Le paysage changeant des régions métropolitaines du Canada
Section 1 : Introduction



La nature fournit de nombreux biens et services qui soutiennent la vie et la qualité de vie. Certains, comme l'eau douce, la séquestration du carbone, le contrôle du climat et le cycle des éléments nutritifs, sont essentiels pour survivre. D'autres, comme les possibilités récréatives et les beaux paysages, peuvent accroître le plaisir et la satisfaction de même qu'améliorer la santé. Toutefois, les pressions sur les écosystèmes provenant d'activités économiques et sociales changent leur capacité à offrir ces biens et services.

Les écosystèmes sont affectés par les changements de la couverture terrestre et de l'utilisation des terres. À mesure qu'évolue l'urbanisation au Canada et ailleurs, l'intérêt porté à la mesure des changements de la couverture terrestre et de l'utilisation des terres dans les villes et dans les régions avoisinantes, particulièrement sur le plan de l'expansion urbaine et de la densification, évolue également.

L'expansion de la superficie des zones bâties entraîne la perte de couvertures terrestres agricoles et naturelles : les terres cultivées, les prairies, les forêts et les terres humides sont remplacées par des maisons, des immeubles d'appartements, des parcs industriels, des centres commerciaux, des routes et des parcs de stationnement. La densification peut mettre un frein à la pression exercée sur les terres agricoles et naturelles, mais cela présente ses propres défis, dont la perte d'espaces verts et d'autres agréments dans les lieux habités existants.

L'activité humaine et l'environnement 2015 — Le paysage changeant des régions métropolitaines du Canada présente une analyse des changements de la couverture terrestre et de l'utilisation des terres dans les plus grandes zones urbanisées du Canada. Dans le rapport, nous appliquons une méthodologie mise au point à Statistique Canada. Elle est basée sur des données satellitaires et démographiques de même que sur des statistiques agricoles et d'autres mesures. Elle permet de décrire la couverture terrestre et l'utilisation des terres dans les 33 régions métropolitaines de recensement (RMR) du Canada et dans les régions environnantes. Il s'agit d'une première analyse exhaustive de ce genre. Le rapport présente également des statistiques connexes de même que des liens vers des données pertinentes sur la société, l'économie et la santé.

Le rapport est organisé comme suit :

La section 2, Le paysage de la région métropolitaine de recensement, fournit un résumé de l'état de la couverture terrestre et de l'utilisation des terres pour les RMR de l'ensemble du Canada, de même que des changements qui se sont produits entre 1971 et 2011.

La section 3, Comptes et statistiques écosystémiques, selon la région métropolitaine de recensement, présente un profil pour chacune des 33 RMR du Canada, y compris des faits saillants, des cartes, des graphiques, des tableaux et des liens vers d'autres renseignements pertinents sur la société, l'économie et la santé.

Les appendices fournissent des tableaux détaillés sur les RMR, des renseignements sur les méthodes et sources de données ayant servi à mener ces analyses, ainsi qu'un glossaire.

Voir les encadrés 1.1 et 1.2 pour obtenir des renseignements sur les principales unités géographiques et sources de données utilisées dans le présent rapport de même qu'une explication des différences entre la couverture terrestre et l'utilisation des terres.

Le rapport permettra aux décideurs, aux chercheurs, aux planificateurs de l'utilisation des terres, aux étudiants et autres de visualiser l'étendue de l'expansion urbaine dans les plus grandes villes du Canada entre 1971 et 2011. Cela permettra à son tour de mieux comprendre l'incidence du développement urbain sur les couvertures terrestres des terres agricoles et naturelles et sur les biens et services écosystémiques.

La publication annuelle L'activité humaine et l'environnement réunit les données provenant de nombreuses sources afin de présenter un portrait statistique de l'environnement du Canada, en mettant un accent particulier sur l'activité humaine et ses relations avec les éléments naturels, à savoir l'air, l'eau, le sol, les plantes et les animaux. Chaque numéro contient des renseignements accessibles et pertinents sur un enjeu environnemental qui préoccupe les Canadiens.

Statistique Canada continuera de mettre à jour les changements de couverture terrestre et d'utilisation des terres pour toutes les RMR du Canada dans son compte d'utilisation des terres et de couverture terrestre.

Début de l'encadré 1.1

Encadré 1.1 Ce qu'il faut savoir au sujet de la présente étude

Les analyses du présent rapport font usage de deux unités géographiques principales, soit la région métropolitaine de recensement (RMR) (carte 1.1) et la région métropolitaine de recensement-écosystème (RMR-E), qui est une unité créée aux fins du présent rapport. Pour de plus amples renseignements sur les ensembles de données et les méthodes, voir l'appendice B. Sources de données et méthodes.

Qu'est-ce qu'une région métropolitaine de recensement (RMR)?

Une région métropolitaine de recensement (RMR) est formée d'une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d'un centre de population (aussi appelé le noyau). Une RMR doit avoir une population totale d'au moins 100 000 habitants et son noyau doit compter au moins 50 000 habitants. Pour être incluses dans une RMR les autres municipalités adjacentes doivent avoir un degré d'intégration élevé avec le noyau, lequel est déterminé par le pourcentage de navetteurs établi d'après les données du recensement précédent sur le lieu de travail. Une RMR restera une RMR même si sa population totale devient inférieure à 100 000 habitants ou si la population de son noyau devient inférieure à 50 000 habitantsNote 1.

Qu'est-ce qu'une région métropolitaine de recensement-écosystème (RMR-E)?

Une région métropolitaine de recensement-écosystème (RMR-E) est une unité géographique qui associe les RMR avec une géographie environnementale — les pédo-paysages du Canada (PPC)Note 2. La RMR-E combine tout polygone des PPC contenu dans les limites d'une RMR ou qui croise ces limites, ainsi que les polygones des PPC qui se trouvent entièrement dans les limites de cette RMR-E nouvellement formée.

Les polygones des PPC délimitent les principales caractéristiques naturelles permanentes des sols et des terres. Ces caractéristiques comprennent le type de sol, la forme de la surface, la pente, l'eau de surface et la profondeur de la nappe phréatique, fournissant ainsi des renseignements sur certaines caractéristiques de base des écosystèmes. Les polygones des PPC représentent le plus petit élément du Cadre écologique national pour le CanadaNote 3. La taille des polygones des PPC compris dans les RMR-E varie de 7 km2 à plus de 17 000 km2.

L'unité des RMR-E n'est pas destinée à délimiter les écosystèmes en tant que tels. Elle a plutôt été conçue pour faciliter l'examen des RMR selon une perspective écosystémique. Elle reconnaît que les villes, ayant des limites définies sur les plans politique et administratif, dépendent du milieu naturel pour fournir des biens et services écosystémiques, ainsi que de l'espace physique pour l'expansion urbaine. Le recours à cette unité permet l'élaboration d'un portrait plus complet des changements de l'utilisation des terres et de l'expansion urbaine autour des RMR, car l'expansion urbaine dépend souvent des actifs environnementaux, dont les terres situées hors des frontières des villes. De plus, les données du Recensement de l'agriculture utilisées dans le présent rapport sont disponibles par polygones des PPC et fournissent des renseignements sur les relations entre l'environnement et l'économieNote 4.

Les RMR-E ne sont pas mutuellement exclusives sur le plan géographique : elles se chevauchent lorsqu'un polygone des PPC franchit les limites de plus d'une RMR, comme c'est le cas à Vancouver et Abbotsford–Mission, ou à Toronto et dans les RMR environnantes, dont Hamilton, Oshawa, Kitchener–Cambridge–Waterloo, Guelph, Brantford et Barrie. Pour cette raison, il ne faut pas agréger les données sur l'utilisation des terres ou les données démographiques relatives aux RMR-E afin de produire un total, et il faut faire preuve de prudence au moment de comparer les données. Voir la représentation visuelle des limites des RMR-E sur les cartes des RMR-E à la section 3 : Comptes et statistiques écosystémiques, selon la région métropolitaine de recensement.

Principales sources de données

La présente étude combine les données tirées du Recensement de la population de 1971, de 1991, de 2001 et de 2011Note 5 de même que les données interpolées du Recensement de l'agricultureNote 6 avec les ensembles de données spatiales sur la couverture terrestre et l'utilisation des terres, afin d'analyser l'évolution des zones bâties autour des RMR.

On a utilisé l'Inventaire des terres du Canada : utilisation des sols (vers 1966) (ITC : US)Note 7, complété par le Programme de surveillance de l'utilisation des terres du Canada (PSUTC) : utilisation des terres (1971)Note 8, pour estimer la zone bâtie de 1971. La couverture du PSUTC exclut les RMR de Moncton, Trois-Rivières, Sherbrooke, Peterborough, Kingston, Barrie, Brantford, Kelowna et Abbotsford–Mission.

L'Inventaire des terres du Canada : possibilités agricoles des sols (1969)Note 9 fournit des renseignements sur le potentiel d'une région particulière pour la production agricole. Malgré l'âge de ce produit et la disponibilité de données plus récentes sur les sols pour certaines régions, les interprétations du potentiel des terres sont considérées comme étant généralement valides et continueront de servir à des fins de planification foncièreNote 10.

Les données d'imagerie par télédétection sont tirées de l'Utilisation des terres en 1990, 2000 et 2010 d'Agriculture et Agroalimentaire CanadaNote 11. Ces cartes sur l'utilisation des terres couvrent toute la superficie du Canada au sud du 60e parallèle Nord à une résolution spatiale de 30 mètres, et elles ont été élaborées pour répondre aux exigences en matière de rapports internationaux, notamment pour le Rapport d'inventaire national à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, le Programme agro-environnemental de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le système FAOSTAT de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Chaque ensemble de données est assujetti à des limites. En particulier, l'exactitude de la classification de la couverture terrestre à l'aide d'ensembles de données spatiales dépend de la résolution des données et des dates de l'imagerie. Elle est en outre limitée par la similarité de certaines couvertures terrestres lorsqu'elles sont vues du dessus et par la couverture nuageuse et le couvert arborescent, lesquels peuvent cacher les caractéristiques sous-jacentes du paysage.

Dans le présent rapport, nous utilisons une méthodologie uniforme pour comparer les tendances de développement urbain dans l'ensemble du pays, ce qui nous permet de faire une comparaison entre les villes. Toutefois, il est reconnu que cette analyse de large portée ne permet pas de saisir les moindres détails requis pour mesurer les effets sur l'environnement du développement des villes.

Pour de plus amples renseignements sur les sources et les méthodes utilisées, voir l'appendice B.

Fin de l'encadré 1.1

Début de l'encadré 1.2

Encadré 1.2 Couverture terrestre et utilisation des terres

Les terres constituent une catégorie distincte de capital naturel. Cet actif environnemental est à l'origine des services écosystémiques et des activités économiques, et fournit l'espace nécessaire à leur réalisation. Au moment de mesurer la portée, la condition ou la qualité de cet actif, il est utile de faire la distinction entre deux caractéristiques des terres, soit la couverture terrestre et l'utilisation des terres.

La couverture terrestre renvoie à la surface physique et biologique observée de la Terre et comprend les surfaces biotiques (les matières vivantes, comme la végétation) et abiotiques (les matières non vivantes, comme les pierres). Les zones bâties sont produites par les êtres humains et comprennent des éléments abiotiques et biotiques, par exemple des surfaces imperméables comme des routes et des bâtiments, ainsi que des jardins, des cours, des parcs et des terrains de jeu. La couverture terrestre peut être établie par une évaluation sur le terrain et au moyen de la photographie aérienne et de l'imagerie satellitaire.

L'utilisation des terres, par contre, décrit les fonctions économiques et sociales des terres nécessaires pour répondre aux besoins des êtres humains, y compris des activités et des arrangements institutionnels visant à assurer le maintien ou le rétablissement des habitats naturels. Les classes types d'utilisation des terres comprennent l'agriculture, les zones habitées et les zones géréesNote 12.

Les deux concepts, soit la couverture terrestre et l'utilisation des terres, sont entrecroisés, puisque certaines utilisations des terres dépendent du type de couverture terrestre, et l'utilisation des terres touche également la couverture terrestre et la modifie. Le rapport présente des données pour les deux types de classifications, par exemple, les forêts, qui reflètent la couverture terrestre, et les terres arables, qui reflètent l'utilisation des terres.

Fin de l'encadré 1.2



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