Productivité du travail, rémunération horaire et coût unitaire de main-d'œuvre, deuxième trimestre de 2021
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Diffusion : 2021-09-03
Deuxième trimestre de 2021
0,6 % 
(variation trimestrielle)
La productivité s'accroît pour la première fois en un an, puisque les réductions des heures travaillées ont plus que compensé la baisse de production
La productivité du travail dans les entreprises canadiennes s'est accrue de 0,6 % au deuxième trimestre, puisque les réductions des heures travaillées ont plus que compensé la baisse de production. Il s'agissait de la première hausse de la productivité depuis le deuxième trimestre de 2020, lequel a été marqué par les premières mesures de confinement mises en place de la mi-mars au début du mois de mai 2020.
La productivité a ainsi continué à s'ajuster au deuxième trimestre de 2021, après avoir affiché d'importantes variations à la hausse comme à la baisse au cours des cinq trimestres précédents. Par rapport au quatrième trimestre de 2019, soit le dernier trimestre non touché par la pandémie de COVID-19, la productivité a progressé de 2,6 %.
Le deuxième trimestre a été marqué par la réimposition de mesures sanitaires contraignantes en réponse à la troisième vague de la pandémie dans la plupart des régions du pays en avril et en mai et ensuite par l'assouplissement de ces mesures en juin. Cela a touché à la fois l'activité économique et le marché du travail pendant l'ensemble du trimestre. Ainsi, la production des entreprises et les heures travaillées ont toutes deux diminué après avoir augmenté au cours des trois trimestres précédents. Cependant, les heures travaillées ont diminué plus que la production des entreprises, ce qui a donné lieu à une croissance de la productivité au deuxième trimestre.
La production des entreprises se contracte pour la première fois depuis le premier confinement imposé de la mi-mars au début du mois de mai 2020
Le produit intérieur brut (PIB) réel des entreprises a reculé de 0,6 % au deuxième trimestre. Il s'agissait d'une première baisse en un an. En raison de ce recul, le PIB des entreprises s'éloigne légèrement du niveau affiché avant la pandémie (-3,6 % par rapport au quatrième trimestre de 2019).
Au deuxième trimestre, les disparités d'un secteur d'activité à l'autre demeurent importantes. Dans l'ensemble, cependant, la moitié des 16 secteurs d'activité ont dépassé leurs niveaux du quatrième trimestre de 2019.
Les heures travaillées diminuent aussi pour la première fois en un an
Parallèlement, les heures travaillées dans le secteur des entreprises ont enregistré une baisse de 1,1 % au deuxième trimestre, après avoir augmenté au cours des trois trimestres précédents. À la suite de cette première baisse en un an, les heures travaillées sont maintenant inférieures de 6,1 % à leur niveau observé au quatrième trimestre de 2019. Cela représente une récupération qui est encore moins avancée que celle de la production des entreprises.
Au deuxième trimestre, les heures travaillées ont enregistré des baisses à la fois dans les entreprises productrices de biens (-1,6 %) et dans les entreprises productrices de services (-1,0 %). Au total, 12 des 16 secteurs d'activité ont affiché des reculs et la récupération des heures travaillées demeure inégale d'un secteur d'activité à l'autre.
Dans le secteur des entreprises, tant l'emploi (-0,3 %) que les heures travaillées par emploi (-0,8 %) ont affiché un recul au deuxième trimestre, en baisse pour la première fois depuis le deuxième trimestre de 2020. Le nombre de personnes qui occupaient plus d'un emploi a augmenté pour un quatrième trimestre consécutif, en hausse de 2,1 % par rapport au premier trimestre de 2021. Parallèlement, le nombre de personnes qui étaient absentes sans rémunération a augmenté fortement (+12,6 %), après avoir diminué au cours des trois trimestres précédents.
Répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les heures travaillées dans le secteur des entreprises, deuxième trimestre de 2021
Les estimations des heures travaillées dans le secteur des entreprises sont essentiellement fondées sur les données de l'Enquête sur la population active (EPA). Il convient de noter que les heures travaillées (utilisées pour mesurer la productivité) tiennent compte à la fois des emplois principaux et des emplois secondaires, contrairement à l'EPA qui tient uniquement compte de l'emploi principal. L'enquête principale de l'EPA menée pour la période de référence des mois d'avril, de mai et de juin ne rend pas compte des pertes d'emplois survenues en dehors des semaines de référence. Pour les comptabiliser, tout comme pour les cinq trimestres précédents, les estimations des heures perdues en raison de la pandémie ont été ajustées à partir d'une compilation de questions supplémentaires ajoutées au questionnaire de l'EPA en mai, juin et juillet 2021 pour les mois de référence respectifs d'avril, de mai et de juin 2021. Les données sur les heures travaillées et les mesures connexes (y compris la productivité du travail) pour le deuxième trimestre de 2021 reflètent ces ajustements.
Les pertes d'heures de travail dues à la COVID-19 ont encore une incidence sur la plupart des secteurs industriels, mais l'ampleur est inégale
En tenant compte uniquement des travailleurs actifs ou en congé payé, l'effet net de la pandémie sur les heures travaillées dans le secteur des entreprises s'est traduit par une perte de 127,0 millions d'heures au deuxième trimestre. Il s'agissait d'une perte moindre que celle enregistrée au trimestre précédent (-138,2 millions d'heures).
À l'échelon industriel, les pertes d'heures de travail dues à la COVID-19 concernent encore la plupart des secteurs. Cependant, l'ampleur de ces heures perdues a varié selon les secteurs et elle est liée à leur capacité à s'adapter aux mesures de santé publique visant à ralentir la troisième vague de la pandémie.
Dans l'ensemble, le commerce de détail, les autres services commerciaux, les services d'hébergement et de restauration, la construction ainsi que la fabrication sont parmi les secteurs les plus durablement touchés par les pertes d'heures de travail depuis le début de la pandémie. Au deuxième trimestre, ces cinq secteurs étaient à l'origine de près de 72 % des heures perdues. Le travail à domicile est rarement possible dans ces secteurs, car il nécessite un contact étroit avec la clientèle et les collègues pour les travailleurs ou il nécessite leur présence sur les lieux de travail.
Au deuxième trimestre, c'est le commerce de détail (-18,4 millions d'heures) qui a affiché la perte d'heures la plus importante parmi tous les secteurs d'activité. Viennent ensuite les autres services commerciaux, qui ont enregistré une perte nette de 17,3 millions d'heures, puis les services d'hébergement et de restauration, qui ont enregistré une perte nette de 16,5 millions d'heures.
La plupart des secteurs d'activité améliorent leur productivité
Pour la première fois depuis le deuxième trimestre de 2020, tant les entreprises productrices de biens que les entreprises productrices de services ont contribué positivement à la croissance globale de la productivité au deuxième trimestre.
Dans l'ensemble, la productivité a progressé dans 12 des 16 principaux secteurs d'activité. Cela contraste avec la situation qui avait cours au trimestre précédent où 12 secteurs avaient affiché des baisses.
Au deuxième trimestre, les secteurs des services de transport et d'entreposage (-4,2 %), des autres services commerciaux (-3,7 % ), de l'extraction minière et de l'extraction de pétrole et de gaz (-1,6 %) et du commerce de détail (-0,4 %) ont enregistré des diminutions de productivité.
Aux États-Unis, la productivité du travail dans les entreprises a augmenté de 0,7 % au deuxième trimestre, soit une hausse semblable à celle enregistrée au Canada (+0,6 %). Cependant, les hausses de productivité dans les deux pays ont été le résultat de conditions sous-jacentes différentes. Contrairement à la situation observée au Canada, la productivité aux États-Unis s'est accrue au deuxième trimestre dans des conditions où le PIB réel des entreprises américaines (+1,9 %) et les heures travaillées (+1,2 %) ont augmenté.
La croissance des coûts unitaires de la main-d'œuvre s'accélère nettement
Les coûts de la main-d'œuvre par unité de production dans les entreprises canadiennes ont augmenté de 2,7 % au deuxième trimestre, après avoir affiché de légères hausses au cours des deux trimestres précédents. Il s'agit du taux de croissance trimestriel le plus élevé en un an.
Ce rythme d'augmentation plus rapide des coûts unitaires de la main-d'œuvre reflète surtout le rebond de la rémunération moyenne par heure travaillée (+3,2 %), après trois trimestres de baisse.
La valeur moyenne du dollar canadien par rapport au dollar américain a augmenté de 3,0 % pour un deuxième trimestre consécutif. Alors, une fois exprimés en dollars américains, les coûts unitaires de la main-d'œuvre dans les entreprises canadiennes ont augmenté de 5,9 % au deuxième trimestre, soit la hausse la plus importante depuis le troisième trimestre de 2017 (+9,4 %). À titre de comparaison, les coûts unitaires de la main-d'œuvre des entreprises américaines ont crû de 0,2 %.
Objectifs de développement durable
Le 1er janvier 2016, des pays du monde entier ont officiellement commencé à mettre en œuvre le Programme de développement durable à l'horizon 2030, le plan d'action transformateur des Nations Unies qui vise à relever des défis mondiaux urgents au cours des 15 années suivantes. Ce plan est fondé sur 17 objectifs précis de développement durable.
Le communiqué intitulé « Productivité du travail, rémunération horaire et coût unitaire de main-d'œuvre » est un exemple de la manière dont Statistique Canada appuie le suivi des progrès relatifs aux objectifs mondiaux de développement durable. Ce communiqué contribuera à mesurer l'objectif suivant :
Note aux lecteurs
Des données volatiles depuis le premier trimestre de 2020
Les données d'un trimestre à l'autre depuis le premier trimestre de 2020 ont été particulièrement volatiles, ce qui reflète les répercussions de la pandémie sur l'activité économique et le marché du travail. Compte tenu de la forte évolution survenue au cours des six derniers trimestres, les variations en pourcentage par rapport au niveau affiché avant la pandémie, c'est-à-dire par rapport au quatrième trimestre de 2019, peuvent mieux rendre compte de l'évolution de la productivité et de ses mesures connexes que les variations en pourcentage d'un trimestre à l'autre. Cependant, les données trimestrielles figurant au tableau 1 du présent communiqué sont seulement présentées dans le format habituel, soit le taux de variation par rapport au même trimestre de l'année précédente et le taux de variation d'un trimestre à l'autre.
Révisions
Dans la présente diffusion sur la productivité du travail et les mesures connexes, les données ont été révisées rétroactivement jusqu'au premier trimestre de 2020 au niveau agrégé et à l'échelon des industries. Ces révisions concordent avec celles intégrées dans le communiqué sur le produit intérieur brut (PIB) trimestriel selon les revenus et les dépenses et le communiqué sur le PIB mensuel par industrie, diffusés le 31 août 2021.
Mesures de productivité
Dans le présent communiqué, le terme productivité désigne la productivité du travail. Aux fins de cette analyse, la productivité du travail et les variables connexes portent uniquement sur le secteur des entreprises.
La productivité du travail est une mesure du PIB réel par heure travaillée.
Le coût unitaire de la main-d'œuvre correspond au coût des salaires et des avantages sociaux des travailleurs par unité du PIB réel.
L'approche visant à mesurer la production réelle dans le secteur des entreprises diffère de celle utilisée dans les estimations par industrie. Pour le secteur des entreprises, la mesure de la production est fondée sur l'approche du PIB selon les dépenses aux prix du marché. Cette approche est semblable à celle utilisée pour mesurer la productivité trimestrielle aux États-Unis. Cependant, la mesure de la production par industrie est fondée sur l'approche de la valeur ajoutée aux prix de base.
Tous les taux de croissance indiqués dans le présent communiqué sont arrondis à une décimale. Ils sont calculés en utilisant des indices arrondis à la troisième décimale, lesquels sont maintenant accessibles dans les tableaux de données.
Toutes les variables fondamentales nécessaires à l'analyse de la productivité (comme les heures travaillées, l'emploi, la production et la rémunération) sont désaisonnalisées. Pour obtenir des renseignements sur la désaisonnalisation, consultez la page Web Données désaisonnalisées — Foire aux questions.
Prochaine diffusion
Les données du troisième trimestre de 2021 sur la productivité du travail, la rémunération horaire et le coût unitaire de main-d'œuvre seront diffusées le 3 décembre.
Produits
Le portail Statistiques des comptes économiques, accessible sous l'onglet Sujets de notre site Web, offre un portrait à jour des économies nationale et provinciales et de leur structure.
La publication Les nouveautés en matière de comptes économiques canadiens (13-605-X) est accessible.
Le Guide de l'utilisateur : Système canadien des comptes macroéconomiques (13-606-G) est accessible.
Le Guide méthodologique : Système canadien des comptes macroéconomiques (13-607-X) est accessible.
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