Rapports économiques et sociaux
Programme des candidats des provinces : maintien en poste dans la province d’admission

Date de diffusion : le 22 novembre 2023

DOI : https://doi.org/10.25318/36280001202301100002-fra

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Résumé

Le Programme des candidats des provinces (PCP) est conçu pour contribuer à la répartition plus équitable des nouveaux immigrants partout au Canada. Un objectif connexe est le maintien en poste et l’intégration des candidats provinciaux dans la province ou le territoire de désignation. Le présent article porte sur le maintien en poste des immigrants du PCP aux échelles nationale et provinciale ou territoriale. L’analyse s’appuie sur des données du Fichier des immigrants reçus et des dossiers fiscaux ainsi que sur trois indicateurs de maintien en poste pour déterminer dans quelle mesure une province ou un territoire est capable de retenir les immigrants. Les résultats ont démontré que le taux de maintien en poste des immigrants du PCP dans leur province ou leur territoire d’admission étaient généralement élevés. Dans l’ensemble, 89 % des candidats provinciaux qui se sont établis en 2019 résidaient toujours dans leur province ou territoire de destination prévue à la fin de l’année d’admission. Cependant, il y avait une forte variation par province ou territoire, celle-ci allant de 69 % à 97 %. Une grande partie des candidats établis dans une province à la fin de l’année d’admission (aux alentours de 85 %) habitaient toujours dans cette province cinq ans plus tard. Encore une fois, on a constaté des variations considérables par province, allant de 39 % à 94 %. Dans l’ensemble du pays, les taux de maintien en poste provinciaux et territoriaux à court et à plus long terme étaient plus faibles chez les candidats provinciaux que chez d’autres immigrants de la composante économique. Cependant, après avoir pris en compte les variations dans la province de résidence, les renseignements sociodémographiques et les conditions économiques, le taux de maintien en poste des candidats provinciaux était légèrement plus élevé que celui des travailleurs qualifiés fédéraux pendant les trois premières années passées au Canada, et l’on a observé très peu d’écart après cinq ans suivant l’admission. Les provinces de l’Ontario, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique avaient les taux de maintien en poste les plus élevés pour le PCP, alors que les taux les plus faibles ont été observés à Terre-Neuve-et-Labrador, à l’Île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick. Cet écart entre les provinces avait tendance à s’accroître considérablement au fil des années suivant l’immigration. La prise en considération du taux de chômage provincial explique quelques variations dans les taux de maintien en poste entre les provinces de l’Atlantique et l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique. Cependant, même après avoir pris en compte un riche ensemble de variables de contrôle, il y avait encore un écart important entre les taux de maintien en poste des provinces. Les provinces et les territoires peuvent tirer profit du PCP non seulement au moyen des candidats retenus dans la province ou le territoire, mais aussi à l’aide des candidats qui viennent se réinstaller en provenance d’autres provinces ou territoires. L’Ontario était un pôle d’attraction pour les candidats provinciaux effectuant une migration secondaire. Après avoir pris en considération les entrées et les sorties des candidats des provinces, l’Ontario était la seule parmi les provinces et territoires à enregistrer une hausse nette importante découlant de ce processus en raison du nombre considérable d’entrées de candidats provinciaux provenant d’autres provinces. Dans l’ensemble, les taux de maintien en poste à long terme des candidats provinciaux avaient tendance à être assez élevés en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique, surtout lorsqu’on tient compte des entrées et des sorties. Le Manitoba, la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse avaient tendance à enregistrer des taux de maintien en poste moyens à plus long terme, mais tout de même relativement élevés. L’Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador affichaient les taux de maintien en poste les plus faibles.

Mots-clés : Immigrants, maintien en poste régional, migration interne, Programme des candidats des provinces

Auteurs

Eden Crossman et Garnett Picot travaillent à la Direction générale de la recherche et de l’évaluation d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Feng Hou travaille à la Division de l’analyse sociale et de la modélisation de la Direction des études analytiques et de la modélisation à Statistique Canada.

Remerciements

La présente étude a été menée en collaboration avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Les auteurs tiennent à remercier Christopher Hamilton et Ted McDonald pour les conseils et les commentaires qu’ils ont transmis à l’égard d’une version antérieure du présent article.

Introduction

De 1996 à 2005, les gouvernements fédéral et provinciaux ont conclu des accords relatifs au Programme des candidats des provinces (PCP) dans toutes les provinces canadiennesNote . Le programme a été conçu principalement pour établir plus d’immigrants à l’extérieur des trois principales villes canadiennes et pour aider à combler les besoins perçus des employeurs dans les provinces en ce qui a trait à la main-d’œuvre (IRCC, 2017). On s’attend à ce que les immigrants qui arrivent au pays dans le cadre du PCP soient intégrés et retenus dans la province ou le territoire de désignation. Une part importante de la répartition régionale des nouveaux immigrants a coïncidé avec l’élargissement du PCP (Picot, Hou et Crossman, 2023). De 1999-2000 à 2009-2010, la proportion des nouveaux immigrants établis à Toronto a diminué de 12 points de pourcentage, alors que les proportions ont augmenté de 2 à 3 points de pourcentage dans d’autres villes, notamment Winnipeg, Calgary, Edmonton et Saskatchewan (Bonikowska, Hou et Picot, 2017).

À l’aide des fiches d’établissement des immigrants, Bonikowska, Hou et Picot (2017) ont déterminé que différents facteurs étaient attribuables aux changements observés dans la proportion d’immigrants qui s’établissent à différentes destinations. L’expansion du PCP a joué un rôle essentiel dans l’augmentation du nombre d’immigrants s’installant en Saskatchewan et au Manitoba. Des changements dans les régions d’origine des immigrants étaient aussi un facteur important ayant contribué à la baisse de la proportion des immigrants établis à Toronto. Les conditions économiques ont probablement joué un rôle important dans les variations des proportions des nouveaux immigrants établis à Toronto, à Montréal, à Calgary et à Edmonton. Bien qu’il ne soit pas le seul déterminant de la redistribution régionale des immigrants pendant le début des années 2000, l’expansion du PCP a joué un rôle essentiel.

Le présent article met l’accent sur le taux de maintien en poste des immigrants qui arrivent au pays dans le cadre du PCP aux échelles nationale, provinciale et territoriale. L’analyse avait trois objectifs. Le premier objectif consistait à déterminer la façon dont divers immigrants du PCP se sont établis dans leur province ou leur territoire de destination prévue. La province ou le territoire de destination prévue correspond étroitement à la province ou le territoire de désignation et, par conséquent, représente généralement le nombre cible de candidats qu’une province ou un territoire aimerait admettreNote . Le deuxième objectif consiste à examiner combien de candidats provinciaux s’établissent initialement dans la province ou le territoire de destination prévueNote à court et à long terme. L’un des objectifs du PCP est que les candidats demeurent et s’établissent économiquement dans cette destination initiale et contribuent à l’économie locale, surtout à plus long terme. L’analyse a donc évalué si le taux de maintien en poste s’améliore ou se détériore au fil des années et si des variations considérables sont observées entre les taux de maintien en poste des candidats des provinces et les taux de maintien en poste d’autres immigrants de la composante économique (le cas échéant, ces variations seraient expliquées). Cette analyse a aussi permis de déterminer dans quelle mesure les taux de maintien en poste varient selon la province. L’analyse multivariée a servi à évaluer les répercussions des caractéristiques sociodémographiques des immigrants et de la situation économique provinciale sur les taux de maintien en poste. Le troisième objectif consiste à examiner dans quelle mesure une province accueille des immigrants de la composante économique au moyen de son propre PCP, mais aussi par migration interne (entrées), c’est-à-dire en accueillant des immigrants en provenance de programmes d’autres provinces. Un taux de maintien en poste net (après déduction des entrées et des sorties) a été utilisé pour déterminer la mesure dans laquelle une province est touchée par les entrées et les sorties des candidats provinciaux. Le document se termine par un résumé et un exposé des résultats. Les analyses qui figurent dans la présente étude sont fondées sur la Base de données longitudinales sur l’immigration (BDIM, Statistique Canada, 2022).

Analyse documentaire

L’une des études antérieures de Pandey et Townsend (2013) portait sur les demandeurs principaux du PCP qui se sont établis au Canada de 2000 à 2005. L’étude a révélé que le taux de maintien en poste était le plus faible dans les provinces de l’Atlantique (Terre-Neuve-et-Labrador, Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse et Nouveau-Brunswick), que le taux enregistré au Manitoba se situait au deuxième rang parmi les taux les plus faibles, et que le taux de maintien en poste le plus élevé était observé dans le reste du Canada (un groupe). À partir des données réelles, on a conclu que les candidats provinciaux étaient plus susceptibles de continuer de résider dans leur province de destination initiale que les autres immigrants de la composante économique. Cependant, après la prise en compte des caractéristiques de base et d’autres facteurs, cette étude a révélé qu’il y avait peu de variation entre les taux de maintien en poste des candidats provinciaux et ceux d’autres immigrants de la composante économique. En particulier, exception faite du Manitoba, les taux les plus élevés de candidats provinciaux s’établissant dans leur province de destination initiale, comparativement aux autres immigrants de la composante économique, étaient en partie attribuables au fait que les candidats provinciaux avaient des niveaux de scolarité plus faibles, ce qui est associé à une mobilité professionnelle réduite.

Une étude antérieure réalisée par van Huystee (2016) visait à examiner des immigrants admis de 2008 à 2013 pour déterminer combien d’entre eux résidaient encore dans leur province de désignation en 2013. Les taux de maintien en poste des candidats provinciaux étaient, en général, plus faibles dans les provinces de l’Atlantique par rapport aux autres provinces. L’étude a aussi démontré que les taux de maintien en poste provinciaux étaient généralement plus élevés chez les candidats provinciaux, comparativement aux travailleurs qualifiés fédéraux (à l’exception de l’Île-du-Prince-Édouard). Cette étude n’a pas tenté de déterminer si ces écarts pourraient s’expliquer par des différences dans les caractéristiques de base, comme l’âge, le niveau de scolarité et d’autres facteurs.

Une évaluation menée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (2017) portait sur le nombre de candidats provinciaux qui sont arrivés au Canada pendant la période allant de 2002 à 2014 et qui résidaient toujours dans leur province de désignation en 2014. Les résultats obtenus étaient semblables à ceux décrits ci-dessus. L’Île-du-Prince-Édouard affichait le taux de maintien en poste le plus faible, alors que les autres provinces de l’Atlantique occupaient l’avant-dernier rang. L’Ontario et l’Alberta se situaient en tête avec les taux de maintien en poste les plus élevés. L’évaluation comprenait une enquête sur les candidats provinciaux, et les résultats ont révélé que la majorité (69 %) des candidats provinciaux qui se sont réinstallés dans une province différente ont effectué cette migration interne principalement pour des raisons économiques, souvent liés au fait que le candidat ou son conjoint s’est trouvé un emploi. Dans l’ensemble, les taux de maintien en poste dans la province pour les candidats provinciaux étaient semblables à ceux observés chez les travailleurs qualifiés du volet fédéral. Les immigrants dans la catégorie de l’expérience canadienne (CEC) avaient un taux de maintien en poste légèrement plus élevé.

Une étude très approfondie du maintien en poste des immigrants au Nouveau-Brunswick (McDonald et Miah, 2021) a permis d’estimer les taux de maintien en poste après un an, après trois ans et après cinq ans pour les cohortes d’admission des immigrants de 2005 à 2018. Parmi tous les immigrants, on a observé que les taux de maintien en poste provinciaux diminuaient considérablement au fil des années au Canada : ils allaient de 80 % après un an à 65 % après trois ans, puis à 53 % après cinq ans. Les candidats provinciaux avaient tendance à afficher un taux de maintien en poste légèrement supérieur à celui des travailleurs qualifiés fédéraux. Aucune analyse n’a été menée pour déterminer si les caractéristiques de base étaient attribuables à cet écart. En 2018, les taux de maintien en poste après un an ont augmenté considérablement pour tous les groupes de nouveaux immigrants. L’analyse ne pouvait pas expliquer cette augmentation, alors les auteurs ont avancé l’hypothèse que des modifications apportées aux politiques pourraient avoir contribué à ce résultat.

Les caractéristiques socioéconomiques des immigrants peuvent influer sur la probabilité de ces personnes de demeurer dans une province. McDonald et Miah (2021) ont observé une baisse des taux de maintien en poste après cinq ans pour les immigrants ayant un niveau de scolarité plus élevé. Les personnes plus scolarisées et ayant des compétences plus spécialisées sont moins susceptibles d’avoir l’intention de demeurer dans la province initiale. Ces résultats sont aussi observés dans la plupart des études portant sur la mobilité professionnelle. Kaida et coll. (2020) ont déterminé que la taille de la ville avait aussi un effet important sur les taux de maintien en poste, c’est-à-dire que les taux sont beaucoup plus élevés dans les grandes villes comparativement aux petites villes, ainsi que dans les petites villes comparativement aux régions rurales, après prise en considération d’autres variables de base. De meilleurs débouchés économiques et de grands groupes ethniques dans les grandes villes ont probablement contribué considérablement à cette observation (voir, par exemple, Hyndman, Schuurman et Fiedler, 2006). À cet égard, une récente étude par Gure et Hou (2022) a révélé que le maintien en poste des réfugiés pris en charge par le gouvernement (RPG) était fortement associé au nombre de RPG réinstallés dans la même collectivité au cours de la même année (p. ex. la réinstallation en groupe) et à la présence de communautés de la même ethnie.

Taux d’établissement à la destination initiale

Le PCP est considéré comme étant un élément essentiel des stratégies économiques et démographiques des provinces et représentait la majorité des immigrants de la composante économique dans plusieurs provinces (Picot, Hou et Crossman, 2023). Pour présenter une demande dans le cadre du PCP, les candidats doivent être désignés par une province ou un territoire du Canada. Puisque les critères d’une désignation provinciale sont déterminés par les provinces individuelles, ces critères peuvent différer d’une province à l’autre. Dorénavant, le terme « provinces » englobe les provinces et les territoires. On s’attend à ce que les gens qui immigrent au Canada dans le cadre du PCP aient les compétences, le niveau de scolarité et l’expérience de travail requis pour s’établir sur le plan économique et contribuer immédiatement au marché du travail de la province de désignation. Puisque l’objectif de la province est de retenir autant d’immigrants que possible, les critères de sélection sont définis de façon à accroître la probabilité de maintien en posteNote . Les immigrants désignés par la province doivent démontrer une intention réelle de résider dans la province de désignation afin de recevoir le statut de résident permanent au Canada. Par contre, après l’admission des candidats, rien ne les empêche de quitter la provinceNote . Voilà la raison pour laquelle la province de résidence peut différer de la province de destination prévue au cours d’une année donnée.

Le taux d’établissement à la destination initiale permet de comparer la province de destination prévue indiquée par l’immigrant à son arrivée et la province de résidence initiale, telle qu’elle est définie par la province de résidence à la fin de la première année. Ce taux évalue la proportion des personnes qui avaient l’intention de migrer vers une province et qui y résident toujours à la fin de l’année d’admission. Puisque les données fiscales sont utilisées pour déterminer la province de résidence « initiale », seuls les immigrants ayant produit une déclaration de revenus pendant l’année d’admission ou l’année suivante sont compris dans le calcul du taux d’établissement à la destination initialeNote . De 82 % à 92 % des immigrants de la composante économique âgés de 20 à 54 ans à leur admission avaient produit une déclaration de revenus au cours de l’année d’admission ou pendant leur première année complète au Canada, selon l’année d’admissionNote .

Les immigrants qui ne résidaient pas dans leur province de destination prévue à la fin de l’année d’admission sont regroupés dans deux groupes : 1) les immigrants qui avaient l’intention de s’installer dans la province, mais ne l’ont pas fait; 2) les immigrants qui se sont installés dans une province immédiatement après leur admission, mais ne résidaient plus dans cette province à la fin de l’année d’admission. Malheureusement, les données fiscales utilisées dans la présente étude ne peuvent pas permettre de mesurer et de cerner dans lequel de ces deux groupes font partie les immigrantsNote .

Pour le Canada, 89 % des immigrants arrivés en 2019 dans le cadre du PCP résidaient dans leur province de destination prévue à la fin de l’année d’admission (graphique 1). Ce taux d’établissement à la destination initiale variait de 69 % (Île-du-Prince-Édouard) à 97 % (Ontario) (graphique 2). Le taux correspondant était de 95 % en Colombie-Britannique, de 92 % en Alberta, de 88 % au Manitoba et de 78 % en SaskatchewanNote . À l’échelle nationale, le taux d’établissement à la destination initiale dans le cadre d’un PCP a peu changé de 2005 à 2019, variant de 86 % à 91 % (graphique 1). À l’échelle provinciale, par contre, on a observé une forte variation. Le taux d’établissement à la destination initiale dans le cadre d’un PCP a diminué considérablement entre les cohortes d’admission de 2010 et 2019 en Saskatchewan et en Alberta, alors que ce taux a beaucoup augmenté à l’Île-du-Prince-Édouard, au Nouveau-Brunswick et en Ontario (graphique 2).

Graphique 1

Description du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1 Programme des travailleurs qualifiés (fédéral), Programme des candidats des provinces, Sélection du Québec et Catégorie de l’expérience canadienne, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Programme des travailleurs qualifiés (fédéral) Programme des candidats des provinces Sélection du Québec Catégorie de l’expérience canadienne
pourcentage
2005 92,1 86,2 92,5 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2006 91,8 88,0 92,8 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2007 91,4 87,7 91,2 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2008 90,6 87,1 89,8 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2009 91,5 89,0 91,7 97,0
2010 90,6 87,4 90,2 94,4
2011 89,2 89,7 85,8 95,2
2012 89,2 90,6 85,5 95,5
2013 90,1 91,1 85,4 95,9
2014 89,6 89,3 81,0 95,3
2015 85,7 89,4 79,1 93,1
2016 85,3 86,4 80,4 92,5
2017 87,4 85,0 78,2 93,8
2018 87,6 88,7 82,0 94,5
2019 87,2 89,1 81,9 94,8

Graphique 2

Description du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2 Cohorte d’admission de 2010 et Cohorte d’admission de 2019, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Cohorte d’admission de 2010 Cohorte d’admission de 2019
pourcentage
Terre-Neuve-et-Labrador 80,1 77,3
Île-du-Prince-Édouard 37,2 68,6
Nouvelle-Écosse 85,1 84,1
Nouveau-Brunswick 69,6 79,9
Ontario 86,5 96,7
Manitoba 90,4 87,7
Saskatchewan 89,2 77,9
Alberta 96,0 92,1
Colombie-Britannique 93,6 94,7

Taux de maintien en poste par programme d’immigration

Dorénavant dans la présente analyse, le taux de maintien en poste sera utilisé. Le taux de maintien en poste provincial après un an correspond à la proportion d’immigrants de la composante économique qui, un an après l’année d’admission, résidaient toujours dans la province où ils s’étaient établis à la fin de l’année d’admission. Ces renseignements peuvent être tirés des fichiers de données fiscales des personnes ayant produit leur déclaration de revenus pour ces deux années. Les taux de maintien en poste après cinq ans et après 10 ans sont également présentés. Les candidats des provinces, y compris les demandeurs principaux et leur époux ou conjoint et leurs personnes à charge, âgés de 20 à 54 ans à leur admission, sont inclus dans les calculs.

Calculés à l’échelle nationale, les taux de maintien en posteétaient plus faibles chez les candidats des provinces, comparativement aux travailleurs qualifiés fédéraux, aux immigrants de la CEC ou aux immigrants du processus de sélection du Québec (tableau 1). Cette tendance a été observée chez les nouveaux immigrants qui sont arrivés de 2005 à 2019. Le taux de maintien en poste après 10 ans était aussi le plus faible parmi les candidats des provinces (tableau 1).


Tableau 1
Taux de maintien en poste des immigrants de la composante économique âgés de 20 à 54 ans à leur admission au Canada, selon le nombre d’années écoulées depuis leur admission
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de maintien en poste des immigrants de la composante économique âgés de 20 à 54 ans à leur admission au Canada. Les données sont présentées selon Année d'admission (titres de rangée) et Programme des travailleurs qualifiés (fédéral), Programme des candidats des provinces, Sélection du Québec, Catégorie de l’expérience canadienne, 1 an , 5 ans et 10 ans, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année d'admission Programme des travailleurs qualifiés (fédéral) Programme des candidats des provinces Sélection du Québec Catégorie de l’expérience canadienne
1 an 5 ans 10 ans 1 an 5 ans 10 ans 1 an 5 ans 10 ans 1 an 5 ans 10 ans
pourcentage
2005 97,2 91,2 89,1 95,9 86,2 81,5 98,0 92,6 90,3 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise
2006 96,8 91,2 89,2 95,0 85,6 80,5 97,4 92,6 90,7 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise
2007 97,1 91,5 90,1 95,7 88,0 83,7 97,5 92,8 90,5 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise
2008 97,4 91,6 90,5 95,7 87,4 82,8 97,8 92,9 91,0 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise
2009 97,5 91,2 89,8 95,9 88,6 84,9 97,7 92,3 90,8 96,6 92,8 92,1
2010 96,6 90,6 89,4 95,8 88,7 84,8 97,9 92,2 91,1 96,4 91,8 90,9
2011 96,9 91,3 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 96,5 88,5 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 97,8 92,3 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 96,7 92,2 Note ..: indisponible pour une période de référence précise
2012 97,0 91,5 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 95,5 86,3 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 97,3 91,7 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 96,9 92,2 Note ..: indisponible pour une période de référence précise
2013 97,1 92,8 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 94,7 85,5 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 96,8 91,7 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 97,5 93,7 Note ..: indisponible pour une période de référence précise
2014 96,9 91,8 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 94,7 83,8 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 96,8 91,5 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 96,9 92,9 Note ..: indisponible pour une période de référence précise
2015 96,9 92,1 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 94,5 85,0 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 97,1 93,2 Note ..: indisponible pour une période de référence précise 96,5 92,6 Note ..: indisponible pour une période de référence précise
2016 97,1 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 93,8 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 97,3 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 97,0 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise
2017 98,8 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 96,9 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 98,6 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 98,2 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise
2018 96,9 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 93,0 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 96,3 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 96,1 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise
2019 97,2 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 93,3 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 97,3 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 96,9 Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise

Toutefois, lorsque les taux étaient évalués à l’échelle provinciale, les résultats étaient différents (tableau 2). Il y a peu d’indications que les taux de maintien en poste après un an ou à plus long terme chez les candidats des provinces étaient inférieurs à ceux des autres programmes. Dans toutes les provinces, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador et de l’Île-du-Prince-Édouard (qui ont tous les deux des petits PCP), l’analyse a révélé que le taux de maintien en poste des candidats des provinces après cinq ans était semblable ou supérieur à celui des immigrants qui se sont établis dans le cadre de la CEC ou du Programme des travailleurs qualifiés (fédéral) (PTQF). Les résultats à l’échelle nationale découlent, dans une certaine mesure, des variations dans les tendances des immigrants de divers programmes (PCP, CEC et PTQF) qui s’établissent dans les provinces ayant des taux de maintien en poste relativement plus élevés ou plus faibles.


Tableau 2
Taux de maintien en poste des immigrants économiques âgés de 20 à 54 ans à leur admission, selon le nombre d’années écoulées depuis l’admission, cohortes de 2010 et de 2019 combinées
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de maintien en poste des immigrants économiques âgés de 20 à 54 ans à leur admission. Les données sont présentées selon Province initiale (titres de rangée) et Programme des travailleurs qualifiés (fédéral), Programme des candidats des provinces, Sélection du Québec, Catégorie de l’expérience canadienne, 1 an , 5 ans et 1 an, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Province initiale Programme des travailleurs qualifiés (fédéral) Programme des candidats des provinces Sélection du Québec Catégorie de l’expérience canadienne
1 an 5 ans 1 an 5 ans 1 an 5 ans 1 an 5 ans
pourcentage
Terre-Neuve-et-Labrador 86,6 56,8 84,4 61,2 Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 83,9 52,2
Île-du-Prince-Édouard 84,4 61,9 75,8 38,5 Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 84,9 Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique
Nouvelle-Écosse 88,6 62,5 90,4 76,1 90,2 52,9 86,6 64,5
Nouveau-Brunswick 84,9 56,3 89,2 60,6 84,1 61,5 85,2 66,5
Québec 92,8 74,9 93,6 75,2 97,3 92,1 86,9 73,8
Ontario 98,0 94,4 97,8 94,2 98,1 94,1 98,2 95,3
Manitoba 90,6 73,3 94,4 84,7 94,2 64,2 85,5 66,1
Saskatchewan 88,7 71,4 90,7 77,7 89,5 63,1 85,9 65,0
Alberta 96,5 90,5 97,0 93,5 95,5 83,5 96,5 92,2
Colombie-Britannique 96,4 90,9 96,7 92,0 97,9 94,8 96,8 91,9
Yukon et Territoires du Nord-Ouest 88,4 59,7 89,8 81,4 Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 83,6 55,7

Plus les immigrants restent longtemps au Canada, moins ils sont susceptibles de demeurer dans leur province de résidence initiale. Pour la cohorte d’admission au Canada de 2010, soit l’année la plus récente pour laquelle un taux de maintien en poste après 10 ans peut être calculé, le taux de maintien en poste provincial après un an s’élevait à 95,8 % pour les candidats provinciaux, alors que le taux de maintien en poste après cinq ans était de 88,7 % et le taux de maintien en poste après 10 ans était de 84,8 % (tableau 1). Par conséquent, un pourcentage élevé de candidats provinciaux résidaient encore dans leur province de destination initiale (c.-à-d. la province de résidence à la fin de l’année d’admission) même 10 ans après leur immigration. Cependant, comme il sera démontré plus loin, cette constatation ne s’applique pas à toutes les provinces puisque trois provinces avaient enregistré un taux de maintien en poste après cinq ans de 65 % ou moins.

Écarts des taux de maintien en poste entre les programmes d’immigration : une analyse multivariée

Méthode

Une analyse de régression multivariée a été utilisée pour déterminer si des variables, comme la province de destination prévue, le niveau de scolarité, l’âge à l’admission et les conditions économiques, peuvent expliquer les écarts des taux de maintien en poste à l’échelle nationale entre les programmes d’immigration de la composante économiqueNote . La variable dépendante correspond à la probabilité des immigrants de résider dans la province de résidence initialeNote pendant une année donnée après leur admission. Les données comprennent des observations allant jusqu’à cinq ans après l’année d’admission. L’année d’admission est considérée comme étant l’année 0. Les estimations liées à la probabilité de résider dans la province de destination initiale ont été calculées pour les années 1 à 5 suivant l’année d’admission. L’analyse regroupe les données des cohortes d’admission de 2010 à 2019. Au total, trois modèles ont été exécutés. Le modèle 1 comprend seulement le nombre d’années écoulées depuis l’admission des immigrants (une fonction quadratique), le programme des immigrants de la composante économique et l’interaction entre le nombre d’années écoulées depuis l’admission et le programme d’immigration pour afficher différentes tendances dans les divers programmes. En plus des variables présentées dans le modèle 1, le modèle 2 applique aussi les variables de contrôle suivantes : la province de résidence, l’année d’admission, divers renseignements sociodémographiques, l’expérience de travail et d’études au Canada avant l’admission et le statut d’emploi de la personne en question pendant la première année suivant l’admission. Outre les variables mentionnées ci-dessus, le modèle 3 ajoute les taux de chômage annuels dans la province de résidence initiale pour déterminer si les conditions économiques représentent un facteur important influant sur les taux de maintien en poste. Les variablesNote et les résultats des modèles sont énumérés dans le tableau 1 de l’annexe. À l’aide des résultats des modèles, on a été en mesure d’estimer les taux de maintien en poste après chacune des cinq années suivant l’admission pour chaque programme d’immigration.

Résultats de l’analyse multidimensionnelle

L’analyse multidimensionnelle a donné lieu à plusieurs constatations.

Premièrement, les taux de maintien en poste prédits fondés sur les données actuelles non désaisonnalisées (modèle 1) indiquaient que les immigrants qui arrivent au pays dans le cadre du PCP avaient un taux de maintien en poste inférieur de 2,4 à 5,5 points de pourcentage à celui des immigrants arrivant au pays dans le cadre du PTQF pendant les cinq premières années suivant leur admission (tableau 3). Cette constatation est conforme aux résultats mentionnés ci-dessus à l’échelle nationale.

Deuxièmement, une bonne partie des écarts entre les programmes était liée aux répercussions des variables de contrôle. Les résultats désaisonnalisés (modèle 2) donnent à penser que, au cours de l’année suivant l’année d’admission (p. ex. tableau 3, année 1), le taux de maintien en poste du PCP était supérieur de 3,0 points de pourcentage à celui des immigrants du PTQF, et légèrement supérieur au taux de maintien en poste du système de sélection du Québec et du programme CEC (tableau 3). Quatre ans après l’admission, le taux de maintien en poste provincial était presque identique pour le PCP et le PTQF et légèrement inférieur à celui observé pour le système de sélection du Québec et le programme CEC. La prise en considération du taux de chômage provincial (modèle 3) a eu peu d’effets sur les résultats (comparativement aux résultats du modèle 2). Bien que le taux de chômage provincial ait eu certaines répercussions sur le taux de maintien en poste, il y avait très peu de variations dans les taux de chômage provinciaux pour les immigrants dans chaque programme.

Enfin, après la prise en considération des effets de diverses variables de contrôle, on a observé que le taux de maintien en poste était légèrement supérieur chez les candidats des provinces, comparativement aux travailleurs qualifiés fédéraux, pendant les trois premières années suivant l’année d’admission. Toutefois, après cette période initiale, quelques fluctuations ont été constatées (tableau 3). De plus, les immigrants qui arrivent au pays dans le cadre du système de sélection du Québec et du programme CEC ont enregistré des taux de maintien en poste légèrement supérieurs (de 1 à 2 points de pourcentage) à celui des immigrants qui arrivent au pays dans le cadre du PCP ou du PTQF, surtout après trois ans suivant leur arrivée au Canada. Puisque les taux de maintien en poste pour tous les programmes économiques se situaient aux alentours de 85 % ou plus, on a observé très peu de variations.


Tableau 3
Écart préditTableau 3 Note 1 des taux de maintien en poste entre le Programme des travailleurs qualifiés (fédéral) et les autres programmes d’immigrants de la composante économique chez les immigrants âgés de 20 à 54 ans à leur admission, cohortes d’admission de 2010 à 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Écart prédit des taux de maintien en poste entre le Programme des travailleurs qualifiés (fédéral) et les autres programmes d’immigrants de la composante économique chez les immigrants âgés de 20 à 54 ans à leur admission Nombre d’années écoulées depuis l’admission, 1 an, 2 ans, 3 ans, 4 ans et 5 ans, calculées selon points de pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Nombre d’années écoulées depuis l’admission
1 an 2 ans 3 ans 4 ans 5 ans
points de pourcentage
Modèle 1
Programme des candidats des provinces -2,4 -3,5 -4,4 -5,1 -5,5
Sélection du Québec 0,3 0,4 0,5 0,5 0,5
Catégorie de l’expérience canadienne 0,0 0,3 0,7 0,9 1,1
Modèle 2
Programme des candidats des provinces 3,0 1,9 1,0 0,4 0,0
Sélection du Québec 1,8 2,0 2,1 2,2 2,2
Catégorie de l’expérience canadienne 1,3 1,5 1,7 2,0 2,3
Modèle 3
Programme des candidats des provinces 2,8 1,8 1,0 0,5 0,2
Sélection du Québec 1,9 2,1 2,2 2,2 2,1
Catégorie de l’expérience canadienne 1,2 1,5 1,8 2,1 2,2

Variations provinciales des taux de maintien en poste du Programme des candidats des provinces

Plusieurs raisons expliquent les variations des taux de maintien en poste des candidats provinciaux d’une province à l’autre. Des différences dans les conditions et les possibilités économiques provinciales peuvent avoir une incidence sur les taux de maintien en poste (Kaida, Hou et Stick, 2020). Les taux de maintien en poste seront aussi influencés par les variations dans l’équilibre entre l’offre et la demande sur le marché du travail de la province pour les professions envisagées par les nouveaux candidats. La taille de la ville a également de l’importance. Les taux de maintien en poste des immigrants de la composante économique ont tendance à être plus élevés dans de grandes villes, comme Toronto et Vancouver. De même, les villes de taille moyenne ont tendance à avoir des taux de maintien en poste plus élevés que les petites villes ou les régions rurales (Kaida, Hou et Stick, 2020). Les provinces qui ont de grandes villes ou des villes de taille moyenne ont tendance à avoir des taux de maintien en poste plus élevés. La taille de la province peut aussi avoir une incidence sur le taux de maintien en poste. Une plus grande province offre plus d’endroits où les immigrants peuvent se réinstaller pour tirer avantage des débouchés économiques, réduisant ainsi leur besoin de quitter la province. Les provinces (et leurs villes) ayant de plus grandes communautés ethniques auront tendance à mieux retenir les candidats provinciaux faisant partie de ces groupes ethniques, comparativement aux autres provinces ayant des communautés ethniques relativement plus petites. De plus, les variations interprovinciales liées aux caractéristiques sociodémographiques, comme le niveau de scolarité et l’âge à l’admission, auront des effets sur les taux de maintien en poste. Ces éléments, et probablement d’autres facteurs, pourraient donner lieu à des écarts significatifs entre les provinces en ce qui a trait aux taux de maintien en poste des candidats provinciaux.

Parmi les cohortes d’admission de 2010 à 2019, le taux de maintien en poste après un an pour les immigrantsNote du PCP était plus élevé en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique, et le plus faible à l’Île-du-Prince-Édouard, à Terre-Neuve-et-Labrador et au Nouveau-Brunswick (tableau 2). D’une cohorte à l’autre, le taux de maintien en poste après un an a diminué légèrement à l’échelle nationale, variant entre 95 % à 96 % au début de la période à l’étude, pour s’établir à environ 93 % au cours des deux dernières années (tableau 1). Les tendances variaient par province. Le taux s’est amélioré d’environ 10 points de pourcentage à l’Île-du-Prince-Édouard, mais a diminué d’environ 6 points de pourcentage au Manitoba et d’environ 12 points de pourcentage en Saskatchewan.

Des taux de maintien en poste à plus long terme sont aussi informatifs. En Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique, très peu de candidats avaient quitté la province cinq ans après l’année d’admission. Ainsi, de 92 % à 96 % des candidats provinciaux qui sont arrivés au pays de 2010 à 2015 (soit les cohortes pour lesquelles le taux après cinq ans a pu être produit), résidaient encore dans la province cinq ans après l’année d’admission. Dans ces provinces, le taux de maintien en poste après cinq ans était seulement inférieur de 2 à 6 points de pourcentage au taux de maintien en poste après un anNote . D’autres provinces, comme l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick, ont enregistré une baisse bien plus marquée : les taux de maintien en poste après cinq ans étaient inférieurs de 22 à 44 points de pourcentage comparativement à leur taux après un an, chutant ainsi de 26 % pour s’établir à 64 %. Non seulement ces deux provinces ont enregistré des taux de maintien en poste initial plus faibles, mais elles avaient aussi une proportion plus importante de candidats qui ont quitté la province au fil des années pour se réinstaller ailleurs au Canada.

Une analyse multivariée

La variation des taux de maintien en poste interprovinciaux pourrait en partie être attribuable aux différences liées aux renseignements sociodémographiques des nouveaux candidats, de leurs antécédents de travail et d’études et des conditions économiques dans la province à leur admission. Pour tenir compte de ces écarts, on a procédé à une analyse multivariée. Les modèles et les variables indépendantes sont identiques à ceux décrits dans la section « Méthode » ci-dessus, à l’exception de deux différences. La première, c’est que la population a été limitée aux candidats des provinces, en excluant les immigrants qui sont arrivés dans le cadre d’autres programmes, y compris le PTQF, la CEC et le processus de sélection du Québec. La deuxième différence, c’est que le modèle comprenait l’interaction entre la variable du nombre d’années écoulées depuis l’immigration et la variable de la province, ce qui a fait en sorte que la tendance liée au nombre d’années écoulées depuis l’immigration variait d’une province à l’autre.

Diverses constatations marquantes sont tirées des résultats présentés au tableau 4. Tel qu’il a été mentionné précédemment, les résultats non désaisonnalisés (modèle 1) indiquaient que l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique avaient les taux de maintien en poste après un an les plus élevésNote ; toutes les autres provinces affichaient des taux de maintien en poste plus faibles. Les écarts négatifs les plus marqués par rapport au taux de maintien en poste de l’Ontario (le groupe de référence pour ces résultats) ont été observés à l’Île-du-Prince-Édouard (22,4 points de pourcentage) et à Terre-Neuve-et-Labrador (13,7 points de pourcentage). De plus, les écarts observés dans les taux de maintien en poste d’une province à l’autre ont augmenté au fil des années suivant l’immigration (modèle 1). Par exemple, l’écart négatif entre l’Ontario et le Nouveau-Brunswick s’est accentué pour passer de 8,6 points de pourcentage au cours de la première année à 33,8 points de pourcentage au cours de la cinquième année. Pour la Saskatchewan, l’écart comparable s’est aussi creusé pour passer de 7,2 points de pourcentage à 16,3 points de pourcentage. Des résultats semblables ont été observés dans d’autres provinces, sauf en Alberta et en Colombie-Britannique.

Lorsqu’on prend en considération les variations liées aux renseignements sociodémographiques, à l’expérience de travail et d’études au Canada avant l’admission et à l’emploi au cours de l’année suivant l’admission (modèle 2), on constate que cela a tendance à accroître l’écart négatif avec l’Ontario, et non à le resserrer. Par exemple, si les caractéristiques de base parmi les candidats des provinces avaient été semblables en Ontario et au Manitoba, le Manitoba aurait enregistré un écart négatif supérieur de 4,9 points de pourcentage à ce qui a été observé dans la première année (c.-à-d. l’écart entre les résultats du modèle 1 et ceux du modèle 2, tableau 4). Les valeurs comparables étaient de 4,0 points de pourcentage pour l’Alberta et de 1,2 point de pourcentage pour la Colombie-Britannique.

Le fait de tenir compte également du taux de chômage dans la province d’admission (modèle 3) a contribué en partie à l’écart négatif entre l’Ontario et les provinces de l’Atlantique (qui avaient des taux de chômage plus élevés). Le taux de chômage explique de 3 à 6 points de pourcentage de l’écart négatif des taux de maintien en poste après un an entre l’Ontario et ces provinces (c.-à-d. l’écart entre les résultats du modèle 2 et du modèle 3, tableau 4). Pour les provinces de l’Ouest, qui ont tendance à avoir des taux de chômage plus faibles, la variable de contrôle liée au chômage avait tendance à accroître légèrement l’écart négatif avec l’Ontario, et non à le réduire.

Cependant, même après la prise en considération des différences liées aux variables de contrôle (modèle 3), on a constaté que la majorité de l’écart négatif était toujours présente entre l’Ontario et les provinces de l’Atlantique. L’écart négatif corrigé entre l’Ontario et les provinces de l’Atlantique était toujours présent pour les taux de maintien en poste après un an (fluctuation de l’écart allant de 7 à 20 points de pourcentage) et les taux de maintien en poste après cinq ans (fluctuation de l’écart allant  de18 à 52 points de pourcentage) (tableau 4). D’autres facteurs inconnus, non pris en considération dans le cas présent, pourraient expliquer la différence qui reste.

La situation pour le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique était un peu différente. Pour ces provinces, les variations liées aux variables de contrôle (modèle 3) n’ont pas expliqué l’écart. Elles ont plutôt accentué cet écart de 2 à 6 points de pourcentage (c.-à-d. l’écart entre les résultats du modèle 1 et du modèle 3, tableau 4). Si les candidats dans ces provinces avaient eu les mêmes caractéristiques et conditions économiques que les candidats de l’Ontario, cet écart avec l’Ontario aurait été supérieur aux écarts observés dans les données non désaisonnalisées (modèle 1). Dans l’ensemble, le riche ensemble de variables de contrôle n’expliquait aucune ou seulement une légère part des variations des taux de maintien en poste du PCP entre les provinces.


Tableau 4
Écart préditTableau 4 Note 1 des taux de maintien en poste par rapport à l'Ontario chez les candidats provinciaux âgés de 20 à 54 ans à leur admission, cohortes d’admission de 2010 à 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Écart prédit des taux de maintien en poste par rapport à l'Ontario chez les candidats provinciaux âgés de 20 à 54 ans à leur admission Nombre d’années écoulées depuis l’admission, 1 an, 2 ans, 3 ans, 4 ans et 5 ans, calculées selon points de pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Nombre d’années écoulées depuis l’admission
1 an 2 ans 3 ans 4 ans 5 ans
points de pourcentage
Modèle 1
Terre-Neuve-et-Labrador -13,7 -21,3 -26,9 -30,7 -32,6
Île-du-Prince-Édouard -22,4 -37,2 -47,5 -53,5 -55,1
Nouvelle-Écosse -7,6 -11,6 -14,7 -16,7 -17,8
Nouveau-Brunswick -8,6 -16,2 -23,0 -28,8 -33,8
Québec -4,4 -9,5 -13,6 -16,4 -18,2
Manitoba -3,3 -5,4 -7,1 -8,5 -9,6
Saskatchewan -7,2 -10,8 -13,6 -15,4 -16,3
Alberta -0,8 -0,7 -0,6 -0,6 -0,6
Colombie-Britannique -1,1 -1,6 -1,9 -2,1 -2,1
Yukon et Territoires du Nord-Ouest -8,3 -11,3 -13,0 -13,2 -12,2
Modèle 2
Terre-Neuve-et-Labrador -17,9 -25,4 -31,0 -34,7 -36,4
Île-du-Prince-Édouard -24,1 -38,6 -48,7 -54,5 -56,0
Nouvelle-Écosse -9,9 -14,1 -17,2 -19,3 -20,5
Nouveau-Brunswick -12,1 -19,5 -26,0 -31,5 -36,2
Québec -6,2 -11,1 -14,9 -17,6 -19,2
Manitoba -8,2 -10,4 -12,2 -13,7 -14,9
Saskatchewan -11,4 -15,1 -17,8 -19,7 -20,5
Alberta -4,8 -4,9 -4,9 -5,0 -5,1
Colombie-Britannique -2,3 -2,9 -3,3 -3,6 -3,7
Yukon et Territoires du Nord-Ouest -13,5 -17,0 -19,0 -19,5 -18,5
Modèle 3
Terre-Neuve-et-Labrador -11,5 -18,8 -24,2 -27,5 -28,8
Île-du-Prince-Édouard -20,0 -34,7 -44,9 -50,7 -52,1
Nouvelle-Écosse -7,1 -11,3 -14,4 -16,5 -17,6
Nouveau-Brunswick -9,1 -16,4 -22,8 -28,4 -33,1
Québec -5,6 -10,6 -14,3 -16,8 -18,2
Manitoba -9,1 -11,2 -13,0 -14,4 -15,4
Saskatchewan -12,2 -15,8 -18,4 -20,0 -20,5
Alberta -5,4 -5,3 -5,2 -5,0 -4,7
Colombie-Britannique -2,8 -3,4 -3,9 -4,2 -4,4
Yukon et Territoires du Nord-Ouest -13,1 -16,5 -18,5 -19,0 -18,0

Prise en considération des entrées dans la province : le taux de maintien en poste net

Le taux de maintien en poste provincial utilisé ci-dessus reflète le nombre de candidats qui ont quitté la province, mais non ceux qui sont arrivés en provenance d’autres provinces. Les provinces peuvent tirer profit du PCP non seulement grâce aux candidats qui s’établissent initialement dans la province et qui y demeurent par la suite, mais aussi grâce aux candidats en provenance d’ailleurs au pays qui, après leur immigration, déménagent dans la province. Pour tenir compte des sorties et des entrées des candidats provinciaux, un taux de maintien en poste net a été utilisé. Étant donné que le taux de maintien en poste traditionnel ne prend pas en considération les entrées, il pourrait sous-estimer les effets des PCP dans l’ensemble du Canada sur une province quelconque. La mesure utilisée dans la présente section estime le taux de maintien en poste net des sorties et des entréesNote . Par exemple, le taux de maintien en poste net pour la cohorte d’admission de 2015 est le nombre de candidats provinciaux de la cohorte pancanadienne de 2015 (toutes les provinces) qui résidaient dans la province d’intérêt (p. ex. la Colombie-Britannique) à la fin de 2016. Cette donnée est exprimée en pourcentage du nombre de candidats provinciaux qui se sont installés dans la province en 2015. Si la valeur est supérieure à 100 % après la prise en considération des entrées et des sorties, cela signifie que la province a accueilli au fil du temps un plus grand nombre de candidats provinciaux de la cohorte d’admission pancanadienne de 2015 que le nombre de candidats qui y résidaient initialement, malgré le fait que certains candidats provinciaux aient quitté la province. Si la valeur est inférieure à 100 %, la province a une perte nette de candidats provinciaux, même après correction en fonction des entrées. Le taux de maintien en poste net estime la capacité d’une province à retenir les immigrants du PCP provenant de la cohorte d’admission pancanadienne au lieu de seulement la cohorte d’admission de cette province.

À la fin de la première année complète suivant l’année d’admission, l’Ontario comptait 23 % plus de candidats provinciaux comparativement aux candidats qui résidaient dans la province pendant l’année d’admission. Cela représente un taux de maintien en poste net de 123 % (graphique 3). À la fin de la cinquième année suivant l’année d’admission, l’Ontario comptait 56 % plus de candidats. Cela représente un taux de maintien en poste net de 156 %. Ces hausses étaient attribuables aux entrées de candidats en provenance d’autres provinces, combinées à un taux relativement faible de sorties. Les résultats présentés dans le graphique 3 sont basés sur les candidats qui sont arrivés au pays au cours de la période allant de 2010 à 2015 pour permettre le calcul des taux de maintien en poste à plus long terme. Toutefois, ces taux après un an d’admission étaient pratiquement les mêmes que si les cohortes de 2010 à 2019 avaient été utilisées, ce qui indique une stabilité entre les cohortes.

Graphique 3

Description du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3 1 an et 5 ans, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
1 an 5 ans
pourcentage
Terre-Neuve-et-Labrador 88,7 62,2
Île-du-Prince-Édouard 74,5 40,4
Nouvelle-Écosse 95,0 82,8
Nouveau-Brunswick 95,3 64,9
Ontario 122,7 155,8
Manitoba 98,2 85,5
Saskatchewan 96,0 79,5
Alberta 104,2 106,4
Colombie-Britannique 103,2 105,5

Après avoir pris en considération les entrées et les sorties des candidats provinciaux, l’Ontario était la seule province à afficher une augmentation nette importante. L’Alberta et la Colombie-Britannique affichaient des taux de maintien en poste nets de l’ordre de 106 % la cinquième année suivant l’admission (c.-à-d. que les entrées étaient légèrement supérieures aux sorties). La Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Manitoba et la Saskatchewan ont affiché des taux de maintien en poste nets après un an d’admission qui se situaient aux alentours de 95 %, mais ce taux a diminué pour se fixer à un pourcentage de l’ordre de 65 % à 85 % après cinq ans. Terre-Neuve-et-Labrador avait un taux de maintien en poste net après un an d’admission de 89 %, mais ce taux a reculé pour se fixer à 62 % après cinq ans. L’Île-du-Prince-Édouard avait un taux de maintien en poste après un an d’admission de 74 %, mais ce taux a baissé pour s’établir à 40 % après cinq ans. Les écarts observés entre les provinces pendant la première année suivant l’admission s’accentuaient au fil des années. Les provinces qui ont connu une perte nette d’immigrants du PCP au cours de la première année suivant l’admission ont enregistré des pertes nettes encore plus marquées après la cinquième année suivant l’admission. L’Ontario, la seule province affichant une augmentation nette importante, avait des augmentations nettes encore plus importantes après la cinquième année.

L’importance des entrées variait considérablement d’une province à l’autre. Pour ce qui est du taux de maintien en poste net de 156 % de l’Ontario, 61 points de pourcentage étaient attribuables aux entrées en provenance d’autres provinces pendant les cinq années suivant l’année d’admission. Les 95 autres points de pourcentage étaient attribuables au maintien en poste des candidats dans la province de destination initiale depuis l’année d’admission (graphique 4). La province de l’Ontario était un pôle d’attraction pour les candidats provinciaux effectuant une migration secondaire, suivie de la Colombie-Britannique et de l’Alberta où les entrées ont permis d’accroître de 17 et de 14 points de pourcentage, respectivement, leurs taux de maintien en poste nets. Les entrées ont fait augmenter de seulement de 1 à 8 points de pourcentage les taux de maintien en poste nets des autres provinces. Les variations des facteurs pouvant influer sur les taux de maintien en poste (décrits ci-dessus) pourraient aussi avoir une incidence sur les taux de maintien en poste nets (p. ex. en ce qui a trait aux conditions économiques, à la taille des groupes ethniques, au nombre de grandes villes et de villes de taille moyenne dans la province ainsi qu’à la taille globale de la province).

Graphique 4

Description du graphique 4 
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 4 Candidats retenus et Candidats entrés, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Candidats retenus Candidats entrés
pourcentage
Terre-Neuve-et-Labrador 59,2 3,0
Île-du-Prince-Édouard 38,3 2,1
Nouvelle-Écosse 74,8 8,0
Nouveau-Brunswick 61,7 3,2
Ontario 94,8 61,0
Manitoba 84,5 1,0
Saskatchewan 77,3 2,1
Alberta 92,2 14,2
Colombie-Britannique 88,6 16,9
Yukon et Territoires du Nord-Ouest 80,9 8,2

Résumé et conclusion

Le présent document met l’accent sur le maintien en poste des candidats provinciaux dans la province ou le territoire où ils avaient prévu s’installer et où ils se sont établis initialement. Trois différents indicateurs de maintien en poste ont été utilisés.

Le taux d’établissement à la destination initiale, soit la proportion des candidats provinciaux qui résident toujours dans leur province ou territoire de destination prévue à la fin de l’année d’admission, s’élevait à 89 % pour la cohorte d’admission de 2019 âgée de 20 à 54 ans à l’admission. Ce taux variait considérablement selon la province ou le territoire : il allait de 69 % à l’Île-du-Prince-Édouard à 97 % en Ontario. À l’échelle nationale, ce taux a peu changé entre les cohortes de 2005 et 2019. À l’échelle provinciale, le taux d’établissement à la destination initiale des candidats des provinces a diminué considérablement entre les cohortes d’admission de 2010 et 2019 en Saskatchewan et en Alberta, alors que ce taux a augmenté à l’Île-du-Prince-Édouard, au Nouveau-Brunswick et en Ontario.

La deuxième mesure, soit le taux de maintien en poste provincial, constitue la proportion des immigrants qui résidaient toujours dans la province de destination initiale à la fin de l’année de leur admission. À l’échelle nationale, le taux de maintien en poste des candidats provinciaux était généralement élevé. Par exemple, chez les candidats provinciaux de la cohorte de 2010, le taux de maintien en poste après 5 ans était de 89 %, et le taux de maintien en poste après 10 ans était de 85 %. Toutefois, on a constaté une forte variation d’une province à l’autre. Parmi les candidats des provinces arrivés au Canada entre 2010 et 2015, le taux de maintien en poste après cinq ans variait : l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick ont enregistré un taux de 39 % et de 61 %, respectivement, alors que l’Ontario et l’Alberta ont enregistré un taux d’environ 94 %. Plus le nombre d’années qui se sont écoulées depuis l’admission des candidats était élevé, plus l’écart dans les taux de maintien en poste entre les provinces ayant un taux relativement élevé et celles ayant un taux relativement faible était marqué.

La prise en considération des variations en fonction des renseignements sociodémographiques n’a pas permis d’expliquer les écarts dans les taux de maintien en poste des immigrants entre les provinces et les territoires. Les variations des taux de chômage des provinces ont contribué en partie à l’écart négatif des taux de maintien en poste entre les provinces de l’Atlantique et d’autres provinces. Cependant, même après avoir pris en considération les renseignements sociodémographiques et les conditions économiques, on observait encore des écarts notables dans les taux de maintien en poste d’une province à l’autre. Parmi d’autres facteurs pouvant expliquer davantage les différences dans le maintien en poste figurent les perspectives d’emploi, la taille des villes dans la province (les villes de plus grande taille ont des taux de maintien en poste plus élevés), et la présence de membres de la famille, d’amis ou de groupes ethniques (qui peuvent offrir des réseaux de soutien aux premières étapes de l’établissement) (Sherrell, Hyndman et Preniqi, 2004). Selon Hyndman, Schuurman et Fiedler (2006, page 19), le raisonnement est tautologique : pour qu’un endroit soit attrayant pour les immigrants, une population immigrante doit déjà y résider.

Un des principes du PCP est qu’il permet de mieux faciliter la répartition et le maintien en poste des immigrants dans des provinces et des territoires précis, contrairement à d’autres programmes de la composante économique. Voilà la raison pour laquelle il est pertinent de comparer les taux de maintien en poste des principaux programmes d’immigrants de la composante économique. Lorsqu’ils sont examinés dans l’ensemble du Canada, les résultats non désaisonnalisés (données brutes) indiquent que les taux de maintien en poste 1 an, 5 ans et 10 ans après l’admission étaient plus faibles chez les candidats des provinces, comparativement aux travailleurs qualifiés fédéraux ou aux immigrants qui sont arrivés dans le cadre du programme CEC ou du système de sélection du Québec. Cependant, cet écart était grandement attribuable à la province ou au territoire de résidence, aux renseignements sociodémographiques et aux conditions économiques. Après la prise en considération de ces variations, le PCP affichait tout de même des taux de maintien en poste supérieurs de 1 à 3 points de pourcentage à ceux des trois autres programmes d’immigrants de la composante économique après un an suivant l’admission. Après cinq ans suivant l’admission, on constate peu d’écarts dans les taux de maintien en poste du PCP et du PTQF; le taux de maintien en poste de la CEC était légèrement supérieur d’environ 2 points de pourcentage. Puisque les taux de maintien en poste cinq ans après l’admission étaient pour la plupart supérieurs à 85 %, très peu de variations ont été observées.

Les candidats provinciaux qui quittent une province peuvent avoir une incidence ailleurs au Canada. Les provinces ou les territoires peuvent tirer profit du PCP non seulement grâce aux candidats qui s’y établissent à leur admission, mais aussi par l’action des immigrants qui se réinstallent en provenance d’une autre province ou territoires du pays. Pour estimer cet effet, un taux de maintien en poste net a été utilisé. Parmi les candidats admis de 2010 à 2015, l’Ontario affichait un taux de maintien en poste net après un an de 123 %, ce qui indique que, à la fin de la première année complète suivant l’admission, la province comptait 23 % plus de candidats que le nombre ceux s’étant établis initialement dans cette province au cours de l’année d’établissement. En d’autres mots, les entrées étaient supérieures aux sorties. Le taux de maintien en poste net en Ontario cinq ans après l’admission a augmenté pour s’établir à 156 %. L’Ontario était la seule province à afficher une augmentation nette importante découlant de ce processus. L’Alberta et la Colombie-Britannique affichaient des taux de maintien en poste nets après cinq ans qui se situaient aux alentours de 106 %. L’Île-du-Prince-Édouard affichait les taux de maintien en poste nets les plus faibles : 74 % après un an, baisse pour se fixer à 40 % après cinq ans. Les écarts dans les taux de maintien en poste nets des provinces observés lors de la première année se sont accentués après la cinquième année. En ce qui a trait aux taux de maintien en poste des provinces, le taux de maintien en poste net offre une perspective plus large du rôle du PCP quant à la répartition des immigrants de la composante économique dans une province quelconque.

Les taux de maintien en poste observés dans les provinces de l’Atlantique figuraient parmi les plus bas. Par contre, ces faibles taux doivent être mis en contexte. Ces taux de maintien en poste étaient semblables à ceux observés chez les immigrants de la composante économique admis dans le cadre d’un programme administré par le gouvernement fédéral qui se sont initialement établis dans les provinces de l’Atlantique, mais très peu d’immigrants de la composante économique autres que ceux du PCP s’y sont installésNote . Le PCP a joué un rôle essentiel dans l’établissement d’immigrants de la composante économique dans les provinces de l’Atlantique, et ceux qui ont continué à y résider pourraient créer des communautés d’immigrants, lesquelles pourraient, à leur tour, aider à attirer et à garder de nouveaux immigrants. À l’avenir, il serait utile d’examiner et de comprendre les répercussions du Programme d’immigration au Canada atlantique sur les taux de maintien en poste dans ces provinces et de comparer ces taux avec ceux du PCP. Puisque le Programme d’immigration au Canada atlantique établit un lien direct entre les candidats immigrants et les employeurs, les variations des taux de maintien en poste pourraient aider à mieux comprendre le rôle que jouent les employeurs dans le maintien en poste des immigrants. Il sera nécessaire d’assurer une surveillance continue des taux de maintien en poste des immigrants du PCP à court et à long terme, d’autant plus que les administrations provinciales et territoriales ont récemment demandé d’élargir le programme.

Annexe


Tableau 1 de l’annexe
Modèles de probabilité linéaire qui prédisent le taux de maintien en poste dans la province de destination initiale chez les immigrants économiques âgés de 20 à 54 ans à leur admission, cohortes d’admission de 2010 à 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Modèles de probabilité linéaire qui prédisent le taux de maintien en poste dans la province de destination initiale chez les immigrants économiques âgés de 20 à 54 ans à leur admission Modèle 1, Modèle 2 et Modèle 3, calculées selon coefficient unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3
coefficient
Ordonnée à l'origine 0,994Note *** 0,984Note *** 1,038Note ***
Programmes d'admission [référence : Programme des travailleurs qualifiés (fédéral)]
Programme des candidats des provinces -0,010Note *** 0,044Note *** 0,041Note ***
Sélection du Québec 0,001 0,016Note *** 0,016Note ***
Catégorie de l’expérience canadienne -0,005Note * 0,011Note *** 0,008Note ***
Nombre d'années écoulées depuis l'immigration -0,026Note *** -0,029Note *** -0,032Note ***
Nombre d'années au carré depuis l’immigration 0,002Note *** 0,002Note *** 0,003Note ***
Nombre d’années depuis l’immigration x Programme des candidats des provinces -0,015Note *** -0,015Note *** -0,014Note ***
Nombre d’années depuis l’immigration x Sélection du Québec 0,002 0,003Note * 0,003Note *
Nombre d’années depuis l’immigration x Catégorie de l’expérience canadienne 0,004Note ** 0,002 0,004Note **
Nombre d'années au carré depuis l’immigration x Programme des candidats des provinces 0,001Note *** 0,001Note *** 0,001Note ***
Nombre d'années au carré depuis l’immigration x Sélection du Québec 0,000 0,000 0,000
Nombre d'années au carré depuis l’immigration x Catégorie de l’expérience canadienne 0,000 0,000 0,000
Femmes Tableau 1 Note § 0,005Note *** 0,005Note ***
Âge à l’admission (référence : 20 à 29)
30 à 39 ans Tableau 1 Note § 0,004Note *** 0,004Note ***
40 à 49 ans Tableau 1 Note § 0,008Note *** 0,008Note ***
50 à 54 ans Tableau 1 Note § 0,014Note *** 0,014Note ***
Langue (référence : anglais ou français comme langue maternelle)
Ni français ni anglais parlé Tableau 1 Note § 0,003Note *** 0,003Note ***
Autre langue maternelle parle anglais ou français Tableau 1 Note § 0,005Note *** 0,005Note ***
Niveau de scolarité (référence : diplôme d’études supérieures)
Sans diplôme d'études secondaires Tableau 1 Note § 0,007Note *** 0,007Note ***
Diplôme d'études secondaires Tableau 1 Note § 0,013Note *** 0,013Note ***
Études postsecondaires partielles Tableau 1 Note § 0,016Note *** 0,016Note ***
Baccalauréat Tableau 1 Note § 0,007Note *** 0,007Note ***
Région d'origine (référence : États-Unis)
Amérique centrale Tableau 1 Note § 0,015Note *** 0,015Note ***
Caraïbes Tableau 1 Note § 0,026Note *** 0,027Note ***
Amérique du Sud Tableau 1 Note § 0,007Note *** 0,007Note ***
Europe de l'Ouest Tableau 1 Note § 0,025Note *** 0,025Note ***
Europe du Nord Tableau 1 Note § 0,016Note *** 0,016Note ***
Europe du Sud Tableau 1 Note § -0,004Note ** -0,004Note *
Europe de l'Est Tableau 1 Note § 0,006Note *** 0,006Note ***
Afrique Tableau 1 Note § 0,012Note *** 0,013Note ***
Asie du Sud Tableau 1 Note § -0,012Note *** -0,012Note ***
Asie du Sud-Est Tableau 1 Note § 0,055Note *** 0,054Note ***
Asie orientale Tableau 1 Note § -0,010Note *** -0,009Note ***
Asie occidentale Tableau 1 Note § -0,022Note *** -0,022Note ***
Autres régions Tableau 1 Note § -0,002 -0,003
État matrimonial (référence : marié)
Célibataire Tableau 1 Note § -0,005Note *** -0,005Note ***
Divorcé séparé ou veuf Tableau 1 Note § -0,003Note * -0,002Note *
Nombre d’enfants Tableau 1 Note § 0,007Note *** 0,007Note ***
Expérience de travail au Canada avant l’admission Tableau 1 Note § -0,010Note *** -0,010Note ***
Expérience d’études au Canada avant l’admission Tableau 1 Note § -0,010Note *** -0,010Note ***
Employé avant la fin de la première année complète Tableau 1 Note § 0,014Note *** 0,014Note ***
Taux de chômage annuel dans la province de destination initiale Tableau 1 Note § Tableau 1 Note § -0,010Note ***

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