Utilisation des thermostats dans les foyers canadiens
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Gordon Dewis, Division des comptes et de la statistique de l'environnement
Les ménages canadiens consacrent une grande partie de leur revenu annuel à la consommation d'énergie pour le chauffage domestique. Cependant, la montée des prix de l'énergie et le souci de l'environnement incitent les ménages à adopter des mesures d'économie de l'énergie.
La saison de chauffage varie beaucoup au Canada, elle dure même jusqu'à 10 mois dans certaines régions. En abaissant la température ne serait-ce que de quelques degrés à certains moments de la journée, les Canadiens peuvent donc alléger la facture du chauffage domestique et réduire l'incidence qu'ils ont sur l'environnement.
Un peu plus de la moitié des ménages canadiens ayant un thermostat abaissaient la température durant les heures de sommeil. Ceux qui utilisaient un thermostat programmable étaient plus susceptibles de le faire que les autres ménages.
Ce que vous devriez savoir au sujet de la présente étude
Cette étude repose sur les données de l'Enquête sur les ménages et l'environnement (EME) de 2006. Celle-ci visait à évaluer les gestes que posent les ménages canadiens dans une grande diversité de comportements influant sur l'environnement, dont les pratiques de chauffage domestique. À partir des données de l'EME, on lie un certain nombre de variables socio-économiques et démographiques (type de logement, propriété de l'habitation, âge, scolarité, revenu, etc.) aux types d'appareils de chauffage domestique et aux habitudes de réglage de la température.
Dans l'enquête de 2006, la collecte des données a eu lieu en conjonction avec celle de l'Enquête sur la population active (EPA).
On a demandé aux répondants à quelle température ils maintenaient leur maison lorsqu'ils étaient présents, durant les heures d'éveil et de sommeil.
On s'y est intéressé aux saisons de chauffage et de climatisation, mais dans la présente étude, il est uniquement question de la période de chauffage. On laissait à l'enquêté le soin de préciser cette saison et la délimitation peut varier significativement selon les régions de résidence.
Pour obtenir les tableaux détaillés de cette étude, on prendra Statistique Canada, 2008, no 16-001-M, no 6 au catalogue, Ottawa.
Les Canadiens règlent la température à la baisse durant les heures de sommeil
Les ménages ontariens sont les plus susceptibles de disposer d'un thermostat programmable
Les ménages à revenu élevé sont les plus susceptibles d'abaisser la température
Les ménages en maison individuelle non attenante étaient les plus susceptibles d'abaisser la température
Les locataires sont moins susceptibles d'abaisser la température
Les personnes âgées sont les plus susceptibles d'abaisser la température durant les heures de sommeil
Les diplômés d'université sont les plus susceptibles d'abaisser la température
Résumé
Les Canadiens règlent la température à la baisse durant les heures de sommeil
Environ six ménages sur dix ont dit utiliser une chaudière à air pulsé comme principal appareil de chauffage. Le quart employaient des plinthes chauffantes électriques, 5 %, des radiateurs à eau chaude et le reste, d'autres appareils et installations comme les foyers et les poêles à bois, les thermopompes et autres dispositifs1.
La plupart des appareils de chauffage sont commandés par un thermostat. En 2006, 90 % des ménages canadiens pouvaient régler la température par thermostat (tableau 1). Les appartements étaient toutefois moins susceptibles d'être munis de thermostats individuels.
On a relevé certaines variations selon les provinces. En Ontario par exemple, 86 % des ménages ont déclaré disposer d'un thermostat, comparativement à 97 % de ceux de l'Île du-Prince-Édouard.
La plupart des Canadiens ont signalé que, en saison de chauffage, ils règlent la température entre 20 et 22 °C durant les heures d'occupation du logement et d'éveil. Dans l'ensemble, 53 % des ménages abaissaient la température durant les heures de sommeil, généralement entre 16 et 18 °C.
Environ sept ménages sur dix qui programmaient leur thermostat s'en servaient pour abaisser la température durant les heures de sommeil. Seulement 46 % des ménages ayant un thermostat non programmé ou non programmable faisaient de même.
Les ménages ontariens sont les plus susceptibles de disposer d'un thermostat programmable
Au Canada, quatre ménages sur dix ayant un thermostat pouvaient le programmer et la majorité de ces ménages (83 %) le faisaient.
Les ménages ontariens étaient les plus susceptibles de disposer d'un thermostat programmable et la moitié des ménages qui possédaient un thermostat ont déclaré que celui-ci était programmable. Suivaient les provinces de l'Ouest, à savoir l'Alberta (41 %), le Manitoba (38 %), la Saskatchewan (36 %) et la Colombie-Britannique (36 %).
Le tiers des ménages utilisateurs d'un thermostat au Québec ont dit que celui-ci était programmable. Les thermostats programmables étaient moins répandus dans les provinces de l'Atlantique, où environ un ménage sur cinq a déclaré en avoir un.
La proportion de ménages programmant leur thermostat pour abaisser la température durant les heures de sommeil variait selon les provinces. La Saskatchewan et l'Alberta arrivaient premières avec des proportions respectives de 78 % et 75 %. L'Ontario et le Manitoba avaient les proportions les plus faibles (63 % et 64 % respectivement).
Les thermostats programmables peuvent réduire la consommation d'énergie
Grâce aux thermostats programmables, il est possible de régler la température selon les besoins à différents moments de la journée. Certains de ces dispositifs permettent des réglages différents la semaine et le week-end et certains offrent la possibilité de varier les horaires de réglage selon que le logement est chauffé ou climatisé.
Dans des recherches menées en 2003 au Centre canadien des technologies résidentielles, on a analysé l'incidence des réglages par thermostat sur la consommation de gaz et d'électricité1 dans le cas d'une chaudière au gaz d'un rendement moyen tant en saison de chauffage qu'en saison de climatisation2. Si la température de jour est de 22 °C l'hiver (valeur de référence), un réglage à 18 °C la nuit représente une économie de 6,5 % en gaz naturel et de 0,8 % en électricité. Si on règle à 16 °C la nuit et durant les heures du jour où le logement est inoccupé, la consommation de gaz et d'électricité diminue respectivement de 13 % et de 2,3 %3.
Certains appareils de chauffage se prêtent mieux que d'autres à la commande par thermostat programmable. Les ménages qui employaient une chaudière au gaz naturel à air pulsé comme principal appareil de chauffage étaient les plus susceptibles d'avoir un thermostat programmable (52 %), contrairement à ceux qui employaient un radiateur à eau chaude (22 %).
À ceux qui peuvent les employer, les thermostats programmables donnent la possibilité d'économiser de l'énergie et de l'argent par une utilisation moindre des appareils de chauffage et de climatisation en période d'inoccupation ou la nuit.
1. Il s'agit de l'électricité consommée par les ventilateurs et les moteurs de chaudière.
2. M. Manning et al., 2005, The Effects of Thermostat Setting on Seasonal Energy Consumption at the CCHT Research Facility, Centre canadien des technologies, http://irc.nrc-cnrc.gc.ca/pubs/rr/rr191/index.php?lang=f (site consulté le 7 juillet, 2008).
3. Société canadienne d'hypothèques et de logement, 2005, « Incidence de la température de consigne des thermostats sur la consommation d'énergie », Le point en recherche, Série technique 05-100, nº 63817 au catalogue.
Les ménages à revenu élevé sont les plus susceptibles d'abaisser la température
Parmi les ménages qui possédaient un thermostat, les probabilités d'abaisser la température en période de sommeil augmentaient avec le revenu annuel total du ménage. Les ménages au revenu annuel le plus bas étaient les moins susceptibles de le faire : un peu moins de la moitié des ménages gagnant 30 000 $ ou moins ont déclaré une telle habitude. La proportion montait à 57 % parmi les ménages gagnant de 50 001 $ à 75 000 $ par année et à 63 % parmi ceux dont le revenu était de plus de 100 000 $.
La propriété et l'utilisation d'un thermostat programmable étaient aussi en hausse à mesure que s'élevait le revenu annuel total du ménage. Environ un ménage sur quatre dans la catégorie de revenu la plus basse disposait d'un thermostat programmable et trois de ces thermostats sur quatre étaient effectivement programmés. Presque six des thermostats programmés sur dix servaient à abaisser la température.
Parmi les ménages dont le revenu variait entre 50 001 $ et 75 000 $, 42 % avaient un thermostat programmable. Les trois quarts des thermostats programmés servaient à réduire la température durant les heures de sommeil. Les ménages dont le revenu était de plus de 100 000 $ étaient plus susceptibles de disposer de thermostats programmables (60 %); 90 % de ces thermostats étaient effectivement programmés et 80 % d'entre eux servaient à abaisser la température.
Les ménages en maison individuelle non attenante étaient les plus susceptibles d'abaisser la température
Les ménages en maison individuelle non attenante étaient les plus susceptibles de réduire la température manuellement ou automatiquement (graphique 1).
Graphique 1
Les ménages occupant des maisons individuelles non attenantes étaient hautement susceptibles d'abaisser la température aux heures de sommeil
Presque la moitié (46 %) des ménages occupant de telles maisons avaient un thermostat programmable, dont la plupart étaient programmés (86 %). La majorité des ménages en question (71 %) s'en servaient pour abaisser la température en période de sommeil. Cette habitude n'était pas aussi fréquente parmi les ménages en maison individuelle non attenante munie d'un thermostat non programmable (50 %).
Les ménages en appartement étaient moins susceptibles non seulement de disposer d'un thermostat, mais aussi de réduire la température durant les heures de sommeil. Seulement 39 % de ces ménages le faisaient, mais le pourcentage montait à 45 % parmi les ménages ayant programmé leur thermostat programmable.
La moitié des ménages vivant dans des habitations à unités multiples (duplex, maisons en rangée, etc.) réduisaient la température en période de sommeil; quatre ménages sur dix disposaient d'un thermostat programmable et la plupart de ceux-ci étaient programmés. Parmi les ménages ayant des thermostats programmés, 63 % s'en servaient pour abaisser la température comparativement à 45 % des ménages qui réglaient leur thermostat manuellement.
Les locataires sont moins susceptibles d'abaisser la température
De nombreux locataires n'assument pas directement leurs frais de chauffage, et sont ainsi moins motivés à réduire la température la nuit. S'ils choisissent de le faire, c'est plus pour le confort ou par souci de l'environnement que pour réaliser des économies.
En 2006, les deux tiers des ménages canadiens étaient propriétaires de leur habitation2. Les ménages locataires avaient moins de chances de pouvoir régler la température de leur logement que les ménages propriétaires. Les trois quarts des ménages locataires disposaient d'un thermostat comparativement à 96 % des ménages propriétaires. Les propriétaires étaient aussi plus de deux fois plus susceptibles d'avoir un thermostat programmable (46 %) que les locataires (22 %). La plupart des locataires sont peu enclins d'un point de vue financier à investir pour améliorer un logement qui ne leur appartient pas.
Presque six ménages propriétaires sur dix et un peu plus de quatre ménages locataires sur dix abaissaient la température durant les heures de sommeil (graphique 2). Sept thermostats programmés sur dix dans les habitations de propriétaires servaient à réduire la température en période de sommeil, et un peu moins de la moitié dans les logements loués.
Les personnes âgées sont les plus susceptibles d'abaisser la température durant les heures de sommeil
Les ménages composés exclusivement de personnes âgées avaient le moins de chances de disposer d'un thermostat programmable (34 %). Ces ménages étaient pourtant assez enclins à réduire la température pour économiser l'énergie. En effet, ils étaient les plus susceptibles d'abaisser la température durant les heures de sommeil (59 %; graphique 3).
Ces mêmes ménages étaient les moins susceptibles d'avoir programmé un thermostat programmable, s'ils en avaient un (72 %). En revanche, ils étaient les plus enclins à réduire la température manuellement avant d'aller au lit (57 %).
Les ménages formés d'adultes de 18 à 64 ans et d'enfants de moins de 18 ans comptaient parmi les plus susceptibles de disposer d'un thermostat programmable. Les deux tiers de ceux qui programmaient leur thermostat s'en servaient pour abaisser la température en période de sommeil.
Les diplômés d'université sont les plus susceptibles d'abaisser la température
Les probabilités qu'un thermostat soit réglé à la baisse durant les heures de sommeil étaient meilleures parmi les ménages dont au moins un membre avait fait des études postsecondaires. Les diplômés d'université étaient les plus susceptibles de réduire la température (58 %). Ils étaient suivis des ménages où on avait fait des études postsecondaires incomplètes (52 %). Sur le nombre de ménages ayant fait des études secondaires ou moins, 48 % abaissaient la température.
Il y avait aussi plus de chances que les ménages plus scolarisés emploient des thermostats programmables. Les ménages dont un membre était diplômé d'université étaient les plus susceptibles d'avoir un thermostat programmable : un peu moins de la moitié (47 %) d'entre eux ont dit en avoir un. Ils avaient également le plus de chances d'avoir programmé leur thermostat (88 %). Les trois quarts des thermostats programmés servaient à abaisser la température durant les heures de sommeil.
Les ménages où personne n'avait de diplôme d'études secondaires étaient les moins susceptibles de posséder un thermostat programmable (29 %). Ceux qui en avaient un étaient les moins susceptibles de l'avoir programmé (72 %) ou de l'avoir utilisé pour réduire la température en période de sommeil (51 %).
Il y avait peu de variations entre les groupes de scolarité pour ce qui est du réglage manuel des thermostats.
Résumé
Les thermostats programmables donnent aux ménages propriétaires la possibilité de régler automatiquement la température de leur habitation, d'où d'éventuelles économies d'argent et d'énergie. Les personnes âgées et les gens à faible revenu ou moins scolarisés étaient moins susceptibles de les utiliser.
Les ménages dotés d'un thermostat programmable étaient susceptibles de s'en servir pour économiser l'énergie en abaissant la température durant les heures de sommeil. Cependant, certains ménages qui n'en avaient pas réduisaient quand même la température la nuit. En effet, les ménages composés exclusivement de personnes âgées étaient particulièrement susceptibles d'abaisser manuellement la température.
Notes
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