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Certains crimes déclarés par la police et demandes d'intervention pendant la pandémie de COVID-19, mars à octobre 2020

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Diffusion : 2021-01-27

La vie quotidienne des Canadiens a été bouleversée de plusieurs façons par la pandémie de COVID-19, qui a aussi eu des répercussions sans précédent sur le système de soins de santé, l'économie et la société. Depuis le début de la pandémie, Statistique Canada s'est engagé à mesurer les répercussions de la COVID-19 et à fournir des renseignements actuels.

Des études antérieures ont révélé que dans le contexte de la pandémie, les Canadiens ont déclaré des niveaux de satisfaction plus faibles à l'égard de la vie, des préoccupations accrues concernant les problèmes de santé et de santé mentale et, parmi certains groupes, un sentiment de sécurité plus faible, ce qui comprend les inquiétudes quant à la violence familiale.

Cette analyse est la troisième d'une série qui porte sur les crimes déclarés par la police et les demandes d'intervention dans le cadre d'une collecte mensuelle spéciale de données auprès de 19 services de police partout au Canada. Les deux premières analyses ont été diffusées en septembre 2020 et en novembre 2020. L'examen des niveaux de crimes déclarés par la police et des demandes d'intervention contribue de façon importante à la compréhension du bien-être et de la sécurité des personnes et des collectivités en cette période difficile.

Au cours des huit premiers mois de la pandémie, 19 services de police au Canada ont déclaré une diminution de près du cinquième (18 %) de certaines affaires criminelles, comparativement à la même période un an plus tôt. En revanche, le nombre de demandes d'intervention auxquelles ont répondu ces services de police a augmenté de 8 %, en particulier les demandes d'intervention liées à des vérifications du bien-être, à des problèmes de santé mentale et à des querelles de ménage.

Au premier mois de la pandémie, les services de police ayant participé à cette étude ont déclaré que certaines infractions au Code criminel avaient diminué de 17 % de mars à avril, et les demandes d'intervention avaient reculé de 2 % (correction). À mesure que les restrictions liées au confinement et les mesures d'éloignement physique ont été assouplies pendant les mois d'été dans le cadre des plans de réouverture, le volume de crimes et de demandes d'intervention a augmenté et a atteint un sommet en juillet. D'août à octobre, le volume de crimes et de demandes d'intervention a recommencé à diminuer, mais est tout de même demeuré plus élevé qu'au début de la pandémie.

Baisse de certaines affaires criminelles déclarées par la police au cours des huit premiers mois de la pandémie, comparativement à la même période un an plus tôt

Les données déclarées par 19 services de police révèlent que le nombre d'affaires criminelles pour certaines infractions avait diminué de 18 % au cours des huit premiers mois de la pandémie, comparativement à la même période un an plus tôt. Ensemble, ces services de police ont déclaré une diminution du nombre d'affaires pour 12 des 13 types de crimes visés par la collecte de mars à octobre; seules les menaces proférées par un membre de la famille ont enregistré une hausse. Plus précisément, la police a déclaré une augmentation de 2 % de ces affaires au cours des huit premiers mois de la pandémie par rapport à l'année précédente.

Les 19 services de police qui ont participé à la collecte constituent certains des plus grands services de police à l'échelle nationale et desservent près des trois quarts (71 %) de la population canadienne. Néanmoins, ces résultats ne sont pas représentatifs de l'ensemble des crimes déclarés par la police au Canada et il convient d'interpréter avec prudence les constatations issues de cette activité de collecte de données. Les infractions criminelles visées par l'enquête comprennent plusieurs infractions graves, dont les agressions sexuelles, les voies de fait, les vols qualifiés et les introductions par effraction (voir la note aux lecteurs pour obtenir plus de renseignements sur les services de police et les crimes compris dans l'étude).

Après avoir enregistré un creux en avril, les crimes ont augmenté à mesure que les entreprises, les services et les espaces publics ont commencé à rouvrir, mais ont de nouveau diminué vers la fin de l'été

Les services de police ayant participé à cette étude ont déclaré une baisse de presque tous les types de crimes de mars à avril, la période pendant laquelle les entreprises non essentielles étaient fermées et la plupart des Canadiens étaient confinés à la maison. Toutefois, lorsque les entreprises, les services et les espaces publics ont commencé à rouvrir, les services de police ont déclaré une hausse des crimes, plus précisément d'avril à mai (+5 %), de mai à juin (+12 %) et de juin à juillet (+11 %). Malgré ces augmentations, le nombre de crimes déclarés par la police était resté inférieur à celui enregistré au cours de la même période en 2019.

Après avoir atteint un sommet au cours des mois d'été, les crimes déclarés par la police ont recommencé à diminuer vers la fin de l'été, plus précisément de juillet à août (-4 %), d'août à septembre (-4 %) et de septembre à octobre (-2 %). Cette tendance générale est semblable à celle observée au cours des mêmes mois en 2019.

Graphique 1  Graphique 1: Certains crimes déclarés par la police et demandes d'intervention pendant la pandémie de COVID-19, 2019 et 2020 (correction)
Certains crimes déclarés par la police et demandes d'intervention pendant la pandémie de COVID-19, 2019 et 2020 (correction)

Baisse du nombre de crimes violents et de crimes contre les biens signalés aux services de police pendant la pandémie, comparativement à la même période un an plus tôt

Dans l'ensemble, les 19 services de police ont déclaré un moins grand nombre de crimes violents durant la pandémie que lors de la même période un an plus tôt. Le nombre d'agressions sexuelles déclarées a diminué (-20 %), y compris celles commises par des personnes autres que des membres de la famille (-21 %) et par des membres de la famille (-10 %). Le nombre de voies de fait déclarées a aussi reculé (-9 %), y compris celles commises par des personnes autres que des membres de la famille (-10 %) et par des membres de la famille (-4 %).

Malgré la baisse générale du nombre de crimes violents déclarés pendant la pandémie, les services de police ayant participé à cette étude ont fait état d'un peu plus d'affaires criminelles avec violence en juillet 2020 qu'en juillet 2019, en raison de l'augmentation des menaces (+11 % en juillet 2020 par rapport à juillet 2019) et des voies de fait (+1 % en juillet 2020 par rapport à juillet 2019).

Étant donné les mesures de confinement mises en place dans les villes et les collectivités, et compte tenu du fait que les Canadiens restent à la maison, il n'est guère surprenant que la police ait déclaré une baisse de certains des types de crimes contre les biens les plus courants. Les services de police ayant participé à cette étude ont déclaré que les vols à l'étalage avaient diminué de près de la moitié (-47 %), que les introductions par effraction résidentielles avaient reculé de plus du quart (-27 %) et que les vols de véhicules à moteur avaient diminué d'un peu moins du cinquième (-18 %) de mars à octobre comparativement à la même période un an auparavant. L'exception était l'introduction par effraction non résidentielle, qui a augmenté en mars (+26 %) et en avril (+13 %) par rapport aux mêmes mois un an plus tôt.

Depuis le début de la pandémie, la police a déclaré une baisse de 9 % des cas de fraude (y compris le vol d'identité et la fraude d'identité) comparativement à la même période en 2019. Toutefois, une récente publication a révélé qu'un peu plus de 4 Canadiens sur 10 (42 %) ont vécu au moins un type d'incident de cybersécurité depuis le début de la pandémie, ce qui comprend les attaques d'hameçonnage, les logiciels malveillants, la fraude et les comptes piratés.

Parmi les personnes qui ont été victimes d'un incident de cybersécurité, moins du tiers (29 %) ont signalé l'incident à un fournisseur de services pertinent, à une institution financière pertinente ou à une société de cartes de crédit pertinente, et 5 % des victimes ont signalé l'incident à une autorité, comme la police. Selon le Centre antifraude du Canada, de mars à octobre 2020, on a dénombré 5 411 victimes de fraude liée à la COVID-19, et plus de 6,6 millions de dollars ont été perdus en raison d'affaires de fraude liée à la COVID-19.

Pendant la pandémie, les crimes violents et les crimes contre les biens ont atteint un sommet en juillet

Après une diminution de 15 % des affaires criminelles avec violence déclarées dans l'étude de mars à avril, les crimes violents ont augmenté considérablement et ont atteint un sommet en juillet. Certains crimes violents ont augmenté de 44 % d'avril à juillet. Plus précisément, les agressions sexuelles (+84 %), les voies de fait (+44 %) et les menaces (+41 %) ont fortement augmenté durant cette période. Après le sommet atteint en juillet, ces types de crimes ont commencé à diminuer, bien que le nombre de crimes violents en général enregistré en octobre soit demeuré supérieur de 14 % à celui enregistré en avril. Bien qu'une forte augmentation des crimes violents ait été enregistrée au cours de cette période, leur volume était tout de même inférieur à celui observé durant la même période en 2019, à l'exception du mois de juillet.

Les enquêtes sur la victimisation ont révélé que les taux de signalement à la police étaient plus faibles dans le cas des agressions sexuelles et des affaires de violence conjugale que dans le cas d'autres types de crimes. Des diffusions précédentes ont démontré qu'il peut être plus difficile pour les victimes de violence, surtout à la maison, d'avoir accès aux services pendant la pandémie en raison des contacts restreints avec les réseaux et les sources de soutien, tant officiels (écoles, conseillers, services aux victimes) qu'informels (famille et amis).

Dans l'ensemble, les crimes contre les biens ont diminué de 18 % de mars à avril 2020 et ont reculé de nouveau de 2 % d'avril à mai. Par la suite, tout comme les crimes violents, les crimes contre les biens ont culminé en juillet et ont augmenté de 26 % par rapport au creux enregistré en mai. Le vol à l'étalage (+50 %), la fraude (+44 %), la conduite avec facultés affaiblies (+29 %) et le vol de véhicules à moteur (+24 %) ont tous augmenté considérablement au cours de cette période. Encore une fois, comme pour les crimes violents, les crimes contre les biens sont demeurés 22 % plus élevés en octobre par rapport au creux observé en mai. En dépit de ces augmentations, le nombre de crimes contre les biens en 2020 était tout de même inférieur à celui de 2019.

Graphique 2  Graphique 2: Certains types de crimes déclarés par la police pendant la pandémie de COVID-19, 2019 et 2020
Certains types de crimes déclarés par la police pendant la pandémie de COVID-19, 2019 et 2020

Hausse des demandes d'intervention à la police pendant les huit premiers mois de la pandémie comparativement à la même période un an plus tôt

La police exerce de nombreuses fonctions, y compris le fait d'intervenir lors d'événements de nature non criminelle qui sont directement liés à la sécurité et au bien-être du public. Ces événements sont appelés des « demandes d'intervention ».

De mars à octobre, les services de police ayant participé à cette étude ont répondu à un plus grand nombre de demandes d'intervention (+8 %) qu'au cours de la même période en 2019. Plus particulièrement, les services de police qui ont été en mesure de déclarer des données sur les demandes d'intervention ont vu une augmentation du nombre de demandes liées à des vérifications du bien-être général (+13 %), à des demandes liées à la santé mentale (+12 %), par exemple pour des personnes en crise émotionnelle ou pour des appréhensions en vertu de la Loi sur la santé mentale, et à des querelles de ménage (+8 %).

Les services de police ayant participé à cette étude ont déclaré un plus grand nombre de demandes d'intervention tout au long de la pandémie que pendant les mêmes mois de l'année précédente. De mars à juillet 2020, une hausse de 7 % des demandes d'intervention a été enregistrée par rapport à la même période de l'année précédente, alors que d'août à octobre, une hausse de 10 % de ces demandes a été observée.

Les appels à la police classés comme des querelles de ménage ou des conflits familiaux peuvent comprendre toute affaire allant d'une altercation verbale à un signalement de violence à une résidence.

Les services de police ont participé à l'application des mesures liées à la gestion de la pandémie

La police, les agents de la santé publique et les agents chargés de l'application des règlements sont responsables d'appliquer les mesures législatives liées à la lutte contre la pandémie. Ces mesures comprennent notamment les règlements municipaux, les lois provinciales et territoriales sur l'état d'urgence sanitaire ainsi que la loi fédérale intitulée Loi sur la mise en quarantaine. Toutefois, les services de police locaux n'appliquent habituellement pas les règlements municipaux, et l'application des lois provinciales ou territoriales sur l'état d'urgence sanitaire est une responsabilité que les services de police partagent avec les agents de la santé publique. Par conséquent, les données sur l'application de ces mesures rendent compte de la participation des services de police, mais pas nécessairement du nombre d'affaires.

De la mi-mars à octobre, les 14 services de police qui ont fourni des données sur l'application des mesures législatives provinciales et territoriales liées à la pandémie ont déclaré avoir participé à l'application de ces mesures pour 22 867 infractions à ces lois. Le nombre d'infractions aux lois provinciales et territoriales liées à la pandémie a atteint un sommet au cours de trois mois distincts. Le premier sommet (+250 %) a été atteint en avril, plus précisément au début de la pandémie, le deuxième sommet (+18 %), en juillet, au moment où un plus grand nombre d'entreprises ont commencé à rouvrir et où de plus grandes « bulles » sociales ont été permises entre les ménages, et le troisième sommet (+19 %), en septembre, lorsque de nombreuses écoles et garderies ont rouvert.

Afin de limiter la propagation de la COVID-19, le gouvernement du Canada a mis en œuvre des décrets d'urgence en mars 2020, qui imposent une quarantaine ou un isolement obligatoire de 14 jours à tous les voyageurs arrivant au Canada. Au 31 octobre, selon les données de l'Agence de la santé publique du Canada, celle-ci avait fait parvenir à la Gendarmerie royale du Canada 281 354 renvois de haute priorité et de priorité moyenne aux fins de vérification de la conformité, en fonction de la capacité et des ressources policières. Parmi les 23 444 suivis de l'application de la loi qui avaient été signalés à l'Agence de la santé publique du Canada au 31 octobre, 99 ont donné lieu à des amendes pour des infractions en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine, et 7 ont fait l'objet d'une assignation à comparaître pour des accusations portées en vertu de cette loi.




  Note aux lecteurs

Le Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités réalise une collecte de données d'enquête spéciale auprès d'un échantillon de services de police partout au Canada pour mesurer les répercussions de la COVID-19 sur certains types de crimes et de demandes d'intervention. En outre, cette collecte vise à connaître le nombre d'interventions policières pour des infractions aux règlements municipaux ou aux lois provinciales ou territoriales liées à la lutte contre la pandémie de COVID-19. Le premier rapport de cette collecte spéciale comprend les résultats pour la période allant de mars à juin 2020, qui sont comparés avec ceux de la même période de l'année précédente. Le deuxième rapport comprend les résultats de mars à août 2020, dans lequel on compare les données mensuelles tout au long de la pandémie. Des données continueront d'être recueillies mensuellement jusqu'en décembre 2021 et feront l'objet de rapports périodiques.

Il s'agit de la troisième diffusion découlant de la collecte spéciale menée par Statistique Canada. Les données publiées précédemment peuvent avoir été révisées.

Pour la période de référence allant de mars à octobre, 19 services de police ont fourni des données sur une base volontaire, soit le Service de police de Calgary, le Service de police d'Edmonton, la Police régionale de Halton, le Corps de police régional de Kennebecasis, le Service de police de London, le Service de police de la Ville de Montréal, la Police provinciale de l'Ontario, le Service de police d'Ottawa, le Service de police de Regina, la Gendarmerie royale du Canada (GRC), la Force constabulaire royale de Terre-Neuve, le Service de police de Saskatoon, la Sûreté du Québec, le Service de police de Toronto, le Service de police de Vancouver, le Service de police de Victoria, la Police régionale de Waterloo, le Service de police de Winnipeg et la Police régionale de York.

Les services de police ayant participé à cette enquête desservent plus des deux tiers (71 %) de la population canadienne. Le Service de police d'Edmonton, le Service de police de la Ville de Montréal, la GRC, la Sûreté du Québec et le Service de police de Winnipeg n'ont pas été en mesure de fournir des données sur les demandes d'intervention; par conséquent, les services de police qui ont fourni ces données desservent le tiers (32 %) de la population canadienne.

Les types de crimes visés par la collecte de données étaient les suivants : voies de fait; agressions sexuelles; voies de fait contre un agent de la paix ou un fonctionnaire public; menaces; vol qualifié; conduite dangereuse causant la mort ou des lésions corporelles; conduite avec les facultés affaiblies ou conduite avec les facultés affaiblies causant la mort ou des lésions corporelles; introduction par effraction; vol de véhicules à moteur; vol à l'étalage; fraude, vol d'identité ou fraude d'identité; défaut de se conformer à une ordonnance.

Les demandes d'intervention sont définies comme des appels reçus par les services de police qui sont effectués par les citoyens ou qui sont passés par les agents, et qui ont nécessité l'affectation de ressources policières (p. ex. un appel au 9-1-1 qui a entraîné l'envoi d'un agent).

Note de correction

Le 14 avril 2021, les données pour les « demandes d'intervention, surdose »; « demandes d'intervention, vérification du bien-être d'un enfant »; et « demandes d'intervention, affaire liée à la garde d'un enfant – familial » ont été corrigées pour l'ensemble des périodes de référence en raison d'une erreur de l'application de certaines catégories sélectionnées.

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