Productivité du travail, rémunération horaire et coût unitaire de main-d'œuvre, troisième trimestre de 2021
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Diffusion : 2021-12-03
Troisième trimestre de 2021
-1,5 % 
(variation trimestrielle)
La productivité du travail recule, après une croissance nulle au deuxième trimestre
La productivité du travail dans les entreprises canadiennes a reculé de 1,5 % au troisième trimestre, les heures travaillées ayant rebondi plus fortement que la production des entreprises.
Le recul de la productivité du travail au troisième trimestre survient à la suite d'une croissance nulle au trimestre précédent, où la production et les heures travaillées avaient toutes deux diminué à un rythme similaire. Alors que le deuxième trimestre était marqué en grande partie par la troisième vague de la pandémie de COVID-19, le troisième trimestre a connu une reprise de la production et des heures travaillées, par suite de la réouverture d'un plus grand nombre d'entreprises, y compris celles considérées comme non essentielles.
Depuis le début de la pandémie, la productivité du travail a généralement baissé lorsque les restrictions ont été assouplies, les heures travaillées augmentant plus que la production. Elle s'est stabilisée au cours des derniers trimestres et a poursuivi son ajustement au troisième trimestre. Par rapport au quatrième trimestre de 2019, soit le trimestre précédant le début de la pandémie de la COVID-19, la productivité s'est accrue légèrement de 0,4 %.
Au cours du troisième trimestre, les restrictions sanitaires qui pesaient plus particulièrement sur les services liés aux loisirs (p. ex. hôtellerie, restauration, voyages) ont été assouplies davantage et cela a favorisé un rebond à la fois de la production des entreprises et des heures travaillées. Cependant, la croissance des heures travaillées a été supérieure à celle de la production, ce qui a fait diminuer la productivité au troisième trimestre.
Le principal facteur qui explique la baisse globale de la productivité réside dans un changement structurel. En effet, au troisième trimestre, l'augmentation des heures travaillées a été beaucoup plus marquée dans les secteurs à faible valeur ajoutée et, donc, aux niveaux de productivité moins élevés. En particulier, des secteurs comme les services d'hébergement et de restauration ainsi que les arts, spectacles et loisirs ont enregistré une forte croissance des heures travaillées au troisième trimestre, ce qui a augmenté leur poids relatif. Cette réallocation des heures s'est traduite par un effet négatif sur la variation globale de la productivité.
La production des entreprises rebondit et se rapproche de son niveau prépandémie
Après une baisse de 1,3 % au trimestre précédent, le produit intérieur brut (PIB) réel des entreprises a progressé de 1,4 % au troisième trimestre. Grâce à ce rebond, le PIB des entreprises s'est rapproché de son niveau prépandémie (-3,0 % par rapport au quatrième trimestre de 2019).
Dans l'ensemble, 10 des 16 secteurs d'activité ont accru leur production, et la croissance observée dans les entreprises productrices de services (+2,3 %) a plus que contrebalancé la baisse enregistrée dans les entreprises productrices de biens (-0,9 %).
En particulier, la croissance enregistrée par le secteur des services d'hébergement et de restauration au troisième trimestre a été plus forte qu'au cours du trimestre précédent (+27,7 %, après une hausse de 3,4 % au deuxième trimestre), sous l'effet de la réouverture progressive des bars et restaurants. L'augmentation observée dans le secteur des arts, des spectacles et des loisirs a elle aussi été plus prononcée (+22,8 %, après une hausse de 3,1 % au deuxième trimestre), à la suite de la réouverture des parcs d'attractions, des installations récréatives intérieures et extérieures et des casinos.
Les heures travaillées rebondissent elles aussi, mais de façon plus marquée
Les heures travaillées dans le secteur des entreprises ont crû de 2,9 % au troisième trimestre, après avoir diminué de 1,3 % au trimestre précédent.
Grâce à ce rebond, les heures travaillées se sont quelque peu rapprochées de leur niveau prépandémie (-3,4 % par rapport au quatrième trimestre de 2019). Il s'agit d'un rattrapage qui est comparable à celui observé dans la production des entreprises.
Au troisième trimestre, les heures travaillées ont rebondi tant dans les entreprises productrices de services (en hausse de 3,8 %, après une baisse de 1,1 % au trimestre précédent) que dans les entreprises productrices de biens (en hausse de 0,9 %, après une baisse de 1,7 % au trimestre précédent).
Dans l'ensemble, 12 des 16 principaux secteurs d'activité ont affiché une augmentation des heures travaillées. Le secteur des services d'hébergement et de restauration (+21,6 %) et celui des arts, de spectacles et de loisirs (+14,8 %) sont ceux qui ont enregistré les hausses les plus marquées, sous l'effet de la réouverture des bars et restaurants, des musées, des parcs d'attractions et des casinos au cours du troisième trimestre. Dans les services d'hébergement et de restauration, l'écart entre les heures travaillées au troisième trimestre et leur niveau prépandémie s'est nettement réduit : au cours du trimestre, les heures travaillées étaient 1,7 % inférieures à leur niveau affiché au quatrième trimestre de 2019. À titre de comparaison, au deuxième trimestre de 2021, les heures travaillées étaient 19,1 % inférieures à leur niveau prépandémie.
L'écart par rapport aux heures travaillées avant la COVID-19 variait encore selon le secteur d'activité au troisième trimestre, mais les disparités sectorielles se sont réduites.
Le redressement des heures travaillées au troisième trimestre a reflété essentiellement celui de l'emploi (+3,6 %), alors que les heures travaillées par emploi ont diminué de 0,7 %. Le nombre de personnes qui occupaient plus d'un emploi s'est accru de 7,5 % au troisième trimestre, soit une hausse plus marquée par rapport à la croissance de 2,1 % enregistrée au trimestre précédent. Parallèlement, le nombre de personnes qui étaient absentes sans rémunération a baissé de 14,1 %, après avoir affiché une hausse de 11,8 % au deuxième trimestre.
Les pertes d'heures de travail en raison de la COVID-19 sont beaucoup moins importantes au troisième trimestre
Dans le secteur des entreprises, si l'on tient compte uniquement des travailleurs actifs ou en congé payé, l'effet global de la pandémie sur les heures travaillées s'est traduit par une perte nette de 56,9 millions d'heures au troisième trimestre. Cela représente une perte beaucoup moins importante que celle enregistrée au deuxième trimestre (-125,8 millions d'heures).
Répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les heures travaillées dans le secteur des entreprises, troisième trimestre de 2021
Les estimations des heures travaillées dans le secteur des entreprises sont essentiellement fondées sur les données de l'Enquête sur la population active (EPA). Il convient de noter que les heures travaillées (utilisées pour mesurer la productivité) tiennent compte à la fois des emplois principaux et des emplois secondaires, contrairement à l'EPA qui tient uniquement compte de l'emploi principal. L'enquête principale de l'EPA menée pour la période de référence des mois de juillet, d'août et de septembre ne rend pas compte des pertes d'heures de travail survenues en dehors des semaines de référence. Pour les comptabiliser, tout comme pour les six trimestres précédents, les estimations des heures perdues en raison de la pandémie ont été ajustées à partir d'une compilation de questions supplémentaires ajoutées au questionnaire de l'EPA en août, septembre et octobre 2021 pour les mois de référence respectifs de juillet, d'août et de septembre 2021. Les données sur les heures travaillées et les mesures connexes (y compris la productivité du travail) pour le troisième trimestre de 2021 reflètent ces ajustements.
À l'échelon industriel, les pertes d'heures de travail dues à la COVID-19 ont été moins importantes dans l'ensemble des secteurs, compte tenu de l'assouplissement des mesures sanitaires au cours du trimestre.
Tout comme les derniers trimestres, les pertes d'heures de travail observées au troisième trimestre se retrouvent dans les autres services commerciaux, le commerce de détail, les services d'hébergement et de restauration, la construction ainsi que la fabrication. Près de 63 % de l'ensemble des heures perdues au troisième trimestre provenaient de ces cinq secteurs, où une proportion plus élevée d'emplois requiert de travailler en proximité physique avec d'autres.
Au troisième trimestre, les autres services commerciaux (-9,4 millions d'heures) ont enregistré la perte d'heures de travail la plus importante parmi tous les secteurs d'activité. Au deuxième trimestre, la perte d'heures avait été près de deux fois plus importante dans ce secteur (-17,3 millions d'heures), car la plupart de ses activités, comme celles des services personnels, des services de blanchissage, des salons de coiffure et des salons de beauté ainsi que des services de réparation et d'entretien, sont considérées comme non essentielles.
La productivité fléchit dans la moitié des secteurs d'activité
Tant les entreprises productrices de biens que les entreprises productrices de services ont été à l'origine de la diminution globale de la productivité au troisième trimestre. La productivité a reculé de 1,8 % dans les entreprises productrices de biens et de 1,5 % dans les entreprises productrices de services.
Dans l'ensemble, la productivité a reculé dans 8 des 16 principaux secteurs d'activité et elle était inchangée dans le secteur du commerce de détail ainsi que le secteur des services professionnels.
En particulier, les arts, les spectacles et les loisirs (+6,9 %) ainsi que les services d'hébergement et de restauration (+5,0 %) ont affiché des hausses importantes de leur productivité au troisième trimestre. Cependant, ces deux industries utilisent généralement plus de main-d'œuvre et ont une productivité inférieure à la moyenne des industries. Pour cette raison, la forte augmentation des heures travaillées dans ces deux industries a une incidence négative sur la croissance globale de la productivité du secteur des entreprises. Cet effet de réallocation dépasse l'apport positif de l'augmentation de la productivité dans chacune des deux industries durant le trimestre.
Les diminutions de productivité les plus importantes ont été affichées dans le secteur de l'agriculture et de la foresterie, la construction, les services immobiliers, les autres services commerciaux ainsi que la fabrication.
Aux États-Unis, la productivité du travail dans les entreprises a reculé de 1,2 % au troisième trimestre, après deux hausses trimestrielles consécutives. Il faut remonter au quatrième trimestre de 1981 pour constater un recul aussi prononcé. Au troisième trimestre, la croissance du PIB réel des entreprises américaines a ralenti pour s'établir à 0,3 %, après avoir augmenté de 2,0 % au cours de chacun des deux trimestres précédents, tandis que les heures travaillées (+1,6 %) se sont accrues de façon plus marquée qu'au trimestre précédent (+1,3 %).
La croissance des coûts unitaires de la main-d'œuvre est moins prononcée qu'au deuxième trimestre
Les coûts unitaires de la main-d'œuvre — c'est-à-dire les coûts de la main-d'œuvre par unité de production — dans les entreprises canadiennes ont augmenté de 1,9 % au troisième trimestre, après avoir enregistré une hausse marquée de 3,7 % au deuxième trimestre.
Ce taux de croissance moins élevé des coûts unitaires de la main-d'œuvre s'explique par le net ralentissement de la croissance de la rémunération moyenne par heure travaillée (+0,4 %), alors que la productivité a fléchi de 1,5 %. Au deuxième trimestre, la rémunération horaire avait crû fortement de 3,7 %.
Après quatre trimestres d'appréciation, la valeur moyenne du dollar canadien par rapport au dollar américain a diminué de 2,5 % au troisième trimestre. Compte tenu de cette dépréciation, les coûts unitaires de main-d'œuvre exprimés en dollars américains dans les entreprises canadiennes ont diminué de 0,7 %, après avoir augmenté de 6,9 % au deuxième trimestre.
À titre de comparaison, les coûts unitaires de la main-d'œuvre des entreprises américaines ont augmenté de 2,1 %, après avoir affiché une légère hausse au deuxième trimestre (+0,3 %).
Objectifs de développement durable
Le 1er janvier 2016, des pays du monde entier ont officiellement commencé à mettre en œuvre le Programme de développement durable à l'horizon 2030, le plan d'action transformateur des Nations Unies qui vise à relever des défis mondiaux urgents au cours des 15 années suivantes. Ce plan est fondé sur 17 objectifs précis de développement durable.
Le communiqué intitulé « Productivité du travail, rémunération horaire et coût unitaire de main-d'œuvre » est un exemple de la manière dont Statistique Canada appuie le suivi des progrès relatifs aux objectifs mondiaux de développement durable. Ce communiqué contribuera à mesurer l'objectif suivant :
Note aux lecteurs
Des données volatiles depuis le premier trimestre de 2020
Depuis le premier trimestre de 2020, les données d'un trimestre à l'autre ont été particulièrement volatiles, ce qui reflète les répercussions de la pandémie sur l'activité économique et le marché du travail. Compte tenu des fortes évolutions des derniers trimestres, les variations en pourcentage par rapport au niveau affiché avant la pandémie, c'est-à-dire par rapport au quatrième trimestre de 2019, peuvent rendre mieux compte de l'évolution de la productivité et de ses mesures connexes que les variations en pourcentage d'un trimestre à l'autre. Cependant, les données trimestrielles figurant au tableau 1 du présent communiqué sont seulement présentées dans le format habituel, soit le taux de variation par rapport au même trimestre de l'année précédente et le taux de variation d'un trimestre à l'autre.
Révisions
Dans la présente diffusion sur la productivité du travail et les mesures connexes, les données ont été révisées rétroactivement jusqu'au premier trimestre de 2017 au niveau agrégé et à l'échelon des industries. Ces révisions concordent avec celles intégrées dans le communiqué sur le produit intérieur brut (PIB) trimestriel selon les revenus et les dépenses et le communiqué sur le PIB mensuel par industrie diffusés le 30 novembre 2021.
Mesures de productivité
Dans le présent communiqué, le terme productivité désigne la productivité du travail. Aux fins de cette analyse, la productivité du travail et les variables connexes portent uniquement sur le secteur des entreprises.
La productivité du travail est une mesure du PIB réel par heure travaillée.
Le coût unitaire de la main-d'œuvre correspond au coût des salaires et des avantages sociaux des travailleurs par unité du PIB réel.
L'approche visant à mesurer la production réelle dans le secteur des entreprises diffère de celle utilisée dans les estimations par industrie. Pour le secteur des entreprises, la mesure de la production est fondée sur l'approche du PIB selon les dépenses aux prix du marché. Cette approche est semblable à celle utilisée pour mesurer la productivité trimestrielle aux États-Unis. Cependant, la mesure de la production par industrie est fondée sur l'approche de la valeur ajoutée aux prix de base.
Tous les taux de croissance indiqués dans le présent communiqué sont arrondis à une décimale. Ils sont calculés en utilisant des indices arrondis à la troisième décimale, lesquels sont maintenant accessibles dans les tableaux de données.
Toutes les variables fondamentales nécessaires à l'analyse de la productivité (comme les heures travaillées, l'emploi, la production et la rémunération) sont désaisonnalisées. Pour obtenir des renseignements sur la désaisonnalisation, consultez la page Web Données désaisonnalisées — Foire aux questions.
Prochaine diffusion
Les données du quatrième trimestre de 2021 sur la productivité du travail, la rémunération horaire et le coût unitaire de main-d'œuvre seront diffusées le 4 mars 2022.
Produits
Le portail Statistiques des comptes économiques, accessible sous l'onglet Sujets de notre site Web, offre un portrait à jour des économies nationale et provinciales et de leur structure.
La publication Les nouveautés en matière de comptes économiques canadiens (13-605-X) est accessible.
Le Guide de l'utilisateur : Système canadien des comptes macroéconomiques (13-606-G) est accessible.
Le Guide méthodologique : Système canadien des comptes macroéconomiques (13-607-X) est accessible.
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