Plus de 1 établissement du secteur privé sur 6 exigeant le bilinguisme prévoit des difficultés à recruter du personnel bilingue
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Diffusion : 2024-02-06
Au troisième trimestre de 2023, 45,4 % des établissements du secteur privé au Québec et 35,4 % de ceux au Nouveau-Brunswick exigeaient le bilinguisme français-anglais pour certains de leurs postes. C'était le cas pour 1 établissement ou moins sur 10 dans chacune des autres provinces et dans les territoires.
À l'échelle du Canada, la proportion des établissements du secteur privé prévoyant des difficultés à recruter du personnel capable de travailler en français et en anglais (5,5 %) a été relativement stable au troisième trimestre de 2023 par rapport à un an plus tôt (5,8 %). Dans l'ensemble, un peu plus de 1 établissement d'entreprise privée sur 6 (18,2 %) qui exigeait le bilinguisme pour certains de ses postes anticipait des difficultés liées au recrutement de personnel bilingue, comparativement à 25,0 % un an plus tôt.
C'est ce que révèlent les résultats de l'Enquête canadienne sur la situation des entreprises pour le troisième trimestre de 2023. Dans le cadre de cette enquête auprès d'établissements d'entreprises privées, des renseignements ont été recueillis sur la proportion de postes pour lesquels le bilinguisme français-anglais était exigé ainsi que sur les obstacles anticipés au cours des trois mois suivants, notamment les difficultés de recrutement. On entend par entreprises du secteur privé les entreprises non gouvernementales, qu'elles soient à but lucratif ou sans but lucratif.
L'exigence d'emploi relative à la connaissance du français et de l'anglais est plus fréquente dans les régions où une proportion élevée de la main-d'œuvre potentielle est bilingue
De nombreux facteurs peuvent expliquer pourquoi certains établissements exigent le bilinguisme français-anglais pour certains de leurs postes, notamment le fait de vouloir assurer une bonne communication avec l'ensemble de leur personnel, de leur clientèle, de leurs fournisseurs ou de leurs partenaires locaux.
Au troisième trimestre de 2023, 15,7 % des établissements d'entreprises privées au Canada exigeaient le bilinguisme pour au moins un de leurs postes. L'exigence du bilinguisme différait grandement selon le lieu d'affaires. Les régions où l'on retrouve la plus grande proportion d'établissements exigeant le bilinguisme coïncident généralement avec celles où il existe un bassin de main-d'œuvre disponible ayant les capacités linguistiques correspondant à ces postes.
Au Québec, 45,4 % des établissements exigeaient le bilinguisme pour certains de leurs postes au troisième trimestre de 2023. Cette proportion était de 35,4 % au Nouveau-Brunswick, où l'anglais et le français sont des langues officielles.
Au Canada, à l'exclusion du Québec et du Nouveau-Brunswick, 7,4 % des établissements exigeaient le bilinguisme pour certains de leurs postes au troisième trimestre de 2023. L'Ontario (9,8 %) affichait une proportion supérieure à cette moyenne, en partie en raison du grand centre urbain d'Ottawa (15,4 %), une région où le taux de bilinguisme de la main-d'œuvre et de l'ensemble de sa population est élevé.
En Nouvelle-Écosse ainsi que dans l'ensemble des territoires, environ 1 établissement sur 15 exigeait le bilinguisme pour au moins un de ses postes au troisième trimestre de 2023. Dans les provinces de l'Ouest canadien ainsi qu'à Terre-Neuve-et-Labrador, des régions du pays où une faible proportion de la population parle français, au plus 1 établissement sur 20 exigeait le bilinguisme.
Au troisième trimestre de 2023, la proportion d'établissements exigeant le bilinguisme était plus élevée dans les grandes régions urbaines de Gatineau (74,1 %), de Montréal (58,4 %), de Québec (42,7 %) et de Sherbrooke (37,2 %).
À l'inverse, la proportion d'établissements exigeant le bilinguisme était plus faible dans les régions métropolitaines de recensement (RMR) à l'extérieur du Québec et du Nouveau-Brunswick au troisième trimestre de 2023. Un peu plus de 1 établissement sur 15 situé à Toronto (6,9 %) et à Calgary (6,9 %) exigeait le bilinguisme pour certains de leurs postes. Notons cependant qu'après la RMR de Montréal, celle de Toronto comptait le plus grand nombre d'établissements exigeant le bilinguisme, presque autant que les régions de Québec, Gatineau et Sherbrooke réunies.
Le bilinguisme français-anglais est plus souvent exigé dans les établissements du secteur du commerce de gros et de détail
Au Québec, au troisième trimestre de 2023, le bilinguisme français-anglais était exigé pour certains postes dans plus de la moitié des établissements des secteurs du commerce de gros et de détail (50,4 %), des services d'hébergement et de restauration (63,7 %) ainsi que des services professionnels, scientifiques et techniques (64,4 %). En revanche, le bilinguisme était requis dans relativement moins d'établissements dans le secteur de la construction (24,2 %).
La situation était semblable au Nouveau-Brunswick, où plus de la moitié (53,4 %) des établissements dans le secteur du commerce de gros et de détail exigeaient le bilinguisme au troisième trimestre de 2023.
À l'extérieur du Québec et du Nouveau-Brunswick, environ 1 établissement sur 10 exigeait le bilinguisme dans le secteur du commerce de gros et de détail (9,5 %) ainsi que dans celui des services professionnels, scientifiques et techniques (9,5 %) au troisième trimestre de 2023. Par ailleurs, c'était le cas d'environ 1 établissement sur 16 dans le secteur de la construction (6,0 %).
Les difficultés à recruter du personnel bilingue sont plus fréquentes parmi les établissements exigeant le bilinguisme français-anglais pour certains de leurs postes
La difficulté à recruter du personnel capable de travailler en français et en anglais était un obstacle perçu par 5,5 % des établissements d'entreprises privées au Canada au troisième trimestre de 2023, ce qui représente une proportion semblable à celle observée au même trimestre en 2022 (5,8 %) malgré une atténuation des tensions sur le marché du travail. Au Québec et au Nouveau-Brunswick, cette proportion était supérieure à 10 % au troisième trimestre de 2023.
La prévalence de cette difficulté était plus marquée dans les régions où la proportion de la population de langue officielle en situation minoritaire était la plus élevée. Bien qu'il s'agisse de régions où le bassin de main-d'œuvre potentielle bilingue est relativement grand, ce sont des endroits où la clientèle et les partenaires d'affaires locaux sont plus susceptibles de s'exprimer dans l'une ou l'autre des deux langues officielles, ce qui se traduit par une plus grande demande pour une main-d'œuvre bilingue.
À l'échelle canadienne, parmi les établissements exigeant le bilinguisme pour au moins un de leurs postes, 18,2 % prévoyaient des difficultés à recruter du personnel bilingue au troisième trimestre de 2023. Cette proportion était plus élevée au Canada Atlantique (excluant le Nouveau-Brunswick) (32,6 %), mais elle n'était pas statistiquement différente de la moyenne canadienne dans les autres régions du pays.
Toutefois, dans l'ensemble du Canada, environ 1 établissement sur 30 (3,2 %) n'ayant aucun poste exigeant formellement la connaissance du français et de l'anglais anticipait des difficultés à recruter du personnel bilingue.
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Note aux lecteurs
Le présent communiqué contient de nouvelles données sur les postes exigeant le bilinguisme et sur la pénurie de main-d'œuvre bilingue dans le secteur privé au Canada. Il s'agit d'une analyse des résultats de l'Enquête canadienne sur la situation des entreprises, menée au troisième trimestre de 2023, soit du 4 juillet au 8 août 2023.
La population cible de cette enquête est constituée des établissements actifs figurant au Registre des entreprises qui ont une adresse au Canada et qui ont des employés. L'enquête exclut certains secteurs d'activité, tels que l'administration publique, les services publics, les services d'enseignement et les hôpitaux. Afin de mieux circonscrire les établissements d'entreprises privées, cette analyse exclut également les organismes gouvernementaux, mais elle comprend les organisations sans but lucratif.
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