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Les changements sociaux, économiques et démographiques transforment constamment la société canadienne. Ainsi, les jeunes adultes prennent aujourd’hui plus de temps pour devenir indépendants. Un plus grand nombre de femmes ont un travail autonome et elles sont plus nombreuses à améliorer leurs possibilités d’emploi en poursuivant leurs études plus longtemps. Les personnes âgées constatent pour leur part que le chemin menant à la retraite n’est plus aussi unidirectionnel qu’auparavant.
Les baby‑boomers constituent maintenant une « génération sandwich » : ils prodiguent des soins à leurs enfants et à leurs parents vieillissants. Les parents d’enfants ayant une incapacité déclarent que les besoins de leurs enfants sont insatisfaits et ils disent avoir de la difficulté à obtenir des services d’éducation spécialisée.
Enfin, même si les gais, les lesbiennes et les bisexuels jouissent de nouvelles protections juridiques, ils sont encore proportionnellement plus souvent victimes de discrimination que les hétérosexuels.
Les spécialistes des sciences sociales parlent de « transitions différées ». Les jeunes adultes d’aujourd’hui quittent l’école plus tard, demeurent plus longtemps avec leurs parents, entrent sur le marché du travail plus tard et reportent les unions conjugales et les enfants. Certains Canadiens remettent non seulement le mariage à plus tard, mais demeurent célibataires.
En 1971, trois jeunes adultes de 22 ans sur quatre ne fréquentaient plus l’école. La moitié était mariée et un sur quatre avait des enfants. En 2001, à peine la moitié des personnes de 22 ans n’étaient plus aux études, seulement une sur cinq vivait dans une union conjugale (habituellement une union libre) et seulement une personne sur onze avait des enfants.
Les transitions différées ne sont pas les mêmes pour les hommes et pour les femmes. En 2001, les hommes de 34 ans ont fait moins de transitions qu’en 1971. Par exemple, ils sont moins susceptibles d’avoir un emploi à plein temps durant toute l’année. Cela peut être attribuable en partie au marché du travail maintenant plus dynamique mais aussi plus instable. Moins d’emplois à plein temps sont disponibles et les avantages sociaux connexes diminuent, ce qui contribue à créer un climat d’insécurité, particulièrement chez les jeunes hommes, tout en retardant le passage aux autres étapes de la vie.
De plus, les hommes comme les femmes font des études plus longues pour décrocher de meilleurs emplois, et cela diffère en soi d’autres transitions à l’âge adulte.
En revanche, en 2001, les femmes de 34 ans ont fait le même nombre de transitions qu’en 1971. Ces transitions sont cependant moins susceptibles d’inclure le mariage et les enfants et plus susceptibles d’inclure un travail à plein temps toute l’année.
En 2006, près de 900 000 femmes étaient des travailleuses autonomes, soit 11 % de toutes celles qui occupaient un emploi, une hausse par rapport à 9 % en 1976. En fait, le travail autonome s’est accru presque aussi rapidement chez les deux sexes au cours du dernier quart de siècle, quoique les femmes soient encore moins susceptibles que les hommes de travailler à leur compte : 11 % par rapport à 19 % respectivement en 2006.
Les possibilités d’emploi des femmes augmentent si leur niveau de scolarité est plus élevé. En 2006, 75 % des femmes ayant un diplôme universitaire et 69 % de celles qui étaient titulaires d’un certificat ou d’un diplôme d’enseignement collégial travaillaient contre rémunération ou à leur compte, comparativement à 61 % de celles qui avaient fait des études postsecondaires partielles et à 59 % des femmes titulaires d’un diplôme d’études secondaires. Par contre, 38 % des femmes ayant fait des études secondaires partielles et 15 % de celles qui n’avaient pas dépassé la 8e année occupaient un emploi cette même année.
La majorité des travailleuses se retrouvent dans des professions traditionnellement exercées par des femmes. En 2006, 67 % de l’ensemble des femmes occupées travaillaient dans les domaines de l’éducation, des soins infirmiers ou d’autres professions du domaine de la santé, du travail de bureau ou de l’administration, des ventes ou des services, alors que 30 % des hommes occupés travaillaient dans ces domaines.
Pour de nombreuses personnes âgées, le chemin école‑travail‑retraite n’est plus une ligne droite. Ces personnes sont en effet plus susceptibles que jamais auparavant d’entrer dans la population active et d’en ressortir plus souvent. De 1998 à 2005, le nombre d’heures de loisir a diminué et celui de travail à plein temps a augmenté chez les Canadiens de 55 à 64 ans. Les hommes comme les femmes consacraient environ une heure par jour de plus au travail rémunéré qu’en 1998. Pour les femmes, la plus importante répercussion a été une réduction des loisirs de plus d’une demi-heure par jour.
Les études ont permis de déterminer que les femmes sont beaucoup plus susceptibles que les hommes de percevoir la retraite comme quelque chose qui dépasse le simple fait de toucher une pension de retraite ou de cesser d’occuper un emploi rémunéré. Les femmes ont tendance à inclure dans leur concept du travail le temps qu’elles consacrent à des tâches non rémunérées, comme prodiguer des soins et faire du bénévolat.
Le report du mariage et des enfants ainsi que le fait d’avoir des parents dont l’espérance de vie s’est accrue ont créé la « génération sandwich » chez les baby-boomers. Ces derniers se retrouvent coincés entre les exigences souvent conflictuelles des soins à prodiguer à leurs enfants et à leurs parents.
Pendant l’année scolaire 2005‑2006, 163 730 enfants ayant une incapacité fréquentaient l’école, la plupart à temps partiel. De ce groupe, 43 % (70 600) suivaient des cours spéciaux et presque deux enfants sur trois les suivaient à temps partiel. Les troubles d’apprentissage représentent le problème le plus courant justifiant un enseignement spécialisé. Certains enfants ont plus d’une limitation d’activités, comme des troubles d’élocution, du langage, du développement ou des troubles émotifs, psychologiques ou comportementaux.
Les besoins non comblés de ces enfants sont un problème. En 2006, ce n’était pas tous les enfants de 5 à 14 ans ayant une incapacité qui profitaient d’un enseignement spécialisé lorsqu’ils en avaient besoin, selon leurs parents. Près de la moitié des enfants de ce groupe avaient une incapacité grave ou très grave.
Près des deux tiers des parents d’enfants ayant une incapacité très grave ont indiqué avoir eu de la difficulté à obtenir des services d’éducation spécialisée pour leurs enfants.
Même si le Canada a récemment protégé les droits juridiques des personnes de toutes les orientations sexuelles, notamment la reconnaissance du mariage légitime pour les couples de même sexe, les gais, les lesbiennes, et les bisexuels continuent d’être victimes de discrimination proportionnellement plus souvent que les hétérosexuels.
Selon une étude menée en 2004, la proportion de gais, de lesbiennes et de bisexuels qui estiment avoir été victimes de discrimination est environ trois fois plus élevée que celle des hétérosexuels. De plus, 78 % des gais et lesbiennes à l’endroit desquels des actes discriminatoires ont été commis sont d’avis que leur orientation sexuelle en est la cause, par rapport à 29 % chez les bisexuels et à 2 % chez les hétérosexuels. Les gais, les lesbiennes et les bisexuels sont plus susceptibles de déclarer être victimes de discrimination au travail ou lorsqu’ils postulent pour un emploi ou demandent une promotion, quoique la discrimination est plus fréquente pour eux que pour les hétérosexuels, peu importe les circonstances.