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Étude : Dispersion de la productivité, diffusion de la technologie et croissance de la productivité au Canada

Diffusion : 2020-01-17

La croissance de la productivité du travail a ralenti au Canada et dans un certain nombre d'autres pays développés au cours des années qui ont suivi l'an 2000. Dans de nombreux pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques, ce ralentissement s'est accompagné d'un élargissement de l'écart de productivité du travail entre les entreprises les plus productives et toutes les autres entreprises. Cette dispersion croissante de la productivité du travail serait liée à un ralentissement de la diffusion de technologies numériques de plus en plus complexes.

Deux études publiées aujourd'hui, « Entreprises au seuil de la productivité, dispersion de la productivité et croissance de la productivité agrégée au Canada » et « Frontières technologiques et croissance de la productivité au Canada après l'an 2000 » présentent de nouvelles données canadiennes sur la dispersion croissante de la productivité entre les entreprises. Ces études confirment que l'essoufflement de la croissance de la productivité au Canada est associé à un ralentissement de l'innovation et des progrès technologiques et, dans une certaine mesure, à un ralentissement de la diffusion de l'innovation et de la technologie.

La première étude révèle que les entreprises au seuil de la productivité (c.-à-d. les entreprises qui se classent parmi les 10 % des entreprises les plus productives dans chaque industrie) affichaient des taux de croissance de la productivité du travail plus élevés que les entreprises sous ce seuil (toutes les autres entreprises) au cours de la période de 1991 à 2000 (3,4 % par rapport à 2,4 %) et de la période de 2000 à 2015 (1,5 % par rapport à 0,5 %). Pendant toute la période à l'étude, la croissance de la productivité du travail des entreprises au seuil de la productivité était également supérieure à celle des entreprises sous ce seuil dans toutes les industries, sauf celles des arts, spectacles et loisirs, des services d'hébergement et de restauration, et des autres services.

L'analyse par décomposition montre que les entreprises sous le seuil de la productivité ont contribué davantage au ralentissement de la croissance de la productivité du travail que les entreprises au seuil de la productivité. Le recul de la croissance de la productivité du travail des entreprises sous le seuil de la productivité après l'an 2000 a représenté environ 90 % de la baisse agrégée de 3,21 points de pourcentage. Les entreprises au seuil de la productivité ont représenté les 10 % restants.

Malgré la constatation selon laquelle les entreprises sous le seuil de la productivité ont le plus contribué au ralentissement de la productivité du travail, les études remettent en question la possibilité que l'évolution de la situation puisse être liée à un ralentissement de la diffusion de technologies numériques de plus en plus complexes. Premièrement, la dispersion croissante de la productivité n'est pas un phénomène récent au Canada. Par conséquent, le passage au numérique n'est pas la seule cause de la dispersion croissante. D'autres facteurs, comme les économies d'échelle et les actifs incorporels (propriété intellectuelle, capital organisationnel et formation des employés), peuvent aussi avoir contribué à ce phénomène. Deuxièmement, les résultats de l'analyse par décomposition, bien que suggestifs, n'apportent pas la preuve directe du ralentissement de la diffusion et la conclusion peut varier en fonction des méthodes utilisées.

Dans la deuxième étude, on examine plus directement l'importance de la diffusion de la technologie pour expliquer les variations de la productivité au cours de la période postérieure à 2000, à l'aide d'une méthode statistique avancée. Selon cette méthode, les variations de la productivité des entreprises sont fonction des variations du niveau maximal potentiel de la productivité qui peut être atteint et des variations de la capacité des entreprises à atteindre ce potentiel. La capacité à atteindre le potentiel est souvent associée à la diffusion de la technologie.

L'étude révèle que les variations de la productivité au cours de la période postérieure à 2000 n'étaient pas associées à des changements dans la diffusion, mais étaient en grande partie liées à des variations du niveau potentiel de la productivité. On a observé une corrélation entre les dépenses en recherche-développement et le fait d'être sous contrôle étranger avec les variations du niveau potentiel de la productivité. Par ailleurs, une corrélation a été établie entre l'investissement dans les technologies de l'information et des communications et les immobilisations incorporelles avec la capacité à atteindre le niveau potentiel.


Produits

Les documents de recherche « Entreprises au seuil de la productivité, dispersion de la productivité et croissance de la productivité agrégée au Canada » et « Frontières technologiques et croissance de la productivité au Canada après l'an 2000 », qui font partie de la Série de documents de recherche, Direction des études analytiques (Numéro au catalogue11F0019M), sont maintenant disponibles.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (STATCAN.infostats-infostats.STATCAN@canada.ca).

Pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec Danny Leung au 613-951-2574 (danny.leung@canada.ca), Division de l'analyse économique.

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