Article principal

Avertissement Consulter la version la plus récente.

Information archivée dans le Web

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

  1. Sommaire
  2. Les prix des produits de première nécessité propulsent l'Indice des prix des achats courants
  3. Année 2009 : l'IPC d'ensemble et l'Indice des prix des achats courants augmentent à peu près au même rythme
  4. Indice des prix des achats occasionnels : la chute des prix des biens durables atténue sa progression
  5. Indice des prix des achats contractuels : les primes d'assurance et les intérêts hypothécaires plus élevés sont les principaux facteurs contribuant à la hausse
  6. Indices des prix basés sur la fréquence d'achat et perceptions de l'inflation
  7. Tableaux

1   Sommaire

Au cours de la dernière décennie, les prix des biens et services achetés couramment par les consommateurs ont généralement augmenté plus rapidement que l'Indice des prix à la consommation (IPC) d'ensemble. Par contre, les prix des biens et services achetés occasionnellement ont généralement augmenté moins rapidement que cet indice.

Cette situation a des incidences sur les perceptions qu'ont les consommateurs de la hausse des prix et de l'IPC proprement dit. Des travaux de recherche ont montré que, dans leur manière de percevoir l'inflation, les consommateurs ont tendance à accorder plus d'importance aux variations des prix des biens qu'ils achètent plus couramment qu'à celles des biens qu'ils acquièrent moins souvent.

Cette étude spéciale examine les fluctuations des prix de trois groupements des articles dans le panier de l'Indice des prix à la consommation (IPC) selon la fréquence d'achat (achats courants, achats occasionnels et achats contractuels). Elle permettra de mieux comprendre les sources de l'inflation des prix à la consommation et d'obtenir des éclaircissements sur la perception qu'ont les gens de l'inflation.

De 2000 à 2009, les prix à la consommation de tous les articles ont augmenté à un taux annuel moyen de 2,1 %, mais les prix des articles achetés couramment ont progressé de 3,2 %, tandis que ceux des articles achetés occasionnellement n'ont augmenté que de 0,7 %.

Les augmentations des prix de l'essence et des aliments jouaient un rôle significatif dans la hausse importante des prix des articles achetés couramment. En revanche, les prix des biens de consommation durables coûteux ont augmenté lentement, voire même baissé, comme dans le cas du matériel et des fournitures informatiques.

Pour les articles couverts par une forme de contrat, l'accroissement annuel moyen a été de 2,5 %, chiffre qui concorde davantage avec le taux de croissance de l'IPC d'ensemble.

Toutefois, en 2009, cette tendance s'est renversée. Les prix à la consommation de tous les articles ont augmenté à un taux annuel moyen de 0,3 % durant l'année, mais le taux d'inflation pour les articles achetés couramment était de 0,2 %. La chute des prix de l'essence qui en était la cause principale a eu un effet atténuateur beaucoup plus prononcé sur l'Indice des prix des achats courants que sur l'IPC d'ensemble.

Sources de données et méthodologie

Pour les besoins de cette étude, les articles de l'IPC sont regroupés en s'appuyant sur la fréquence des achats : 

1) Les achats courants qui englobent les biens et services que les consommateurs achètent, en général, minimalement une fois par mois et dont le prix de transaction n'a pas été déterminé plus d'un mois d'avance (par obligation contractuelle);

2) Les achats occasionnels qui englobent les biens et services que les consommateurs achètent généralement moins souvent qu'une fois par mois, mais en excluant les achats contractuels;

3) Les achats contractuels qui englobent les achats comportant des ententes contractuelles, telles que les assurances de véhicule automobile. Les articles achetés sous contrat sont moins susceptibles d'influer sur la perception qu'ont les consommateurs de l'inflation que les articles achetés couramment 1  . La catégorie des ententes contractuelles est une catégorie intermédiaire entre celles des achats courants et des achats occasionnels. Les paiements de location à bail ou les primes d'assurance de véhicule automobile, par exemple, sont généralement visibles chaque mois et auraient pu être classés dans la catégorie des achats courants. Cependant, puisque ces paiements sont habituellement négociés ou renouvelés une fois par an, ils auraient aussi pu être classés comme des achats occasionnels. Définir ce genre d'achats comme étant courants ou occasionnels n'aurait pas été satisfaisant. Évidemment, les utilisateurs de ces statistiques sont libres d'agréger la catégorie des achats contractuels avec l'une ou l'autre des autres catégories.

Chaque élément des catégories de base de l'IPC a été affecté à l'un de ces trois groupes en se basant sur le jugement professionnel des spécialistes de l'analyse des prix et en fonction de renseignements tels que les taux de réponse provenant de l'Enquête sur les dépenses des ménages, les classifications des biens durables, semi-durables et non durables, la fréquence du relevé des prix, ainsi que les renseignements sur les marchés (voir le tableau 4). Donc, l'IPC d'ensemble représente une moyenne pondérée de ces trois groupes spéciaux.

Les indices des prix pour ces trois groupes fournissent de nouvelles mesures qui peuvent éclairer les perceptions qu'ont les consommateurs de l'inflation et leur permettre de mieux comprendre les sources de l'inflation des prix à la consommation 2  .

Des études semblables basées sur la fréquence d'achat ont été effectuées par l'Office for National Statistics et par l'Eurostat afin d'expliquer pourquoi l'inflation perçue par les consommateurs peut différer de l'IPC d'ensemble 3  . Des articles de recherche ont traité de l'effet que les achats courants peuvent avoir sur les perceptions de l'inflation. Nombre d'entre eux ont montré que les perceptions qu'ont les consommateurs de l'inflation sont vraisemblablement en conformité avec les fluctuations des prix des articles achetés couramment 4  .

2   Les prix des produits de première nécessitépropulsent l'Indice des prix des achats courants

Au cours des dix dernières années, les consommateurs ont été confrontés à de plus fortes augmentations moyennes des prix des biens et services qu'ils achètent couramment, tels que l'essence et les aliments.

Les prix des biens et services achetés couramment par les Canadiens ont augmenté au taux annuel moyen de 3,2 % de 2000 à 2009 selon l'Indice des prix des achats courants (IPACR) ». Cette croissance était supérieure à la hausse annuelle moyenne de 2,1 % enregistrée pour l'IPC d'ensemble.

Les achats courants englobent les articles que les consommateurs achètent au moins mensuellement, tels que les aliments, les produits de toilette, les services de loisirs, les transports publics et l'essence. Ils n'incluent pas les articles tels que les assurances de véhicule automobile, les loyers, les assurances-maison ni les paiements pour la location à bail de véhicules automobiles.

Même si les paiements pour ces articles sont effectués mensuellement, ils sont de nature contractuelle, puisque le prix de transaction est négocié à une date déterminée. Les paiements réguliers — habituellement mensuels — sont faits au cours d'une période dépassant un mois.

Pourquoi les articles dont l'achat est contractuel ont été classés dans un indice distinct

Étant donné le temps séparant les fluctuations de prix qui pourraient être observées pour les achats contractuels, il est moins probable que celles-ci aient une grande influence sur les perceptions de l'inflation. Par exemple, le contrat d'assurance d'un véhicule automobile est généralement établi annuellement. La plupart des consommateurs font des paiements mensuels conformément à un plan convenu, mais l'article n'est pas considéré comme étant acheté couramment. Le prix payé chaque mois est déterminé plus d'un mois d'avance et ne change qu'à la date de renouvellement de la police d'assurance (habituellement chaque année). Par conséquent, les variations de prix des assurances de véhicule automobile ne devraient avoir qu'un effet mineur sur la mesure de l'inflation que perçoit le consommateur comparativement à des articles achetés couramment, comme les aliments. Les articles qui peuvent être achetés et payés mensuellement, mais dont le prix d'achat est déterminé plus d'un mois d'avance sont donc exclus de l'IPACR.

Au cours de la dernière décennie, les prix des composantes de l'énergie (électricité, gaz naturel, mazout et essence) et des aliments, deux catégories de produits de première nécessité pour les ménages, ont été les principaux facteurs contribuant à la variation à la hausse de l'IPACR. De 2000 à 2009, les prix des produits énergétiques ont augmenté au taux annuel moyen de 4,6 % et les prix des aliments, au taux annuel moyen de 2,8 %. Ces deux taux étaient plus élevés que le taux annuel moyen de croissance de l'IPC d'ensemble.

En particulier, l'augmentation des prix des aliments était attribuable principalement à la hausse des prix de la viande (+3,2 %), des produits laitiers (+3,4 %) et des produits de boulangerie (+4,5 %). Les facteurs qui ont principalement contribué à l'augmentation des prix de l'énergie ont été une hausse de 5,3 % des prix de l'essence et une hausse de 5,6 % des prix du gaz naturel. Les prix des produits du tabac et des repas pris au restaurant ont également exercé une pression à la hausse sur l'IPACR.

Au cours de la dernière décennie, tous les articles inclus dans les achats courants ont enregistré une hausse annuelle moyenne des prix, sauf les produits de toilette et les produits de beauté, pour lesquels la croissance a été nulle.

L'écart le plus important observé au cours des dix dernières années entre les variations de l'IPC d'ensemble et de l'IPACR a eu lieu en 2008. Il était dû principalement à une hausse de 12,7 % des prix de l'essence et à une hausse de 3,5 % des prix des aliments. Divers articles alimentaires, dont les produits de boulangerie (+11,2 %), les produits laitiers (+3,9 %) et les pâtes (+31,9 %) ont contribué à la montée des prix des aliments. L'essence et les produits alimentaires ont plus de poids dans l'IPACR que dans l'IPC d'ensemble. Par conséquent, les accroissements des prix de ces articles enregistrés en 2008 ont eu un effet plus important sur l'IPACR que sur l'IPC d'ensemble.

La baisse des prix d'achat des véhicules automobiles, de l'habillement, et du matériel et des fournitures informatiques, qui sont des articles non inclus dans l'IPACR, a tempéré la hausse de l'IPC d'ensemble en 2008.

Durant la majorité de la décennie, sauf en 2009, la variation annuelle moyenne de l'IPACR était plus importante que celle de l'IPC d'ensemble.

3   Année 2009 : l'IPC d'ensembleet l'Indice des prix des achats courants augmentent à peu prèsau même rythme

Les fortes diminutions du prix de l'essence ont atténué la croissance globale de l'IPACR en 2009. Par conséquent, cet indice a augmenté à peu près au même taux que l'IPC d'ensemble. L'IPACR a progressé au taux annuel moyen de 0,2 % en 2009, tandis que l'IPC d'ensemble a augmenté de 0,3 %.

La variation de l'IPACR et de l'IPC d'ensemble a ralenti en 2009 comparativement à 2008, principalement à cause de la chute des prix de l'essence qui, en 2009, ont baissé au taux annuel moyen de 17,5 %. Puisque le poids relatif de l'essence est plus élevé dans l'IPACR que dans l'IPC d'ensemble, cette baisse de prix a eu un effet plus marqué sur l'IPACR.

L'augmentation des prix des aliments (+4,9 %) a été le principal facteur ayant exercé une pression à la hausse sur l'IPACR ainsi que sur l'IPC d'ensemble.

La hausse des prix des articles dont l'achat est contractuel, principalement les assurances de véhicule automobile et les impôts fonciers, ainsi que des articles achetés occasionnellement — tels que les coûts d'entretien et de réparations par le propriétaire et les frais de scolarité — a contribué à une variation plus importante de l'IPC d'ensemble.

Toutefois, d'avril à octobre, un écart s'est creusé entre l'IPC d'ensemble et l'IPACR, car ce dernier a baissé plus rapidement. La variation sur 12 mois de l'IPC d'ensemble a été plus importante que celle de l'IPACR qui avait lieu d'avril à octobre 2009, l'écart ayant été le plus prononcé en juillet. Au cours des 12 mois se terminant en juillet, l'IPACR a baissé de 2,5 %, tandis que l'IPC d'ensemble a reculé d'à peine 0,9 %. Les prix de l'essence ont chuté de 28,3 % au cours des 12 mois se terminant en juillet, ce qui représente la baisse sur 12 mois la plus importante enregistrée depuis la création de l'IPC en 1949. Un recul important des prix sur 12 mois a également été enregistré en juillet pour le gaz naturel, ainsi que pour le mazout et les autres combustibles.

Vers la fin de 2009, la diminution sur 12 mois des prix de l'essence s'est atténuée; en fait, en novembre et décembre, les prix de l'essence ont augmenté sur la base d'une année à l'autre. Par conséquent, l'IPACR a suivi de nouveau la tendance selon laquelle il surpassait l'IPC d'ensemble. En décembre 2009, la variation sur 12 mois de l'IPACR était de 3,1 % comparativement à 1,3 % pour l'IPC d'ensemble.

4   Indice des prix des achats occasionnels : la chutedes prix des biens durables atténue sa progression

Les prix des articles achetés occasionnellement, principalement les articles coûteux qui sont surtout de nature durable, affichent en général une croissance plus faible que l'IPACR et l'IPC d'ensemble.

Globalement, au cours des dix dernières années, l'Indice des prix des achats occasionnels (IPAO) a augmenté au taux annuel moyen de 0,7 %, comparativement à une croissance moyenne de 3,2 % pour l'IPACR et de 2,1 % pour l'IPC d'ensemble.

Tout au long de la décennie, la hausse des prix des articles formant l'IPAO a ralenti. Ce ralentissement était dû principalement à une baisse annuelle moyenne de 1,5 % des prix des biens durables au cours de la période. Cette catégorie comprend des articles tels que les véhicules automobiles (1,4 %), le matériel et les fournitures informatiques (15,7 %), l'habillement (1,5 %), le matériel vidéo (7,3 %) et les appareils électroménagers (1,4 %).

Ces baisses de prix ont été dans une certaine mesure compensées par l'accroissement, au cours des dix dernières années, des prix d'un certain nombre de services inclus dans l'IPAO, dont les coûts de remplacement par le propriétaire (+4,3 %), les frais de scolarité (+4,2 %), les services de maintenance et de réparation associés au logement (+2,7 %) et les services de soins de santé (+3,5 %).

Une part importante des articles inclus dans l'IPAO fait l'objet de progrès technologiques rapides, ce qui donne lieu à des améliorations de la qualité des produits. Ainsi, les prix des ordinateurs ont diminué au cours de la dernière décennie, principalement grâce à des améliorations de la qualité. Les capacités de traitement et de mémorisation des ordinateurs ont augmenté considérablement.

Les consommateurs ne tiennent peut-être pas toujours compte de cette évolution de la qualité quand ils estiment la variation des prix des ordinateurs au fil du temps. Par conséquent, ils ont plus de difficulté à évaluer les variations des prix des articles achetés occasionnellement, non seulement à cause de la longueur de l'intervalle de temps entre les achats, mais aussi de la complexité de l'évaluation, parce que les améliorations de la qualité rendent difficile la comparaison d'un même produit au fil du temps.

5   Indice des prix des achats contractuels : les primesd'assurance et les intérêts hypothécaires plus élevéssont les principaux facteurs contribuant à la hausse

Au cours de la dernière décennie, la variation moyenne sur dix ans des prix des articles dont l'achat est de nature contractuelle concordait davantage avec la variation de l'IPC d'ensemble qu'avec celle de l'IPACR et de l'IPAO.

Au cours des dix dernières années, l'Indice des prix des achats contractuels (IPACT) a progressé, en moyenne, de 2,5 %, soit un taux plus semblable avec la hausse de 2,1 % de l'IPC d'ensemble qu'avec celle de 3,2 % de l'IPACR ou celle de 0,7 % de l'IPAO.

L'IPACT comprend des articles, tels que les assurances, les frais d'intérêt hypothécaire, les impôts fonciers, les loyers et les locations à bail de véhicules automobiles, qui comportent des ententes contractuelles prévoyant des paiements fixes et réguliers au cours d'une période plus longue qu'un mois. En général, ces articles sont payés mensuellement, tandis que leurs prix sont négociés pour une plus longue période.

Les facteurs qui ont principalement contribué à la croissance de l'IPACT au cours des dix dernières années sont une hausse moyenne de 5,2 % du prix des assurances de véhicule automobile et une hausse moyenne de 2,2 % des frais d'intérêt hypothécaire. Les impôts fonciers (+2,5 %) et les loyers (+1,4 %) ont également exercé une pression à la hausse sur l'indice. Les prix plus faibles de la location à bail de véhicules automobiles ont exercé une pression à la baisse.

6   Indices des prix basés sur la fréquence d'achatet perceptions de l'inflation

Statistique Canada ne mesure pas directement les perceptions de l'inflation. Toutefois, les reportages des médias et les demandes de renseignements qui lui sont adressées de temps à autre par le grand public donnent à penser que les consommateurs croient parfois que leur taux d'inflation « personnel » diffère de l'IPC d'ensemble 5  .

Comme il est illustré plus haut, de 2000 à 2009, l'évolution des prix de l'IPACR a différé notablement de celle des prix de l'IPAO, de l'IPACT et de l'IPC d'ensemble. L'IPACR, plus volatile que l'IPAO et l'IPACT, a été la source principale des pressions inflationnistes exercées sur l'IPC d'ensemble au cours des dix dernières années.

S'ils font face à des prix plus élevés pour les produits qu'ils achètent couramment, les consommateurs pourraient avoir l'impression que l'inflation augmente plus rapidement que ne l'indique l'IPC d'ensemble. L'écart entre les variations de l'IPACR et l'IPC d'ensemble pourrait expliquer en partie pourquoi les consommateurs pensent parfois de la sorte.

Les facteurs susceptibles de contribuer à l'écart entre l'IPC d'ensemble et les taux d'inflation perçus par les consommateurs peuvent être groupés en deux catégories.

  1. 1. Mesure et facteurs conceptuels de l'IPC

L'IPC mesure la variation du coût moyen d'un panier fixe de biens et services représentatif des achats d'un ménage typique en quantités et qualité constantes ou équivalentes. Il est peu probable qu'un ménage particulier consomme, dans les proportions exactes, le panier fixe de biens et de services. Les consommateurs sont aussi peu susceptibles de déceler l'effet complet des changements de qualité au fil du temps. Ces mesures et ces facteurs conceptuels causeront nécessairement un écart entre le taux d'inflation des prix à la consommation perçu par les ménages et l'IPC d'ensemble. Les divers facteurs conceptuels et mesures se résument comme suit.

  1. a) L'IPC est basé sur des moyennes

L'IPC mesure les variations des prix des biens et services de consommation achetés par le ménage moyen. Les ménages individuels diffèrent vraisemblablement de la moyenne; en réalité, aucun ménage n'achète, dans les proportions exactes, les articles contenus dans le panier de biens et services de l'IPC. Par exemple, les ménages ne consomment pas tous de l'alcool et ne sont pas tous propriétaires de leur lieu de résidence.

  1. b) La notion d'un panier fixe

Les parts des dépenses — soit leur poids — concernant les biens et services compris dans le panier sont fixées pour une période précise, habituellement quatre ans. Non seulement la part des dépenses pour un ménage particulier peut différer de celle pour le ménage moyen, mais elle peut aussi varier considérablement au fil du temps.

  1. c) Les ajustements de la qualité

En réalité, la qualité de nombreux biens évolue continuellement, à mesure que de nouveaux modèles et variétés en remplacent les plus anciens. Les changements sont particulièrement importants sur les marchés où le taux de progrès technologique est élevé, comme ceux des ordinateurs et des téléviseurs. Puisque l'IPC mesure uniquement une variation de prix « pure », des ajustements sont apportés aux prix des biens dont la qualité a changé.

  1. d) Les prix sont recueillis uniquement pour des articles représentatifs dans le panier de l'IPC

Les articles dont le prix est relevé pour calculer l'IPC sont représentatifs des achats effectués par le ménage moyen. Bien que plus de 60 000 prix soient recueillis chaque mois pour quelque 600 biens et services, il n'est ni pratique ni nécessaire de déterminer le prix de chaque article que le consommateur achète. Il est prévu que les prix d'articles similaires évolueront simultanément, en moyenne. Cependant, pour un ménage particulier, il pourrait ne pas en être ainsi.

  1. e) Le choix des points de vente

Les points de vente au détail où les prix sont relevés sont représentatifs des lieux où les consommateurs font leurs achats et le prix mesuré est le prix moyen sur l'ensemble de ces points de vente. Un ménage particulier pourrait effectuer la plupart de ses achats dans des points de vente différents de ceux où les prix ont été relevés.

  1. 2. Facteurs psychologiques

Les consommateurs forment leurs perceptions en fonction de leurs expériences. Non seulement les perceptions varient d'une personne à l'autre en raison des habitudes de consommation et de la connaissance de la méthodologie de l'IPC, mais plusieurs facteurs psychologiques jouent également un rôle. Les principaux facteurs psychologiques se résument comme suit.

  1. a) Les individus ont tendance à accorder plus de poids aux nouvelles négatives 6 

Les individus ont tendance à réagir davantage aux mouvements à la hausse des prix qu'à leurs mouvements à la baisse, et à appliquer ces extrêmes à leur perception du taux global d'inflation.

  1. b) Les consommateurs sont plus sensibles aux fluctuations des prix de grande amplitude

Les consommateurs sont plus enclins à se souvenir des fluctuations importantes des prix que des plus petites. Ce facteur psychologique, combiné au point a) susmentionné, incitera vraisemblablement les individus à accorder plus d'importance aux hausses importantes des prix plutôt qu'aux baisses, lorsqu'ils se font une idée de l'inflation 7  .

  1. c) Les facteurs externes

Divers facteurs externes peuvent influencer la perception. Ainsi, la couverture médiatique des fluctuations extrêmes des prix ne fera qu'accroître la sensibilisation des consommateurs à ces fluctuations.

  1. d) Les perceptions de l'inflation sont fortement influencées par les variations des prix des articles achetés couramment 8 

Les produits achetés couramment sont la plupart du temps utilisés comme repères quand les individus conceptualisent le niveau d'inflation des prix à la consommation. De nombreuses publications mentionnent que les articles achetés couramment montrent un effet prononcé sur la façon dont le consommateur perçoit l'inflation.

7   Tableaux