Le paysage changeant des régions métropolitaines du Canada
Section 2 : Le paysage de la région métropolitaine de recensement



Les caractéristiques du paysage ont toujours été parmi les principaux facteurs déterminants de l'emplacement et du développement de villages, de municipalités et de villes. Bon nombre des premiers établissements ont été aménagés sur des plaines fertiles où les habitants bénéficiaient des terres arables pour la culture et des forêts pour la chasse et le piégeage. De plus, les voies d'eau facilitaient le transport et le terrain surélevé offrait un point d'observation à des fins de défense : par exemple, Winnipeg, qui prospère grâce à la confluence des routes du commerce, ou Québec, ville surplombant le fleuve Saint-Laurent.

Les caractéristiques environnementales telles que la couverture terrestre contribuent au paysage et ont des répercussions fondamentales sur la disponibilité du capital naturel et la production de biens et services écosystémiques. À titre d'exemple, les terres humides offrent une protection contre les inondations, un habitat faunique et une capacité d'emmagasinement de l'eau, tandis que les forêts, les parcs dans les villes et les espaces verts peuvent améliorer la qualité de l'air, modérer les températures et fournir des avantages sur le plan social et de la santé tels que des possibilités de s'instruire ou des possibilités récréatives.

Cependant, à mesure que la couverture terrestre change, l'ensemble des biens et services écosystémiques offerts par l'environnement naturel change également. La transformation de couvertures plus naturelles en paysages bâtis, lesquels se caractérisent par un pourcentage élevé de surfaces imperméables, dont les chaussées, les parcs de stationnement et les toits, augmente l'écoulement des eaux pluviales, crée des îlots de chaleur urbains et réduit le nombre et la diversité des animaux et des plantes indigènesNote 1.

Même si la zone bâtie du Canada représentait seulement 0,1 % de la superficie totale du pays en 2011Note 2, l'expansion urbaine a entraîné la perte de terres agricoles de premier choix parce que de nombreuses collectivités partout au Canada s'étaient installées à l'origine sur des terres agricoles fertilesNote 3. L'expansion et l'intensification de la zone bâtie ont aussi entraîné la perte d'espaces verts et de couvertures terrestres naturelles. Ces changements sont habituellement permanents : une fois que les terres agricoles ou naturelles sont utilisées à des fins urbaines, il est peu probable qu'elles reviennent à un état naturelNote 4.

Cette section fournit des informations sur certains facteurs pouvant influencer l'utilisation des terres dans les villes, ainsi qu'un résumé de l'état de la couverture terrestre et de l'utilisation des terres pour les RMR de l'ensemble du Canada, et les changements qui se sont produits entre 1971 et 2011.

Utilisation des terres dans les villes

L'utilisation des terres dans les villes a de nombreuses répercussions sur l'économie, la santé, la société et l'environnement. À l'époque de la révolution industrielle, les villes étaient compactes, propices à la marche et regroupées autour des carrefours portuaires et ferroviaires. Toutefois, l'adoption de la voiture comme moyen de transport principal ainsi que divers facteurs politiques, sociaux et culturels ont suscité le développement de secteurs à faible densité situés en périphérie des villes — un phénomène souvent appelé « étalement urbain ». Ce type d'agglomération dispersée est devenu le modèle prédominant pour la croissance des villes partout en Amérique du NordNote 5.

Plus récemment, les grandes régions métropolitaines ont développé des structures polycentriques qui se caractérisent par des quartiers d'affaires suburbains, aussi appelés des « pseudopoles »Note 6. Les milieux de travail sont devenus plus décentralisés; au cours des dernières années, la croissance de l'emploi au Canada s'est produite plus rapidement dans les municipalités périphériques que dans les municipalités centralesNote 7.

L'utilisation des terres peut avoir un effet sur la disponibilité, la diversité et la valeur des habitations, des immeubles à vocation commerciale et des sites industriels. Les différences observées au chapitre de l'activité physiqueNote 8, de la perception et de la présence de comportements problématiques (p. ex. le vandalisme, l'abandon d'ordures, le bruit, le vagabondage, l'ivresse et la prostitution)Note 9 de même que l'efficacité des rapports sociauxNote 10 sont toutes attribuables, du moins en partie, aux modèles d'utilisation des terres dans les villes, à savoir si les personnes vivent en milieu urbain ou suburbain, central ou périphérique, ou à forte ou à faible densité.

L'utilisation des terres a aussi un effet sur les transports, notamment la durée des déplacements et les moyens de transport. Par exemple, dans les régions métropolitaines de recensement (RMR) de Toronto, de Montréal et de Vancouver, les résidents des municipalités centrales sont plus susceptibles d'utiliser le transport en commun, alors que les résidents des municipalités voisines sont plus susceptibles de prendre leur véhicule personnel. Parallèlement, les travailleurs résidents des RMR qui vivent dans de nouveaux logements ont, en général, un plus long trajet à parcourir pour se rendre au travail comparativement à ceux qui vivent dans de plus vieux logementsNote 11. Ces tendances ont une incidence sur l'environnement — les véhicules automobiles utilisés par les ménages produisent plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre par les ménages, ce qui représente un dixième du total des émissions de gaz à effet de serre au CanadaNote 12.

Bien que l'expansion urbaine se soit surtout faite en périphérie des villes, où les densités de population sont plus faibles, des efforts ont été consacrés à la densification dans certains casNote 13. Des projets d'aménagement mixte de plus forte densité sont un aspect clé de la « croissance intelligente », soit un ensemble de pratiques d'utilisation des terres et d'expansion recommandées par de nombreux planificateurs de l'utilisation des terres, et autres, pouvant être mises en œuvre dans les régions urbaines, suburbaines et ruralesNote 14. Des formes d'aménagement plus compactes peuvent favoriser la création de quartiers propices à la marche et au transport en commun, tout en diminuant les pressions pour convertir les terres agricoles et naturelles en périphérie des villes ainsi que le besoin de nouvelles routes, infrastructures et d'équipements collectifsNote 15.

De nos jours, la densification peut être observée dans les nouveaux immeubles de condominiums qui parsèment les grandes villes et les ensembles de maisons en rangée qui remplacent les maisons unifamiliales. L'ajout de duplex, de logements accessoires et d'autres aménagements intercalaires peut accroître la densité des quartiers existants tout en réduisant au minimum le nombre de changements apportés au caractère des quartiers. Toutefois, ces changements peuvent aussi être controversés en raison de préoccupations à l'égard de l'augmentation du nombre de personnes et de leur incidence sur la circulation, le stationnement, les parcs et autres infrastructures des collectivités, ainsi qu'en raison de la taille et de la densité croissantes des immeubles et des effets sur la vie privée, les panoramas, l'ombrage, le couvert arborescent, le patrimoine de la ville et la perte de logements locatifs abordablesNote 16.

L'expansion et l'intensification peuvent se produire en même temps, cette première se faisant vers l'extérieur en périphérie et cette dernière, vers le haut et sous forme d'aménagement intercalaire dans les centres-villes. On peut en trouver des exemples dans certaines RMR de la grande région du Golden Horseshoe près de Toronto. De plus, la densité des nouveaux aménagements résidentiels dans les régions périphériques peut être faible — se caractérisant par une maison individuelle non attenante et de grands lots — ou forte, comptant une plus grande proportion d'appartements ou de maisons en rangée.

Les facteurs influant l'utilisation des terres dans les villes

L'utilisation des terres elle-même peut être conditionnée par divers facteurs tels que la croissance démographique, le coût et la durée des déplacements quotidiens, la valeur des terres à des fins d'habitation, la planification de l'utilisation des terres et les règles de zonageNote 17. Les facteurs relatifs au paysage naturel tels que l'emplacement des montagnes ou de l'eau agissent également sur la disponibilité des terres et la forme du développement urbainNote 18.

En 2011, 69 % de la population du Canada (23,1 millions de personnes) habitaient dans des RMR, en hausse de 74 % comparativement à 13,3 millions en 1971 (tableau A.4)Note 19. Les villes les plus populeuses du Canada, soit Toronto, Vancouver et Montréal, ont connu les croissances démographiques les plus prononcées entre 1971 et 2011, suivies de Calgary et d'Edmonton (graphique 2.1). Toutefois, la croissance la plus rapide a été constatée à Abbotsford–Mission (+309 %), à Barrie (+298 %) et à Kelowna (+258 %) (graphique 2.2). La population a augmenté dans toutes les RMR, sauf dans le Grand Sudbury.

L'accès au transport en commun et la durée des déplacements quotidiens ont une incidence sur les régions où les personnes choisissent d'habiter, puisque les déplacements entre la maison et le lieu de travail exigent temps et argent, et ont un effet sur la qualité de vie. Le temps consacré à faire la navette et la congestion routière sont souvent des irritants, ce qui peut réduire le taux de satisfaction des personnes quant à leurs déplacements. Dans les moyennes et grandes RMR, les automobilistes dont les trajets étaient plus longs étaient les moins satisfaits de leur temps de déplacementNote 20.

En 2011, les navetteurs ayant les temps de déplacement moyens les plus longs au Canada, soit environ 30 minutes, vivaient à Toronto, à Oshawa et à Montréal (tableau 2.1). Les navetteurs dont le temps de déplacement était supérieur à 45 minutes étaient les plus susceptibles de vivre à Oshawa, à Toronto et à BarrieNote 21. Selon une étude récente menée auprès des résidents du Grand Toronto, si les résidents se voyaient offrir le choix de vivre dans des quartiers disposés au transport en commun et propices à la marche avec un temps déplacement plus court ou de vivre dans des maisons individuelles non attenantes ayant de grandes cours, mais qui exigent une voiture pour se rendre à la plupart des destinations, la plupart d'entre eux ont indiqué qu'ils privilégieraient la première option, mais qu'ils étaient limités par le prix des logementsNote 22.

Le coût des terrains peut aussi agir sur la croissance des villesNote 23. De plus en plus, dans des villes comme Toronto et Vancouver, les acheteurs d'une première propriété et d'autres personnes souhaitant acheter une maison individuelle non attenante doivent déménager dans les banlieues plus éloignées ou les villes avoisinantes, comme Barrie ou Abbotsford, en raison du coût élevé des logements (graphique 2.3)Note 24. D'autres personnes choisissent d'acheter des maisons en rangée ou des condominiums au centre-ville, lesquels logements ont tendance à être moins chers que les maisons individuelles non attenantes, mais qui sont souvent plus petits et disposent d'un moins grand espace extérieur.

Bon nombre de villes et de régions ont élaboré des plans d'utilisation des terres et de croissance qui offrent des lignes directrices sur le lieu et le type d'aménagement qui seraient nécessaires afin de tenir compte des croissances démographiques prévuesNote 25. Certaines de ces politiques favorisent une densité accrue dans les régions qui sont déjà bâties en imposant des frontières de confinement ou en utilisant d'autres outils pour restreindre l'expansion urbaineNote 26.

Utilisation des terres dans les régions métropolitaines de recensement et autour de celles-ci, de 1971 à 2011

Les villes dans l'ensemble du Canada se distinguent par leur taille, leur forme, leur densité et leur couverture terrestre. Dans cette section, nous comparerons l'espace couvert par la zone bâtieNote 27, les terres arablesNote 28 et les terres naturelles et semi-naturellesNote 29 afin de mieux comprendre l'utilisation des terres et la conversion des terres agricoles et naturelles dans les RMR et autour de celles-ci de 1971 à 2011. La section présente également des mesures servant à qualifier la forme des villes.

Changement de la zone bâtie

Une zone bâtie comprend des immeubles, des routes, des stationnements, des parcs et des jardins. Il s'agit de l'endroit où habitent et travaillent la plupart des Canadiens, notamment des zones résidentielles, commerciales, institutionnelles et industrielles. Dans l'ensemble, la zone bâtie totale des RMR du pays, y compris les routes et les zones habitées, couvrait 14 546 kilomètres carrés (km2) en 2011, en hausse de 157 % par rapport à 1971, alors qu'elle couvrait 5 651 km2 (figure 2.1, tableau 2.2 et tableau A.1).

En 2011, la RMR de Toronto avait la plus grande zone bâtie du pays, comptant 2 184 km2 de routes et de zones habitées (graphique 2.4). Les autres grandes RMR comprenaient Montréal, qui se situait au deuxième rang avec une zone bâtie de 1 571 km2, suivie d'Edmonton, avec 1 094 km2, de Vancouver, avec 995 km2, de Calgary, avec 700 km2 et d'Ottawa–Gatineau (Ontario),Note 30 avec 635 km2.

Ces régions métropolitaines ont connu d'importantes augmentations de leur zone bâtie de 1971 à 2011. Les augmentations les plus prononcées de la zone bâtie ont été observées à Toronto (+1 189 km2), à Montréal (+816 km2), à Edmonton (+752 km2), à Vancouver (+503 km2), à Calgary (+427 km2) et à Ottawa–Gatineau (Ontario) (+417 km2). Parmi ces RMR, Edmonton (+220 %) et Ottawa–Gatineau (Ontario) (+191 %) ont affiché les taux de croissance les plus élevés.

Au cours de cette même période, des RMR moyennes et plus petites ont aussi connu une croissance considérable au chapitre de la zone bâtie, par exemple, Halifax (+319 km2), Québec (+292 km2), Ottawa–Gatineau (Québec) (+261 km2) et London (+247 km2). Ottawa–Gatineau (Québec) a affiché le taux de croissance le plus élevé, sa zone bâtie ayant augmenté de 391 % entre 1971 et 2011.

Depuis 1971, dix nouvelles RMR — des villes qui ne répondaient pas aux critères pour être considérées comme des RMR en 1971 — ont également connu une importante croissance au chapitre de la zone bâtie, quoique cette croissance soit probablement surestimée, puisqu'une source de données clés pour 1971 ne visait que les RMR qui existaient à cette époqueNote 31. La zone bâtie de Kelowna a augmenté de 172 km2, celle de Kingston, de 165 km2, et celle de Sherbrooke, de 160 km2. La croissance la plus rapide a été constatée à Kelowna (+1 402 %) et à Abbotsford–Mission (+669 %).

Intensité de l'utilisation des terres

La qualification du type de croissance des villes — qu'elle soit compacte ou étalée — est souvent établie en fonction de mesures de la densité, telles que la densité de la population, la densité de logements ou la densité de l'emploiNote 32. Ces mesures peuvent servir d'indicateurs de l'intensité de l'utilisation des terres.

En 2011, les villes où la densité de la population était la plus élevée étaient Toronto (3 368 personnes par kilomètre carré), Montréal (3 356 personnes/km2), Vancouver (3 100 personnes/km2) et Calgary (2 685 personnes/km2), ce qui indique que ces RMR avaient des formes d'aménagement plus compactes comparativement à d'autres grandes RMR comme Ottawa–Gatineau (Ontario) (1 952 personnes/km2) et Edmonton (1 665 personnes/km2) (graphique 2.5).

Parmi les RMR moyennes et plus petites, les villes où la densité de la population était la plus élevée en 2011 étaient Winnipeg (2 346 personnes/km2), Hamilton (2 320 personnes/km2) et Kitchener–Cambridge–Waterloo (2 273 personnes/km2). Guelph (1 683 personnes/km2), Abbotsford–Mission (1 652 personnes/km2) et Barrie (1 645 personnes/km2) étaient les nouvelles RMR avec la plus grande densité de population.

Une comparaison semblable de la densité de logements montre que Montréal (1 490 logements/km2) affichait la plus forte densité de logement, suivie de Vancouver (1 273 logements/km2) et de Toronto (1 255 logements/km2) (graphique 2.6). Québec (1 038 logements/km2) affichait la plus forte densité de logements parmi les RMR moyennes, suivie de Winnipeg (983 logements/km2) et de Victoria (951 logements/km2), alors que Guelph (711 logements/km2) et Sherbrooke (708 logements/km2) affichaient les plus fortes densités de logements parmi les nouvelles RMR.

Entre 1971 et 2011, la densité moyenne de la population des RMR est descendue d'environ 3 460 personnes/km2 à près de 2 250 personnes/km2, quoiqu'elle ait augmenté entre 2001 et 2011Note 33 La densité de logements a également diminué dans les RMR, mais dans une moindre mesure, passant d'environ 1 020 logements/km2 en 1971 à 930 logements/km2 en 2011. La baisse de la taille moyenne des ménages est l'un des facteurs pouvant avoir contribué à ces tendances. Entre 1971 et 2011, la taille moyenne des ménages au Canada a reculé, passant de 3,6 à 2,3Note 34. Le nombre de ménages d'une personne a augmenté pour passer de 13 % à 28 %, tandis que le nombre de ménages comptant quatre personnes ou plus est tombé de 44 % à 23 %Note 35.

Entre 2001 et 2011, les villes où la densité de la population a augmenté le plus sont Toronto (+411 personnes/km2 ou +14 %), Vancouver (+327 personnes/km2 ou +12 %), Calgary (+290 personnes/km2 ou +12 %), Barrie (+258 personnes/km2 ou +19 %), Oshawa (+237 personnes/km2 ou +13 %) et Edmonton (+226 personnes/km2 ou +16 %). Ces RMR nécessitaient une nouvelle zone habitée moins grande pour accueillir chaque personne supplémentaire y habitant, ce qui indique l'efficacité relative de l'utilisation des terres (graphique 2.7).

Les villes où la densité de logements a le plus augmenté au cours de la même période étaient Toronto (+200 logements/km2 ou +19 %), Vancouver (+176 logements/km2 ou +16 %), Calgary (+151 logements/km2 ou +16 %), Barrie (+121 logements/km2 ou +23 %), Edmonton (+121 logements/km2 ou +21 %), Oshawa (+120 logements/km2 ou +18 %) et Victoria (120 logements/km2 ou +14 %).

Bien que, dans l'ensemble, un plus grand nombre de personnes aient habité dans des RMR en 2011 comparativement à 2001, la densité de la population a baissé ou est demeurée stable dans 12 RMR, Ottawa–Gatineau (Québec) (-9 %), Saguenay (-9 %), Sherbrooke (-8 %) et Québec (-5 %) ayant affiché les diminutions les plus prononcées. La densité de logements a baissé ou est demeurée stable dans six RMR.

Le changement dans la taille moyenne des logements constitue un autre facteur pouvant agir sur la variation de la densité de la population et des logements. Plus de la moitié des logements construits depuis 2001 mesurent plus de 1 500 pieds carrés comparativement à un quart des logements construits avant 1978. Par ailleurs, 13 % des logements construits depuis 2001 mesurent plus de 2 500 pieds carrés comparativement à 5 % des logements construits avant 1978Note 36. Cette tendance donne à penser qu'un moins grand nombre de personnes vivent dans plus d'espace, quoique la superficie des terres utilisée dépende aussi de la taille du lot.

La comparaison des types de logements constitue un autre moyen d'examiner la question de densitéNote 37. Les régions ayant une forte proportion de maisons individuelles non attenantes peuvent être considérées comme étant à plus faible densité, alors que les régions ayant une forte proportion d'immeubles d'appartements et à logements multiples, tels que les maisons en rangée, peuvent être considérées comme étant à plus forte densité.

En 2011, les maisons individuelles non attenantes représentaient la plus forte proportion des logements à Barrie (71 %), à Peterborough (70 %) et à Windsor (70 %) (graphique 2.8). Elles étaient moins communes à Montréal (33 %), à Vancouver (34 %) et à Toronto (41 %). Les logements dans des immeubles d'appartements ayant cinq étages ou plus étaient très communs à Toronto (28 %), à Ottawa–Gatineau (Ontario) (18 %), à London (16 %) et à Hamilton (16 %). Les autres types de logements, notamment les maisons jumelées, les maisons en rangée et les logements dans les immeubles d'appartements bas ayant moins de cinq étages, étaient les plus communs à Montréal (59 %), à Québec (52 %), à Vancouver (51 %) et à Victoria (51 %).

Le parc d'immeubles résidentiels a changé au fil du temps. En 1971, 61 % des permis de bâtir délivrés dans l'ensemble du pays visaient des immeubles à logements multiples, mais la proportion de permis pour des logements individuels dépassait celle des permis délivrés pour des logements multiples du début des années 1980 jusqu'en 2006Note 38. Cette tendance varie grandement selon les RMR.

À Toronto, 64 % des logements ont été construits entre 1971 et 2011 (tableau 2.3). De ces logements, 30 % se trouvaient dans des tours d'habitation ayant cinq étages ou plus, comparativement à 22 % des logements construits avant 1971. À Montréal, 54 % des logements ont été construits depuis 1971 et, de ces logements, 40 % étaient des maisons individuelles non attenantes, comparativement à seulement 24 % des logements construits au cours des décennies antérieures. En comparaison, 73 % des logements à Vancouver ont été construits entre 1971 et 2011, et les nouveaux logements construits se trouvaient de plus en plus dans des constructions en hauteur, soit 26 % des logements construits entre 2001 et 2011 comparativement à 13 % des logements construits entre 1971 et 2001 et 9 % des logements construits avant 1971Note 39.

L'examen des moyennes et petites RMR permet de constater qu'un peu moins de la moitié des logements de Winnipeg ont été construits entre 1971 et 2011, dont 59 % étaient des maisons individuelles non attenantes, comparativement à 67 % des logements construits avant 1971. Par ailleurs, à Hamilton, 52 % des logements ont été construits depuis 1971, les autres logements, particulièrement les maisons en rangée, représentant la plus grande proportion du nouveau parc de logements.

À Abbotsford–Mission, qui a été classée en tant que RMR pour la première fois à la suite du Recensement de 2001, 86 % des logements ont été construits depuis 1971, et la proportion de maisons individuelles non attenantes construites a diminué, passant de trois quarts des logements construits avant 1971 à moins de la moitié des nouvelles constructions. À Barrie, qui est devenue une RMR à la suite du Recensement de 2006, 80 % des logements ont été construits depuis 1971, et les maisons individuelles non attenantes demeurent le type de logement le plus populaire, représentant 71 % de l'ensemble des logements.

Changement de l'utilisation des terres arables

Les terres arables sont une infrastructure écologique essentielle et font partie du capital naturel qui permet la production d'aliments et d'autres produits agricoles, tout en offrant d'autres biens et services écosystémiques, dont la séquestration du carbone et des avantages récréatifs et esthétiques. Voir l'encadré 2.1 : Pourquoi utiliser la géographie des régions métropolitaines de recensement-écosystèmes (RMR-E)? pour obtenir plus de renseignements sur l'unité géographique utilisée dans les sections qui suivent.

Début de l'Encadré 2.1

Encadré 2.1 Pourquoi utiliser la géographie des régions métropolitaines de recensement-écosystèmes (RMR-E)?

Tous les cinq ans, le Recensement de l'agriculture recueille de l'information sur l'agriculture au Canada, notamment la superficie pour chaque culture et utilisation des terres, le nombre de chaque type de bétail; les pratiques de gestion des terres; les dépenses agricoles et autres sujets.

Toutefois, les données du Recensement de l'agriculture ne sont pas compilées par région métropolitaine de recensement (RMR). Dans le présent rapport, nous utilisons les données sur les terres en culture, les terres en jachère de même que les pâturages cultivés ou ensemencés tirées du produit Données interpolées du Recensement de l'agriculture. Ce dernier réaffecte les superficies agricoles aux polygones des pédo-paysages du Canada (PPC). Ces régions de terres arables ont été regroupées pour former la géographie des RMR-E. C'est la raison pour laquelle les données pour les terres arables et les terres naturelles et semi-naturelles, ces dernières étant calculées en tant que données résiduelles, ne sont disponibles que par RMR-E.

Les RMR-E, qui comprennent les polygones des PPC dans la RMR et dans les régions environnantes, sont une géographie utile pour présenter des données agrégées sur les actifs de terres arables et naturelles des régions métropolitaines. Les polygones des PPC représentent le niveau le plus précis des régions géographiques environnementales pour lequel les données du recensement sont diffusées. Ils sont en outre un des éléments fondamentaux qui définissent les écosystèmes, puisqu'ils délimitent les principales caractéristiques naturelles permanentes des sols et des terres.

Cependant, ces données sur les terres arables et les terres naturelles et semi-naturelles n'ont pas l'exactitude spatiale nécessaire pour être cartographiées de façon pratique à cette échelle. Pour calculer les données présentées sur la croissance des zones habitées sur des terres arables ou des terres naturelles et semi-naturelles, nous avons superposé la croissance des zones habitées de 1971 à 2011 à la couche de base de l'Inventaire des terres du Canada : utilisation des sols (ITC : US).

La taille, la forme et la topographie des RMR et des RMR-E varient. Les RMR-E ne sont pas mutuellement exclusives sur le plan géographique : elles se chevauchent lorsqu'un polygone des PPC franchit les limites de plus d'une RMR, comme c'est le cas à Vancouver et à Abbotsford–Mission, ou à Toronto et dans les RMR environnantes, dont Hamilton, Oshawa, Kitchener–Cambridge–Waterloo, Guelph, Brantford et Barrie. Pour cette raison, il ne faut pas agréger les données sur l'utilisation des terres ou les données démographiques relatives aux RMR-E afin de produire un total, et il faut faire preuve de prudence au moment de comparer les données. Pour de plus amples renseignements, voir les cartes des RMR-E à la section 3 et à l'appendice B.

Veuillez noter que les données du Recensement de l'agriculture sont liées à l'emplacement principal de l'exploitation agricole, qui pourrait différer de celui des terres agricoles.

Fin de l'Encadré 2.1

Les RMR-E qui avaient une grande superficie de terres arables étaient situées principalement dans les Prairies et dans le sud de l'Ontario et du Québec (tableau A.1). Dans ces régions, il était aussi probable qu'une forte proportion de la superficie totale des terres des RMR-E soit constituée de terres arables (graphique 2.9). Par exemple, une superficie de 11 633 km2 de terres arables a été cultivée à Regina en 2011, ce qui représente 73 % de sa superficie totale des terres.

Entre 1971 et 2011, la superficie des terres arables a diminué le plus dans les RMR-E de Toronto (-1 063 km2), de Regina (-975 km2), de Saskatoon (-909 km2), de Winnipeg (-615 km2), d'Ottawa–Gatineau (Ontario) (-584 km2) et d'Edmonton (-564 km2). Toutefois, les plus forts taux de variation ont été observés à Kelowna (-52 %), dans le Grand Sudbury (-30 %), à Moncton (-29 %) et à Ottawa–Gatineau (Québec) (-27 %).

La superficie des terres arables a augmenté dans cinq RMR; les augmentations les plus prononcées ont été observées à London (+192 km2 ou +3 %) et à Calgary (+85 km2 ou +1 %). Une augmentation des terres arables suppose une réduction du nombre de terres naturelles et semi-naturelles. Cela pourrait comprendre la mise en production de pâturages naturels ou de terres agricoles en état d'inculture ou la conversion à partir d'autres couvertures terrestres naturelles.

La croissance des zones habitées entre 1971 et 2011 s'est produite selon des proportions semblables sur des terres arables et sur des terres naturelles et semi-naturelles (tableau A.2)Note 40. Les RMR-E affichant les augmentations les plus prononcées étant survenues dans les zones habitées sur des terres arables comprennent celles faisant partie du Golden Horseshoe — par exemple, la RMR-E de Toronto (+961 km2) — ainsi que Montréal (+448 km2), Edmonton (+402 km2), Ottawa–Gatineau (Ontario) (+295 km2), London (+256 km2) et Calgary (+214 km2).

Les RMR-E ayant la plus forte proportion d'expansion des zones habitées se produisant sur des terres arables étaient situées principalement dans le sud de l'Ontario et les Prairies. La plus grande partie de la croissance des zones habitées à Windsor (85 % ou +134 km2), à London (73 % ou +256 km2), à Hamilton (72 % ou +487 km2), à Edmonton (70 % ou +402 km2) et à Saskatoon (69 % ou +108 km2) s'est produite sur des terres qui, en 1971, avaient été classées en tant que terres arables.

Perte des terres agricoles, selon la classification du potentiel des terres

D'autres terres appropriées pour l'agriculture peuvent également être perdues au profit de l'expansion urbaine, par exemple, les terres naturelles pour le pâturage, les terres boisées et autres terres agricoles ainsi que les terres qui ne sont pas activement exploitées, comme les champs abandonnés. Les terres au Canada ont été classées selon le potentiel des terres pouvant servir à la culture arable et à la culture fourragère. Les terres ayant peu de déficiences au chapitre du sol ou du climat pour la production agricole continue — appelées terres agricoles cultivables (classes 1 à 3) — sont situées en grande partie dans les Prairies et le sud de l'Ontario et du QuébecNote 41.

Les terres aménagées entre 1971 et 2011 dans de nombreuses RMR-E du sud de l'Ontario, particulièrement les régions environnantes de Toronto, se trouvaient majoritairement sur ces terres agricoles de premier choix (tableau A.3)Note 42. À Toronto, London, St. Catharines–Niagara et Windsor, 85 % des terres converties en zones habitées de 1971 à 2011 étaient des terres agricoles cultivables. Cette perte représentait 9 % des stocks de terres agricoles cultivables situées dans ces RMR-E. En comparaison, moins de terres agricoles cultivables ont été perdues près de Vancouver et de Victoria, mais cela représentait 26 % des stocks de terres agricoles de classe 1 à 3 dans ces RMR-E.

Changement de la couverture terrestre naturelle et semi-naturelle

Les terres naturelles et semi-naturelles comprennent des actifs écosystémiques écologiques et économiques importants tels que les forêts, les prairies, les terres arbustives, les terres stériles, les terres humides et l'eauNote 43. Ces régions produisent un grand nombre de biens et services écosystémiques essentiels qui profitent à la société. Les biens écosystémiques provenant d'espaces naturels comprennent le bois, les poissons, les champignons, les baies et les plantes, alors que les services écosystémiques comprennent la séquestration du carbone, la protection contre les inondations, l'air pur et l'eau propre, les loisirs et autres services culturels. Sur le plan écologique, les terres naturelles peuvent aussi offrir un large éventail d'habitats propices à la biodiversité. Pour de plus amples renseignements sur la façon dont les Canadiens profitent de la nature, voir l'encadré 2.2 Accès à la nature.

Début de l'Encadré 2.2

Encadré 2.2 Accès à la nature

L'accès à la nature joue un rôle au chapitre du bien-être généralNote 44. Selon les études, les espaces verts, qui comprennent les parcs publics, les arbres, les arbustes et la végétation, offrent des possibilités d'interaction sociale chez les voisins ainsi qu'un sentiment général d'appartenance à la collectivitéNote 45. L'aménagement urbain qui comprend un espace vert peut favoriser l'activité physiqueNote 46. Les espaces verts sont également liés aux bienfaits pour la santéNote 47, notamment les bienfaits pour la santé mentaleNote 48 et les effets de restaurationNote 49, ainsi qu'aux effets positifs sur le fonctionnement cognitifNote 50 et la résilienceNote 51 des enfants.

Selon l'Enquête sur les ménages et l'environnement de 2013, 85 % des ménages ont déclaré qu'il y avait des parcs ou des espaces verts près de leur maison, et 72 % ont déclaré avoir participé à des activités de plein air à proximité de leur résidence (tableau 2.4). Dans l'ensemble, 85 % des ménages avaient des arbres, des buissons ou des haies sur leur propriété, 57 % cultivaient des légumes, des herbes, des fruits ou des fleurs pour usage personnel et 28 % avaient effectué des achats afin de nourrir ou d'abriter des oiseaux, d'observer les oiseaux ou de faire des voyages ayant pour but l'observation d'oiseaux.

Ces pourcentages varient selon la RMR et les diverses caractéristiques socioéconomiques et des logements. Par exemple, les ménages composés de familles avec enfants étaient plus susceptibles de prendre part à des activités de plein air que les ménages composés de personnes âgées seulement. Les résidents de logements construits en 2010 ou les années suivantes étaient moins susceptibles de déclarer qu'ils habitaient près d'un parc ou d'un espace vert ou qu'ils participaient à des activités de plein air.

Les arbres dans les villes, y compris les arbres de rue, les arbres dans les parcs et sur les propriétés publiques ou privées, fournissent des avantages environnementaux et contribuent à l'embellissement des communautés. Bon nombre de villes au Canada disposent présentement de plans pour gérer leurs forêts urbainesNote 52. L'environnement naturel a un effet sur le couvert arborescent dans les villes — les villes situées dans les régions boisées sont plus susceptibles d'avoir un pourcentage plus élevé de couvert arborescent urbain que les villes entourées de prairies ou de déserts, mais il existe aussi des différences attribuables à l'utilisation locale des terresNote 53.

Quant aux moyens et grands centres de population du Canada, la superficie du couvert arborescent en zone urbaine est estimée à 4 412 km2, soit environ 27 % de la superficie totale de ces villesNote 54. Ce pourcentage varie selon les différentes régions du pays (carte 2.1).

Fin de l'Encadré 2.2

La superficie et la proportion de couverture terrestre naturelle et semi-naturelle diffèrent pour chaque RMR-E (tableau A.1 et graphique 2.10)Note 55. En général, les RMR-E ayant moins de terres agricoles avaient des proportions plus élevées de terres naturelles et semi-naturelles, alors que celles dans les provinces des Prairies et dans le sud de l'Ontario comptaient parmi celles ayant les proportions de terres naturelles les plus faibles.

En 2011, le Grand Sudbury avait la plus grande quantité de terres naturelles et semi-naturelles de toutes les RMR-E, lesquelles terres couvraient une superficie de 35 052 km2 et représentaient 98 % de sa superficie totale. D'autres RMR-E ayant de grands espaces naturels comprenaient Halifax, avec une superficie de 15 322 km2 (95 % de la superficie totale), Thunder Bay, avec une superficie de 11 710 km2 (96 % de la superficie totale), Saguenay, avec une superficie de 11 482 km2 (93 % de la superficie totale), Edmonton, avec une superficie de 8 541 km2 (43 % de la superficie totale) et Winnipeg, avec une superficie de 7 882 km2 (41 % de la superficie totale).

Les terres naturelles et semi-naturelles représentaient également un pourcentage élevé de la superficie totale des RMR-E à Kelowna (96 %), à Saint John (94 %) et à Moncton (93 %). Windsor affichait le plus faible pourcentage de l'espace naturel, soit 13 % de sa superficie des terres, suivie de London (19 %) et de Regina (23 %).

La plupart des terres naturelles et semi-naturelles des RMR-E étaient classées en tant que forêts en 2011Note 56. Les RMR-E où les forêts représentaient la plus grande part de l'espace naturel comprenaient Victoria (94 %), Ottawa–Gatineau (Québec) (85 %), Québec (82 %) et Vancouver (81 %).

Dans l'ensemble, les diminutions les plus marquées des terres naturelles et semi-naturelles entre 1971 et 2011 sont survenues à Montréal (-1 140 km2), à Toronto (-748 km2), à London (-737 km2), à Calgary (-704 km2), à Vancouver (-540 km2) et à Halifax (-471 km2). La superficie des terres naturelles a augmenté à Regina (+566 km2), à Saskatoon (+480 km2) et à Trois-Rivières (+10 km2), une augmentation attribuable à la réduction des terres arables.

Les RMR-E qui ont affiché les augmentations les plus prononcées des zones habitées situées sur des terres naturelles et semi-naturelles comprennent Montréal (+462 km2), Toronto (+448 km2), Halifax (+297 km2) et Vancouver (+296 km2) (tableau A.2)Note 57. Les RMR-E ayant la plus grande proportion d'expansion urbaine se produisant sur des terres naturelles et semi-naturelles comprennent le Grand Sudbury (87 %, +259 km2), Thunder Bay (87 %, +130 km2), Halifax (86 %, +297 km2) et St. John's (83 %, +91 km2).

La croissance des zones habitées sur des terres naturelles et semi-naturelles entre 1971 et 2011 est survenue principalement sur des terres qui étaient, en 1971, classées en tant que forêts ou terres naturelles pour le pâturage, tandis que les autres terres représentaient une faible proportion.

Les RMR-E ayant la plus grande proportion de zones habitées converties à partir de forêts comprennent Halifax (95 %), St. John's (92 %), Saint John (86 %) et Trois-Rivières (73 %). Les RMR-E ayant la plus grande proportion de zones bâties converties à partir de terres naturelles pour le pâturage comprennent Calgary (83 %), Saskatoon (73 %), Regina (67 %), St. Catharines–Niagara (63 %) et London (58 %).

Conclusion

La conversion de terres arables et de terres naturelles vers des couvertures terrestres bâties par suite de l'expansion urbaine en périphérie des villes se traduit par une perte d'infrastructure écologique. Ce capital naturel offre des biens et services écosystémiques essentiels tels que la protection contre les inondations et la protection de l'eau souterraine, l'apport d'habitats, la production d'aliments, les espaces verts et les loisirs. Bon nombre d'entre eux sont difficiles à mesurer, mais ils existent néanmoins et offrent des avantages importants.

Ce numéro de L'activité humaine et l'environnement présente un résumé de l'évolution de l'état de la couverture terrestre et de l'utilisation des terres dans les plus grandes villes canadiennes et dans les régions environnantes, et comprend des profils sur les RMR qui incluent des tableaux, des graphiques, et des cartes, ainsi que des liens pertinents (section 3) permettant aux chercheurs, aux planificateurs de l'utilisation des terres, aux étudiants et autres de visualiser l'étendue de l'expansion urbaine dans les plus grandes villes du Canada entre 1971 et 2011.



Signaler un problème sur cette page

Quelque chose ne fonctionne pas? L'information n'est plus à jour? Vous ne trouvez pas ce que vous cherchez?

S'il vous plaît contactez-nous et nous informer comment nous pouvons vous aider.

Avis de confidentialité

Date de modification :