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Caractéristiques économiques et probabilité d'une première naissance, 2017 à 2023

Diffusion : 2026-09-09

Au Canada, les caractéristiques liées au revenu et à l'emploi sont de plus en plus associées au fait de devenir parent.

La baisse de la fécondité au Canada suscite un intérêt croissant pour les facteurs qui influencent la décision d'avoir des enfants, en particulier le rôle des considérations financières dans un contexte d'incertitude économique et de hausse du coût de la vie.

Une nouvelle étude publiée aujourd'hui, intitulée « Caractéristiques du revenu et de l'emploi associées à la première naissance chez les femmes, de 2017 à 2023 », s'intéresse à la manière dont les caractéristiques du revenu et de l'emploi sont associées à la probabilité d'avoir un premier enfant chez les femmes âgées de 22 à 39 ans occupant un emploi et vivant avec un(e) conjoint(e) marié(e) ou de fait.

Un revenu plus élevé est associé à une probabilité accrue d'une première naissance

De 2017 à 2023, les femmes en emploi et en couple dans les familles à revenu plus élevé étaient systématiquement plus susceptibles de donner naissance à un premier enfant que celles des familles à revenu plus faible.

Graphique 1  Graphique 1: Un revenu plus élevé est associé à une probabilité accrue d'une première naissance
Un revenu plus élevé est associé à une probabilité accrue d'une première naissance

En 2023, les femmes du quintile supérieur du revenu familial présentaient une probabilité de 14,1 % d'avoir un premier enfant, soit plus du double de celle observée chez les femmes du quintile inférieur (5,6 %).

Les femmes ayant un revenu personnel plus élevé étaient également plus susceptibles de devenir parent que celles ayant un revenu plus faible, mais les écarts selon le revenu familial étaient plus prononcés et ils se sont davantage creusés au fil du temps. Par ailleurs, la contribution des femmes au revenu familial total n'était pas fortement ni systématiquement associée à la probabilité d'avoir un premier enfant.

Dans le contexte canadien actuel, où la plupart des couples vivent dans un ménage à deux revenus et où les femmes en emploi travaillent généralement à temps plein, ces résultats donnent à penser que pour les femmes en couple et occupant un emploi, l'accès à des ressources financières suffisantes et stables pourrait jouer un rôle plus important dans la probabilité d'avoir un premier enfant que la répartition des revenus au sein du couple.

Creusement des écarts dans la probabilité d'une première naissance selon le revenu au fil du temps

De 2017 à 2023, la probabilité d'avoir un premier enfant chez les femmes en couple et en emploi a diminué au sein de tous les groupes de revenu familial. Toutefois, la baisse a été plus marquée chez les femmes du quintile de revenu inférieur. Par conséquent, l'écart entre les quintiles de revenu inférieur et supérieur s'est accentué au fil du temps.

Graphique 2  Graphique 2: Creusement des écarts dans la probabilité d'une première naissance selon le revenu au fil du temps
Creusement des écarts dans la probabilité d'une première naissance selon le revenu au fil du temps

En 2017, les femmes du quintile de revenu supérieur étaient 2,1 fois plus susceptibles de donner naissance à un premier enfant que celles du quintile de revenu inférieur. En 2023, ce rapport avait augmenté pour passer à 2,5.

Des tendances similaires ont été observées dans d'autres pays à revenu élevé, ce qui semble indiquer que les avantages économiques pourraient jouer un rôle de plus en plus important dans le fait de devenir parent.

Hausse du nombre de premières naissances pendant la pandémie de COVID-19 principalement attribuable aux femmes des familles à revenu plus élevé

En 2021, la probabilité d'avoir un premier enfant a augmenté chez les femmes des familles à revenu plus élevé, tandis qu'elle a légèrement diminué chez celles du quintile de revenu inférieur. Cette divergence est survenue alors que le Canada enregistrait une rare hausse d'une année à l'autre de son indice synthétique de fécondité — la première depuis 2008 —, un phénomène également observé dans d'autres pays à revenu élevé et associé aux perturbations liées à la pandémie de COVID-19.

Probabilité d'une première naissance systématiquement plus élevée chez les femmes employées dans le secteur public

Outre le revenu, l'industrie d'emploi dans laquelle travaillent les femmes était également fortement associée à la probabilité d'avoir un premier enfant.

Graphique 3  Graphique 3: Probabilité d'une première naissance systématiquement plus élevée chez les femmes employées dans le secteur public
Probabilité d'une première naissance systématiquement plus élevée chez les femmes employées dans le secteur public

Quel que soit leur niveau de revenu, les femmes occupant un emploi dans le secteur public, c'est-à-dire dans les industries des administrations publiques, les services d'enseignement ou les soins de santé, étaient plus susceptibles de donner naissance à un premier enfant que celles travaillant dans les autres industries. Les écarts observés entre les autres industries étaient négligeables.

L'écart relatif entre les travailleuses du secteur public et celles des autres industries s'est également creusé au fil du temps. Par exemple, en 2017, les femmes employées dans le secteur public étaient 16,3 % plus susceptibles d'avoir un premier enfant que celles travaillant dans les services administratifs, de soutien ou axés sur la clientèle. En 2023, l'écart s'était accru pour atteindre 34,3 %. Cet élargissement de l'écart s'explique par le fait que, au cours de la période d'étude, les travailleuses des industries autres que celles du secteur public ont connu des diminutions proportionnelles plus importantes de leur probabilité d'une première naissance que les travailleuses du secteur public.

Probabilité d'une première naissance plus élevée chez les femmes occupant un emploi syndiqué

Quel que soit leur niveau de revenu, les femmes occupant un emploi syndiqué étaient plus susceptibles d'avoir un premier enfant que celles occupant un emploi non syndiqué. Toutefois, ces écarts étaient modestes comparativement à ceux observés selon le revenu ou l'industrie d'emploi, allant d'une probabilité de 4,6 % supérieure (en 2017 et en 2023) à une probabilité de 8,4 % supérieure (en 2018).

Contrairement à l'industrie d'emploi ou à l'affiliation syndicale, le travail autonome n'était pas associé de façon stable à la probabilité d'avoir un premier enfant chez les femmes.

Ces résultats mettent en évidence l'importance croissante des caractéristiques du revenu et de l'emploi dans la transition vers la parentalité.

  Note aux lecteurs

Aux fins de la présente étude, des données du recensement, des fichiers fiscaux et des statistiques de l'état civil ont été couplées afin d'examiner le lien entre les caractéristiques du revenu et de l'emploi et la probabilité d'avoir un premier enfant chez les femmes au cours de la période de 2017 à 2023.

Les enregistrements provenant de trois sources de données administratives ont été couplés aux enregistrements des femmes sans enfant identifiées dans les données de l'échantillon de 25 % du Recensement de 2016. Les premiers événements de naissance survenus entre 2016 et 2023 ont été identifiés dans la Base canadienne de données de l'état civil – Naissances au moyen du couplage de données axé sur la mère. Les renseignements de la Base canadienne de données de l'état civil – Décès ont été utilisés pour retirer de l'échantillon les femmes décédées, le cas échéant. Enfin, les mesures du revenu annuel des femmes ainsi que de leurs caractéristiques professionnelles, familiales et résidentielles ont été tirées, avec un décalage de deux ans, du Fichier de familles T1.

Le revenu familial et le revenu individuel des femmes ont été analysés séparément. Dans les deux cas, des quintiles de revenu après impôt (excluant les gains ou pertes de capital) ont été définis au sein de l'échantillon selon l'âge et l'année, afin de rendre compte de la position relative des femmes parmi leurs pairs, c'est-à-dire par rapport aux autres femmes du même âge n'ayant pas d'enfants, vivant en couple et occupant un emploi. Les quintiles de revenu répartissent la population en cinq groupes de taille égale selon le revenu, du groupe au revenu le plus faible au groupe au revenu le plus élevé, chacun représentant 20 % de la population.

Des modèles de régression logistique estimés séparément pour chaque année ont été utilisés pour évaluer l'association entre les caractéristiques du revenu et de l'emploi des femmes et la probabilité d'une première naissance. Des probabilités prédites ont ensuite été calculées afin de permettre les comparaisons selon l'âge, l'année et d'autres sous-groupes. Les mesures d'incertitude associées reposent sur une estimation robuste de la variance. La probabilité prédite correspond à la probabilité estimée qu'une femme appartenant à un groupe donné ait un premier enfant au cours d'une année donnée, toutes les autres caractéristiques étant maintenues à leurs valeurs habituelles.

Pour chaque année d'étude t, les femmes étaient incluses dans l'échantillon uniquement si elles satisfaisaient à l'ensemble des critères suivants : être âgées de 22 à 39 ans, ne pas avoir encore donné naissance à un enfant ni être décédées, avoir un dossier fiscal valide à l'année t-2, vivre avec un(e) conjoint(e) marié(e) ou de fait à l'année t-2 et avoir déclaré un revenu d'emploi à l'année t-2.

L'étude ne comprenait pas d'information sur les intentions de fécondité, la qualité de la relation, l'état de santé (y compris l'infertilité) ou les préférences à l'égard de l'équilibre travail-vie personnelle, autant de facteurs susceptibles d'expliquer les relations observées entre le revenu, les conditions d'emploi et l'entrée dans la parentalité.

Certaines caractéristiques des données et du plan d'échantillonnage peuvent limiter la représentativité des résultats. Le sous-dénombrement plus élevé des jeunes adultes au recensement, conjugué à l'exclusion des immigrants récents et des personnes n'ayant pas produit une déclaration de revenus, biaise probablement l'échantillon en faveur des groupes plus avantagés sur le plan économique. D'autres restrictions, comme le fait de limiter l'analyse aux femmes âgées de 22 à 39 ans qui occupaient un emploi et vivaient avec un(e) conjoint(e) marié(e) ou de fait, réduisent également la portée des résultats. De plus, le caractère non aléatoire du couplage des enregistrements peut introduire un biais de sélection. Pris ensemble, ces facteurs entraînent probablement une sous-représentation des populations à faible revenu, de sorte que l'importance du rôle du revenu dans la probabilité d'une première naissance pourrait être sous-estimée.

Produits

L'article intitulé « Caractéristiques du revenu et de l'emploi associées à la première naissance chez les femmes, de 2017 à 2023 » est maintenant accessible.

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