Direction des études analytiques : documents de recherche
Caractéristiques des travailleurs des services de garde d’enfants ayant demandé la Prestation canadienne d’urgence en 2020

11F0019M no 489
Date de diffusion : le 3 février 2026

DOI : https://doi.org/10.25318/11f0019m2026001-fra

Passer au texte

Début du texte

Remerciement

Ce document a été financé par Femmes et Égalité des genres Canada.

Résumé

En mars 2020, les services de garde d’enfants au Canada ont été fortement touchés par la pandémie de COVID-19, et la plupart des provinces ont exigé la fermeture des services de garde en centre, des écoles et des services de garde en milieu familial. La présente étude porte sur la proportion de travailleurs des services de garde d’enfants qui ont demandé la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et leurs caractéristiques. Environ 65 % des travailleurs des services de garde d’enfants ont présenté une demande de PCU, comparativement à 35 % pour l’ensemble des travailleurs occupés au Canada. Les travailleurs des services de garde d’enfants ayant présenté une demande de PCU étaient plus susceptibles de travailler dans des écoles (plutôt que dans l’industrie des services de garde d’enfants), d’avoir des salaires moins élevés et d’habiter en Ontario, dans les provinces des Prairies ou en Colombie-Britannique (par rapport au Québec et aux provinces de l’Atlantique).

1 Introduction

En mars 2020, les services de garde d’enfants au Canada ont été gravement touchés par la pandémie de COVID-19. La plupart des provinces ont exigé la fermeture des services de garde en centre, des écoles et des services de garde en milieu familial. Friendly et coll. (2021) ont mené une enquête sur les services de garde d’enfants au Canada d’avril à mai 2020 et ont indiqué que 72 % des services de garde en centre visés par l’enquête avaient fermé. Bien que cette enquête ne soit pas représentative de l’ensemble des fournisseurs de services de garde d’enfants, elle a tout de même permis de donner une estimation de l’ampleur des fermetures de services de garde en centre au début de la pandémie.

Les provinces et les territoires avaient des politiques différentes en matière de fermeture de services de garde, et ceux qui avaient imposé des fermetures avaient des dates de réouverture variables. Toutes les provinces et tous les territoires, à l’exception de la Colombie-Britannique, du Nunavut et du Yukon, ont imposé la fermeture des services de garde d’enfants, les dates de réouverture variant du 11 mai 2020 à Terre-Neuve-et-Labrador et au Québec (à l’extérieur de Montréal) au 12 juin 2020 en Ontario. En outre, toutes les provinces et tous les territoires ont exigé la fermeture des écoles; cependant, seuls le Québec et le Manitoba ont rouvert leurs écoles avant septembre 2020. En ce qui concerne les services de garde en milieu familial, la fermeture des services de garde en milieu familial agréés n’a été exigée que dans les provinces de l’Atlantique et au Québec. Dans les autres provinces, elle ne l’était pas. Moins de provinces ont exigé la fermeture des services de garde d’enfants non agréés. Bien que de nombreux services de garde d’enfants en centre et en milieu familial n’aient pas été obligés de fermer leurs portes, beaucoup l’ont quand même fait. Par exemple, Friendly et coll. (2021) ont indiqué que 40 % des services de garde en centre visés par l’enquête en Colombie-Britannique étaient fermés, alors que la fermeture n’était pas obligatoire dans cette province. L’annexe donne un aperçu des fermetures obligatoires de services de garde d’enfants dans les provinces et les territoires.

Les fermetures de services de garde en centre et en milieu familial ont des répercussions évidentes sur la main-d’œuvre de cette industrie. À cet égard, Uppal et Savage (2021) ont étudié les changements concernant l’emploi des travailleurs des services de garde d’enfants depuis le début de la pandémie de COVID-19 en se fondant sur l’Enquête sur la population active (EPA). Ils ont constaté que, alors que l’emploi global a diminué de 15 % de février à avril 2020, l’emploi chez les travailleurs des services de garde d’enfants a fluctué davantage pendant la pandémie. En effet, en avril, l’emploi chez les travailleurs des services de garde d’enfants a baissé de 36 % par rapport à février 2020. L’emploi chez les travailleurs des services de garde d’enfants a été plus lent à revenir aux niveaux d’avant la pandémie que l’emploi total au Canada. En février 2021, soit un an après le début de la pandémie au Canada, l’emploi chez les travailleurs des services de garde d’enfants avait diminué de 21 % par rapport à février 2020. En revanche, l’emploi total au Canada a baissé de 3 %.

Les données de l’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH) ont montré des tendances similaires. En ce qui concerne les services de garde d’enfants, l’EERH fait état du nombre d’employés rémunérés dans l’industrie des services de garde d’enfants et n’englobe pas les travailleurs autonomes ou les travailleurs d’autres industries, comme les écoles et les ménages privés. En septembre 2020, l’emploi salarié dans l’industrie des services de garde d’enfants était inférieur de 13,1 % à celui de février 2020 (Statistique Canada, 2020). Par ailleurs, en novembre 2020, l’emploi salarié dans l’industrie des services de garde d’enfants était encore inférieur de 9,8 % au niveau de février 2020 (Statistique Canada, 2021). En comparaison, l’emploi salarié pour l’ensemble des industries en novembre 2020 était en baisse de 6,6 % par rapport à février 2020.

Les caractéristiques des travailleurs des services de garde d’enfants avant la pandémie différaient de celles des autres travailleurs au Canada. En effet, les travailleurs des services de garde d’enfants étaient plus susceptibles d’être des immigrants ou des résidents non permanents (33 %) que les autres travailleurs (25 %; Uppal et Savage, 2021). De plus, comparativement aux autres travailleurs au Canada, les travailleurs des services de garde d’enfants étaient plus susceptibles d’être des femmes (96 % contre 47 %), d’avoir moins de 45 ans (64 % contre 55 %), d’avoir des enfants à la maison (55 % contre 43 %) et d’appartenir à un groupe de minorité visible (28 % contre 21 %). Pour ce qui est des caractéristiques d’emploi, par rapport aux autres travailleurs au Canada, les travailleurs des services de garde d’enfants étaient plus susceptibles d’être des travailleurs autonomes (25 % contre 15 %), moins susceptibles de travailler à temps plein (76 % contre 81 %) et moins susceptibles d’être membres d’un syndicat (26 % contre 31 % chez les travailleurs salariés [non autonomes]). Les travailleurs des services de garde d’enfants touchaient également des revenus plus faibles, soit 19,97 $ l’heure en 2019, comparativement à 27,91 $ l’heure pour les autres travailleurs.

Du 15 mars au 20 septembre 2020, la Prestation canadienne d’urgence (PCU) a fourni une aide financière aux employés et aux travailleurs autonomes canadiens directement touchés par la pandémie de COVID-19. Cette prestation était offerte aux travailleurs qui résidaient au Canada, étaient âgés de 15 ans et plus, avaient cessé de travailler pour des raisons liées à la COVID-19, étaient admissibles aux prestations régulières ou de maladie de l’assurance-emploi ou avaient épuisé leurs prestations régulières de l’assurance-emploi, avaient un revenu d’emploi ou un revenu provenant d’un travail autonome d’au moins 5 000 $ en 2019 ou au cours des 12 mois précédant la date de leur demande, n’avaient pas quitté leur emploi volontairement et n’avaient pas gagné plus de 1 000 $ en revenu d’emploi ou en revenu provenant d’un travail autonome pendant 14 jours consécutifs ou plus au cours de la période de quatre semaines visée par la demande de prestations. Les raisons liées à la COVID-19 comprenaient le fait d’être en quarantaine ou malade à cause de la COVID-19, de s’occuper d’autres personnes parce qu’elles étaient en quarantaine ou malades à cause de la COVID-19, de s’occuper d’enfants ou d’autres personnes à charge parce que leur service de garde d’enfants était fermé à cause de la COVID-19, ou de perdre leur emploi à cause de la COVID-19. Les travailleurs percevant la PCU recevaient 500 $ par semaineNote .

Aucune étude antérieure n’a fait état du pourcentage de travailleurs des services de garde d’enfants ayant demandé la PCU ni examiné leurs caractéristiques. Il est important de déterminer la façon dont le secteur de la garde d’enfants a réagi à la COVID-19 et si les politiques ont créé des lacunes en matière de soutien aux travailleurs qui en avaient besoin. De plus, compte tenu de la possibilité de nouvelles pandémies causées par d’autres virus, connaître la manière dont les politiques ont été utilisées peut aider à élaborer de futures politiques. La disponibilité des services de garde d’enfants a des répercussions directes sur la capacité des parents à travailler, et il est utile de connaître quels groupes de travailleurs des services de garde d’enfants ont été les plus touchés et la façon dont l’industrie de la garde d’enfants a réagi.

Le présent document s’appuie sur les données de l’EPA liées aux données sur la PCU pour examiner les répercussions de la pandémie sur l’industrie des services de garde d’enfants et sur les travailleurs de cette industrie. Voici les questions de recherche posées :

  1. Quel pourcentage de travailleurs des services de garde d’enfants ont demandé la PCU? Combien ont demandé le nombre maximal de semaines de PCU (28 semaines, du 15 mars au 30 septembre 2020)?
  2. Quelles sont les caractéristiques d’emploi et les caractéristiques sociodémographiques associées à la demande de PCU? Combien de semaines de PCU ont été demandées par des travailleurs présentant des caractéristiques d’emploi et des caractéristiques sociodémographiques différentes?

2 Méthodologie

2.1  Source des données

Les caractéristiques des travailleurs des services de garde d’enfants qui ont demandé la PCU ont été examinées à l’aide de l’EPA, réalisée par Statistique Canada, ainsi qu’au moyen de renseignements sur la PCU fournis par Emploi et Développement social Canada. Les renseignements sur les caractéristiques sociodémographiques et les caractéristiques d’emploi des travailleurs des services de garde d’enfants ont été tirés de l’EPA pour les mois de décembre 2019, janvier 2020 et février 2020Note . Ces mois ont été choisis afin de repérer les personnes qui travaillaient dans les services de garde d’enfants juste avant la pandémie. Les travailleurs des services de garde d’enfants ont été représentés au moyen de codes de la Classification nationale des professions 2011 (Statistique Canada, 2018) : le code 4214 désigne les éducateurs/éducatrices et aides-éducateurs/aides-éducatrices de la petite enfance et le code 4411 désigne les gardiens/gardiennes d’enfants en milieu familial. Les personnes vivant dans les trois territoires sont exclues. Bien que Statistique Canada utilise le même questionnaire pour recueillir et produire des données sur la population active dans les territoires et les provinces, sa méthodologie et sa stratégie de collecte sont différentes dans les territoires. Les territoires ont donc été exclus de cette analyse.

2.2  Analyse

Afin d’examiner l’utilisation de la PCU, deux variables ont été étudiées. La première variable visait à déterminer si un travailleur des services de garde d’enfants avait demandé la PCU pour une semaine quelconque au cours de la période allant du 15 mars au 30 septembre 2020. La deuxième variable portait sur le nombre moyen de semaines (au cours de cette période) pendant lesquelles un travailleur avait demandé la PCU. Ces deux concepts ont été examinés de manière descriptive en analysant les caractéristiques sociodémographiques et les caractéristiques d’emploi 1) des travailleurs ayant demandé la PCU et 2) des travailleurs ayant demandé un nombre moyen différent de semaines de PCU.

Un modèle de régression logistique a servi à examiner les facteurs associés au fait d’être un demandeur de la PCU, tandis qu’un modèle de régression linéaire multiple a permis d’examiner les facteurs prédictifs du nombre de semaines de PCU demandées chez les travailleurs des services de garde d’enfants ayant fait une demande de PCU. Ces modèles ont été réalisés afin d’évaluer l’association entre les caractéristiques sociodémographiques et les caractéristiques d’emploi et la probabilité d’être un demandeur de la PCU, ainsi que le nombre de semaines de PCU demandées, tout en prenant en compte les autres variables. Les variables examinées dans les analyses descriptives et les modèles comprenaient les caractéristiques d’emploi et les variables sociodémographiques. Les caractéristiques d’emploi englobaient le travail autonome (travailleur autonome ou non), l’industrie (services de garde d’enfants, ménage privé, école ou autre), l’appartenance à un syndicat (membre d’un syndicat ou non), la permanence de l’emploi (temporaire ou permanent), les heures travaillées (à temps partiel, soit moins de 30 heures par semaine, ou à temps plein, soit 30 heures ou plus par semaine) et le cumul d’emplois (personnes cumulant plusieurs emplois par opposition à celles qui n’en cumulent pas), les revenus hebdomadaires (moins de 550 $ par semaine, de 550 $ à 749 $ par semaine ou 750 $ ou plus par semaine) et la durée de l’emploi (moins de trois ans, de trois à cinq ans ou plus de cinq ans). Les questions sur trois de ces caractéristiques d’emploi (appartenance à un syndicat, permanence de l’emploi et revenus hebdomadaires) n’ont été posées qu’aux travailleurs non autonomes. C’est pourquoi une variable unique combinant les revenus hebdomadaires et le travail autonome a été créée pour les modèles, et l’appartenance à un syndicat et la permanence de l’emploi n’ont pas été incluses dans les modèles.

Les caractéristiques sociodémographiques examinées dans la présente étude comprenaient le genre (hommes ou femmes), le plus haut niveau de scolarité atteint (études secondaires ou niveau de scolarité inférieur, certificat ou diplôme d’une école de métiers, ou grade universitaire ou grade de niveau supérieur), le lieu de naissance (né au Canada ou non né au Canada)Note , l’âge (moins de 30 ans, 30 à 39 ans, 40 à 49 ans ou 50 ans et plus), l’âge du plus jeune enfant du ménage (0 à 4 ans, 5 à 9 ans, 10 à 14 ans, 15 à 25 ans, ou aucun enfant à la maison ou enfant âgé de plus de 25 ans), l’état matrimonial (marié ou non marié), la région de résidence (provinces de l’Atlantique, Québec, Ontario, Prairies ou Colombie-Britannique)Note  et l’identité autochtone (personne autochtone vivant à l’extérieur d’une communauté ou personne non autochtone). Le statut de personne racisée n’a pas été inclus, car il n’était pas disponible dans l’EPA pour les mois pris en compte dans la présente étude.

2.3  Résultats

Les personnes occupant un emploi comme travailleurs des services de garde d’enfants en décembre 2019, janvier 2020 et février 2020 présentaient certaines caractéristiques différentes de celles de l’ensemble des autres travailleurs occupés au Canada (tableau 1). Les données de l’EPA tiennent compte de tous les travailleurs des services de garde d’enfants, notamment ceux qui travaillent dans des centres agréés, dans des écoles, comme gardiens ou gardiennes d’enfants en milieu familial, comme nourrices et dans d’autres cadres, comme les services de garde d’enfants offerts dans les haltes-garderies dans les gymnases, les centres commerciaux et les magasins. Au cours de la période prépandémie de décembre 2019 à février 2020, les travailleurs des services de garde d’enfants occupés étaient plus susceptibles d’être des travailleurs autonomes que les autres travailleurs occupés (21 % contre 14 %). Parmi ceux qui étaient des employés (c.-à-d. les personnes qui n’étaient pas des travailleurs autonomes), les travailleurs des services de garde d’enfants étaient moins susceptibles que les autres travailleurs occupés d’avoir un salaire hebdomadaire de 750 $ ou plus (37 % contre 64 %). Les travailleurs des services de garde d’enfants ne différaient pas de manière significative des autres travailleurs occupés en termes d’appartenance à un syndicat, de permanence de l’emploi, de statut à temps partiel, de durée de l’emploi et de cumul d’emplois. Des travaux de recherche antérieurs fondés sur l’EPA ont révélé des différences entre les travailleurs des services de garde d’enfants et les autres travailleurs en matière d’appartenance à un syndicat, de permanence de l’emploi, de statut à temps partiel et de durée de l’emploi (Uppal et Savage, 2021) qui n’étaient peut-être pas importantes dans la présente étude en raison de la taille plus petite de l’échantillon.

Tableau 1
Caractéristiques des travailleurs occupés des services de garde d’enfants et de tous les autres travailleurs occupés au Canada, de décembre 2019 à février 2020 Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Caractéristiques des travailleurs occupés des services de garde d’enfants et de tous les autres travailleurs occupés au Canada, de décembre 2019 à février 2020 Travailleurs des services de garde d’enfants occupés (représentant 273 000 travailleurs), Tous les autres travailleurs occupés (représentant 17 978 000 travailleurs), Khi carré et Valeur de p, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Travailleurs des services de garde d’enfants occupés (représentant 273 000 travailleurs) Tous les autres travailleurs occupés (représentant 17 978 000 travailleurs) Khi carré Valeur de p
pourcentage
Note ...

n'ayant pas lieu de figurer

Note E

à utiliser avec prudence

Note 1

Le lieu de naissance est utilisé dans le présent rapport plutôt que le statut d’immigrant, car un pourcentage relativement élevé de travailleurs des services de garde d’enfants sont des résidents non permanents et non des immigrants.

Retour à la référence de note 1 referrer

Note 2

La région de résidence est utilisée dans le présent rapport plutôt que la province de résidence en raison de la petite taille de l’échantillon dans certaines provinces. Les personnes vivant dans les trois territoires sont exclues. Bien que Statistique Canada utilise le même questionnaire pour recueillir et produire des données sur la population active dans les territoires et les provinces, sa méthodologie et sa stratégie de collecte sont différentes dans les territoires, et ces données sont recueillies séparément de celles des provinces.

Retour à la référence de note 2 referrer

Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, décembre 2019, janvier 2020 et février 2020.
Caractéristiques de l’emploi  
Statut de travailleur autonome  
Travailleur non autonome 78,55 85,73 11,37 0,001
Travailleur autonome 21,45 14,27 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Industrie  
Services de garde d’enfants 71,95 1,18 111,55 0,000
Ménage privé 7,66 E à utiliser avec prudence 0,19 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
École 13,71 4,67 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Autre 6,68 E à utiliser avec prudence 93,96 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Appartenance à un syndicat (employés seulement, travailleurs autonomes exclus)  
N’est pas membre d’un syndicat 74,42 71,08 1,99 0,159
Membre d’un syndicat 25,58 28,92 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Permanence de l’emploi (employés seulement, travailleurs autonomes exclus)  
Temporaire 15,79 11,60 2,88 0,090
Permanent 84,21 88,40 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Heures travaillées  
Temps partiel (moins de 30 heures par semaine) 23,27 19,19 2,59 0,108
Temps plein (30 heures ou plus par semaine) 76,73 80,81 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Cumul d’emplois  
Pas de cumul d’emplois 92,21 94,13 1,82 0,177
Cumule plusieurs emplois 7,79 E à utiliser avec prudence 5,87 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Revenus hebdomadaires (employés seulement, travailleurs autonomes exclus)  
Moins de 550 $ 30,57 21,01 22,23 0,000
De 550 $ à 749 $ 32,62 15,18 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
750 $ ou plus 36,81 63,81 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Durée de l’emploi  
Moins de trois ans 31,55 29,81 0,69 0,500
Trois à cinq ans 22,06 20,39 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Plus de cinq ans 46,38 49,80 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Caractéristiques sociodémographiques  
Genre  
Homme 3,93 E à utiliser avec prudence 52,03 270,95 0,000
Femme 96,07 47,97 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Plus haut niveau de scolarité atteint  
Études secondaires ou niveau de scolarité inférieur 21,24 31,03 33,06 0,000
Certificat ou diplôme d’une école de métiers 57,18 35,91 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Grade universitaire ou grade de niveau supérieur 21,58 33,05 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Lieu de naissance Tableau 1 Note 1  
Non né au Canada 37,27 28,35 12,74 0,000
Né au Canada 62,73 71,65 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Âge  
Moins de 30 ans 21,09 23,59 1,60 0,188
30 à 39 ans 24,54 22,57 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
40 à 49 ans 25,17 21,23 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
50 ans et plus 29,20 32,61 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Âge de l’enfant le plus jeune dans le ménage  
0 à 4 ans 12,76 11,18 8,14 0,000
5 à 9 ans 12,53 8,16 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
10 à 14 ans 10,45 7,22 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
15 à 25 ans 17,11 11,33 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Aucun enfant à la maison (ou enfants de plus de 25 ans) 47,15 62,11 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
État matrimonial  
Non marié 34,95 36,58 0,48 0,487
Marié (y compris en union libre) 65,05 63,42 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Région de résidence Tableau 1 Note 2  
Provinces de l’Atlantique 5,40 5,89 2,61 0,034
Québec 30,49 23,10 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Ontario 36,90 38,75 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Prairies 16,60 18,44 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Colombie-Britannique 10,61 E à utiliser avec prudence 13,83 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Identité autochtone  
Personne autochtone vivant à l’extérieur d’une communauté autochtone 3,63 E à utiliser avec prudence 3,61 0,00 0,979
Non autochtone 96,37 96,39 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer

Les travailleurs occupés des services de garde d’enfants se distinguaient également des autres travailleurs occupés sur le plan des caractéristiques sociodémographiques. Les travailleurs des services de garde d’enfants étaient plus susceptibles que tous les autres travailleurs occupés d’être des femmes (96 % contre 48 %) et de posséder un certificat ou un diplôme d’une école de métiers (57 % contre 36 %), mais moins susceptibles de posséder un grade universitaire ou un grade de niveau supérieur (22 % contre 33 %). Ils étaient également plus susceptibles d’être nés à l’extérieur du Canada (37 % contre 28 %). Les travailleurs des services de garde d’enfants étaient moins susceptibles de ne pas avoir d’enfants à la maison (47 % contre 62 %) et étaient plus susceptibles de vivre au Québec (30 % contre 23 %). Des études antérieures ont démontré que le ratio entre les travailleurs des services de garde d’enfants et la population active totale est plus élevé au Québec (2,4 %) que dans le reste du Canada (1,6 %) (Uppal et Savage, 2021) en raison de la proportion plus importante de parents utilisant les services de garde d’enfants au Québec (Findlay, 2019). Au cours de la période prépandémie, les travailleurs des services de garde d’enfants ne différaient pas des autres travailleurs occupés en termes d’âge, d’état matrimonial et d’identité autochtone.

Le tableau 2 présente le pourcentage de travailleurs des services de garde d’enfants et de tous les autres travailleurs occupés qui ont demandé la PCU, ainsi que le pourcentage de ceux qui ont demandé un nombre différent de semaines de PCU. Environ 62 % des travailleurs des services de garde d’enfants ont présenté une demande de PCU au cours de la période allant du 15 mars au 30 septembre 2020; ce pourcentage est supérieur à celui de tous les autres travailleurs occupés ayant présenté une demande de PCU (35 %). Plus précisément, 20 % des travailleurs des services de garde d’enfants ayant réclamé la PCU ont demandé le montant maximal (28 semaines), ce qui ne différait pas des autres travailleurs occupés (20 %). Ils ont demandé en moyenne 17,45 semaines de PCU, ce qui ne différait pas de façon significative du nombre de semaines de prestation demandées par tous les autres travailleurs occupés (16,70 semaines).

Tableau 2
Caractéristiques liées à la Prestation canadienne d’urgence chez les travailleurs occupés des services de garde d’enfants et l’ensemble des autres travailleurs occupés au Canada Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Caractéristiques liées à la Prestation canadienne d’urgence chez les travailleurs occupés des services de garde d’enfants et l’ensemble des autres travailleurs occupés au Canada Travailleurs occupés des services de garde d’enfants (représentant 273 000 travailleurs), Tous les autres travailleurs occupés (représentant 17 978 000 travailleurs), Khi carré et Valeur de p, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Travailleurs occupés des services de garde d’enfants (représentant 273 000 travailleurs) Tous les autres travailleurs occupés (représentant 17 978 000 travailleurs) Khi carré Valeur de p
pourcentage
Note ...

n'ayant pas lieu de figurer

Note E

à utiliser avec prudence

Note : PCU = Prestation canadienne d’urgence.
Sources : Statistique Canada, Enquête sur la population active, décembre 2019, janvier 2020 et février 2020; Emploi et Développement social Canada, renseignements sur la Prestation canadienne d’urgence.
Demandeur de la PCU  
Non 38,23 65,27 102,02 0,000
Oui 61,77 34,73 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Parmi les demandeurs de la PCU, nombre de semaines de PCU  
1 à 4 ans 7,15 E à utiliser avec prudence 9,32 0,71 0,640
5 à 8 ans 11,80 13,89 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
9 à 12 ans 14,44 15,78 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
13 à 16 ans 19,09 16,96 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
17 à 20 ans 9,00 E à utiliser avec prudence 8,40 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
21 à 24 ans 11,78 10,63 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
25 à 28 ans 26,74 25,02 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Parmi les demandeurs de la PCU, ceux qui ont demandé le nombre maximal de semaines du 15 mars au 30 septembre 2020 (28 semaines)  
1 à 27 semaines 79,52 79,98 0,03 0,858
28 semaines 20,48 20,02 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer

Le tableau 3 présente le pourcentage de travailleurs des services de garde d’enfants qui ont demandé la PCU, selon les caractéristiques d’emploi et les caractéristiques sociodémographiques. On observe peu de différences notables entre les travailleurs des services de garde qui ont demandé la PCU et ceux qui ne l’ont pas fait. Les travailleurs des services de garde qui ont demandé la PCU étaient plus susceptibles d’avoir des revenus hebdomadaires moins élevés : 53 % des travailleurs des services de garde dont les revenus hebdomadaires étaient de 750 $ ou plus ont demandé la PCU, comparativement à 70 % des travailleurs des services de garde dont les revenus hebdomadaires étaient inférieurs à 550 $. Les demandes de PCU variaient également selon la région de résidence, les travailleurs des services de garde d’enfants vivant au Québec étant moins susceptibles d’en faire la demande que ceux vivant dans les autres régions. Moins de 43 % des travailleurs des services de garde d’enfants du Québec ont fait une demande de PCU, par rapport à 60 % pour ceux des provinces de l’Atlantique, 73 % pour ceux de l’Ontario, 66 % pour ceux des Prairies et 72 % pour ceux de la Colombie-Britannique. Les travailleurs des services de garde d’enfants qui ont demandé ou non la PCU ne présentaient pas de différences significatives eu égard au travail autonome, à l’appartenance à un syndicat, à la permanence de l’emploi, aux heures travaillées, à la durée de l’emploi, au genre, au niveau de scolarité, au lieu de naissance (au Canada ou à l’étranger), à l’âge, à l’âge du plus jeune enfant du ménage, à l’état matrimonial et à l’identité autochtone. Bien que certaines de ces variables semblent différer quant au pourcentage de personnes ayant demandé la PCU, elles ne diffèrent pas de façon significative.

Tableau 3
Travailleurs des services de garde d’enfants ayant demandé la Prestation canadienne d’urgence, selon les caractéristiques de l’emploi et les caractéristiques sociodémographiques Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Travailleurs des services de garde d’enfants ayant demandé la Prestation canadienne d’urgence, selon les caractéristiques de l’emploi et les caractéristiques sociodémographiques A demandé la PCU, calculées selon pourcentage, Khi carré et valeur de p unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  A demandé la PCU
pourcentage khi carré valeur de p
Note ...

n'ayant pas lieu de figurer

Note E

à utiliser avec prudence

Note : PCU = Prestation canadienne d’urgence.
Sources : Statistique Canada, Enquête sur la population active, décembre 2019, janvier 2020 et février 2020; Emploi et Développement social Canada, Renseignements sur la Prestation canadienne d’urgence.
Caractéristiques de l’emploi  
Statut de travailleur autonome  
Travailleur non autonome 61,52 0,05 0,828
Travailleur autonome 62,70 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Industrie  
Services de garde d’enfants 58,93 1,21 0,304
Ménage privé 60,99 E à utiliser avec prudence ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
École 73,95 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Autre 68,22 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Appartenance à un syndicat (employés seulement, travailleurs autonomes exclus)  
N’est pas membre d’un syndicat 63,40 1,21 0,271
Membre d’un syndicat 56,05 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Permanence de l’emploi (employés seulement, travailleurs autonomes exclus)  
Temporaire 72,18 2,95 0,086
Permanent 59,52 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Heures travaillées  
Temps partiel (moins de 30 heures par semaine) 70,42 3,36 0,067
Temps plein (30 heures ou plus par semaine) 59,14 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Cumul d’emplois  
Pas de cumul d’emplois 62,21 0,20 0,658
Cumule plusieurs emplois 56,56 E à utiliser avec prudence ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Revenus hebdomadaires (employés seulement, travailleurs autonomes exclus)  
Moins de 550 $ 69,67 3,39 0,034
De 550 $ à 749 $ 64,00 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
750 $ ou plus 52,55 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Durée de l’emploi  
Moins de trois ans 67,73 2,74 0,065
Trois à cinq ans 65,33 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Plus de cinq ans 56,01 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Caractéristiques sociodémographiques  
Genre  
Homme 64,82 E à utiliser avec prudence 0,05 0,821
Femme 61,64 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Plus haut niveau de scolarité atteint  
Études secondaires ou niveau de scolarité inférieur 67,82 1,25 0,287
Certificat ou diplôme d’une école de métiers 59,76 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Grade universitaire ou grade de niveau supérieur 61,12 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Lieu de naissance  
Non né au Canada 67,91 3,44 0,064
Né au Canada 58,12 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Âge  
Moins de 30 ans 69,55 0,76 0,514
30 à 39 ans 57,37 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
40 à 49 ans 58,52 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
50 ans et plus 62,64 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Âge de l’enfant le plus jeune dans le ménage  
0 à 4 ans 63,83 0,59 0,669
5 à 9 ans 59,31 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
10 à 14 ans 51,80 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
15 à 25 ans 64,15 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Aucun enfant à la maison (ou enfants de plus de 25 ans) 63,21 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
État matrimonial  
Non marié 66,33 2,45 0,118
Marié (y compris en union libre) 59,32 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Région de résidence  
Provinces de l’Atlantique 59,84 5,96 0,000
Québec 42,78 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Ontario 72,60 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Prairies 66,42 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Colombie-Britannique 72,36 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer
Identité autochtone  
Personne autochtone vivant à l’extérieur d’une communauté autochtone 75,32 E à utiliser avec prudence 1,73 0,188
Non autochtone 57,46 ... n'ayant pas lieu de figurer ... n'ayant pas lieu de figurer

La moyenne du nombre de semaines de PCU demandées par les travailleurs des services de garde d’enfants suit la même tendance que le pourcentage de travailleurs des services de garde d’enfants ayant demandé un nombre élevé de semaines de PCU (tableau 4). Parmi les travailleurs des services de garde d’enfants qui ont demandé la PCU, ceux travaillant dans les écoles ont demandé moins de semaines (une moyenne de 12 semaines) que ceux qui travaillent dans les services de garde d’enfants, les ménages privés et d’autres industries (une moyenne de 18 à 19 semaines). En moyenne, les travailleurs des services de garde d’enfants membres d’un syndicat ont demandé moins de semaines que ceux qui ne le sont pas (12 semaines contre 19 semaines). Le nombre de semaines de prestation demandées variait également en fonction du salaire hebdomadaire avant la pandémie, les travailleurs qui gagnaient 750 $ ou plus par semaine ayant demandé en moyenne 14 semaines de PCU, contre 19 semaines pour les travailleurs gagnant moins de 550 $ par semaine et 18 semaines pour ceux gagnant de 550 $ à 749 $ par semaine. Les prestataires de la PCU dans le secteur de la garde d’enfants qui occupaient leur emploi depuis moins de trois ans ont demandé plus de semaines de PCU (19 semaines en moyenne) que les travailleurs qui occupaient leur emploi depuis plus de cinq ans (16 semaines en moyenne). Les travailleurs des services de garde d’enfants nés au Canada ont demandé moins de semaines que ceux qui n’étaient pas nés au Canada (16 semaines en moyenne contre 19 semaines). Enfin, le nombre de semaines de prestation demandées variait selon la région ou le lieu de résidence, les travailleurs du Québec et des provinces de l’Atlantique ayant demandé le moins de semaines de prestation (moyenne de 14 et 15 semaines, respectivement) et les travailleurs de l’Ontario, des Prairies et de la Colombie-Britannique ayant demandé plus de semaines de prestation (moyenne de 18, 19 et 19 semaines, respectivement). Le nombre de semaines de prestation demandées par les travailleurs des services de garde d’enfants qui ont demandé la PCU ne différait pas de façon significative en fonction du travail autonome, de la permanence de l’emploi, des heures travaillées, du genre, de l’âge, de l’âge du plus jeune enfant du ménage et de l’identité autochtone.

Le tableau 5 présente les résultats du modèle de régression logistique prédisant les probabilités d’être demandeur de la PCU pour les travailleurs des services de garde d’enfants et montre toutes les variables comprises dans le modèle. Après avoir pris en compte les autres caractéristiques d’emploi et caractéristiques sociodémographiques, les travailleurs des services de garde d’enfants qui travaillaient dans les écoles étaient les plus susceptibles d’avoir fait une demande de PCU; ils étaient plus de trois fois plus susceptibles de l’avoir fait que ceux travaillant dans l’industrie des services de garde d’enfants. De plus, les travailleurs des services de garde d’enfants de l’Ontario, des Prairies et de la Colombie-Britannique étaient plus susceptibles que ceux du Québec d’avoir présenté une demande de PCU : en Ontario, ils étaient plus de quatre fois plus susceptibles de l’avoir fait, dans les Prairies trois fois plus susceptibles, et en Colombie-Britannique presque quatre fois plus susceptibles que les travailleurs du Québec.

Le tableau 6 présente les résultats du modèle de régression linéaire multiple prédisant le nombre de semaines de PCU demandées (chez les travailleurs des services de garde d’enfants ayant fait une demande de PCU), en présentant toutes les variables comprises dans le modèle. Après la prise en compte toutes les autres caractéristiques d’emploi et caractéristiques sociodémographiques, les demandeurs de PCU travaillant dans les écoles ont demandé le moins de semaines de prestation, soit près de cinq semaines de moins que ceux travaillant dans l’industrie des services de garde d’enfants. Les revenus hebdomadaires étaient également associés au nombre de semaines de PCU demandées. Par rapport aux demandeurs de la PCU travaillant dans l’industrie de la garde d’enfants et ayant un revenu hebdomadaire de 750 $ ou plus, les travailleurs autonomes ont demandé environ trois semaines et demie de plus. Les travailleurs salariés dont la rémunération hebdomadaire était inférieure à 550 $ ont demandé plus de cinq semaines supplémentaires, et ceux dont la rémunération hebdomadaire allait de 550 $ à 749 $ ont demandé près de trois semaines supplémentaires. Enfin, les demandeurs de la PCU dans le secteur de la garde d’enfants en Ontario ont demandé un nombre de semaines nettement plus élevé, même après la prise en compte des caractéristiques d’emploi et des caractéristiques sociodémographiques. Les demandeurs de la PCU dans le secteur de la garde d’enfants de l’Ontario ont demandé plus de trois semaines et demie de plus que ceux du Québec.

Tableau 4
Parmi les travailleurs des services de garde d’enfants ayant demandé la Prestation canadienne d’urgence, nombre moyen de semaines de prestation demandées du 15 mars au 30 septembre 2020, selon les caractéristiques de l’emploi et les caractéristiques sociodémographiques Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Parmi les travailleurs des services de garde d’enfants ayant demandé la Prestation canadienne d’urgence, nombre moyen de semaines de prestation demandées du 15 mars au 30 septembre 2020, selon les caractéristiques de l’emploi et les caractéristiques sociodémographiques Nombre moyen de semaines de PCU demandées du 15 mars au 30 septembre 2020, calculées selon moyenne , écart-type, statistique t et valeur de p unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Nombre moyen de semaines de PCU demandées du 15 mars au 30 septembre 2020
moyenne écart-type statistique t valeur de p
Notes : PCU = Prestation canadienne d’urgence. réf. = catégorie de référence.
Sources : Statistique Canada, Enquête sur la population active, décembre 2019, janvier 2020 et février 2020; Emploi et Développement social Canada, Renseignements sur la Prestation canadienne d’urgence.
Caractéristiques de l’emploi  
Statut de travailleur autonome  
Travailleur non autonome 17,09 0,58 réf. réf.
Travailleur autonome 18,75 1,01 1,43 0,153
Industrie  
Services de garde d’enfants 18,53 0,60 réf. réf.
Ménage privé 18,56 1,49 0,02 0,985
École 12,09 1,25 -4,95 0,000
Autre 18,27 2,30 -0,10 0,917
Appartenance à un syndicat (employés seulement, travailleurs autonomes exclus)  
N’est pas membre d’un syndicat 18,62 0,62 réf. réf.
Membre d’un syndicat 12,07 1,17 -4,93 0,000
Permanence de l’emploi (employés seulement, travailleurs autonomes exclus)  
Temporaire 18,32 1,25 réf. réf.
Permanent 16,81 0,69 -1,01 0,312
Heures travaillées  
Temps partiel (moins de 30 heures par semaine) 18,05 0,86 réf. réf.
Temps plein (30 heures ou plus par semaine) 17,24 0,62 -0,77 0,440
Cumul d’emplois  
Pas de cumul d’emplois 17,33 0,50 réf. réf.
Cumule plusieurs emplois 19,05 1,83 0,93 0,351
Revenus hebdomadaires (employés seulement, travailleurs autonomes exclus)  
Moins de 550 $ 19,37 0,97 3,32 0,001
De 550 $ à 749 $ 17,69 0,95 2,56 0,011
750 $ ou plus 13,95 1,14 réf. réf.
Durée de l’emploi  
Moins de trois ans 19,20 0,81 2,53 0,012
Trois à cinq ans 17,54 0,90 1,27 0,206
Plus de cinq ans 15,97 0,89 réf. réf.
Caractéristiques sociodémographiques  
Genre  
Homme 18,02 2,38 réf. réf.
Femme 17,43 0,54 -0,23 0,816
Plus haut niveau de scolarité atteint  
Études secondaires ou niveau de scolarité inférieur 18,53 0,99 1,87 0,062
Certificat ou diplôme d’une école de métiers 16,32 0,74 réf. réf.
Grade universitaire ou grade de niveau supérieur 19,20 1,03 -2,18 0,030
Lieu de naissance  
Non né au Canada 19,28 0,77 réf. réf.
Né au Canada 16,18 0,65 -3,06 0,002
Âge  
Moins de 30 ans 17,67 0,86 -0,32 0,751
30 ans à 39 ans 17,25 1,09 réf. réf.
40 ans à 49 ans 17,50 1,15 0,18 0,857
50 ans et plus 17,40 1,17 0,09 0,928
Âge de l’enfant le plus jeune dans le ménage  
0 à 4 ans 18,63 1,22 -1,51 0,131
5 à 9 ans 18,14 1,33 -1,34 0,180
10 à 14 ans 15,29 1,74 réf. réf.
15 à 25 ans 18,25 1,42 -1,22 0,223
Aucun enfant à la maison (ou enfants de plus de 25 ans) 17,06 0,89 -1,02 0,310
État matrimonial  
Non marié 16,16 0,77 réf. réf.
Marié (y compris en union libre) 18,23 0,66 2,10 0,036
Région de résidence  
Provinces de l’Atlantique 15,28 1,03 -0,70 0,483
Québec 13,88 1,47 réf. réf.
Ontario 18,21 0,81 -2,60 0,010
Prairies 19,15 1,01 -2,58 0,010
Colombie-Britannique 19,35 1,30 -3,15 0,002
Identité autochtone  
Personne autochtone vivant à l’extérieur d’une communauté autochtone 18,15 1,88 -1,06 0,288
Non autochtone 16,06 0,68 réf. réf.
Tableau 5
Régression logistique des facteurs associés aux chances d’être un demandeur de la Prestation canadienne d’urgence, parmi les travailleurs des services de garde d’enfants Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Variable (titres de rangée) et , calculées selon (figurant comme en-tête de colonne).
Variable Rapport de cotes (Intervalle de confiance à 95 %) Valeur de p
Note : réf. = catégorie de référence.
Sources : Statistique Canada, Enquête sur la population active, décembre 2019, janvier 2020 et février 2020; Emploi et Développement social Canada, Renseignements sur la Prestation canadienne d’urgence.
Industrie  
Services de garde d’enfants 1,00 (1,00 à 1,00) réf.
Ménage privé 0,66 (0,20 à 2,16) 0,492
École 3,27 (1,25 à 8,57) 0,016
Autre 1,28 (0,50 à 3,22) 0,606
Heures travaillées  
Temps partiel (moins de 30 heures par semaine) 1,00 (1,00 à 1,00) réf.
Temps plein (30 heures ou plus par semaine) 0,92 (0,44 à 1,93) 0,823
Cumul d’emplois  
Pas de cumul d’emplois 1,00 (1,00 à 1,00) réf.
Cumule plusieurs emplois 0,70 (0,19 à 2,58) 0,590
Durée de l’emploi  
Moins de trois ans 1,17 (0,64 à 2,14) 0,606
Trois à cinq ans 1,12 (0,59 à 2,12) 0,724
Plus de cinq ans 1,00 (1,00 à 1,00) réf.
Revenus hebdomadaires  
Travailleur autonome 2,07 (0,91 à 4,73) 0,085
Moins de 550 $ 1,81 (0,73 à 4,47) 0,197
De 550 $ à 749 $ 1,56 (0,58 à 4,24) 0,379
750 $ ou plus 1,00 (1,00 à 1,00) réf.
Genre  
Homme 1,00 (1,00 à 1,00) réf.
Femme 1,13 (0,29 à 4,46) 0,860
Plus haut niveau de scolarité atteint  
Études secondaires ou niveau de scolarité inférieur 1,32 (0,72 à 2,42) 0,361
Certificat ou diplôme d’une école de métiers 1,00 (1,00 à 1,00) réf.
Grade universitaire ou grade de niveau supérieur 0,68 (0,37 à 1,24) 0,211
Âge  
Moins de 30 ans 1,30 (0,52 à 3,29) 0,576
30 ans à 39 ans 1,00 (1,00 à 1,00) réf.
40 ans à 49 ans 1,06 (0,54 à 2,08) 0,857
50 ans et plus 1,14 (0,58 à 2,23) 0,703
Âge de l’enfant le plus jeune dans le ménage  
0 à 4 ans 1,52 (0,63 à 3,67) 0,353
5 à 9 ans 1,50 (0,66 à 3,41) 0,336
10 à 14 ans 1,00 (1,00 à 1,00) réf.
15 à 25 ans 1,29 (0,54 à 3,08) 0,564
Aucun enfant à la maison (ou enfants de plus de 25 ans) 1,29 (0,57 à 2,93) 0,537
État matrimonial  
Non marié 1,00 (1,00 à 1,00) réf.
Marié (y compris en union libre) 0,83 (0,46 à 1,50) 0,537
Lieu de naissance  
Non né au Canada 1,00 (1,00 à 1,00) réf.
Né au Canada 0,62 (0,34 à 1,16) 0,134
Région de résidence  
Provinces de l’Atlantique 2,23 (0,84 à 5,91) 0,105
Québec 1,00 (1,00 à 1,00) réf.
Ontario 4,17 (2,11 à 8,26) 0,000
Prairies 2,98 (1,60 à 5,55) 0,001
Colombie-Britannique 3,85 (1,62 à 9,14) 0,002
Identité autochtone  
Personne autochtone vivant à l’extérieur d’une communauté autochtone 1,62 (0,46 à 5,68) 0,453
Non autochtone 1,00 (1,00 à 1,00) réf.
Tableau 6
Régression linéaire prédisant le nombre de semaines de Prestation canadienne d’urgence demandées, parmi les travailleurs des services de garde d’enfants ayant présenté une demande Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Régression linéaire prédisant le nombre de semaines de Prestation canadienne d’urgence demandées, parmi les travailleurs des services de garde d’enfants ayant présenté une demande , calculées selon (figurant comme en-tête de colonne).
  Bêta Écart-type Valeur de p
Note : réf. = catégorie de référence.
Sources : Statistique Canada, Enquête sur la population active, décembre 2019, janvier 2020 et février 2020; Emploi et Développement social Canada, Renseignements sur la Prestation canadienne d’urgence.
Industrie  
Services de garde d’enfants réf. réf. réf.
Ménage privé 0,36 2,12 0,866
École -4,74 1,39 0,001
Autre -1,00 2,22 0,651
Heures travaillées  
Temps partiel (moins de 30 heures par semaine) réf. réf. réf.
Temps plein (30 heures ou plus par semaine) 1,36 1,57 0,385
Cumul d’emplois  
Pas de cumul d’emplois réf. réf. réf.
Cumule plusieurs emplois 1,32 1,87 0,481
Durée de l’emploi  
Moins de trois ans 1,59 1,59 0,319
Trois à cinq ans 1,28 1,34 0,340
Plus de cinq ans réf. réf. réf.
Revenus hebdomadaires  
Travailleur autonome 3,57 1,59 0,025
Moins de 550 $ 5,25 2,62 0,046
De 550 $ à 749 $ 2,85 1,28 0,027
750 $ ou plus réf. réf. réf.
Genre  
Homme réf. réf. réf.
Femme -0,27 2,91 0,926
Plus haut niveau de scolarité atteint  
Études secondaires ou niveau de scolarité inférieur 1,65 1,24 0,187
Certificat ou diplôme d’une école de métiers réf. réf. réf.
Grade universitaire ou grade de niveau supérieur 1,84 1,29 0,154
Âge  
Moins de 30 ans -0,15 1,45 0,916
30 ans à 39 ans réf. réf. réf.
40 ans à 49 ans 0,43 1,37 0,757
50 ans et plus 0,75 1,75 0,670
Âge de l’enfant le plus jeune dans le ménage  
0 à 4 ans 3,43 2,11 0,104
5 à 9 ans 3,35 1,91 0,081
10 à 14 ans réf. réf. réf.
15 à 25 ans 3,70 1,95 0,058
Aucun enfant à la maison (ou enfants de plus de 25 ans) 2,91 1,91 0,128
État matrimonial  
Non marié réf. réf. réf.
Marié (y compris en union libre) 1,45 1,37 0,291
Lieu de naissance  
Non né au Canada réf. réf. réf.
Né au Canada -1,63 1,16 0,161
Région de résidence  
Provinces de l’Atlantique 0,07 2,08 0,972
Québec réf. réf. réf.
Ontario 3,68 1,67 0,027
Prairies 3,02 2,13 0,156
Colombie-Britannique 3,38 1,95 0,083
Identité autochtone  
Personne autochtone vivant à l’extérieur d’une communauté autochtone -0,08 2,29 0,972
Non autochtone réf. réf. réf.

3 Discussion

Les services de garde d’enfants au Canada ont été gravement touchés par la pandémie de COVID-19. La présente étude a révélé qu’environ 65 % des travailleurs des services de garde d’enfants ont présenté une demande de PCU au cours de la période du 15 mars au 30 septembre 2020, contre 35 % pour l’ensemble des travailleurs occupés au Canada. De plus, les travailleurs des services de garde d’enfants qui ont demandé la PCU étaient plus susceptibles d’afficher un nombre élevé de semaines de demande de PCU (15 semaines ou plus) que les autres travailleurs (63 % contre 57 %).

Chez les travailleurs des services de garde d’enfants, ceux qui travaillaient dans les écoles étaient plus de trois fois plus susceptibles d’avoir présenté une demande de PCU que ceux de l’industrie des services de garde d’enfants. Toutefois, parmi les demandeurs, les travailleurs des services de garde dans les écoles ont demandé environ trois semaines et demie de moins de PCU que ceux de l’industrie des services de garde d’enfants. Lorsque l’on examine de plus près la tendance temporelle des demandes de PCU, on constate que les travailleurs des services de garde dans les écoles ont présenté le plus grand nombre de demandes pendant les mois d’été (juillet et août), tandis que ceux de l’industrie des services de garde d’enfants ont présenté le plus grand nombre de demandes au printemps (avril et mai). Les éducateurs de la petite enfance dans les classes de maternelle sont autorisés à demander l’assurance-emploi pendant les mois d’été (même avant la pandémie), ce qui peut expliquer le taux élevé de demandes de PCU chez les travailleurs des services de garde dans les écoles (Emploi et Développement social Canada, 2021). Une étude plus approfondie de l’utilisation des programmes de soutien, comme la PCU ou d’autres programmes d’assurance-emploi, serait justifiée pour comprendre leur utilisation par différents types de travailleurs des services de garde.

La région de résidence était également associée au fait d’être demandeur de la PCU et au nombre de semaines demandées. Après la prise en compte d’autres caractéristiques sociodémographiques et caractéristiques d’emploi, les travailleurs des services de garde d’enfants de l’Ontario, des Prairies et de la Colombie-Britannique étaient les plus susceptibles d’avoir fait une demande de PCU, et les travailleurs des services de garde d’enfants de l’Ontario ont demandé le plus grand nombre de semaines de PCU. Ces conclusions concordent globalement avec les politiques mises en œuvre par les différentes provinces en matière de garde d’enfants pendant cette période de pandémie. Le Québec (à l’exception de Montréal) a été la province qui a rouvert ses services de garde d’enfants en centre le plus tôt parmi l’ensemble des provinces. De plus, ces conclusions peuvent refléter les différences entre les provinces en matière de financement pendant la fermeture des services de garde d’enfants. Au Québec et dans les provinces de l’Atlantique, une compensation a été versée aux centres agréés pour remplacer les frais payés par les parents (probablement utilisée pour rémunérer le personnel), tandis que les autres provinces n’avaient pas mis en place de programmes équivalents. De futurs travaux de recherche pourraient permettre d’examiner si le fait de continuer à rémunérer les travailleurs des services de garde, plutôt que de les renvoyer et de les réembaucher, a eu des répercussions sur ces travailleurs eu égard au stress, à la satisfaction au travail et au maintien de l’emploi.

Les travailleurs des services de garde ayant les salaires les moins élevés ont demandé le plus grand nombre de semaines de PCU. Cela concorde avec les conclusions de Lemieux et coll. (2020), qui ont observé que les travailleurs les plus touchés eu égard à l’emploi étaient ceux dont les salaires étaient les plus bas. Lemieux et coll. (2020), ont indiqué que près de la moitié des pertes d’emploi enregistrées de février à avril 2020 concernaient des travailleurs appartenant au quartile de revenus le plus bas. La PCU offrait 500 $ par semaine, soit un montant supérieur au salaire hebdomadaire de nombreux travailleurs des services de garde d’enfants (environ le tiers de ces travailleurs gagnaient moins de 550 $ par semaine avant la pandémie).

4 Limites

Les données de l’EPA tiennent compte de tous les travailleurs des services de garde d’enfants, notamment ceux qui travaillent dans des centres agréés, dans des écoles, comme gardiens ou gardiennes d’enfants en milieu familial, comme nourrices et dans d’autres cadres, comme les services de garde d’enfants offerts dans les haltes-garderies dans les gymnases, les centres commerciaux et les magasins. Les données sur l’ensemble des travailleurs des services de garde d’enfants ne permettent pas de tenir compte des différences entre ces différents groupes de travailleurs de ce secteur. L’EPA ne permet pas de fournir des renseignements sur chacun de ces groupes de travailleurs, et les présenter comme un seul groupe peut masquer des différences importantes qui existent entre les types de travailleurs. De plus, au moment de l’étude, l’EPA ne pouvait pas fournir de renseignements sur le statut de personne racisée des travailleurs des services de garde d’enfants.

La présente étude portait sur l’utilisation de la PCU par les travailleurs des services de garde d’enfants, mais le secteur des services de garde d’enfants a également obtenu un soutien financier dans le cadre de la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC). La SSUC a versé des subventions aux employeurs canadiens qui avaient subi des pertes de revenus en raison de la pandémie afin de couvrir une partie des salaires de leurs employés. La présente étude pourrait donc sous-estimer les répercussions des programmes de soutien liés à la COVID-19 sur le secteur des services de garde, car certains travailleurs de ce secteur ont peut-être reçu des prestations au titre de la SSUC et n’ont pas demandé la PCU.

5 Futurs travaux de recherche

De futurs travaux de recherche pourraient porter sur l’ensemble de la main-d’œuvre des services de garde. Les thèmes d’étude pourraient comprendre les raisons motivant le choix de travailler dans l’industrie des services de garde, la satisfaction au travail, le maintien de l’emploi et les possibilités de formation continue. Il est également important de déterminer si les caractéristiques du personnel des services de garde ont changé à la suite de l’augmentation des investissements fédéraux dans ce secteur (Gouvernement du Canada, 2021). Les caractéristiques d’emploi et les caractéristiques sociodémographiques du personnel devraient continuer à être examinées à mesure que de nouvelles places dans les services de garde d’enfants sont créées et que le financement augmente. Cette augmentation du financement pourrait également avoir des effets sur la qualité des services de garde d’enfants eu égard à la formation des travailleurs de ce secteur et des possibilités de formation continue.

6 Conclusions

Les travailleurs des services de garde d’enfants étaient plus susceptibles de demander la PCU que les autres travailleurs au Canada. Parmi les travailleurs des services de garde d’enfants, la probabilité de demander la PCU et le nombre de semaines demandées variaient selon l’industrie, la région et les revenus avant la pandémie. Les travailleurs des services de garde d’enfants dans les écoles étaient plus susceptibles de présenter une demande de PCU, mais ils ont demandé un nombre de semaines de prestation moins élevé que les travailleurs d’autres industries. Les travailleurs du Québec étaient les moins susceptibles de présenter une demande de PCU, et les travailleurs du Québec et des provinces de l’Atlantique ont demandé le plus petit nombre de semaines de prestation. Les travailleurs des services de garde d’enfants qui avaient des revenus plus élevés avant la pandémie ont demandé moins de semaines de PCU que les travailleurs autonomes et les travailleurs à plus faible rémunération. De futurs travaux de recherche portant sur les travailleurs et les fournisseurs de services de garde d’enfants pourraient fournir des renseignements sur les sous-groupes de travailleurs du secteur des services de garde d’enfants et mettre également l’accent sur la satisfaction au travail, le maintien de l’emploi et les possibilités de perfectionnement professionnel des travailleurs des services de garde d’enfants.

7 Annexe

Tableau A1
Résumé des fermetures des services de garde d’enfants et des écoles au Canada en 2020 en raison de la pandémie de COVID-19 Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Province ou territoire (titres de rangée) et Services de garde en centre agréés, Services de garde en milieu familial, avec permis, Un financement a-t-il été accordé pour les places en services de garde d’enfants agréés durant la fermeture?, Services de garde d’enfants en milieu familial non agréés, Écoles, Fermeture obligatoire?, Date de réouverture, Fermeture obligatoire?, Date de réouverture, Fermeture obligatoire?, Date de réouverture, Fermeture obligatoire? et Date de réouverture, calculées selon unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Province ou territoire Services de garde en centre agréés Services de garde en milieu familial, avec permis Un financement a-t-il été accordé pour les places en services de garde d’enfants agréés durant la fermeture? Services de garde d’enfants en milieu familial non agréés Écoles
Fermeture obligatoire? Date de réouverture Fermeture obligatoire? Date de réouverture Fermeture obligatoire? Date de réouverture Fermeture obligatoire? Date de réouverture
Note ...

n'ayant pas lieu de figurer

Sources : Childcare Resource and Research Unit (2020); Friendly et coll. (2021).
Terre-Neuve Oui 11 mai Oui 11 mai Financement gouvernemental au taux du programme de subvention pour toutes les places agréées Non ... n'ayant pas lieu de figurer Oui Septembre
Île-du-Prince-Édouard Oui 22 mai Oui 22 mai Soutien financier aux centres
Le personnel des services de garde agréés a continué d’être rémunéré
Oui 1er juin Oui Septembre
Nouvelle-Écosse Oui 15 juin  Oui 15 juin  Frais exigés aux parents, avec un soutien gouvernemental offert à ceux qui ne pouvaient pas les payer Non ... n'ayant pas lieu de figurer Oui Septembre
Nouveau-Brunswick Oui 19 mai Oui 19 mai Soutien financier aux centres de la petite enfance et au personnel Non ... n'ayant pas lieu de figurer Oui Septembre
Québec Oui À l’extérieur de Montréal - 11 mai; Montréal - 1er juin Oui Peu clair (tous les services de garde d’enfants ont été fermés du 16 au 27 mars; il n’est pas clair si les services de garde en milieu familial sont demeurés fermés par la suite) Les services ont continué d’être financés Non (certains pouvaient être ouverts avec un ratio réduit) Retour au ratio normal le 22 juin Oui À l’extérieur de Montréal - 11 mai; Montréal - septembre
Ontario Oui 12 juin Non ... n'ayant pas lieu de figurer Financement régulier, sans remplacement des frais non perçus auprès des parents, et interdiction de facturer des frais pour les services de garde fermés Non ... n'ayant pas lieu de figurer Oui Septembre
Manitoba Oui 1er juin Non ... n'ayant pas lieu de figurer La subvention de fonctionnement a continué d’être versée aux services de garde agréés, sans remplacement des frais non perçus auprès des parents Non ... n'ayant pas lieu de figurer Oui Accès limité à partir du 1er juin (p. ex. accompagnement individuel, petits groupes)
Saskatchewan Non — seuls les centres scolaires ont été fermés Réouverture des centres scolaires le 4 mai Non ... n'ayant pas lieu de figurer Subventions gouvernementales régulières aux services de garde agréés, sans remplacement des frais non perçus auprès des parents Non ... n'ayant pas lieu de figurer Oui Septembre
Alberta Oui 14 mai Non ... n'ayant pas lieu de figurer Financement régulier uniquement si le service était en activité, sans remplacement des frais non perçus auprès des parents Non ... n'ayant pas lieu de figurer Oui Septembre
Colombie-Britannique Non ... n'ayant pas lieu de figurer Non ... n'ayant pas lieu de figurer Les services de garde ouverts ont reçu sept fois leur financement moyen; les services de garde fermés ont reçu deux fois leur financement moyen Non ... n'ayant pas lieu de figurer Oui Réouverture à temps partiel le 1er juin
Territoires du Nord-Ouest Non ... n'ayant pas lieu de figurer Non ... n'ayant pas lieu de figurer Subvention pour les coûts fixes (loyer, services publics) des centres fermés, sans remplacement des frais non perçus auprès des parents Non ... n'ayant pas lieu de figurer Oui Septembre
Nunavut Oui 1er juin Inconnu ... n'ayant pas lieu de figurer Financement du personnel des services de garde d’enfants Non ... n'ayant pas lieu de figurer Oui Septembre
Yukon Non ... n'ayant pas lieu de figurer Non ... n'ayant pas lieu de figurer Subvention pour couvrir les coûts d’exploitation de mars à juin, mais ne couvrant pas les salaires du personnel des centres fermés Non ... n'ayant pas lieu de figurer Oui Septembre

Bibliographie

Beach, J., Bertrand, J., Forer, B., Michal, D., Tougas, J. (2004). Un travail à valoriser : La main-d’œuvre du secteur de la garde à l’enfance au Canada. Ottawa : Rapport présenté au Conseil sectoriel des ressources humaines des services de garde à l’enfance.

Childcare Resource and Research Unit (2020). Consulté le 23 février 2022.

Emploi et Développement social Canada (2021). Guide de la détermination de l’admissibilité, Chapitre 14. Consulté le 7 décembre 2021.

Findlay, L. 2019. « Les services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants de 0 à 5 ans dans les provinces et les territoires ». Aperçus économiques. Produit no 11‑ 626 X au catalogue de Statistique Canada.

Friendly, M., Forer, B., Vickerson, R., Mohamed, S. S. (2021). COVID-19 and childcare in Canada: A tale of ten provinces and three territories. Journal of Childhood Studies, 46 (3).

Gouvernement du Canada (2021). Budget 2021 : Une relance axée sur les emplois, la croissance et la résilience. Consulté le 10 octobre 2025.

Lemieux, T., Milligan, K., Schirle, T., Skuterud, M. (2020). Initial impacts of the COVID-19 pandemic on the Canadian labour market. Analyse de politiques, 46 (S1).

Statistique Canada (2018). Classification nationale des professions (CNP) 2011. Consulté le 7 octobre 2025.

Statistique Canada (2020). Emploi, rémunération et heures de travail, septembre 2020. Consulté le 7 décembre 2021.

Statistique Canada (2021). Emploi, rémunération et heures de travail, et postes vacants, novembre 2020. Consulté le 7 décembre 2021.

Uppal, S., Savage, K. (2021). « Le personnel des services de garde d’enfants au Canada ». Regards sur la société canadienne. Juin. Produit no 75-006-X au catalogue de Statistique Canada.


Date de modification :