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Violence entre partenaires intimes au sein de diverses populations au Canada, 2018

Diffusion : 2021-05-19

Plus de 6 femmes autochtones sur 10 ont été agressées physiquement ou sexuellement au cours de leur vie

Les données tirées de l'Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés de 2018 révèlent que les femmes autochtones font l'objet de niveaux disproportionnés de violence : plus de 6 femmes autochtones sur 10 (63 %) ont été agressées physiquement ou sexuellement à un moment donné depuis l'âge de 15 ans, comparativement à plus de 4 femmes non autochtones sur 10 (45 %). Ce type de violence comprend les actes commis dans le contexte de relations entre partenaires intimes ou non.

La violence entre partenaires intimes, c'est-à-dire la violence commise par un conjoint marié, un conjoint de fait ou un partenaire amoureux, actuel ou ancien, est un élément essentiel à la compréhension de la portée de la violence fondée sur le genre. Au-delà des agressions physiques et sexuelles, la violence entre partenaires intimes englobe également un éventail de comportements et d'actions préjudiciables, dont certains ne sont pas nécessairement de nature criminelle, mais qui ont néanmoins des répercussions à court et à long terme sur les victimes.

Dans le cadre de la stratégie du gouvernement fédéral intitulée Il est temps : La Stratégie du Canada pour prévenir et contrer la violence fondée sur le sexe, des renseignements ont été recueillis en 2018 sur les expériences des Canadiens en matière de violence entre partenaires intimes. La diffusion d'aujourd'hui porte sur les expériences de violence entre partenaires intimes des femmes des Premières Nations, métisses et inuites, des jeunes femmes et des femmes appartenant à une minorité visible.

Ces résultats sont résumés dans le présent communiqué, tandis que les rapports intégraux comprennent une analyse plus détaillée des données désagrégées. Les rapports précédents de cette série portaient sur les expériences de l'ensemble de la population canadienne, des femmes de minorité sexuelle, des hommes de minorité sexuelle et des femmes ayant une incapacité.

Comme les données ont été recueillies avant la pandémie de COVID-19, elles ne reflètent pas les variations possibles de la prévalence ou du risque de violence entre partenaires intimes au sein de certains groupes qui auraient pu être causées par les mesures de confinement et les restrictions liées à la pandémie. Les premiers indicateurs, comme les résultats d'un projet de collecte par approche participative mené au début de la pandémie, ont révélé que 10 % des femmes et 6 % des hommes ont déclaré ressentir beaucoup ou énormément d'inquiétude à propos de la possibilité de violence à la maison.

Six femmes autochtones sur dix ont été victimes de violence de la part d'un partenaire intime au cours de leur vie

Les traumatismes intergénérationnels découlant de la colonisation continuent de toucher la vie de nombreux Autochtones. Les conséquences négatives persistantes des traumatismes historiques, de la discrimination et de la violence liés au colonialisme au Canada, comme la Loi sur les Indiens, la « Rafle des années soixante » et les pensionnats, peuvent influer davantage sur le risque disproportionné de violence entre partenaires intimes — et de tout autre type de violence — chez les femmes autochtones plus tard dans leur vie. Pour en savoir davantage sur ces questions, veuillez consulter le document Réclamer notre pouvoir et notre place : le rapport final de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Dans l'ensemble, environ 6 femmes sur 10 des Premières Nations (59 %) et métisses (64 %) ont déclaré avoir été victimes d'une forme ou d'une autre de violence psychologique, physique ou sexuelle de la part d'un partenaire intime au cours de leur vie, tout comme 44 % des femmes inuites. Prises ensemble, ces données représentaient 61 % des femmes autochtones.

En général, la forme de violence entre partenaires intimes la plus souvent déclarée par les femmes des Premières Nations, métisses et inuites était la violence psychologique, suivie de la violence physique et de la violence sexuelle. Dans l'ensemble, 60 % des femmes autochtones ont déclaré avoir subi de la violence psychologique, 44 %, de la violence physique et un peu plus de 1 sur 5 (21 %), de la violence sexuelle de la part d'un partenaire intime au cours de leur vie.

En outre, l'examen de l'interrelation entre plusieurs caractéristiques permet de mieux comprendre et de mieux contextualiser le risque qu'une personne ou qu'un groupe de personnes subisse de la violence. Ainsi, près de 9 femmes autochtones sur 10 (86 %) ayant une identité sexuelle minoritaire (p. ex. les femmes lesbiennes, gaies et bisexuelles) ont été victimes de violence de la part d'un partenaire intime au cours de leur vie, comparativement à 59 % des femmes autochtones hétérosexuelles. De même, les femmes autochtones ayant une incapacité étaient plus susceptibles d'avoir été victimes de violence de la part d'un partenaire intime que les femmes autochtones n'ayant aucune incapacité (74 % par rapport à 46 %).

Une femme autochtone sur six a été victime de violence de la part d'un partenaire intime au cours des 12 mois précédant l'enquête

Non seulement la prévalence de la violence entre partenaires intimes était plus élevée chez les femmes autochtones lorsqu'on examinait les expériences subies au cours de la vie, mais elle était également plus élevée lorsqu'on se limitait aux expériences subies au cours des 12 mois précédant l'enquête. En 2018, 1 femme autochtone sur 6 (17 %) avait subi une forme ou une autre de violence de la part d'un partenaire intime au cours des 12 mois précédant l'enquête, comparativement à 12 % des femmes non autochtones.

La prévalence de la violence entre partenaires intimes au cours de la vie varie selon les groupes ethnoculturels

La population désignée comme minorité visible au Canada comprend un large éventail de groupes ethnoculturels, et les expériences peuvent varier grandement d'un groupe à l'autre. Parmi les groupes ethnoculturels plus particulièrement, les femmes arabes (44 %), noires (42 %) et latino-américaines (47 %) étaient plus susceptibles d'avoir été victimes de violence de la part d'un partenaire intime depuis l'âge de 15 ans comparativement à l'ensemble de la population désignée comme minorité visible (29 %). En revanche, les femmes chinoises (23 %) et philippines (18 %) étaient moins susceptibles que les femmes appartenant à une minorité visible en général d'avoir subi de la violence de la part d'un partenaire intime au cours de leur vie.

Les femmes de 15 à 24 ans ont affiché des taux plus élevés de violence entre partenaires intimes au cours des 12 mois précédant l'enquête

Parmi les jeunes femmes (âgées de 15 à 24 ans), près de 3 sur 10 (29 %) ont été victimes d'une forme ou d'une autre de violence entre partenaires intimes au cours des 12 mois précédant l'enquête, une proportion environ trois fois plus élevée que celle observée chez les femmes de 25 ans et plus (10 %).

Plus précisément, comparativement aux femmes de 25 ans et plus, les jeunes femmes étaient cinq fois plus susceptibles d'avoir été agressées sexuellement (5 % par rapport à 1 %), trois fois plus susceptibles d'avoir été agressées physiquement (6 % par rapport à 2 %) et près de trois fois plus susceptibles d'avoir subi de la violence psychologique (28 % par rapport à 10 %) de la part d'un partenaire intime au cours des 12 mois précédant l'enquête.

La même tendance liée à l'âge a été observée chez les hommes. Parmi les hommes de 15 à 24 ans, 26 % ont subi de la violence de la part d'un partenaire intime au cours des 12 mois précédant l'enquête, ce qui représente la proportion la plus élevée parmi tous les groupes d'âge.

  Note aux lecteurs

Ces rapports sont fondés sur les résultats de l'Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP) de 2018. Dans le cadre de l'ESEPP, des renseignements ont été recueillis sur les expériences de violence entre partenaires intimes subies par les Canadiens depuis l'âge de 15 ans et au cours des 12 mois qui ont précédé l'enquête.

La violence entre partenaires intimes est définie comme tout acte ou comportement violent commis par un partenaire intime actuel ou ancien, y compris les conjoints mariés, les conjoints de fait, les partenaires amoureux et d'autres partenaires intimes. Dans ces rapports, la violence entre partenaires intimes est généralement classée en trois catégories, soit la violence psychologique, la violence physique et la violence sexuelle.

La violence psychologique englobe les formes de violence qui ciblent le bien-être émotionnel, mental ou financier d'une personne ou qui nuisent à sa liberté personnelle ou à son sentiment de sécurité. Cette catégorie comprend 15 types particuliers d'abus, dont la jalousie, les insultes et autres injures, le harcèlement ou les comportements harcelants, la manipulation, la séquestration ou les dommages matériels. Cette catégorie comprend également le fait que le partenaire avait rejeté sur la victime la faute de ses comportements violents ou abusifs, qui a été mesuré parmi les répondants qui ont subi certaines formes de violence entre partenaires intimes.

La violence physique comprend les formes de violence qui comportent des voies de fait ou des menaces d'agression physique. Au total, neuf types d'abus sont inclus dans cette catégorie, y compris les objets lancés à la victime, les menaces avec une arme et le fait d'être giflée, de se faire battre et de se faire étrangler.

La violence sexuelle comprend les agressions sexuelles ou les menaces d'agression sexuelle, le fait d'obliger la victime à se livrer à des actes sexuels contre son gré et le fait de forcer ou de tenter de forcer la victime à avoir des relations sexuelles.

L'élaboration de l'ESEPP, la collecte de ses données et l'analyse de ses résultats ont été financées par Femmes et Égalité des genres Canada.

Des services et des ressources pour les victimes d'actes criminels ou de violence sont accessibles à l'adresse suivante.

Produits

Les articles de Juristat (Numéro au catalogue85-002-X) intitulés « La violence entre partenaires intimes : expériences des femmes des Premières Nations, métisses et inuites au Canada, 2018 », « Violence entre partenaires intimes : expériences des femmes appartenant à une minorité visible au Canada, 2018 » et « Violence entre partenaires intimes : expériences des jeunes femmes au Canada, 2018 » sont maintenant accessibles.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (STATCAN.infostats-infostats.STATCAN@canada.ca) ou communiquez avec les Relations avec les médias au 613-951-4636 (STATCAN.mediahotline-ligneinfomedias.STATCAN@canada.ca).

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