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  1. Sommaire
  2. Baisse marquée des ventes du secteur canadien de la fabrication
  3. Défis d'ordre économique sans précédent pour les fabricants
  4. Croissance dans trois industries seulement
  5. Baisses supplémentaires dans le secteur du matériel de transport
  6. Les usines américaines ont fait face à des défis semblables
  7. Les ventes fléchissent dans chaque province
  8. Les stocks diminuent
  9. Les réductions de l'emploi se sont poursuivies
  10. Aucun changement dans la productivité du travail des fabricants
  11. Nouveaux creux de l'utilisation de la capacité
  12. Les bénéfices des fabricants diminuent
  13. Les dépenses en immobilisations ralentissent
  14. Tableaux

1   Sommaire

Le ralentissement économique mondial qui a débuté en 2008 a continué à influer sur l'activité économique du Canada, des États-Unis et d'autres pays vers lesquels le Canada exporte des biens et des services. Le ralentissement a également affaibli la demande intérieure et étrangère de produits manufacturés. Par conséquent, la plupart des indicateurs de l'activité du secteur canadien de la fabrication ont baissé en 2009 pour la deuxième année consécutive.

Les ventes du secteur de la fabrication ont diminué de 17,4 % pour atteindre 494,2 milliards de dollars, ce qui représente le recul annuel le plus important enregistré depuis le début de la série de données sur la fabrication en 1992. La majeure partie de ce recul a eu lieu au premier trimestre, après quoi les ventes se sont améliorées progressivement. À la fin de l'année, la valeur des ventes était inférieure de 18 % au sommet de 605,5 milliards de dollars atteint en 2006.

Les baisses ont été généralisées l'année dernière. Dans l'ensemble, 18 des 21 industries manufacturières ont affiché des diminutions, de même que chaque province et territoire. Seules les industries de la fabrication des aliments, celles des boissons et des produits du tabac ainsi que celles des produits divers ont affiché une croissance régulière.

Les prix des produits de base ont diminué fortement en 2009, en raison d'une réduction de la demande et d'un ralentissement de l'économie, tant au pays que sur les marchés d'exportation habituels du Canada. Cette situation a eu une incidence sur les ventes de plusieurs industries associées aux produits de base. Le secteur des biens durables coûteux, qui englobe la fabrication de véhicules automobiles et de pièces pour automobiles ainsi que la première transformation des métaux, a vu ses ventes chuter de 21,4 %, pour s'établir à 242,9 milliards de dollars.

Les ventes du secteur de la fabrication de biens non durables ont diminué de 13,1 % pour atteindre 251,3 milliards de dollars. Des baisses importantes dans les industries des produits du pétrole et du charbon et des produits chimiques ont été compensées dans une certaine mesure par des augmentations importantes dans la fabrication d'aliments, soit l'industrie dont les résultats étaient les plus élevés. Le recul enregistré par les industries des produits du pétrole et du charbon était lié principalement au mouvement des prix.

Les ventes du secteur de la fabrication ont diminué dans les quatre principales provinces manufacturières, c'est-à-dire l'Ontario, le Québec, l'Alberta et la Colombie-Britannique. Ce recul reflétait les prix peu élevés des produits de base, les ralentissements dans les raffineries et la faible demande de produits de première transformation des métaux, de produits du pétrole et du charbon et de produits en bois.

D'autres indicateurs de la vigueur du secteur canadien de la fabrication étaient également plus faibles ou encore à plat, comme l'emploi, la productivité, l'utilisation de la capacité industrielle, les bénéfices et les dépenses en immobilisations.

Les fabricants ont vu leur taux d'utilisation de la capacité industrielle baisser de plus de 9 points de pourcentage pour s'établir à 67,7 %, soit le niveau le plus faible observé depuis le début de la série courante de données en 1987. En 2009, le secteur de la fabrication a perdu 188 000 emplois (-11,2 %), comparativement à une perte de 0,6 % dans d'autres secteurs de l'économie. La proportion de l'emploi total revenant au secteur de la fabrication est passée de 16 % en 2000, le sommet le plus récent, à 10 % en 2009.

La productivité du travail dans le secteur de la fabrication est demeurée la même qu'en 2008. Les bénéfices d'exploitation des fabricants ont diminué de 31,7 % pour se fixer à 29,9 milliards de dollars en 2009, ce qui représente une deuxième baisse successive. Les fabricants ont suspendu l'investissement en bâtiments et en équipement pour une deuxième année consécutive. Les dépenses totales en immobilisations ont accusé leur recul annuel le plus important depuis le ralentissement économique de 2001.

Le présent article se penche sur la performance du secteur canadien de la fabrication en 2009 au moyen de données provenant principalement de l'Enquête mensuelle sur les industries manufacturières.

2   Baisse marquée des ventes du secteur canadien de lafabrication

Le ralentissement économique mondial qui a débuté en 2008 a eu d'importantes répercussions sur le secteur canadien de la fabrication en 2009. Les ventes de ce secteur ont diminué de 17,4 % pour atteindre 494,2 milliards de dollars en 2009, soit la baisse annuelle la plus importante observée depuis 1992, quand les données de la présente série ont été recueillies pour la première fois. Toutefois, la plus grande part de cette baisse a eu lieu au premier trimestre de l'année, après quoi les ventes ont montré des signes d'amélioration progressive.

Sur la base des ventes exprimées en dollars constants, le volume des biens manufacturés a diminué de 15,2 % en 2009 pour s'établir à 458,5 milliards de dollars 1  , soit le niveau le plus faible enregistré depuis 1997 et le quatrième recul annuel successif. Une forte réduction de la demande extérieure et intérieure au début de l'année a contribué au ralentissement de l'activité des usines canadiennes. Sur une base trimestrielle, la valeur des ventes en dollars constants a commencé à s'améliorer au troisième trimestre de 2009.

En dollars courants, les ventes du secteur de la fabrication ont diminué au cours de chacune des trois dernières années. À la fin de 2009, leur valeur était inférieure de 18 % du sommet de 605,5 milliards de dollars enregistré en 2006.

Les baisses ont été généralisées en 2009. Dans l'ensemble, 18 des 21 industries du secteur de la fabrication ont affiché des ventes plus faibles, et les ventes ont reculé dans chaque province et territoire. Les industries de la fabrication d'aliments, de boissons et de produits du tabac, et des produits divers 2  étaient les seules à enregistrer des hausses soutenues.

Les secteurs des biens durables et des biens non durables ont tous deux enregistré des baisses. Cependant, les ventes des industries de la fabrication de biens non durables ont dépassé celles de la fabrication de biens durables pour la première fois depuis le début de la série courante en 1992. La croissance continue de la part de l'industrie de la fabrication d'aliments comparativement aux baisses observées dans des industries importantes de fabrication de biens durables, comme les véhicules automobiles et les pièces pour véhicules automobiles, témoigne de cette évolution de la distribution des ventes par industrie.

Les ventes du secteur des biens durables coûteux, qui comprend les véhicules automobiles et pièces pour véhicules automobiles, ainsi que les métaux de première transformation, ont affiché une baisse marquée de 21,4 % pour s'établir à 242,9 milliards de dollars. Le secteur de la fabrication de biens non durables a enregistré un recul plus faible, soit de 13,1 %, ses ventes s'étant chiffrées à 251,3 milliards de dollars. Des baisses importantes dans la fabrication de produits du pétrole et du charbon et de produits chimiques ont été compensées dans une certaine mesure par une progression marquée de la fabrication d'aliments.

Par conséquent, la proportion des ventes du secteur de la fabrication attribuables au secteur des biens non durables a augmenté pour atteindre 51 %, comparativement à 40 % 10 ans plus tôt. La part du secteur des biens durables s'est contractée, pour passer d'un peu plus de 60 % en 1999 à 49 % en 2009.

Les stocks des fabricants ont également baissé considérablement en 2009, tandis que le ratio des stocks aux ventes a grimpé jusqu'à un niveau inégalé depuis 17 ans. En outre, les prix des produits du pétrole et du charbon, des métaux de première transformation et des produits chimiques ont diminué fortement, ce qui a contribué à la réduction de la valeur des ventes au cours de l'année.

3   Défis d'ordre économique sans précédentpour les fabricants

En 2009, les fabricants canadiens ont dû faire face à des défis économiques sans précédent.

Le dollar canadien, dont la valeur était demeurée forte par rapport au dollar américain, s'est un peu déprécié en 2009 3  après avoir atteint et dépassé la parité l'année précédente. Néanmoins, le cours relativement élevé du dollar canadien a continué à éroder le prix avantageux dont des biens manufacturés au Canada comparativement à leurs équivalents américains.

La crise financière mondiale qui a débuté en 2008 a continué d'avoir des retombées sur le secteur de la fabrication, le secteur bancaire ayant resserré l'accès au crédit à la suite des faillites bancaires qui s'étaient produites plus tôt aux États-Unis. En effet, cette mesure a eu des répercussions directes sur l'activité économique au Canada, aux États-Unis et dans d'autres pays où le Canada exporte des biens et services et, en fin de compte, a fait fléchir la demande étrangère et intérieure de produits manufacturés.

En particulier, la crise de l'industrie de l'automobile a entraîné des opérations de sauvetage financier par les gouvernements canadien et américain. La restructuration de l'industrie a causé des arrêts d'exploitation temporaires et des fermetures permanentes d'usines durant la première moitié de 2009.

Au cours de l'année 2009, la forte réduction (-38.8 %) du nombre de mises en chantier aux États-Unis, lequel s'est établi à 554 000 unités, a eu une incidence générale sur l'économie canadienne, en particulier sur l'industrie des produits en bois 4  .

Les prix des produits de base ont diminué fortement en 2009, en raison de la demande réduite et du ralentissement économique. Ce recul a fait baisser la valeur des ventes dans plusieurs industries associées aux produits de base. Cependant, il pourrait aussi avoir favorisé d'autres industries en réduisant le coût de leurs intrants.

En raison de ces défis, les fabricants canadiens ont dû supprimer des emplois en réponse aux annulations de commandes et à la diminution progressive de la demande de consommation.

4   Croissance dans trois industries seulement

Bien que l'année 2009 ait été marquée par une activité manufacturière plus faible dans la plupart des industries, on pouvait déceler quelques secteurs plus florissants. En 2009, 3 des 21 industries du secteur de la fabrication ont connu un essor. Les ventes des industries de fabrication d'aliments ont augmenté de 4,7 %; celles des boissons et des produits du tabac de 2,5 %; et celles des produits divers de 2,5 %.

Toujours en 2009, les trois industries les plus importantes sur le plan des ventes manufacturières étaient celles de la fabrication d'aliments, du matériel de transport et des produits du pétrole et du charbon.

Les fabricants d'aliments, l'industrie la plus importante en 2009, ont enregistré un chiffre de ventes de 81,4 milliards de dollars, ce qui représente 16,5 % des ventes totales du secteur de la fabrication, en hausse par rapport à la part de 13,0 % affichée en 2008. Même si les consommateurs ont réduit leurs dépenses au cours de l'année, les ventes d'aliments sont demeurées fortes. Un accroissement estimé de 1,2 % de la population en 2009 5  a contribué à la hausse de la valeur des ventes de l'industrie des produits alimentaires.

En 2009, les industries manufacturières qui ont connu les baisses les plus marquées des ventes étaient celles des métaux de première transformation (-36,9 %) et des produits du pétrole et du charbon (-28,1 %). Les ventes de produits chimiques ont également reculé de 16,0 % au cours de l'année 6  .

Un ralentissement important de la demande mondiale de produits du fer et de l'acier, ainsi qu'une diminution des prix de 11,6 % 7  ont fait décroître les volumes de production et les ventes des métaux de première transformation en 2009.

L'industrie canadienne des produits du pétrole et du charbon a perdu son rang de deuxième industrie manufacturière la plus importante qu'elle avait acquis en 2008, se retrouvant à la troisième place en 2009. Ce recul tenait principalement aux prix, les prix industriels des produits du pétrole ayant chuté de près de 28 % 8  . L'affaiblissement de l'économie mondiale a été l'un des principaux facteurs de cette diminution prononcée des prix. En 2009, la proportion des ventes totales du secteur de la fabrication représentée par l'industrie des produits du pétrole était de 11,8 %, en baisse par rapport au sommet de 13,6 % atteint en 2008.

En 2009, l'industrie des produits chimiques occupait la quatrième place en importance parmi les industries manufacturières, ses ventes s'étant établies à 41,8 milliards de dollars, en baisse de 16,0 % par rapport à 2008. L'effritement de la demande et la faiblesse des prix des engrais et de la potasse comptaient parmi les facteurs qui expliquent la baisse de 6,1 % des prix des produits chimiques 9  en 2009.

L'industrie des produits en bois, qui est axée sur les exportations, a souffert pour la cinquième année d'affilée, ses ventes ayant subi un recul supplémentaire de 23,0 % pour atteindre 16,8 milliards de dollars en 2009, soit une baisse de 53 % depuis le sommet le plus récent de 35,8 milliards de dollars observé en 2004. Cette affaiblissement était attribuable en grande partie à l'effondrement du marché du logement aux États-Unis.

La fabrication de machines a diminué de 17,6 %, la majorité du recul ayant eu lieu durant la première moitié de 2009 en raison de la demande plus faible de produits du fer et de l'acier.

5   Baisses supplémentaires dans le secteur du matérielde transport

Vers la fin de 2009, l'industrie de la fabrication de véhicules automobiles a poursuivi sa restructuration en profondeur. Les pertes d'emplois, les fermetures d'usines et les ralentissements de la production ont été généralisés, notamment durant la deuxième moitié de 2008 et au début de 2009. Les ventes de véhicules automobiles ont commencé à montrer des signes de reprise après le premier trimestre de 2009 et les ventes de pièces de véhicules automobiles ont suivi après le deuxième trimestre.

En 2009, les ventes des fabricants de matériel de transport ont baissé de 21,9 %, les sept industries formant ce groupe ayant affiché des pertes. La proportion du total des ventes du secteur de la fabrication revenant à cette industrie était de 15,4 % en 2009, en baisse de 10 points de pourcentage par rapport à 1999.

Au sein de l'industrie du matériel de transport, les ventes de véhicules automobiles sont celles qui ont reculé le plus, en baisse de 25,0 % pour s'établir à 35,1 milliards de dollars, soit le niveau le plus bas en 17 ans. Comparativement au sommet de 78,3 milliards de dollars atteint en 1999, le repli était de 55,2 %. La proportion des ventes totales du secteur de la fabrication revenant à cette industrie en 2009 a diminué pour s'établir à 7,1 %, soit moins de la moitié de la part qu'elle représentait il y a 10 ans. Les arrêts des chaînes de montage, les fermetures et les ralentissements d'exploitation se sont traduits par une réduction importante de la capacité de production.

En 2009, les ventes des fabricants de pièces pour véhicules automobiles ont baissé de 23,7 % pour atteindre 17,3 milliards de dollars. Ces fabricants ont enregistré le deuxième repli en importance parmi les industries du matériel de transport.

Les fabricants canadiens de produits aérospatiaux ont vu diminuer la demande mondiale d'aéronefs commerciaux et de défense, ainsi que de pièces pour ces aéronefs en 2009 : la production a baissé de 14,4 % pour atteindre 15,9 milliards de dollars. Les ventes de cette industrie ont augmenté régulièrement depuis 2004 pour se fixer à 18,5 milliards de dollars en 2008. La production de l'industrie des produits aérospatiaux a diminué au cours des trois premiers trimestres de 2009.

6   Les usines américaines ont fait face à desdéfis semblables

En 2009, le secteur américain de la fabrication a enregistré des pertes de ventes comparables à celles observées au Canada. Les ventes de ce secteur ont baissé de 15,6 % pour atteindre 4,4 billions de dollars américains 10  . Sur la base du montant des ventes, l'industrie américaine de la fabrication est demeuré environ neuf fois supérieure à celle du Canada.

Comme au Canada, les quatre industries manufacturières américaines les plus importantes étaient celles des produits chimiques, des aliments, du matériel de transport, ainsi que des produits du pétrole et du charbon.

Aux États-Unis, les 21 industries manufacturières ont toutes affiché des baisses de leurs ventes : celles des produits du pétrole et du charbon et des métaux de première transformation venaient en tête, leur recul étant de l'ordre de 35 %. Les ventes d'automobiles et de camions légers ont également accusé des baisses de plus de 30 % en 2009 11  .

7   Les ventes fléchissent dans chaque province

Les ventes du secteur de la fabrication ont diminué dans chaque province et territoire en 2009 12  . Les quatre provinces les plus importantes, selon la valeur des ventes, étaient l'Ontario, le Québec, l'Alberta et la Colombie-Britannique, c'est-à-dire les mêmes qu'en 2008.

L'Ontario est demeuré la province dont la production manufacturière était la plus importante. Les ventes de son secteur de la fabrication ont diminué de 18,5 % pour s'établir à 223,4 milliards de dollars, soit le niveau le plus faible depuis 1996. En 2009, la proportion du total des ventes du secteur canadien de la fabrication revenant à l'Ontario était de 45,2 %, en baisse par rapport à celle de plus de 55 % enregistrée en 1999.

Dans l'industrie des véhicules automobiles de l'Ontario, de nombreux facteurs, y compris une demande intérieure ainsi qu'étrangère considérablement plus faible, ont entraîné une baisse de 25,4 % des ventes, dont la valeur s'est établie à 33,9 milliards de dollars en 2009. Cette diminution faisait suite à une baisse de 23,1 % l'année précédente. De même, les ventes de l'industrie de pièces pour véhicules automobiles ont reculé de 23,9 % pour atteindre 16,2 milliards de dollars, ce qui représente le cinquième recul d'affilée. Les ventes de l'industrie des métaux de première transformation (-44,7 %) et de l'industrie des produits du pétrole et du charbon (-34,9 %), toutes deux touchées par la réduction de la demande et l'effondrement des prix, ont également diminué fortement. Pour terminer sur une note positive, les fabricants d'aliments de l'Ontario ont enregistré un accroissement solide de 5,5 % de leurs ventes.

Au Québec, la deuxième province manufacturière en importance, les ventes ont baissé de 13,8 % par rapport à 2008 pour s'établir à 128,4 milliards de dollars. La proportion du total des ventes du secteur canadien de la fabrication revenant au Québec a augmenté de 1,1 point de pourcentage pour atteindre 26,0 %. À la fin de l'année, les ventes de 18 des 21 industries manufacturières avaient baissé au Québec. Les métaux de première transformation (-31,3 %), les produits du pétrole et du charbon (-20,9 %) et les produits aérospatiaux (-17,1 %) étaient les industries ayant enregistré les diminutions les plus importantes.

En 2009, les ventes manufacturières de l'Alberta, province occupant le troisième rang, ont baissé de 21,6 % pour atteindre 55,2 milliards de dollars. Ce recul était principalement attribuable à une diminution de près de 28 % des prix des produits du pétrole et du charbon et de 6,1 % des prix des produits chimiques 13  , conjuguée à une baisse de 33,0 % des ventes de produits chimiques. La fabrication d'aliments a été une industrie importante pour la croissance en Alberta en 2009, ayant enregistré une progression de 9,3 % de ses ventes.

La Colombie-Britannique était la quatrième province en importance sur le plan de l'activité manufacturière, affichant des ventes de 32,7 milliards de dollars, en baisse de 17,7 % par rapport à 2008. Il s'agissait du troisième recul annuel consécutif et du niveau le plus faible observé depuis 1998. L'importante industrie des produits en bois de cette province a continué à voir décroître ses ventes, en grande partie en raison de l'effondrement du marché du logement aux États-Unis.

Le Manitoba, dont l'économie manufacturière est diversifiée, a accusé une baisse de 11,1 % de ses ventes manufacturières, qui se sont établies à 14,6 milliards de dollars. Le secteur du matériel de transport (-9,8 %) et une baisse des prix des produits chimiques ont contribué au déclin observé au Manitoba. En Saskatchewan, les ventes ont diminué de 10,5 % pour atteindre 11 milliards de dollars en 2009, l'industrie des produits chimiques (-7,0 %) étant une des industries ayant le plus contribué à cette baisse.

À Terre-Neuve-et-Labrador, les ventes ont reculé de 33,0 % pour s'établir à 4,4 milliards de dollars, ce qui représente le repli le plus important parmi toutes les provinces. Les ventes de biens non durables, tels que les aliments et les produits du pétrole et du charbon ont chuté de 35,6 % comparativement à 2008. L'industrie des fruits de mer a dû faire face à des fermetures d'usine et à une réduction de la demande de consommation. Les ventes de produits du pétrole et du charbon ont souffert de l'effet combiné de la baisse des prix, de la réduction de la demande et d'arrêts d'exploitation temporaires des raffineries.

De toutes les provinces, l'Île-du-Prince-Édouard est celle qui a enregistré la baisse la plus faible de ses ventes, celles-ci ayant fléchi de 3,3 % pour atteindre 1,3 milliard de dollars. Un recul de 14,2 % dans l'industrie de la fabrication d'aliments a été en grande partie compensé par la croissance de 14,4 % des ventes de l'industrie du matériel de transport.

En Nouvelle-Écosse, les ventes du secteur de la fabrication ont baissé de 15,2 % pour atteindre 9 milliards de dollars. Les ventes de l'industrie des produits en plastique et en caoutchouc ont diminué de 13,6 % et celles du matériel de transport, de 13,5 %. Au Nouveau-Brunswick, les ventes ont reculé de 20,6 % pour se chiffrer à 14,1 milliards de dollars en 2009, les industries des produits en plastique et en caoutchouc et des produits en bois ayant contribué au ralentissement.

Ensemble, les trois territoires ont affiché une régression de 36,5 % de leur activité manufacturière en 2009, soit la quatrième d'affilée.

8   Les stocks diminuent

À mesure que le ralentissement économique, qui a débuté en 2008, s'est intensifié au cours des premiers mois de 2009, les fabricants canadiens ont essayé de limiter leurs stocks. En comparaison, au cours du ralentissement de 2001, ils avaient maintenu un niveau élevé de stocks qui leur a pris du temps à écouler.

Au fil des ans, les fabricants canadiens ont amélioré leurs pratiques de gestion des stocks en utilisant des technologies de pointe et en recourant davantage à un système de fabrication juste à temps, dans lequel les fabricants achètent et reçoivent les composants juste avant qu'ils ne soient nécessaires en production. Cette méthode a été utilisée à grande échelle par diverses industries, y compris le secteur des véhicules automobiles.

En dollars courants, le niveau annuel moyen des stocks du secteur de la fabrication a baissé de 6,5 % en 2009 pour atteindre la valeur de 62,3 milliards de dollars, ce qui reflète les prix plus faibles des produits de base, observés pour la dernière fois à ce niveau en 2000.

Le ratio annuel moyen des stocks aux ventes s'établissait à 1,52 en 2009, en hausse par rapport à 1,34 en 2008 et le niveau le plus élevé observé depuis 1992. Auparavant, le ratio avait atteint le sommet de 1,45 en 2001, après l'effondrement du secteur de la haute technologie et un ralentissement économique aux États-Unis. À cette époque-là, les fabricants ont eu du mal à écouler leurs stocks.

Le ratio des stocks aux ventes est une mesure du temps, en mois, qu'il faudrait pour épuiser les stocks au rythme actuel des ventes.

D'autres indicateurs de la vigueur du secteur canadien de la fabrication étaient également plus faibles ou encore à plat, comme l'emploi, la productivité, l'utilisation de la capacité industrielle, les bénéfices et les dépenses en immobilisations.

9   Les réductions de l'emploi se sont poursuivies

Le repli mondial de 2008-2009 a eu des conséquences néfastes sur le secteur de la production de biens, les fabricants ayant dû faire face à une demande plus faible et à des réductions de capacité qui ont entraîné une compression prononcée des effectifs.

En 2009, l'emploi annuel moyen dans le secteur de la fabrication était de 1,486 million, soit le niveau le plus faible enregistré depuis le début de la série courante en 1991. Après avoir atteint un sommet de 2,037 millions d'emplois en 2000, l'emploi dans ce secteur a par la suite diminué chaque année.

Les pertes d'effectif ont été plus importantes dans le secteur de la fabrication que dans le reste de l'économie. Le secteur de la fabrication a perdu 188 000 emplois (-11,2 %) de 2008 à 2009. Dans l'ensemble, tous les autres secteurs de l'économie (excluant la fabrication) ont subi une réduction de l'emploi de 0,6 % durant la même période marquant ainsi le premier recul depuis 1992. Au cours de la même période, Par conséquent, la proportion de l'emploi total attribuable au secteur de la fabrication a continué à diminuer progressivement, tombant à 10 % en 2009, après un sommet récent de 16 % atteint en 2000.

Durant le récent repli économique, les fabricants ont systématiquement éliminé des emplois du troisième trimestre de 2008 au quatrième trimestre de 2009. Cela étant dit, la majeure partie de la baisse de l'emploi a eu lieu durant une période de six mois, lors du dernier trimestre de 2008 et du premier trimestre de 2009, suivant ainsi les tendances des indicateurs connexes.

Après une diminution de 7,4 % de l'emploi dans le secteur de la fabrication au premier trimestre, des reculs plus modestes ont été enregistrés au cours du reste de l'année 2009, à mesure que le secteur s'est stabilisé.

En 2009, l'emploi a diminué plus rapidement dans les industries de fabrication de biens durables coûteux, y compris les véhicules automobiles et les pièces pour véhicules automobiles, les machines et les produits en bois, que dans les industries de fabrication de biens non durables. La proportion de l'emploi du secteur de la fabrication de biens durables a diminué de 1,6 point de pourcentage pour s'établir à 58,3 %, après une période de croissance de 15 ans.

10   Aucun changement dans la productivité du travail desfabricants

La productivité du travail, mesurée par le rapport entre le produit intérieur brut réel et le nombre d'heures travaillées, est un quantificateur important de la croissance économique et du niveau de vie.

En 2009, la productivité du travail des fabricants est demeuré inchangée, après avoir enregistré un recul de 2,0 % en 2008.

La diminution de la production dans le secteur de la fabrication enregistrée en 2009 (-12,2 %) a été quasiment équivalente à la réduction du nombre d'heures travaillées (-12,1 %), ce qui a laissé la productivité inchangée par rapport à 2008. La réduction du nombre d'heures travaillées était le reflet des pertes d'emplois importantes qui ont eu lieu en fabrication l'année dernière, conjuguées à des fermetures provisoires d'usines et à des réductions du travail par équipe.

Entre-temps, la productivité du travail de l'ensemble de l'économie a augmenté de 0,9 %, révélant une rupture entre le secteur de la fabrication et les autres secteurs de l'économie. Dans l'ensemble de l'économie, le nombre d'heures travaillées a diminué de 3,3 % en 2009, mais la production réelle a fléchi de 2,4 %, ce qui a fait augmenter la productivité du travail. En 2008, la productivité du travail dans l'ensemble de l'économie avait enregistré une baisse de 0,4 %.

11   Nouveaux creux de l'utilisation de la capacité

La production manufacturière a ralenti considérablement en 2009, les fabricants ayant réduit leur activité en réponse au fléchissement de la demande de biens causé par le ralentissement économique.

Durant l'année, les fabricants ont vu baisser leur taux d'utilisation de la capacité industrielle de plus de 9 points de pourcentage pour atteindre 67,7 %, soit le niveau le plus faible depuis le début de la série courante de données en 1987. Cette baisse suivait un repli de 6 points de pourcentage en 2008. En comparaison, durant l'important ralentissement économique du début des années 1990, le niveau le plus bas du taux d'utilisation de la capacité industrielle, relevé en 1991, était de 74,2 %.

Sur une base annuelle, l'utilisation de la capacité par les fabricants a culminé à 86 % en 2000.

En 2009, 18 des 21 industries manufacturières ont affiché une utilisation plus faible de la capacité industrielle, nombre d'entre elles ayant maintenu des taux variant de 60 % à 70 %. Seulement 3 industries ont déclaré un taux supérieur à 80 %, c'est-à-dire celles des produits informatiques et électroniques (84,0 %), des activités diverses de production (83,5 %) et des aliments (80,8 %). Deux ans plus tôt, 13 industries manufacturières maintenaient des taux d'utilisation de la capacité industrielle supérieurs à 80 %.

En 2009, l'une des baisses les plus importantes dans le secteur de la fabrication a été enregistrée dans l'industrie de la fabrication du matériel de transport, dont le taux d'utilisation de la capacité industrielle est tombé à 53,1 %. Ce taux réduit était attribuable à la demande beaucoup plus faible de véhicules automobiles et de camions légers, de pièces pour véhicules automobiles et d'aéronefs. Les arrêts d'exploitation temporaires, mais généralisés, des usines de montage d'automobiles qui ont eu lieu au début de 2009 ont joué un rôle déterminant dans ce faible taux.

12   Les bénéfices des fabricants diminuent

En 2009, les bénéfices d'exploitation des fabricants ont chuté de 31,7 % pour atteindre 29,9 milliards de dollars, marquant ainsi la deuxième baisse consécutive et le niveau annuel de bénéfices le plus faible observé depuis 1994. Le ralentissement économique, les baisses prononcées des prix de certaines ressources naturelles et l'appréciation du dollar canadien ont tous contribué à la décroissance à deux chiffres en 2009.

Comme celles d'autres indicateurs économiques, la baisse des bénéfices s'est concentrée au dernier trimestre de 2008 et au premier trimestre de 2009. Pendant le premier trimestre de 2009, la valeur des bénéfices a baissé à 4,6 milliards de dollars, soit le niveau le plus faible observé pour un seul trimestre depuis le repli économique du début des années 1990. Durant le deuxième et le troisième trimestre de 2009, les bénéfices ont augmenté à mesure que l'économie a commencé à manifester des signes de reprise. Au quatrième trimestre, les bénéfices étaient supérieurs d'environ 14 % au niveau observé à la même période en 2008.

L'industrie des produits du pétrole et du charbon a été durement touchée en 2009 : ses bénéfices ont chuté de 58 % pour atteindre 6,2 milliards de dollars, soit une valeur bien inférieure au sommet récent de 14,8 milliards de dollars atteint en 2008. Les prix considérablement plus bas du pétrole ont constitué un facteur déterminant, la valeur des ventes intérieures et à l'exportation ayant dégringolé durant l'année.

Les fabricants de véhicules automobiles et de pièces pour véhicules automobiles, de produits métalliques et de machines ont également affiché des bénéfices d'exploitation nettement plus faibles en 2009, chacun souffrant des effets du ralentissement économique de la demande.

Les bénéfices des fabricants d'aliments et de boissons gazeuses ainsi que de ceux de boissons alcoolisées et de produits du tabac ont enregistré des augmentations.

La source des bénéfices d'exploitation a évolué considérablement au cours de la dernière décennie. En 1999, la fabrication des véhicules automobiles et de pièces pour véhicules automobiles, ainsi que la fabrication de produits en bois et la fabrication de papier faisaient partie des industries les plus rentables, produisant ensemble 33 % du total des bénéfices d'exploitation du secteur de la fabrication. La proportion attribuable à l'industrie des produits du pétrole était de 7 %.

Durant la deuxième moitié des années 2000, la part de l'industrie des produits du pétrole a augmenté progressivement pour atteindre un sommet de 34 % en 2008. Cette hausse a été alimentée par la croissance rapide et par la montée des prix au cours de la période. En 2009, la part des bénéfices de cette industrie était retombée à 21 %.

Par contre, les industries de la fabrication de véhicules automobiles et de pièces pour véhicules automobiles ainsi que celles des produits en bois, durement touchées, ont accusé des pertes d'exploitation au cours des deux dernières années, ce qui a réduit considérablement leur part du total des bénéfices du secteur de la fabrication.

Dans l'industrie de la fabrication d'aliments et de boissons gazeuses, au cours des trois dernières années, la demande croissante a fait augmenter systématiquement la part du total des bénéfices d'exploitation, qui a atteint 19,6 % en 2009.

13   Les dépenses en immobilisations ralentissent

Habituellement, les entreprises procèdent à des dépenses en immobilisations afin de demeurer concurrentielles ou pour améliorer leur productivité et leur rentabilité. Toutefois, en période de ralentissement des marchés et de réduction des bénéfices et des liquidités, les investissements en bâtiments et en équipement sont parfois les premiers à être reportés étant donné que les entreprises tentent de contrôler leurs dépenses en attendant les signes d'une reprise.

Pour la deuxième année d'affilée, les fabricants ont ralenti leurs investissements en bâtiments et en équipement. Les dépenses totales en immobilisations ont baissé de 31,5 % pour atteindre 13,6 milliards de dollars en 2009, ce qui représente la baisse annuelle la plus importante depuis le début de la série courante en 1991. En 2008, elles avaient diminué de 3,4 %. Lors du dernier ralentissement important de l'économie en 2001, les dépenses en immobilisations se sont contractées de 14,5 %.

Les dépenses totales en immobilisations englobent deux types de dépenses, celles en machines et en équipement et celles en bâtiments. Les dépenses en machines et en équipement représentaient 86 % des dépenses totales en 2008 et en 2009.

Les industries du matériel de transport et des produits du pétrole et du charbon ont contribué le plus à la diminution des dépenses en machines et en équipement, représentant certaines des industries où les mouvements ont été les plus importants en ce qui concerne les ventes du secteur de la fabrication en 2009.

Les fabricants de matériel de transport ont réduit leurs dépenses en immobilisations de près de 56 %, pour atteindre 1,7 milliard de dollars en 2009, après une contraction de 18,6 % en 2008. En 2007, les dépenses en immobilisations avaient atteint 4,6 milliards de dollars dans cette industrie. L'industrie des produits du pétrole et du charbon a réduit ses dépenses de 38,9 %, après une augmentation de 21,4 % en 2008. L'industrie de la première transformation des métaux a également diminué fortement ses dépenses (-23,7 %), formant avec les deux précédentes les trois industries où le mouvement à la baisse a été le plus important en 2009.

L'investissement en bâtiments a continué à fléchir, enregistrant une baisse de 30,9 % en 2009, après une baisse de 13,9 % en 2008. Les 1,9 milliard de dollars d'investissement en bâtiments enregistrés en 2009 représentent le niveau le plus faible en au moins 18 ans. L'industrie du matériel de transport a de nouveau été celle qui a contribué le plus à la réduction des dépenses en bâtiments durant l'année.

14   Tableaux