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Les crimes haineux déclarés par la police, 2018

Diffusion : 2020-02-26

En 2018, la police a déclaré 1 798 crimes haineux au Canada, ce qui représente une baisse de 13 % par rapport au nombre sans précédent de 2 073 affaires déclarées en 2017. Malgré ce recul, le nombre d'affaires de crimes haineux déclarées en 2018 est le deuxième en importance depuis 2009.

Les crimes haineux peuvent avoir un effet dévastateur sur les victimes et l'ensemble de la collectivité. Ils peuvent être perpétrés contre une personne ou un bien et cibler la race, la couleur, l'origine nationale ou ethnique, la religion, l'orientation sexuelle, l'identité ou l'expression de genre, la langue, le sexe, l'âge, l'incapacité mentale ou physique, ou d'autres facteurs semblables. De plus, le Code criminel du Canada considère quatre infractions précises comme des infractions de propagande haineuse ou des crimes haineux : l'encouragement au génocide, l'incitation publique à la haine, la fomentation volontaire de la haine et le méfait motivé par la haine à l'égard d'un bien utilisé par un groupe identifiable.

Statistique Canada assure un suivi du nombre et de la nature des crimes haineux signalés à la police au cours d'une année donnée et surveille les tendances au fil du temps. Une analyse détaillée est fournie dans l'article de Juristat publié aujourd'hui et intitulé « Les crimes haineux déclarés par la police au Canada, 2018 », de même que dans l'infographie qui l'accompagne, laquelle est intitulée « Infographie : Crimes haineux déclarés par la police au Canada, 2018 ».

Le nombre de crimes haineux signalés à la police diminue par rapport à 2017, mais il est le deuxième en importance depuis 2009

Les 1 798 crimes haineux déclarés par la police en 2018 représentaient une baisse de 13 % par rapport au nombre sans précédent de 2 073 affaires déclarées en 2017. Malgré ce recul, les crimes haineux déclarés par la police augmentent depuis 2014, et le nombre d'affaires déclarées en 2018 est le deuxième en importance depuis 2009.

Graphique 1  Graphique 1: Nombre de crimes haineux déclarés par la police, Canada, 2009 à 2018
Nombre de crimes haineux déclarés par la police, Canada, 2009 à 2018

Comme pour d'autres crimes, les données autodéclarées fournissent un éclairage supplémentaire sur les crimes motivés par la haine. Selon les données de l'Enquête sociale générale de 2014 sur la sécurité des Canadiens (victimisation), les Canadiens ont déclaré avoir été victimes de plus de 330 000 incidents criminels qui, selon eux, étaient motivés par la haine au cours des 12 mois précédant l'enquête (5 % du total des incidents autodéclarés). Les deux tiers de ces incidents n'ont pas été signalés à la police, un taux semblable à celui observé dans le cas de la victimisation criminelle dans son ensemble.

Les crimes motivés par la haine représentent une faible proportion de tous les crimes déclarés par la police (environ 0,1 % de toutes les infractions autres que les délits de la route). Les données des services de police sur les crimes haineux comprennent toutefois uniquement les affaires qui sont portées à leur attention et classées comme des crimes haineux. Par conséquent, les fluctuations du nombre d'affaires déclarées peuvent traduire un changement réel du volume de crimes haineux, mais elles peuvent aussi être attribuables à des changements dans le signalement de ces crimes par le public, en raison d'efforts de sensibilisation communautaire de la part de la police ou d'une prise de conscience accrue après des événements très médiatisés.

Diminution du nombre de crimes haineux principalement attribuable à une baisse du nombre d'affaires déclarées par la police en Ontario

En 2018, la plupart des types de crimes haineux déclarés par la police ont diminué par rapport à l'année précédente. Des baisses du nombre d'affaires ciblant les musulmans, les Noirs, les Arabes et les Asiatiques de l'Ouest étaient à l'origine de la majeure partie de la diminution observée à l'échelle nationale. Ces affaires ont surtout diminué en raison d'un recul du nombre de crimes contre les biens motivés par la haine, tels que les graffitis et le vandalisme, qui ont connu des baisses prononcées en Ontario et au Québec.

L'Ontario, la province la plus populeuse du Canada, a enregistré une diminution de 26 % du nombre de crimes haineux, lequel est passé de 1 023 affaires en 2017 à 762 affaires en 2018. Ce recul découle d'une baisse du nombre de crimes ciblant les musulmans (-104 affaires), les Noirs (-48 affaires) et les juifs (-28 affaires), ainsi que des crimes ciblant l'orientation sexuelle (-35 affaires).

Le Québec, la deuxième province en importance à l'origine de la baisse du nombre de crimes haineux, a vu son nombre de crimes haineux ciblant les musulmans et déclarés par la police diminuer de 57 pour passer de 117 en 2017 à 60 en 2018. Contrairement à la tendance nationale, le nombre de crimes haineux a augmenté dans les provinces des Prairies et de l'Atlantique (sauf au Nouveau-Brunswick).

Compte tenu de la taille de la population, les taux de crimes haineux étaient les plus élevés au Québec (5,4 affaires pour 100 000 habitants), en Ontario (5,3 affaires pour 100 000 habitants), en Colombie-Britannique (5,0 affaires pour 100 000 habitants) et en Alberta (4,8 affaires pour 100 000 habitants).

Graphique 2  Graphique 2: Crimes haineux déclarés par la police, selon la région, 2016 à 2018
Crimes haineux déclarés par la police, selon la région, 2016 à 2018

Le nombre de crimes haineux sans violence recule d'environ un cinquième

Bien que les crimes haineux sans violence représentaient plus de la moitié (57 %) de tous les crimes haineux en 2018, le nombre d'affaires a diminué de 21 % par rapport à l'année précédente, sous l'effet de baisses du nombre de méfaits de nature générale (-26 %) et d'affaires d'incitation publique à la haine (-40 %).

Les crimes haineux violents, qui représentaient 43 % de tous les crimes haineux perpétrés en 2018, ont diminué de 2 % en raison d'une baisse des affaires de menaces (-11 %) et de harcèlement criminel (-21 %).

Contrairement à la tendance générale à la baisse des crimes haineux, le nombre d'affaires de voies de fait (+6 %) et le nombre de méfaits à l'égard de biens servant principalement au culte religieux ou utilisés principalement par un groupe identifiable (+43 %) ont augmenté.

Les crimes haineux visant une religion diminuent de près du quart, et une baisse du nombre de crimes haineux anti-islamiques est enregistrée

Les crimes haineux ciblant des groupes religieux représentaient plus du tiers (36 %) de tous les crimes haineux commis au Canada en 2018, en baisse par rapport à la proportion de 41 % notée en 2017. En 2018, les groupes religieux ont été victimes de 639 crimes haineux, ce qui représente une diminution de 24 % par rapport à l'année précédente.

Après une hausse marquée des crimes haineux perpétrés à l'endroit des musulmans en 2017, la police en a déclaré 176 en 2018, soit une baisse de 50 %. Cette diminution est attribuable à des baisses importantes en Ontario (-104 affaires) et au Québec (-57 affaires), à la suite des sommets enregistrés dans les deux provinces en 2017. Les crimes haineux ciblant les musulmans représentaient 10 % de tous les crimes haineux déclarés au Canada en 2018.

Les crimes violents visant les musulmans étaient plus susceptibles que les autres types de crimes haineux de cibler des personnes de sexe féminin. De 2010 à 2018, 45 % des victimes de crimes haineux violents ciblant les musulmans étaient des personnes de sexe féminin, comparativement à 32 % de toutes les victimes de crimes haineux.

En revanche, après une hausse marquée de 63 % en 2017, le nombre d'affaires ciblant les juifs a diminué de 4 % en 2018 pour s'établir à 347. Les crimes haineux ciblant les juifs représentaient près du cinquième (19 %) de tous les crimes haineux déclarés par la police au Canada en 2018; il s'agit de la troisième année consécutive au cours de laquelle les juifs constituaient le groupe le plus souvent ciblé. L'Ontario a fait état de 28 affaires de moins, tandis que la Colombie-Britannique en a enregistré 17 de moins. En revanche, en Alberta, le nombre de crimes haineux ciblant les juifs a plus que doublé pour passer de 16 affaires en 2017 à 42 affaires en 2018.

Le nombre de crimes motivés par la haine d'une race ou d'une origine ethnique et déclarés par la police diminue

En 2018, 44 % de tous les crimes haineux déclarés par la police étaient motivés par la haine d'une race ou d'une origine ethnique. La police a déclaré 780 crimes motivés par la haine d'une race ou d'une origine ethnique, ce qui représente une baisse de 11 % par rapport à 2017. Ce recul s'explique principalement par une diminution de 38 crimes haineux ciblant les Noirs (-12 %) et de 31 crimes haineux ciblant les Arabes et les Asiatiques de l'Ouest (-22 %).

Les crimes haineux ciblant les Noirs représentaient 16 % de tous les crimes haineux au Canada et sont demeurés le type le plus courant de crimes motivés par la haine d'une race ou d'une origine ethnique. En 2018, le nombre de crimes contre les Noirs a diminué le plus en Ontario (-48 affaires), tandis qu'il a augmenté le plus au Québec (+18 affaires).

Le nombre de crimes haineux commis contre les Arabes et les Asiatiques de l'Ouest et déclarés par la police a diminué pour la première fois depuis 2013. Ces crimes représentaient 14 % de tous les crimes haineux ciblant la race ou l'origine ethnique et 6 % de tous les crimes haineux en 2018.

Les crimes haineux ciblant les Autochtones représentent une très faible proportion des crimes haineux déclarés par la police

Les affaires ciblant les Autochtones (Premières Nations, Métis et Inuits), qui ont affiché une légère hausse pour passer de 31 affaires en 2017 à 35 affaires en 2018, ont continué de représenter une proportion relativement faible des crimes haineux déclarés par la police (2 %).

Les crimes haineux violents déclarés par la police et ciblant les Autochtones sont plus susceptibles que les autres crimes haineux de viser des personnes de sexe féminin. De 2010 à 2018, 45 % des victimes de crimes haineux violents ciblant les Autochtones étaient des personnes de sexe féminin, comparativement à 32 % de toutes les victimes de crimes haineux violents.

Selon les données les plus récentes sur la victimisation, parmi les victimes de violence non conjugale, les victimes autochtones étaient moins susceptibles que les victimes non autochtones de signaler l'incident à la police. Il n'est donc pas clair si le nombre de crimes haineux ciblant les Autochtones et déclarés par la police reflète de faibles niveaux de crimes haineux ou de faibles niveaux de signalement des crimes haineux à la police, ou les deux.

Les crimes haineux déclarés par la police et ciblant l'orientation sexuelle sont à la baisse, mais demeurent de nature violente

La police a déclaré 173 crimes haineux ciblant l'orientation sexuelle en 2018, ce qui représente une baisse de 15 % par rapport à l'année précédente. De ces crimes, 8 sur 10 ciblaient précisément la communauté gaie et lesbienne, tandis que 2 sur 10 visaient des personnes bisexuelles (3 %), des personnes d'autres orientations sexuelles comme les personnes asexuelles, pansexuelles ou autres qu'hétérosexuelles (12 %), ou encore des personnes dont l'orientation sexuelle était inconnue (6 %).

Comme les années précédentes, les crimes violents représentaient une part plus élevée des crimes motivés par la haine d'une orientation sexuelle comparativement à d'autres types de crimes haineux. En 2018, près des deux tiers (62 %) des crimes haineux motivés par la haine d'une orientation sexuelle étaient de nature violente. En comparaison, environ le quart (24 %) des crimes haineux ciblant la religion et environ la moitié (53 %) des crimes haineux visant la race ou l'origine ethnique étaient de nature violente.




  Note aux lecteurs

Des données sur les crimes haineux déclarés par la police sont recueillies chaque année depuis 2006 et, depuis 2010, les services de police — qui desservent 99,95 % de la population du Canada — déclarent aussi des données sur les motifs.

Certains renseignements détaillés au sujet des affaires, tels que le type d'infraction, de même que les caractéristiques des victimes (dans le cas des infractions avec violence) et des auteurs présumés (pour tous les types d'infractions), n'ont pu être obtenus auprès des services de police municipaux de Calgary en 2018 et de Saint John en 2017. Par conséquent, les caractéristiques des affaires de crimes haineux ont été déclarées par les services de police pour 96,2 % de la population canadienne en 2018 et 99,4 % de la population canadienne en 2017. Les données des services de police municipaux de Calgary et de Saint John sont exclues de la comparaison des données sur les caractéristiques de 2017 à celles de 2018. Sont toutefois incluses les données relatives à toute affaire ayant fait l'objet d'une enquête par la Gendarmerie royale du Canada dans ces deux secteurs de compétence.

La police détermine si un crime a été motivé ou non par la haine et indique le type de motif en se fondant sur les renseignements recueillis pendant l'enquête ainsi que sur des lignes directrices nationales communes pour la classification des dossiers. Les fluctuations du nombre annuel d'affaires peuvent être attribuables à l'évolution des pratiques des services de police locaux, à leurs efforts de sensibilisation auprès de diverses collectivités, ainsi qu'à la volonté des victimes de signaler les incidents à la police. Le nombre de crimes haineux indiqué dans la présente diffusion constitue vraisemblablement une sous-estimation du nombre réel de crimes motivés par la haine au Canada, puisque les crimes ne sont pas tous signalés à la police.

Tableaux de référence : 35-10-0066-01, 35-10-0067-01 and 35-10-0191-01.

Produits

L'article de la publication Juristat (Numéro au catalogue85-002-X) « Les crimes haineux déclarés par la police au Canada, 2018 » est maintenant accessible. L'infographie intitulée « Infographie : Crimes haineux déclarés par la police au Canada, 2018 », qui fait partie de la série Statistique Canada — Infographies (Numéro au catalogue11-627-M), est maintenant accessible.

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Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (STATCAN.infostats-infostats.STATCAN@canada.ca), ou communiquez avec les Relations avec les médias au 613-951-4636 (STATCAN.mediahotline-ligneinfomedias.STATCAN@canada.ca).

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