtention d’un emploi dans le secteur de la santé. Même si le désavantage observé chez les Noirs était attribuable aux caractéristiques socioéconomiques, l’écart a persisté entre les Blancs et les Sud-Asiatiques et les Philippins, même après la prise en compte de ces caractéristiques.

Conclusion

Les résultats présentés dans le présent article indiquent qu’il y a des disparités professionnelles entre les hommes racisés et les hommes blancs ayant fait des études en sciences infirmières, dans le contexte des pénalités imposées aux titres étrangers qui font obstacle à l’accès à la profession d’infirmier. Il y avait peu de différence entre les hommes racisés et les hommes blancs ayant fait des études en sciences infirmières parmi les hommes nés au Canada ou les immigrants ayant fait des études au Canada. Toutefois, étant donné qu’une grande proportion d’hommes racisés sont des immigrants formés à l’étranger, leurs désavantages sur le marché du travail dictent les tendances globales observées en matière de disparités professionnelles. Plus de la moitié des hommes racisés ayant fait des études en sciences infirmières étaient des immigrants formés à l’étranger. Entre trois cinquièmes et deux tiers de ces hommes étaient sous-utilisés sur le marché du travail ou étaient sans emploi.

Auteurs

Christoph Schimmele et Feng Hou travaillent à la Division de l’analyse sociale et de la modélisation, au sein de la Direction des études analytiques et de la modélisation à Statistique Canada.

Remerciements

Les auteurs remercient René Morissette et Li Xue pour leurs conseils visant à améliorer une version antérieure de la présente étude.

Bibliographie

Hou, F., et C. Schimmele. (2020). Les adultes qui ont fait des études en santé, mais qui ne travaillent pas dans le secteur de la santé, produit no 45-28-0001 au catalogue de Statistique Canada. StatCan et la COVID-19 : des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur.

Institut canadien d’information sur la santé. (2022). Le personnel infirmier au Canada, 2021. Ottawa : Institut canadien d’information sur la santé.

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