Commerce international de marchandises du Canada : revue annuelle 2022
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Diffusion : 2023-05-09
En 2022, la valeur des exportations annuelles de marchandises du Canada a augmenté de 22,5 % pour atteindre 779,2 milliards de dollars, tandis que celle des importations annuelles a crû de 19,9 % pour se situer à 757,4 milliards de dollars. Par conséquent, le surplus commercial de marchandises du Canada avec le monde s'est élargi; il est passé de 4,6 milliards de dollars en 2021 à 21,8 milliards de dollars en 2022. Lorsqu'on la compare avec la valeur du commerce total (les importations et les exportations combinées se sont chiffrées à 1,54 billion de dollars), la valeur du surplus commercial représentait environ 0,01 % du commerce total en 2022.
Pour explorer les statistiques canadiennes sur le commerce international de marchandises pour 2022 dans un format interactif, consultez « L'Explorateur du commerce international » et le « Tableau de bord interactif mensuel sur le commerce international ».
Mise en contexte
L'année 2021 a été marquée par une forte reprise de l'activité économique, y compris du commerce international, après le ralentissement de l'activité dans plusieurs industries au Canada et ailleurs dans le monde en 2020 pendant les premières vagues de la pandémie de COVID-19. Stimulées entre autres par la vigueur de la reprise des activités économiques aux États-Unis et par la hausse des prix, les exportations de biens avaient augmenté de 21,8 % en 2021; et les importations, fortes d'un rebond marqué de la demande nationale, avaient crû de plus de 12 %. Cette reprise rapide a cependant contribué à l'avènement d'effets économiques collatéraux, tels que la plus forte augmentation des prix à la consommation depuis 40 ans, de même qu'à des défis importants au chapitre de la chaîne d'approvisionnement.
Le début de l'année 2022 a été marqué par l'arrivée d'un autre événement important, à savoir l'invasion de l'Ukraine par la Russie, ainsi que par les sanctions économiques qui ont été imposées à la Russie par plusieurs pays du monde en réponse à cette attaque. Cette situation a limité l'offre mondiale des biens, spécialement les matières premières qui sont produites en grande quantité dans cette région du monde, ce qui a entraîné une forte hausse des prix, qui, pour la plupart, étaient déjà élevés. Or, puisqu'il existe des similitudes entre le Canada et la Russie (et l'Ukraine, mais dans une moins grande mesure) au chapitre des matières premières qui y sont produites et exportées, ce conflit a exercé une grande influence sur les résultats annuels des exportations du Canada. En 2022, les prix des exportations totales ont crû de 19,5 %. Les prix des importations ont également fortement subi les pressions inflationnistes mondiales : en 2022, ils ont augmenté de 12,4 %. À des fins de comparaison historique, de 2000 à 2019, la croissance annuelle moyenne des prix a été de 1,0 % pour les exportations, et de 0,7 % pour les importations.
Les sections suivantes donnent un aperçu des résultats du commerce international de marchandises au Canada relativement aux produits ayant affiché des variations en 2022 qui reflètent le plus ce contexte.
Les produits énergétiques ont affiché la hausse la plus marquée des exportations en 2022
Les exportations totales ont crû de 22,5 % en 2022, ce qui représente une hausse de la valeur des exportations de plus 142 milliards de dollars. Or, plus de la moitié de cette hausse (76,9 milliards de dollars) est attribuable à la forte augmentation des exportations de produits énergétiques. Si l'on exclut les produits énergétiques, les exportations de marchandises du Canada se sont accrues de 13,2 % en 2022. La part des produits énergétiques par rapport à la valeur des exportations totales a ainsi beaucoup augmenté, passant de 21,2 % en 2021 à un sommet de 27,2 % en 2022.
La valeur des exportations de produits énergétiques a augmenté de 57,1 % en 2022, principalement en raison d'une forte hausse des prix. Les prix des produits énergétiques avaient déjà augmenté de 75,0 % en 2021 par rapport à 2020, et ils ont augmenté à nouveau en 2022, soit de 53,8 %. La forte demande pour les produits énergétiques au début de 2022, jumelée à l'incertitude entourant le conflit en Ukraine et les sanctions économiques imposées à la Russie — qui est un important producteur de produits énergétiques —, a fait grimper ces prix, qui ont atteint des sommets inégalés en 2022.
Les exportations de pétrole brut (+50,8 %) ont le plus contribué à la hausse des exportations de produits énergétiques en 2022, en grande partie en raison d'une forte croissance des prix. Les prix du marché avaient commencé leur croissance au début de l'année 2021, poussés par la forte demande mondiale suivant des restrictions liées à la pandémie qui avaient limité l'utilisation des transports, de même que par la production dans certaines industries énergivores. Alors que ces effets sur les prix semblaient se dissiper à la fin de 2021, l'incertitude relative à un éventuel conflit en Ukraine a fait remonter les prix au début de 2022. Ceux-ci ont atteint des sommets inégalés en mars 2022 lorsque le conflit a éclaté, et à nouveau en juin, avant de redescendre pendant les six derniers mois de l'année. Plusieurs facteurs ont contribué à la baisse des prix du pétrole canadien au cours de la deuxième moitié de l'année, y compris l'utilisation des réserves stratégiques de pétrole brut aux États-Unis et l'anticipation d'un ralentissement économique dans le monde entier et d'une éventuelle diminution de la demande dans le contexte de l'augmentation rapide du coût d'emprunt (hausse du taux d'intérêt par les banques centrales).
En termes réels (ou en volumes), les exportations de pétrole brut ont affiché une hausse plus modeste, soit de 1,8 % en 2022. Il s'agissait tout de même d'un sommet inégalé en ce qui concerne les volumes d'exportations de pétrole brut, ce qui reflète une production record de pétrole brut en Alberta en 2022. Tout comme la production de pétrole en Alberta, les exportations de pétrole brut en volumes ont presque doublé au Canada depuis 2010.
Les exportations de gaz naturel (+85,0 %) étaient aussi en hausse en 2022. Encore une fois, la hausse des prix a le plus contribué à l'augmentation. Cette hausse de prix était, une fois de plus, liée en partie au conflit en Ukraine. Avec la réduction soudaine des exportations de gaz naturel de la Russie vers de nombreuses destinations européennes en raison des sanctions économiques imposées à la Russie, la demande pour le gaz naturel nord-américain a fortement augmenté en 2022. En effet, la production de gaz naturel aux États-Unis a augmenté en 2022, mais les quantités de gaz naturel liquéfié exportées des États-Unis vers l'Europe ont plus que doublé d'une année à l'autre. Cela a eu pour effet de limiter les stocks et l'offre continentale de gaz naturel en Amérique du Nord, et a ainsi stimulé les prix encore plus. Comme cela a été observé avec les prix du pétrole brut, les prix du gaz naturel ont affiché de fortes hausses pendant la première moitié de l'année, pour ensuite redescendre pendant la deuxième. Les prix du gaz naturel canadien ont cependant rebondi en décembre 2022, alors que des conditions hivernales difficiles aux États-Unis se sont traduites par une montée en flèche du prix du gaz naturel. En termes réels (ou en volumes), les exportations de gaz naturel du Canada ont crû de 8,1 % en 2022.
L'année 2023 pourrait en être une autre mouvementée pour les exportations de produits énergétiques. Les perspectives semblent pointées vers un ralentissement de l'activité économique en 2023, ce qui pourrait avoir un effet à la baisse sur les prix, résultat d'une diminution de la demande.
En ce qui concerne le gaz naturel, étant donné le conflit en Ukraine, le marché européen est de plus en plus attrayant pour les producteurs de gaz naturel en Amérique du Nord, surtout pour les États-Unis, qui possèdent plusieurs usines de liquéfaction et des terminaux d'exportations pour le gaz naturel liquéfié. Or, l'augmentation en importance du marché européen pourrait continuer d'avoir une incidence négative sur les stocks de gaz naturel en Amérique du Nord, et ainsi rendre le prix nord-américain plus volatil. Par exemple, des stocks bas pourraient rendre le prix du gaz naturel plus sensible aux événements météorologiques qui se produisent aux États-Unis pendant l'hiver.
Un contexte différent pour les volumes et les prix des exportations de produits agricoles et de la pêche et produits intermédiaires des aliments
Les exportations de produits agricoles et de la pêche et produits intermédiaires des aliments ont augmenté de 14,7 % en 2022 pour atteindre un sommet inégalé de 54,5 milliards de dollars. Cependant, lorsqu'exprimées en termes réels (ou en volumes), ces exportations ont enregistré une deuxième diminution annuelle consécutive. La vigueur des prix a donc réussi à plus que compenser la baisse des quantités exportées en 2022.
Une campagne agricole commence en août d'une année donnée et se termine en juillet de l'année suivante. Or, le niveau de production durant la campagne agricole, fortement dépendant des conditions météorologiques, a une incidence directe sur la quantité de produits agricoles qui sont exportés et aussi sur les prix de ces marchandises. Les deux dernières campagnes agricoles au Canada (2021-2022 et 2022-2023) ont produit des résultats très différents en ce qui concerne la production et les exportations en raison de conditions météorologiques changeantes.
La campagne agricole de 2021-2022 a été marquée par des conditions météorologiques fortement défavorables, ce qui a engendré une baisse importante des volumes d'exportations de produits agricoles en 2021. Malgré cette baisse, les exportations annuelles ont pu être soutenues partiellement en 2021 par des stocks élevés provenant d'une forte production en 2020, ce qui a pu soutenir les exportations en début d'année 2021. La faible production pendant cette campagne agricole a ensuite été à l'origine de niveaux historiquement bas en ce qui a trait aux volumes de produits agricoles exportés au début de l'année 2022. Cependant, la plus récente campagne agricole ayant été bonne, ces exportations se sont rapidement accrues en août 2022 et des hausses marquées ont ensuite aussi été observées en septembre, octobre et novembre. Malgré la reprise de ces exportations à l'automne, les volumes d'exportations ont terminé l'année 2022 en baisse de 9,2 %.
Les prix élevés observés en 2021 et en 2022 ont donc permis à la valeur de ces exportations d'afficher des hausses pour ces années-là malgré une mauvaise campagne agricole en 2021-2022 et la diminution des volumes exportés. En effet, les conditions météorologiques difficiles lors des dernières années dans plusieurs des régions du monde pratiquant l'agriculture ont entraîné des enjeux quant à l'approvisionnement de ces produits de l'agriculture. Combinée à une forte demande mondiale, cette situation a mené à une augmentation marquée des prix de plusieurs commodités importantes comme le blé, le canola et le soya. Entre autres, en 2021, les prix des exportations de blé ont augmenté de 18,1 % par rapport à 2020. Cette croissance des prix a perduré jusqu'en 2022, et s'est fortement exacerbée lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, l'Ukraine étant l'un des plus grands producteurs de blé au monde. En 2022, le prix des exportations de blé a augmenté de 42,4 % comparativement à 2021.
L'augmentation de la production pendant la campagne agricole 2022-2023 devrait continuer d'avoir un effet positif sur les exportations canadiennes de produits agricoles au début de l'année 2023. Les conditions météorologiques dans le monde et la capacité de l'Ukraine à exporter son blé seront aussi déterminantes pour les prix des produits agricoles en 2023.
Hausse de la demande d'engrais canadiens
Les exportations de minerais et minéraux non métalliques ont augmenté de 28,1 % en 2022, et cette hausse est survenue après une augmentation annuelle de 23,1 % observée en 2021. Alors que les exportations de minerais et concentrés de fer avaient été à l'origine de la hausse en 2021, ce sont les exportations de potasse qui ont dominé la croissance de ces exportations en 2022.
Les exportations de potasse ont plus que doublé, passant de 6,6 milliards de dollars en 2021 à 15,3 milliards de dollars en 2022. Cette hausse est en grande partie attribuable à l'augmentation des prix, même si, en termes de volumes, les exportations de potasse ont aussi affiché une hausse. Ces augmentations reflètent une croissance marquée de la demande mondiale d'engrais en 2022.
Une des raisons qui expliquent la hausse de la demande de ce produit a trait aux conditions météorologiques de plus en plus difficiles auxquelles font face les agriculteurs un peu partout dans le monde, menant à une plus grande utilisation d'engrais. Le Canada est l'un des principaux pays producteurs d'un des types d'engrais les plus importants, la potasse. Une autre raison expliquant une plus forte demande pour ce produit est l'invasion de l'Ukraine par la Russie. La Russie étant aussi un des principaux pays producteurs d'engrais, les sanctions économiques ont forcé certains pays à importer des fertilisants d'autres pays, comme le Canada. Par exemple, le Bangladesh a vu ses importations de potasse en provenance du Canada plus que quadrupler en 2022 par rapport à la moyenne des cinq années précédentes.
La capacité de production de potasse au Canada est grande mais définie. La variation de la valeur de ces exportations demeure donc fortement dépendante de la fluctuation des prix, qui sont en grande partie fonction de la demande mondiale pour cet engrais. Cette demande sera beaucoup influencée en 2023 — de même qu'au cours des années suivantes — par les conditions météorologiques que devront affronter les agriculteurs partout dans le monde.
En conclusion, bien que la valeur des exportations canadiennes de marchandises ait fortement augmenté en 2021 (+21,8 %) et 2022 (+22,5 %), ces deux années ont été marquées par des hausses de prix sans précédent. En termes réels (ou en volumes), les exportations totales ont augmenté de 1,4 % en 2021 et de 2,5 % en 2022, des variations annuelles bien différentes de celles exprimées en termes nominaux. Lorsque l'on observe les exportations en dollars constants, celles-ci se situaient encore en 2022 en deçà des niveaux de 2019, avant le début de la pandémie de COVID-19. Donc, malgré les différents événements mondiaux ayant contribué à la hausse de la demande de matières premières canadiennes en 2022, l'augmentation de la valeur des exportations s'est surtout reflétée dans la croissance des prix, et non dans les quantités exportées.
Les importations de biens de consommation ont atteint des sommets sans précédent, stimulées en grande partie par la hausse des prix
Les importations de marchandises du Canada ont augmenté de 19,9 % en 2022 pour atteindre 757,4 milliards de dollars, alors que toutes les sections de produits ont affiché des hausses. Des 11 sections de produits, 6 ont enregistré des augmentations de plus de 10 milliards de dollars et ont représenté plus de 80 % de la hausse totale. De ces augmentations, ce sont les importations de biens de consommation qui ont le plus crû. Tout comme les exportations, les importations ont grandement été touchées par une hausse des prix en 2022. Si l'on enlève l'effet des prix, les importations réelles (ou en volumes) ont augmenté de 6,6 %.
En 2022, les importations de biens de consommation ont augmenté de 14,6 % pour atteindre 156,3 milliards de dollars, soit plus de 20 % des importations totales de marchandises. Dans le contexte inflationniste, les prix des importations de biens de consommation ont fortement contribué à la hausse en 2022. Lorsqu'exprimées en termes réels (ou en volumes), les importations de biens de consommation ont augmenté de 3,2 % pendant l'année.
Les importations de vêtements, chaussures et accessoires (+38,4 %) ont le plus contribué à la hausse des importations de biens de consommation en 2022. Après avoir diminué de 19,2 % en 2020, ces importations ont augmenté de 8,1 % en 2021, ce qui n'a pas été suffisant pour retrouver les niveaux prépandémie atteints en 2019. Portées par une forte demande, et par de nouvelles stratégies de gestion des stocks de la part des détaillants, ces importations ont en 2022 finalement dépassé les niveaux atteints en 2019.
Les importations de produits pharmaceutiques (+11,8 %) ont aussi contribué à la hausse en 2022. Bien que la valeur des importations de « vaccins pour la médecine humaine autres que pour l'influenza », qui comprennent les vaccins contre la COVID-19, ait été élevée encore en 2022, la stabilité des importations de ces produits de 2021 à 2022 fait en sorte que ces dernières n'ont pas beaucoup contribué à la variation annuelle des importations de produits pharmaceutiques. Les médicaments pour le traitement de la COVID-19 ont toutefois contribué en partie à la hausse des importations de produits pharmaceutiques en 2022.
Les importations de biens de consommation représentent un indicateur potentiel de la demande des consommateurs au Canada, fait particulièrement intéressant à surveiller dans le contexte de la forte inflation et de la hausse du coût d'emprunt. D'autres catégories d'importations en lien avec la demande des consommateurs au Canada sont aussi d'intérêt, tels que les appareils de communication et appareils d'audio et de vidéo, qui incluent les téléphones cellulaires et les téléviseurs; les ordinateurs et périphériques, qui incluent les tablettes électroniques et les ordinateurs portables; et les voitures automobiles et les camions légers.
Les importations de véhicules automobiles et de pièces pour véhicule automobile ont retrouvé leur niveau prépandémie
Les importations de véhicules automobiles et de pièces pour véhicule automobile ont augmenté de 20,7 % en 2022 pour atteindre 114,8 milliards de dollars, ce qui représente un niveau comparable à celui de 2019 (115,3 milliards de dollars), la plus récente valeur annuelle enregistrée avant la pandémie de COVID-19. Même si, en 2022, les prix des importations de cette catégorie de produits ont affiché l'une des plus fortes hausses annuelles depuis que des statistiques à ce chapitre sont compilées, c'est plutôt la croissance des volumes importés qui ont le plus contribué à la hausse. Les importations de véhicules automobiles en termes de volumes n'ont pas encore rejoint les niveaux observés en 2019, mais ils s'en sont approchés de façon marquée en 2022, clôturant l'année 1,9 % en deçà des niveaux de 2019.
Alors que la production de véhicules automobiles dans le monde se redressait à la suite des fermetures mises en place dans le cadre des restrictions sanitaires lors de la première vague de la pandémie, cette industrie a été durement touchée à partir de la fin de 2020 par des enjeux au chapitre de la chaîne d'approvisionnement. Malgré une forte demande mondiale, plusieurs fabricants de véhicules ont été forcés de ralentir la production en 2021 par manque de pièces, particulièrement les puces à semi-conducteurs. Ainsi, la production mondiale, de même que les importations canadiennes, n'a pu revenir à des niveaux suffisants pour suivre la demande croissante durant cette période. En 2022, l'industrie s'est adaptée et, malgré la persistance de ces enjeux, a réduit le nombre de fermetures et/ou leur durée et produit plus de véhicules, ce qui a eu une incidence sur les données des importations canadiennes.
Pour ce qui est des exportations de véhicules automobiles et pièces pour véhicule automobile, elles ont augmenté de 12,5 % en 2022, mais étaient en deçà de plus de 14 % des niveaux enregistrés pour l'année 2019. Lorsque ces exportations sont ajustées aux prix, cette différence en termes de volumes entre les niveaux de 2019 et de 2022 s'accentue pour atteindre 19,1 %. Plusieurs raisons peuvent expliquer cet écart, y compris le fait que, par rapport à celle d'autres pays, la production canadienne a été plus touchée en 2021 par la pénurie de pièces (les volumes des exportations de véhicules automobiles et pièces pour véhicule automobile ont baissé de 4,1 % en 2021 comparativement à 2020, année où la pandémie a entraîné des répercussions très négatives sur la production). De plus, depuis 2019, en raison de changements stratégiques au chapitre de la production, les fabricants canadiens ont arrêté de produire plus de modèles automobiles qu'ils ont commencé à en produire. Finalement, le Canada produit des véhicules automobiles qui sont devenus en moins grande demande que les véhicules produits ailleurs. Par exemple, en général, la demande pour les camions légers en Amérique du Nord est supérieure à la demande des voitures automobiles, et relativement peu de camions légers sont fabriqués au Canada.
Les importations de machines, matériel et pièces industriels ont continué leur progression en 2022
Après avoir augmenté de 13,7 % en 2021, les importations de machines, matériel et pièces industriels ont crû de 22,9 % en 2022 pour atteindre un sommet inégalé de 84,6 milliards de dollars. Après s'être repliées en 2020, les valeurs de ces importations en 2021 étaient redevenues comparables à celles enregistrées en 2018 et 2019, puis ont atteint un sommet en 2022. Même si les prix ont contribué à cette croissance, les importations de machines, matériel et pièces industriels ont tout même affiché une hausse marquée en termes de volumes (+10,3 %) en 2022.
La hausse de la valeur des importations dans cette section de produits a été généralisée parmi toutes les sous-sections de produits en 2022. Alors que les importations plus typiques, comme celles de machinerie pour l'exploitation forestière, la construction, l'exploitation minière et l'agriculture ont toutes affiché des hausses, d'autres catégories ont enregistré des augmentations marquées.
C'est le cas des importations d'autres machines propres à une industrie de fabrication qui ont augmenté de 35,4 % en 2022. Ce sont les importations destinées à la construction du terminal de gaz naturel liquéfié en Colombie-Britannique qui ont le plus influencé les résultats dans cette sous-section. La construction du terminal est entrée dans une nouvelle phase à la fin de 2021, et c'est à ce moment que les importations de modules et de divers matériels pour ce projet ont commencé à prendre de l'ampleur. Les importations pour l'usine de liquéfaction continueront en 2023, et contribueront à une certaine volatilité dans les résultats mensuels.
Les importations d'autres machines et matériel d'usage général (+22,5 %) ont aussi affiché une forte hausse en 2022. Avec la multiplication de projets de champs éoliens, la hausse des importations d'équipement et de matériel pour l'installation d'éoliennes a contribué à la croissance des importations dans cette sous-section.
Tout comme les importations de biens de consommation, les importations de machines, matériel et pièces industriels représentent un indicateur potentiel pouvant apporter un éclairage sur l'ampleur des investissements faits au Canada dans les industries productrices de biens. Avec la hausse des taux d'intérêt, qui pourrait aussi entraîner des répercussions sur la capacité d'emprunt des grands investisseurs, les importations dans cette section de produits seront à surveiller de près en 2023.
En conclusion, pour ce qui est des importations canadiennes, bien qu'elles aient été moins touchées par une hausse des prix que les exportations, elles ont tout de même été sujettes à de fortes pressions inflationnistes. Cependant, la hausse des volumes du commerce a été plus forte en ce qui concerne les importations (+6,6 %) que les exportations (+2,5 %) en 2022. La forte demande nationale a donc plus contribué à l'augmentation de l'activité commerciale au Canada en 2022 que les différents événements survenus à l'échelle mondiale qui ont stimulé la demande étrangère pour les produits d'origine canadienne. De plus, les importations en volumes en 2022 ont finalement surpassé les niveaux prépandémie, ce qui n'est pas encore le cas pour les volumes des exportations.
L'excédent commercial record avec les États-Unis a surpassé le déficit record avec les autres pays
Les exportations vers les États-Unis ont augmenté de 24,8 % en 2022 pour se situer à 595 milliards de dollars, un sommet inégalé. Cette hausse s'explique en grande partie par l'augmentation des exportations de produits énergétiques, qui ont bondi en 2022 en raison des prix élevés. En raison de la proximité géographique et de la grande intégration des systèmes de transport (oléoducs et lignes ferroviaires) de ces produits entre les deux pays, près de 90 % des exportations de produits énergétiques canadiens ont été destinées aux États-Unis. Les exportations vers les États-Unis, étant composées de plus du tiers de produits énergétiques, ont donc fortement été influencées par les prix en 2022.
Les importations en provenance des États-Unis ont augmenté de 20,0 % en 2022 pour atteindre 471 milliards de dollars. Dans ce cas-ci également, même si la contribution était moindre comparativement aux exportations, les produits énergétiques ont le plus augmenté. Les importations de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés en provenance des États-Unis ont affiché une hausse marquée en 2022, en grande partie en raison de la croissance des prix. Les importations de véhicules automobiles et pièces pour véhicule automobile ont aussi contribué à la hausse, ce qui reflète une demande persistante pour les voitures automobiles et une certaine amélioration au chapitre de la gestion de la chaîne d'approvisionnement.
Puisque les exportations avec les États-Unis ont augmenté davantage que les importations en 2022, le surplus commercial avec ce pays s'est élargi, passant de 84 milliards de dollars en 2021 à 124 milliards de dollars en 2022. Il s'agit du surplus annuel le plus élevé jamais enregistré avec les États-Unis.
Les exportations vers les pays autres que les États-Unis ont augmenté de 15,4 % en 2022 et se sont situées à 184 milliards de dollars. Les trois destinations qui ont enregistré les plus fortes croissances étaient situées en Asie, soit le Japon (+24,5 %), l'Inde (+78,9 %) et la Corée du Sud (+37,1 %). Les exportations canadiennes de charbon ont affiché de fortes hausses pour tous ces pays, et propulsées également par une hausse des prix, ont presque doublé au total en 2022 par rapport à 2021. La potasse, le nickel, le blé, le pétrole brut, les produits pharmaceutiques et l'or sous forme brute sont parmi les autres produits ayant contribué à la hausse des exportations canadiennes vers les pays autres que les États-Unis.
Les importations en provenance des pays autres que les États-Unis ont augmenté de 19,8 % en 2022 pour se chiffrer à 286 milliards de dollars. Malgré divers défis en 2022 en lien avec la pandémie de COVID-19 — qui a limité la production de certains biens, de même que la capacité d'exportations de certains terminaux portuaires — la Chine a été à l'origine de plus du quart de la hausse des importations canadiennes en provenance des pays autres que les États-Unis. La hausse des importations en provenance de la Chine en 2022 a été généralisée parmi plusieurs types de produits. Le Mexique, l'Allemagne, la Corée du Sud, l'Inde et l'Italie ont aussi contribué à la hausse des importations en provenance des pays autres que les États-Unis en 2022. En ce qui concerne les produits importés, ce sont les vêtements, chaussures et accessoires; les produits pharmaceutiques; les voitures automobiles et camions légers ainsi que les produits chimiques de base qui ont affiché les plus fortes hausses.
Puisque les importations ont augmenté davantage que les exportations, le déficit commercial avec les pays autres que les États-Unis s'est élargi, passant de 79 milliards de dollars en 2021 à 102 milliards de dollars en 2022, un déficit record.
Note aux lecteurs
Notes de la diffusion
Les données sur le commerce international selon le produit sont offertes sur la base de la balance des paiements (BDP) ainsi que sur la base douanière. Les données sur le commerce international selon le pays sont offertes sur la base douanière pour tous les pays, et sont offertes sur la base de la BDP pour les 27 principaux partenaires commerciaux (PPC) du Canada. La liste des PPC s'appuie sur leur part annuelle du commerce de marchandises total — importations et exportations — effectué avec le Canada en 2012. Les données sur la BDP sont calculées à partir des données sur la base douanière en faisant des ajustements liés à divers facteurs, comme l'évaluation, la couverture, le choix du moment et la résidence. Ces ajustements sont effectués afin d'assurer la conformité avec les concepts et les définitions du Système de comptabilité nationale du Canada.
Des données douanières ont été utilisées lors de l'analyse du commerce de biens du Canada avec ses partenaires commerciaux. Les données pour le reste de l'analyse sont présentées sur la base de la BDP; elles sont désaisonnalisées et exprimées en dollars courants, sauf indication contraire.
Les dollars constants sont calculés à l'aide de la formule du volume de Laspeyres (2012 = 100).
Les prix sont calculés à l'aide de l'indice de prix Paasche (2012 = 100).
Les données du présent communiqué sont accessibles dans les tableaux 12-10-0011-01, 12-10-0121-01 et 12-10-0126-01.
Révisions
Les données sur le commerce international de marchandises pour l'année de référence 2022 présentées dans ce communiqué peuvent faire l'objet de révisions à la suite de la diffusion des communiqués mensuels sur le commerce international de marchandises du Canada pour les mois de référence d'avril et d'octobre.
Prochaine diffusion
Les données mensuelles d'avril sur le commerce international de marchandises du Canada seront diffusées le 7 juin.
Coordonnées des personnes-ressources
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