Caractéristiques sociodémographiques et actes de violence antérieurs déclarés par la police chez les victimes d'un homicide lié au genre au Canada
Diffusion : 2026-08-05
De 2009 à 2022, un peu plus du quart (26 %) de l'ensemble des femmes et des filles victimes d'un homicide lié au genre avaient eu au moins un contact antérieur avec la police en tant que victimes de violence au cours de la même période, la moyenne s'établissant à trois contacts antérieurs.
Les homicides de femmes et de filles liés au genre sont des homicides perpétrés par un homme ou un garçon qui était un partenaire intime ou un membre de la famille de la victime, qui a infligé des actes de violence sexuelle à la victime lors de l'homicide ou qui a tué une femme ou une fille identifiée par la police comme une travailleuse du sexe.
L'article de Juristat intitulé « Actes de violence antérieurs déclarés par la police et caractéristiques sociodémographiques des victimes d'un homicide lié au genre au Canada », diffusé aujourd'hui, fournit de nouveaux renseignements sur la nature et la fréquence des actes de violence antérieurs déclarés par la police qui ont été perpétrés contre des victimes d'un homicide, ainsi que sur leurs caractéristiques sociodémographiques. Grâce à l'intégration de multiples sources de données, la présente étude constitue l'analyse la plus exhaustive ayant été menée à ce jour par Statistique Canada sur les victimes d'homicide.
Le quart des victimes d'un homicide lié au genre ont eu au moins un contact antérieur avec la police
De 2009 à 2022, près de 3 victimes d'un homicide lié au genre sur 4 (74 %) n'avaient eu aucun contact avec la police en tant que victimes de violence avant leur décès. Cette proportion est légèrement plus élevée que celle enregistrée chez les autres victimes d'homicide. Toutefois, 357 femmes et filles avaient eu au moins un contact antérieur avec la police, ce qui porte le total à 1 075 contacts. Parmi ces femmes et ces filles, les trois quarts (76 %) avaient eu au moins un contact lié à un acte de violence de la part d'un partenaire intime.
Les chiffres présentés sous-estiment probablement l'ampleur réelle de la violence vécue, puisque de nombreuses formes de violence fondée sur le genre ne sont jamais portées à l'attention de la police. Par exemple, en 2025, 9 % des victimes d'agression sexuelle et 28 % des victimes d'agression physique ont déclaré que l'incident le plus grave qu'elles avaient vécu avait été signalé à la police.
Pour près de la moitié des victimes d'un homicide lié au genre qui ont eu des contacts antérieurs avec la police, au moins un de ces contacts mettait en cause la même personne qui a par la suite été identifiée comme l'auteur présumé de l'homicide
Parmi les victimes d'un homicide lié au genre qui avaient eu un contact antérieur avec la police de 2009 à 2022, près de la moitié (49 %) avaient été agressées au moins une fois par la même personne qui a par la suite été identifiée comme l'auteur présumé de l'homicide. Il s'agit d'une proportion au moins six fois plus élevée que celle observée chez les autres victimes d'homicide. La plupart (84 %) de ces contacts avec la police concernaient des actes de violence perpétrés par un partenaire intime.
Lorsque les actes de violence antérieurs avaient été perpétrés par la même personne qui a par la suite été identifiée comme l'auteur présumé de l'homicide lié au genre, les proportions d'affaires comportant des infractions liées aux voies de fait majeures (c.-à-d. niveau 2 ou 3) (26 %) et ayant causé des blessures corporelles à la victime (71 %) étaient plus élevées que celles enregistrées chez l'ensemble des victimes d'un homicide lié au genre (18 % et 63 %, respectivement).
De manière plus générale, près des deux tiers (64 %) des victimes d'un homicide lié au genre qui avaient eu un contact avec le système de santé au cours de la période allant de 2009 à leur décès avaient visité un service d'urgence au cours de l'année l'ayant précédé.
Les victimes d'un homicide lié au genre se distinguent par certaines caractéristiques sociodémographiques clés
Les femmes et les filles tuées lors d'un homicide lié au genre de 2009 à 2022 étaient, en moyenne, plus âgées et étaient plus souvent en relation conjugale, comparativement aux autres victimes. Leur profil socioéconomique différait également. Par exemple, une proportion plus élevée d'entre elles étaient inscrites à un programme de baccalauréat à un moment donné au cours des années scolaires allant de 2009-2010 à 2021-2022. Par ailleurs, comparativement aux autres victimes d'un homicide, une plus forte proportion avait déclaré un revenu d'emploi dans leur déclaration de revenus et une plus faible proportion pouvait être considérée comme vivant dans une situation de faible revenu.
Note aux lecteurs
Des renseignements plus détaillés sur la scolarité, le statut d'immigrant, les contacts avec le système de santé et le revenu déclaré des victimes d'un homicide sont présentés dans l'article de Juristat.
Afin d'examiner les contacts antérieurs avec la police des victimes d'un homicide, les données de l'Enquête sur les homicides ont été couplées aux données du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC), dans lequel toutes les affaires d'homicide déclarées par la police de 2009 à 2022 ont été sélectionnées comme cohorte. Bien que la présente analyse porte principalement sur les homicides de femmes et de filles liés au genre, tous les homicides classés (c.-à-d. résolus) ont été inclus dans le couplage de données. Cette approche a permis d'établir des comparaisons avec les homicides de femmes et de filles qui ne sont pas liés au genre et les homicides d'hommes et de garçons.
Un contact avec la police désigne toute affaire déclarée dans laquelle une personne a été victime d'une infraction criminelle avec violence avant l'homicide. Ces contacts se limitent aux victimes d'un homicide qui avaient eu des contacts avec la police au cours de la période allant du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2022. Par conséquent, le nombre total de contacts antérieurs avec la police des victimes d'un homicide est vraisemblablement sous-estimé, particulièrement dans le cas des personnes tuées au début de la période de référence.
Au Canada, les infractions liées aux voies de fait sont classées selon leur niveau de gravité. Les voies de fait simples (c.-à-d. niveau 1) se produisent lorsqu'une personne, d'une manière intentionnelle, emploie la force contre une autre personne sans son consentement ou menace de le faire. Les voies de fait majeures comprennent les agressions considérées comme étant plus graves, comme les agressions armées ou causant des lésions corporelles (c.-à-d. niveau 2) et les voies de fait graves (c.-à-d. niveau 3). Les voies de fait de niveau 2 englobent le fait de porter et d'utiliser une arme ou de menacer d'utiliser une arme contre une personne ou de causer des lésions corporelles à une personne. Les voies de fait de niveau 3 comprennent le fait d'infliger des blessures à une personne, de mutiler ou de défigurer une personne, ou de mettre sa vie en danger.
Pour en savoir plus sur le couplage de données, consulter l'encadré 2 de l'article de Juristat. Des renseignements détaillés sur l'Enquête sur les homicides et le Programme DUC sont accessibles sur le site Web de Statistique Canada et dans la section « Sources de données et méthodologie » de l'article de Juristat.
Produits
L'article de Juristat intitulé « Actes de violence antérieurs déclarés par la police et caractéristiques sociodémographiques des victimes d'un homicide lié au genre au Canada » (85-002-X) est maintenant accessible.
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