Comptes économiques du secteur des ménages canadiens répartis selon le revenu, la consommation, l'épargne et le patrimoine, premier trimestre de 2024
Diffusion : 2024-07-17
Bien que les écarts de revenu et de patrimoine se soient accentués au premier trimestre de 2024, certains indicateurs relatifs au bien-être économique pour les ménages à faible revenu, les ménages à revenu moyen et les ménages plus jeunes (âgés de 45 ans et moins) se sont améliorés pour la première fois en trois ans.
L'écart de revenu se creuse pour atteindre son plus haut niveau depuis 2008, en raison du fardeau des frais de la dette sur les ménages à faible revenu et les ménages à revenu moyen
L'inégalité des revenus s'est accrue au cours du premier trimestre de 2024. En effet, l'écart de la part du revenu disponible entre les ménages de la tranche supérieure de 40 % et de la tranche inférieure de 40 % de la répartition des revenus était le plus important depuis 2008.
L'augmentation des taux d'intérêt en 2023 a eu des répercussions variables sur les finances des ménages en fonction du niveau de revenu. Bien que la hausse des taux d'intérêt puisse entraîner une augmentation des coûts d'emprunt pour les ménages, elle peut également entraîner une hausse du rendement des comptes d'épargne et de placement. Les ménages ayant les revenus les plus faibles sont plus susceptibles d'avoir une capacité limitée de tirer parti de ces rendements plus élevés puisqu'ils disposent en moyenne de moins de ressources pour épargner et investir.
La hausse du revenu disponible des ménages ayant les revenus les plus faibles (dans la tranche inférieure de 20 % de la répartition des revenus) au premier trimestre de 2024 était supérieure à la moyenne par rapport à un an plus tôt. La hausse marquée des salaires des ménages ayant les revenus les plus faibles (+24,6 %) a plus que contrebalancé les hausses des paiements d'intérêts sur les prêts hypothécaires et les cartes de crédit (+20,8 %), qui sont déduits des revenus d'investissement dans le revenu disponible. Les hausses salariales des ménages ayant les revenus les plus faibles étaient principalement attribuables aux travailleurs dans les secteurs des services professionnels et personnels; des transports; ainsi que de l'extraction minière et de l'extraction de pétrole et de gaz.
Alors que la part du revenu des ménages ayant les revenus les plus faibles est demeurée stable au premier trimestre de 2024, celle des ménages qui se trouvaient dans la tranche intermédiaire de 60 % de la répartition des revenus a diminué de 1,0 point de pourcentage par rapport à un an plus tôt. Les taux d'intérêt ont eu une incidence plus importante sur le revenu disponible des ménages à revenu moyen, car la hausse des salaires de ces ménages n'a pas suivi celle des paiements d'intérêt.
Les ménages aux revenus les plus élevés profitent le plus des investissements
Le revenu disponible moyen des ménages aux revenus les plus élevés (dans la tranche supérieure de 20 % de la répartition des revenus) a augmenté à un rythme plus rapide que la moyenne au premier trimestre de 2024 par rapport à un an plus tôt (+7,7 %), car les hausses en revenus d'investissement ont été beaucoup plus importantes que les augmentations des paiements d'intérêts.
L'épargne nette des ménages à faible revenu et des ménages à revenu moyen augmente pour la première fois en trois ans
L'épargne nette moyenne des ménages dans tous les groupes de revenu a augmenté au premier trimestre de 2024 par rapport à un an plus tôt, en raison de l'atténuation généralisée des pressions liées au coût de la vie. Bien que l'épargne nette des ménages ayant les revenus les plus élevés ait enregistré la plus forte augmentation au premier trimestre de 2024 par rapport à un an plus tôt (+1 657 $), la désépargne nette des ménages à faible revenu et des ménages à revenu moyen a diminué pour la première fois en trois ans, car les hausses de revenu ont été plus importantes que les augmentations des dépenses. L'augmentation des dépenses en logement et en services publics a toutefois continué de dépasser les hausses de revenu pour la plupart des ménages.
L'écart du patrimoine se creuse à mesure que la hausse des actifs financiers profite aux ménages les plus aisés
La majeure partie de la richesse est détenue par relativement peu de ménages au Canada. Les ménages au patrimoine le plus élevé (tranche supérieure de 20 % de la répartition du patrimoine) représentaient plus des deux tiers (67,6 %) de la valeur nette totale au Canada au premier trimestre de 2024, soit une moyenne de 3,4 millions de dollars par ménage, tandis que les ménages ayant le patrimoine le plus bas (tranche inférieure de 40 % de la répartition du patrimoine) en représentaient 2,8 %, soit une moyenne de 70 356 $.
L'écart du patrimoine entre les ménages de la tranche supérieure de 20 % et ceux de la tranche inférieure de 40 % a atteint 64,8 % au premier trimestre de 2024, ce qui représente une hausse de 0,3 point de pourcentage par rapport au même trimestre de l'année précédente. Pour tous les ménages dans la répartition du patrimoine, une hausse de la valeur moyenne des actifs financiers (+5,3 %) a contrebalancé une baisse de la valeur des biens immobiliers (-0,7 %). Plus de la moitié (58,4 %) des actifs des plus aisés étaient des actifs financiers, par rapport à 28,8 % pour les moins aisés.
La valeur nette des ménages ayant le patrimoine le plus bas affiche la plus faible croissance alors que la dette hypothécaire contrebalance la hausse des biens immobiliers
Bien que les ménages ayant le patrimoine le plus bas aient acquis et détenaient des biens immobiliers, leur valeur nette moyenne était relativement stable au premier trimestre de 2024 par rapport à un an plus tôt (+1,0 %), car l'augmentation de la dette hypothécaire pour financer ces actifs (+3,5 %) a contrebalancé l'augmentation de la valeur de leurs biens immobiliers (+1,8 %).
En revanche, ceux ayant le patrimoine le plus élevé ont enregistré la valeur nette la plus prononcée de tous les groupes de ménages (+3,0 % par rapport à +2,5 % pour tous les ménages), principalement en raison de la hausse des actifs financiers (+5,8 %). La valeur moyenne des biens immobiliers pour les ménages ayant le patrimoine le plus élevé a diminué de 1,3 % au cours de la même période, à peu près au même rythme que pour le ménage moyen. Parallèlement, les ménages ayant le patrimoine le plus élevé ont évité des niveaux d'emprunt plus élevés, leur endettement ayant légèrement augmenté (+0,6 %).
Les ménages les plus jeunes ont diminué continuellement leur solde de prêts hypothécaires dans un contexte de préoccupations liées à l'abordabilité
Les ménages les plus jeunes (âgés de moins de 35 ans) étaient le seul groupe d'âge à avoir diminué continuellement son solde de prêts hypothécaires depuis la fin de 2022, alors que la hausse des taux d'intérêt et les pressions inflationnistes ont rendu la propriété moins abordable. La dette hypothécaire moyenne des ménages les plus jeunes a continué de diminuer, mais à un rythme plus lent, la réduction de l'endettement d'une année à l'autre pour le premier trimestre de 2024 (-3,7 %) étant inférieure à celle des deux trimestres précédents (-3,9 % pour le quatrième trimestre de 2023 et -4,9 % pour le troisième trimestre de 2023).
Les ménages les plus jeunes peuvent réduire le solde de leurs dettes hypothécaires pour diverses raisons. Les acheteurs potentiels peuvent se détourner du marché du logement en raison de préoccupations liées à l'abordabilité, alors que les propriétaires actuels qui ont fait l'achat d'une propriété il y a quelques années au moment où les taux d'intérêt étaient nettement plus bas peuvent rembourser le solde de leurs dettes hypothécaires actuel ou déménager dans un logement plus abordable. De plus, d'autres personnes pourraient recevoir du soutien financier de leur famille pour les aider à faire face au coût de la vie et à réduire leurs dettes.
Le ratio de la dette au revenu des ménages des groupes d'âge plus jeunes diminue pour la première fois en trois ans
Pour la première fois en trois ans, le ratio de la dette au revenu des groupes d'âge plus jeunes a diminué, les hausses de revenu, attribuables en grande partie aux hausses salariales, étant plus importantes que les augmentations de l'endettement. Les ménages dont le principal soutien économique est une personne âgée de 35 à 44 ans affichaient le ratio de la dette au revenu le plus élevé de tous les groupes d'âge (+264,2 % au premier trimestre de 2024), en baisse par rapport à 268,4 % un an plus tôt, alors que le ratio de ceux dont le principal soutien économique est une personne âgée de moins de 35 ans a reculé de 25,0 points de pourcentage. Le ratio de la dette au revenu des ménages dont le principal soutien économique était une personne âgée de 65 ans et plus a reculé de 2,0 points de pourcentage en raison des augmentations enregistrées dans les revenus d'investissement.
Un autre indicateur du risque financier des ménages est le ratio du service de la dette (RSD), intérêts seulement, qui est fondé sur la valeur du total des paiements d'intérêts sur la dette du marché du crédit en proportion du revenu disponible du ménage. La portion d'intérêts seulement du RSD était la plus élevée chez les ménages âgés de 35 à 44 ans, ayant atteint un niveau record de 12,4 % au premier trimestre de 2024 (+1,0 point de pourcentage par rapport au premier trimestre de 2023).
En raison de la hausse marquée du revenu moyen et de l'importante réduction de l'endettement des ménages dont le principal soutien économique est une personne âgée de moins de 35 ans, parallèlement à la stabilisation des pressions inflationnistes et des taux d'intérêt, la portion d'intérêts seulement du RSD pour les ménages les plus jeunes a diminué pour la première fois en trois ans.
Les locataires sont moins en mesure de constituer une épargne et du patrimoine en raison de leurs revenus plus faibles et de la propriété limitée
Les locataires ont tendance à avoir des revenus inférieurs à ceux des propriétaires, ce qui limite leur capacité de composer avec l'augmentation du coût de la vie. Le revenu disponible moyen des locataires était de 14 867 $ au premier trimestre de 2024 (+4,2 % par rapport au premier trimestre de 2023), alors que celui des propriétaires était de 27 994 $ (+5,5 %).
Au premier trimestre de 2024, les locataires ont consacré 33,3 % de leur revenu au logement (+0,9 point de pourcentage par rapport au premier trimestre de 2023), ce qui est considérablement plus élevé que la part consacrée par les propriétaires, qui était de 22,8 % (+0,4 point de pourcentage). Les revenus plus faibles des locataires et l'affectation d'une part plus importante de ces revenus aux coûts de logement font en sorte qu'il est plus difficile pour ces personnes de joindre les deux bouts et d'épargner, notamment pour une mise de fonds destinée à l'achat d'une propriété. Au premier trimestre de 2024, les propriétaires ont constitué une épargne nette de 2 835 $ (+43,2 % par rapport au premier trimestre de 2023), tandis que les locataires ont engagé une désépargne nette de -707 $ (+24,5 %).
Par ailleurs, les locataires se heurtent à des obstacles quant à la capacité de constituer un patrimoine, en raison de la propriété limitée. Au premier trimestre de 2024, 91,0 % de tout le patrimoine était détenu par les propriétaires, à parts égales en biens immobiliers et en actifs financiers.
Au fil du temps, la capacité des propriétaires à générer du patrimoine, mesurée par le ratio de la valeur nette au revenu, a augmenté, passant de 1 112,9 % au premier trimestre de 2020 à 1 227,8 % au premier trimestre de 2024 (+114,9 points de pourcentage). Au cours de la même période, la valeur nette en proportion du revenu des locataires a augmenté à un rythme environ deux fois plus lent que celui des propriétaires (+54,7 points de pourcentage).
Les taux d'intérêt et l'inflation qui demeurent élevés continueront vraisemblablement d'exercer une pression sur la capacité des ménages vulnérables à joindre les deux bouts sans s'endetter davantage. Les plus récents chiffres du programme des Agrégats mensuels du crédit indiquent que la dette des ménages a continué d'augmenter jusqu'en avril 2024, bien qu'il y ait eu un ralentissement continu de l'emprunt hypothécaire, les taux d'intérêt et la hausse marquée des prix des maisons ayant probablement dissuadé les acheteurs.
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Objectifs liés au développement durable
Le 1er janvier 2016, des pays du monde entier ont officiellement commencé à mettre en œuvre le Programme de développement durable à l'horizon 2030, le plan d'action des Nations Unies axé sur la transformation qui vise à relever des défis mondiaux urgents au cours des 15 années suivantes. Ce plan se fonde sur 17 objectifs précis liés au développement durable.
Les comptes économiques du secteur des ménages répartis pour le revenu, la consommation, l'épargne et le patrimoine des ménages canadiens sont un exemple de la manière dont Statistique Canada appuie le suivi des progrès relatifs aux objectifs mondiaux liés au développement durable. Le présent communiqué servira à mesurer l'objectif suivant :
Note aux lecteurs
Statistique Canada publie régulièrement des indicateurs macroéconomiques du revenu disponible des ménages, des dépenses de consommation finales, de l'épargne et du patrimoine des ménages dans le cadre du Système canadien des comptes macroéconomiques (SCCM). Ces comptes sont conformes aux plus récentes normes internationales et sont compilés pour tous les secteurs de l'économie, y compris les ménages, les institutions sans but lucratif, les administrations publiques et les sociétés d'affaires, de même que la position financière du Canada par rapport au reste du monde. Bien que le SCCM fournisse des renseignements de grande qualité sur la position globale des ménages relativement aux autres secteurs de l'économie, les comptes économiques répartis pour le secteur des ménages (CERSM) favorisent une granularité supplémentaire permettant à Statistique Canada d'aborder des questions telles que les vulnérabilités de groupes particuliers et les conséquences qui en résultent sur le plan du bien-être économique et de la stabilité financière. Ces comptes constituent donc un complément important aux données trimestrielles standard liées à l'économie.
Les estimations des CERSM publiées aujourd'hui portent sur le revenu, la consommation, l'épargne et le patrimoine, y compris leurs sous-composantes selon diverses répartitions des ménages pour le premier trimestre de 2024. Les estimations ont également été révisées pour les périodes précédentes afin d'intégrer les derniers indices de référence du SCCM, y compris les révisions remontant au premier trimestre de 2023 pour les séries sur le revenu, la consommation, l'épargne et la richesse.
Le terme « écart de revenu », dont il est question dans le présent texte, est défini comme l'écart de la part du revenu disponible entre les ménages de la tranche supérieure de 40 % et la tranche inférieure de 40 % de la répartition des revenus. L'« écart de richesse » est défini comme l'écart de la part de la valeur nette entre les ménages de la tranche supérieure de 20 % et de la tranche inférieure de 40 % de la répartition de la richesse. Les estimations de la répartition de la valeur nette selon le quintile de patrimoine sont regroupées pour les ménages des deux quintiles les plus faibles pour faciliter la représentation, étant donné que le ménage moyen du quintile le plus faible avait plus de passifs dus que d'actifs détenus, à l'exemple des travailleurs autonomes ayant une valeur nette d'entreprise négative et des nouveaux diplômés devant rembourser les soldes de leurs prêts étudiants.
Comme pour toutes les données, les estimations des CERSM ne sont pas sans limites. Bien que certaines répartitions soient estimées à l'aide de microdonnées ou micromodèles actuels, tels que les salaires et traitements et la dette des ménages, d'autres, y compris les dépenses de consommation finales des ménages, les transferts sociaux en nature et les actifs des ménages reposent sur des hypothèses ou utilisent des données de périodes de référence antérieures. Les utilisateurs doivent garder ces limites à l'esprit lorsqu'ils analysent les estimations incluses dans ce communiqué.
Toutes les valeurs sont exprimées en taux nominaux non rajustés. Par conséquent, les estimations présentées dans le présent communiqué ne sont pas rajustées pour tenir compte des variations qui pourraient survenir au fil du temps en raison des tendances saisonnières ou de l'inflation des prix. Étant donné que les séries trimestrielles ne sont pas désaisonnalisées, les comparaisons ne devraient être faites qu'à l'aide d'estimations pour le même trimestre de chaque année.
Prochaine diffusion
Les données sur les comptes économiques du secteur des ménages répartis pour le deuxième trimestre de 2024 seront publiées le 10 octobre 2024.
Produits
Le produit de visualisation « Comptes économiques répartis pour le secteur des ménages, patrimoine : outil interactif », qui fait partie de Statistique Canada – Produits de visualisation des données (71-607-X) est maintenant accessible.
L'article « Comptes économiques répartis pour le secteur des ménages, estimations des répartitions des actifs, des passifs et de la valeur nette, 2010 à 2023 : rapport technique sur la méthodologie et la qualité », qui fait partie de la publication Comptes des revenus et dépenses, série technique (13-604-M), est également accessible.
Il est possible d'obtenir des précisions relativement aux sources et méthodes à l'origine de ces estimations dans la publication Guide méthodologique : Système canadien des comptes macroéconomiques (13-607-X). Voir la section « Comptes économiques répartis pour le secteur des ménages » des Comptes satellites et études spéciales.
Le portail Statistiques des comptes économiques, accessible sous l'onglet Sujets de notre site Web, offre un portrait à jour des économies nationale et provinciales et de leur structure.
La publication Les nouveautés en matière de comptes économiques canadiens (13-605-X) est accessible.
Le Guide de l'utilisateur : Système canadien des comptes macroéconomiques (13-606-G) est accessible.
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