Dépenses des administrations publiques selon la fonction, 2024
Diffusion : 2025-11-27
Les dépenses de l'administration publique canadienne demeurent supérieures au sommet enregistré pendant la pandémie de COVID-19
Les dépenses consolidées de l'administration publique canadienne, c'est-à-dire de tous les ordres des administrations publiques, ce qui comprend les administrations fédérale, provinciales, territoriales, locales et les autres entités gouvernementales combinées, ont atteint un nouveau sommet en 2024.
En valeur nominale, les dépenses totales, à l'exception des dépenses liées à la consommation de capital fixe et aux acquisitions d'actifs non financiers, se sont chiffrées à 1 137,1 milliards de dollars en 2024. Il s'agit d'une augmentation de 3,1 % (+34,7 milliards de dollars) par rapport à 2023 et de la deuxième année consécutive au cours de laquelle les dépenses totales ont dépassé les dépenses de 1 049,3 milliards de dollars enregistrées en 2020 en raison de la pandémie de COVID-19.
Malgré la baisse qu'elle a enregistrée en 2024, la protection sociale (24,9 % des dépenses totales) est demeurée la catégorie de dépenses selon la fonction la plus importante pour l'administration publique canadienne, et elle était suivie de près par la santé (23,7 % des dépenses totales). Il s'agit de la septième année consécutive où les dépenses de protection sociale ont dépassé les dépenses de santé. Ensemble, la protection sociale et la santé ont représenté près de la moitié (48,6 %) de l'ensemble des dépenses de tous les ordres de l'administration publique canadienne en 2024.
Les dépenses de l'administration publique canadienne relatives à la protection sociale diminuent
La protection sociale comprend plusieurs programmes, dont la Sécurité de la vieillesse, les allocations familiales, les prestations d'invalidité et les prestations d'assurance-emploi, ainsi que des initiatives visant à lutter contre l'exclusion sociale, à savoir la marginalisation de personnes ou de groupes qui nuit à leur pleine participation à la société.
Les dépenses consolidées de l'administration publique canadienne relatives à la protection sociale ont diminué de 3,2 % par rapport à 2023 pour s'établir à 283,1 milliards de dollars en 2024, sous l'effet d'une baisse des dépenses liées à l'exclusion sociale (-32,9 milliards de dollars; -41,6 %) découlant principalement des dépenses ponctuelles effectuées en 2023. Ces dépenses comprenaient les sommes liées à L'Entente de règlement du recours collectif relatif aux services à l'enfance et à la famille des Premières Nations, au principe de Jordan et au groupe Trout (23,3 milliards de dollars), à une entente intervenue entre le gouvernement fédéral et le gouvernement de l'Ontario, prévoyant le versement d'une indemnité pour les annuités sous-payées au titre du Traité Robinson-Huron (10,0 milliards de dollars), ainsi qu'au remboursement pour l'épicerie.
À l'inverse, les dépenses consolidées de l'administration publique canadienne relatives au chômage (+6,9 milliards de dollars), à la maladie et à l'invalidité (+4,8 milliards de dollars), à la vieillesse (+4,7 milliards de dollars) et à la famille et les enfants (+4,4 milliards de dollars) ont toutes affiché des hausses en 2024.
Les paiements d'intérêts des administrations publiques augmentent malgré la baisse des taux
Les services généraux des administrations publiques (15,2 % des dépenses totales) se sont classés au troisième rang des plus importantes dépenses selon la fonction de l'administration publique canadienne, en hausse de 9,0 % par rapport à 2023 pour s'établir à 172,4 milliards de dollars en 2024. Les services généraux des administrations publiques comprennent les dépenses liées à des postes comme les organes exécutifs et législatifs, les affaires fiscales, l'aide étrangère et les transactions sur la dette publique (paiements d'intérêts).
Les transactions sur la dette publique (paiements d'intérêts) ont été le principal facteur à l'origine de l'augmentation des dépenses liées aux services généraux des administrations publiques, en hausse de 9,6 milliards de dollars en 2024. Cette augmentation a été enregistrée malgré une baisse du taux directeur de la Banque du Canada, qui est passé d'un sommet de 5,0 % en 2023 à un niveau aussi bas que 2,75 % à la fin de l'exercice 2024. Cette hausse représente une augmentation annuelle de 10,4 % des frais d'intérêt pour l'administration publique canadienne. En 2024, les transactions sur la dette publique ont représenté 9,0 % (102,6 milliards de dollars) des dépenses totales de tous les ordres de gouvernement combinés.
Les soins de santé demeurent la dépense la plus importante des administrations publiques provinciales, territoriales et locales consolidées
Les dépenses de santé consolidées au niveau des administrations publiques provinciales, territoriales et locales (APPTL) ont augmenté de 7,0 % par rapport à 2023 pour atteindre 258,9 milliards de dollars en 2024. Mis à part la croissance exceptionnelle de 12,1 % des dépenses de santé des APPTL enregistrée en 2020 en raison de la pandémie, les dépenses de santé ont affiché en 2024 la croissance la plus marquée depuis au moins 2009, la première année pour laquelle un taux de croissance peut être calculé à partir des données disponibles selon la Classification canadienne des fonctions des administrations publiques. En tant que fonction des dépenses des administrations publiques, les dépenses de santé ont été les plus élevées en 2024, représentant plus du tiers (34,2 %) des dépenses des APPTL.
Les services hospitaliers ont représenté la plus grande proportion des dépenses de santé des APPTL en 2024, leur proportion s'étant établie à un peu plus des deux tiers (67,3 %); venaient ensuite les services ambulatoires (16,3 %) et les produits, appareils et matériels médicaux (6,9 %).
À l'échelle provinciale, les dépenses de santé par habitant les plus élevées en 2024 ont été observées à Terre-Neuve-et-Labrador (8 026 $), en Nouvelle-Écosse (7 252 $) et au Nouveau-Brunswick (7 036 $). Les dépenses de santé par habitant les moins élevées ont été enregistrées en Alberta (5 669 $) en Ontario (5 679 $) et à l'Île-du-Prince-Édouard (6 150 $).
Les dépenses du gouvernement fédéral pour la protection de l'environnement continuent d'augmenter
La protection de l'environnement comprend des programmes comme la lutte contre la pollution, la gestion des déchets, la préservation de la diversité biologique et la protection de la nature. Les dépenses fédérales en protection de l'environnement ont augmenté de plus du tiers (+35,6 %) d'une année à l'autre pour atteindre 24,0 milliards de dollars en 2024. Cette progression fait suite à la hausse de 33,1 % observée en 2023 et à celle de 42,5 % enregistrée en 2022. Pour ces trois années, la lutte contre la pollution a été le principal facteur à l'origine de l'augmentation des dépenses dans cette catégorie.
L'augmentation des dépenses pour la lutte contre la pollution au cours des dernières années est principalement attribuable à la hausse des recettes tirées de la redevance sur les combustibles par le gouvernement fédéral. En 2019, le gouvernement fédéral a mis en œuvre la tarification du carbone comme stratégie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. À mesure que les taux de la redevance fédérale sur les combustibles ont été majorés, les redevances afférentes, notamment la Remise canadienne sur le carbone pour les particuliers (auparavant le paiement de l'incitatif à agir sur le carbone) ont également augmenté.
Le 15 mars 2025, le gouvernement du Canada a mis fin à la redevance fédérale sur les combustibles et à la Remise canadienne sur le carbone pour les particuliers. Les données de 2025 rendront compte de l'incidence de ce changement.
Dans l'ensemble, les dépenses de l'administration publique canadienne consolidée au titre de la protection de l'environnement ont augmenté de 20,8 % pour atteindre 39,4 milliards de dollars en 2024.
Les dépenses consacrées à la famille et aux enfants augmentent
À l'échelon des APPTL consolidées, les dépenses consacrées à la protection sociale ont augmenté de 5,7 % d'une année à l'autre pour atteindre 111,6 milliards de dollars en 2024. Les dépenses consacrées à la famille et aux enfants ont été à l'origine de 3,1 milliards de dollars de cette augmentation et des hausses notables ont été enregistrées au Québec, en Colombie-Britannique, en Ontario et au Manitoba.
Au Québec, les dépenses consacrées à la famille et aux enfants ont progressé en raison des transferts aux garderies privées et aux centres de la petite enfance. En Colombie-Britannique, la prestation familiale et l'initiative de réduction des frais de garde d'enfants ont principalement été à l'origine de l'augmentation des dépenses consacrées à la famille et aux enfants dans cette province. En Ontario, les principaux facteurs à l'origine de la hausse étaient plutôt l'augmentation des dépenses relatives aux services pour enfants autistes et la Prestation ontarienne pour enfants. L'augmentation des dépenses du Manitoba consacrées à la famille et aux enfants était liée à un règlement découlant de recours collectifs concernant la récupération par la province des allocations spéciales pour enfants, qui sont une prestation du gouvernement fédéral.
Note aux lecteurs
La Classification canadienne des fonctions des administrations publiques (CCFAP) permet d'organiser les dépenses des administrations publiques selon leurs principales fonctions socioéconomiques. Ces renseignements permettent d'obtenir un aperçu important sur la façon dont les administrations publiques dépensent l'argent et sur le rôle qu'elles jouent dans la prestation de services.
Cette classification constitue une variante de la norme internationale de classification fonctionnelle des dépenses qui a été élaborée par l'Organisation de coopération et de développement économiques. Elle remplace le Système de gestion financière qui a été utilisé par Statistique Canada jusqu'en 2008.
Actuellement, les données sur les dépenses de la CCFAP excluent les dépenses liées aux acquisitions d'actifs non financiers et à la consommation de capital fixe. Des améliorations futures pourraient comprendre la fonctionnalisation des dépenses en immobilisation et la consommation de capital fixe.
Les estimations des administrations publiques provinciales, territoriales et locales (APPTL) consolidées sont recommandées aux fins de comparaison entre les provinces et les territoires puisqu'il est possible que les provinces et les territoires définissent différemment les responsabilités entre les différents ordres de gouvernement. Ces estimations regroupent les administrations publiques provinciales et territoriales, les établissements de santé et de services sociaux, les universités et les collèges, les municipalités, les autres administrations publiques locales ainsi que les commissions scolaires, tout en excluant les transactions entre les parties. Les estimations de l'administration publique canadienne consolidée regroupent les données des administrations publiques fédérales et celles des APPTL. Elles excluent les données concernant le Régime de pensions du Canada, le Régime de rentes du Québec ou les entreprises publiques fédérales et provinciales.
Le cadre constitutionnel des APPTL des territoires diffère de celui en vigueur dans les provinces, ce qui donne lieu à des différences en matière de pouvoirs financiers et de rôles des administrations publiques. Ces différences, qui s'ajoutent à d'autres spécificités géographiques, démographiques et socioéconomiques entre le Nord et le reste du Canada, donnent lieu à des différences importantes en matière de statistiques financières des administrations publiques.
Étant donné les disparités importantes dans la taille des estimations des APPTL entre les provinces et les territoires en raison des différentes tailles de population, les données par habitant sont utilisées aux fins de comparaison des dépenses. Les données par habitant sont fondées sur les estimations démographiques pour le Canada, les provinces et les territoires qui figurent dans le tableau 17-10-0009-01.
Les données annuelles correspondent à la fin de l'exercice financier qui se rapproche le plus du 31 décembre. Par exemple, les données de l'exercice financier de l'administration publique fédérale se terminant le 31 mars 2025 (exercice financier 2024-2025) sont déclarées pour l'année de référence 2024.
Produits
L'infographie intitulée « Aperçu des dépenses des administrations publiques selon la fonction, 2024-2025 », qui fait partie de la série Statistique Canada — Infographies (11-627-M), est maintenant accessible.
La structure et les descriptions de la Classification canadienne des fonctions des administrations publiques sont maintenant accessibles à partir de l'onglet Informations connexes du présent communiqué.
Des renseignements supplémentaires sont offerts dans la publication Les nouveautés en matière de comptes économiques canadiens (13-605-X). Le Guide de l'utilisateur : Système canadien des comptes macroéconomiques (13-606-G) est aussi accessible. Cette publication a été mise à jour pour y inclure le Chapitre 9. Statistiques de finances publiques.
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