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Pour
autant que nous le sachions, l'Australie est le seul autre pays qui
a suivi des élèves ayant participé au PISA à l'âge
de 15 ans en se servant d'enquêtes longitudinales. Le
programme des Longitudinal Surveys of Australian Youth (LSAY) a suivi la cohorte
du PISA de 2003, tandis que les enquêtes canadienne et suisse ont
suivi la cohorte du PISA de 2000. Ces dernières enquêtes
ont donc suivi les cohortes pendant trois années de plus que le programme
des LSAY.
Il s'agit
d'un résultat corrigé, une fois contrôlées
les autres variables, comme la scolarité des parents, les notes au
secondaire et le sexe.
Les scores en lecture du PISA ont permis beaucoup mieux que
les autres variables, comme les notes autodéclarées au secondaire
et la scolarité des parents, de faire une distinction entre ceux qui
fréquentent l'université et ceux qui ne le font pas (OCDE, 2010b).
Les scores en lecture, mathématiques et sciences du PISA ont servi
comme mesure des résultats scolaires. En Suisse, les élèves
immigrants de la première et de la deuxième génération
ont eu des scores au PISA significativement plus faibles en moyenne que les
élèves dont les parents sont nés en Suisse (OCDE, 2001).
Une étude suisse a permis de déterminer que l'origine
sociale représentait l'un des facteurs les plus importants de
la différence entre les scores au PISA des enfants issus et non issus
de familles d'immigrants (Coradi Vellacott et Wolter, 2002). Meunier
(2011) a déterminé que, pour la Suisse, les différences
qui existent entre les caractéristiques individuelles, entre les antécédents
familiaux et entre les caractéristiques scolaires pourraient être
à l'origine de la majorité de l'écart entre
les scores de compétences en lecture du PISA des élèves
de la première et de la deuxième génération, d'une
part, et des élèves dont les parents sont nés en Suisse,
d'autre part. Une étude fondée sur les scores au test
de lecture du PISA de 2003 a conclu que la prise en compte de la
différence entre les niveaux de scolarité des parents et entre
les antécédents professionnels réduisait à elle
seule l'écart entre les résultats au PISA, mais ne l'éliminait
pas (OCDE, 2006).
La surreprésentation des élèves issus de
familles d'immigrants dans les cheminements de formation générale
inférieurs semble être liée à autre chose que les
notes et les résultats scolaires. Sacchi et coll. (2011) ont déterminé
que la transition des études obligatoires à l'école
secondaire supérieure en Suisse est modelée dans une large mesure
par les origines sociales et les antécédents culturels des élèves,
peu importe leurs résultats scolaires mesurés au moyen des scores
en lecture du PISA et de leur dossier scolaire. Haeberlin et coll. (2004)
sont arrivés à des résultats similaires. Les élèves
issus de familles d'immigrants, mais ayant résultats scolaires
égaux, étaient beaucoup moins susceptibles d'être
recommandés pour les cheminements scolaires de « niveau
supérieur » que les élèves dont les parents
sont nés en Suisse. Coradi Vellacott et Wolter (2004) ont abordé
le degré d'équité, dans le système scolaire
suisse, entre les immigrants et les autres groupes.
Toutefois, de nombreux élèves entrent au niveau
tertiaire B à un âge plus avancé, la moitié peut-être
des élèves qui obtiennent leur diplôme du niveau tertiaire
B n'étant pas encore entrés dans le système à
l'âge de 23 ans. Ainsi, en mettant l'accent sur
les résultats scolaires des personnes âgées de 23 ans,
nous sous-représentons la participation ultérieure au niveau
tertiaire B de façon particulière.
De plus amples détails sur les données et les méthodes
se trouvent dans le document de recherche sur lequel le présent chapitre
est fondé (Picot et Hou, 2011b).
L'échantillon canadien était
un échantillon représentatif de personnes âgées
de 15 ans dans le système scolaire secondaire. L'échantillon
suisse était représentatif des élèves de neuvième
année en date de décembre 1999, et inclut par conséquent
certains élèves qui étaient un peu plus jeunes ou un
peu plus âgés que 15 ans.
Parce nous mettons l'accent sur
les élèves issus et non issus de familles d'immigrants,
nous nous intéressons aux taux de réponse différents
de ces deux groupes et de leurs effets possibles. Toutefois, les taux de réponse
n'étaient pas si dissemblables. Les taux de réponse des
élèves issus et non issus de familles d'immigrants étaient
respectivement de 57 % et 66 % en Suisse, et respectivement
de 49 % et 54 % au Canada.
On les préfère
aux modèles logit ou probit parce que les coefficients peuvent être
interprétés directement. En outre, la plupart des probabilités
ne sont pas près de 0 ou de 1; par conséquent,
les trois types de modèles (logit, probit et de probabilité
linéaire) donnent à peu près le même résultat.
Il est possible que les élèves issus de familles d'immigrants
et ayant de faibles scores en lecture au PISA ne soient pas des élèves
qui obtiennent de faibles résultats en général, mais
plutôt qui obtiennent des scores en lecture du PISA plus faibles parce
que la langue du test n'est pas la langue qu'ils parlent à
la maison. Ils pourraient avoir des habiletés moyennes ou élevées
dans d'autres domaines, comme les sciences et les mathématiques.
Toutefois, cela n'est pas le cas. Tout d'abord, une part importante
de notre échantillon est constituée d'élèves
de la deuxième génération, dont la scolarité s'est
faite dans la langue du test. En deuxième lieu, les résultats
du PISA montrent que les élèves issus de familles d'immigrants
qui obtiennent de faibles scores en lecture ont aussi en moyenne des faibles
scores en mathématiques et en sciences. Au Canada, parmi les élèves
de familles immigrantes, ceux obtenant de faibles scores en lecture au PISA
(niveau 1 ou niveau 2) ont obtenu des scores en lecture représentant 68 %
de ceux de leurs homologues obtenant des scores élevés en lecture
au PISA (niveau 4 ou niveau 5). Les mêmes élèves
ayant de faibles compétences en lecture ont obtenu des scores en sciences
au PISA qui représentaient seulement 70 %, et des scores
en mathématiques qui représentaient 75 %, de ceux
des élèves ayant des scores en lecture élevés
au PISA. Ces ratios étaient presque identiques pour les élèves
de la première, de la deuxième et de la troisième génération.
Des résultats très similaires ont été observés
pour la Suisse.
On utilise la même population
d'élèves pour lesquels on dispose de scores du PISA à
l'âge de 15 ans, qui sont toujours dans l'échantillon
en 2007, à l'âge de 23 ans. La variable
dépendante est la probabilité de fréquenter un établissement
de niveau tertiaire à l'âge de 23 ans. Les variables
indépendantes sont les mêmes que celles utilisées dans
le modèle de régression décrit précédemment,
sauf les variables du statut d'immigrant. Plutôt que d'utiliser
une variable binaire qui rend compte du statut d'immigrant (première
génération, deuxième génération, génération 2,5,
ou troisième génération et générations
subséquentes) comme dans les régressions précédentes,
nous utilisons une variable de région d'origine qui rend compte
du pays de naissance d'un élève de la première
génération ou de la troisième génération
et des générations subséquentes et du pays de naissance
du parent de l'élève de la deuxième génération.
La variable de la région d'origine comporte 7 niveaux
pour la Suisse et 11 pour le Canada. Dans le cas de la Suisse, les
catégories pour cette variable sont les suivantes : Suisse
(c.-à-d. troisième génération et générations
subséquentes); Allemagne, France, Autriche, et Belgique; Italie; Espagne
et Portugal; Yougoslavie, Albanie et Kosovo; Turquie; et autre. Dans le cas
du Canada, les catégories sont les suivantes : Canada (c.-à-d.
troisième génération et générations subséquentes);
Chine; Inde; autres pays de l'Asie de l'Est et du Sud-Est; autre
pays de l'Asie; États-Unis; Amérique centrale et du Sud;
Royaume-Uni; Europe du Nord et de l'Ouest; autres pays d'Europe;
et Afrique et autres pays. Il a été nécessaire d'agréger
les catégories par suite de problèmes liés à la
taille de l'échantillon.
La langue du test n'est souvent pas la langue parlée à
la maison par l'élève immigrant, ce qui a un effet sur
le score. Cela peut être vrai chez certains élèves de
la deuxième génération aussi, où la proportion
d'élèves obtenant de faibles résultats est aussi
élevée (61 %). Toutefois, ces scores de compétences
en lecture du PISA comportent une corrélation étroite avec la
participation aux études postsecondaires et jouent sans aucun doute
un rôle important dans les tendances liées à la participation
au niveau tertiaire.
Dans le modèle 3 (tableau 10),
lorsque la variable du cheminement au secondaire est ajoutée, l'écart
devient marginalement significatif à -8,8 points de pourcentage.
L'écart augmente dans ce modèle parce que les élèves
de la deuxième génération étaient plus susceptibles
de suivre le cheminement préparatoire au gymnase, qui mène aux
études tertiaires, que les élèves de la troisième
génération et des générations subséquentes.
(Cela a été observé principalement dans les cantons francophones,
et non pas dans les cantons germanophones.) Cela a pour résultat que,
lorsque l'on tient compte de cette différence par l'entremise
de la variable de contrôle, l'écart de probabilité
augmente.
Lorsque les parents et l'élève
aspirent à ce que l'élève poursuivent des études
postsecondaires, ce dernier affiche une probabilité plus élevée
de 20 points de pourcentage de poursuivre des études postsecondaires
que les élèves de familles qui n'ont pas de telles aspirations,
une fois pris en compte le niveau de scolarité des parents et le score
du PISA (tableau 11). Il s'agit d'une différence importante.
Les élèves de familles monoparentales et reconstituées
affichent une probabilité plus faible d'environ 10 points
de pourcentage de poursuivre des études postsecondaires que leurs homologues
de familles biparentales. Une différence de 10 points de
pourcentage dans les scores en lecture du PISA a donné lieu à
une différence d'environ 0,8 point de pourcentage dans
la probabilité de poursuite des études. Les élèves
dont les parents ont fait des études secondaires ou ont un niveau inférieur
d'études ont une probabilité plus faible de 10 à 15 points
de pourcentage de poursuivre des études comparativement aux familles
dans lesquelles les deux parents ont fait des études postsecondaires.
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