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Étude : Bien-être économique des générations de jeunes Canadiens : les milléniaux sont-ils en meilleure ou en moins bonne situation que les autres?

Diffusion : 2019-04-18

Les revenus et la richesse médiane des milléniaux étaient supérieurs à ceux des jeunes de la génération X au même âge, mais leur dette hypothécaire était aussi beaucoup plus élevée

L'examen de la dette et de la richesse des jeunes ménages, qui ont commencé à accumuler des actifs et des dettes pendant une période d'inflation soutenue des prix des logements résidentiels, permet de jeter un éclairage nouveau sur l'état des bilans des Canadiens. Dans une nouvelle étude de Statistique Canada, les résultats financiers des milléniaux ont été comparés à ceux des membres de la génération X au même âge.

Selon les résultats de l'étude, les milléniaux étaient plus riches que les jeunes de la génération X, mais ils étaient aussi plus endettés, en raison de leurs niveaux d'endettement hypothécaire plus élevés. Des différences marquées ont été observées chez les milléniaux; ceux qui avaient investi dans le marché du logement ou ceux qui vivaient à Toronto ou à Vancouver étaient dans une situation nettement plus avantageuse que les autres. Cette étude s'inscrit dans une série d'études ayant pour objet de fournir des renseignements sur l'endettement et la richesse à l'échelle du pays.

Les revenus et la richesse médiane des milléniaux étaient supérieurs à ceux des membres de la génération X au même âge

Au cours des 10 dernières années, les milléniaux ont poursuivi leurs études postsecondaires et ont commencé à intégrer le marché du travail. Il ressort de l'étude que, en tant que membres de la génération la plus instruite, les milléniaux avaient un revenu du ménage plus élevé que celui des membres de la génération X ou des baby-boomers au même âge. Plus précisément, le revenu du ménage atteignait 66 500 $ chez les milléniaux de 25 à 34 ans en 2016, comparativement à 51 000 $ chez les jeunes de la génération X qui appartenaient au même groupe d'âge en 1999.

Des revenus plus élevés se traduisent par des possibilités différentes d'épargne et d'accumulation de richesse. En effet, la valeur nette médiane — à savoir le total des actifs du ménage moins le total des dettes — était plus élevée pour les milléniaux que pour les jeunes de la génération X. La valeur nette médiane des milléniaux s'élevait à 70 600 $, soit plus d'une fois et demie celle des jeunes de la génération X (42 800 $). En général, pour accumuler de la richesse au cours de leur vie, les ménages acquièrent des actifs tout en contractant des dettes. Bien que les milléniaux étaient en meilleure situation que les jeunes de la génération X au chapitre des actifs ou de la richesse médiane, ils étaient relativement plus endettés, leur dette hypothécaire étant beaucoup plus élevée.

Graphique 1  Graphique 1: Actifs médians, dette médiane et valeur nette médiane, selon la génération âgée de 25 à 34 ans
Actifs médians, dette médiane et valeur nette médiane, selon la génération âgée de 25 à 34 ans

La dette contractée par les milléniaux est de 200 % plus élevée que leur revenu après impôt

Le ratio de la dette au revenu est un indicateur financier clé qui fournit de l'information sur la capacité des ménages de rembourser leurs dettes au moyen de leur revenu actuel. Le ratio de la dette au revenu après impôt des milléniaux se chiffrait à 216 %, ce qui dépasse de loin le ratio de 125 % affiché par les jeunes de la génération X et celui de 80 % des jeunes baby-boomers.

La dette hypothécaire des milléniaux est plus de 2,5 fois supérieure à leur revenu après impôt

Même pendant une période soutenue d'inflation des prix des logements résidentiels, les milléniaux ont continué d'intégrer le marché du logement au même rythme que les générations précédentes. Selon les résultats de l'étude, environ 51 % des milléniaux de 30 à 34 ans (l'âge auquel les ménages intègrent généralement le marché du logement) avaient investi dans une propriété résidentielle ou avaient une résidence principale dans leur portefeuille d'actifs. Il s'agit d'une proportion comparable à celle des jeunes de la génération X (51 %) et à celle des jeunes baby-boomers (55 %).

Les taux d'accession à la propriété étaient semblables d'une jeune génération à l'autre, mais les milléniaux qui avaient intégré le marché du logement avaient contracté une dette hypothécaire beaucoup plus élevée. La dette hypothécaire médiane des milléniaux de 30 à 34 ans s'élevait à 218 000 $, un montant plus de 2,5 fois plus élevé que leur revenu médian après impôt (83 200 $). En revanche, la dette hypothécaire des jeunes baby-boomers (67 800 $) équivalait à leur revenu après impôt. Des tendances semblables ont été observées d'une jeune génération à l'autre au chapitre de la valeur des actifs liés à la résidence principale, laquelle était nettement plus élevée pour les milléniaux que pour les jeunes de la génération X et les jeunes baby-boomers.

Graphique 2  Graphique 2: Valeur de la résidence principale, dette hypothécaire et revenu après impôt, personnes de 30 à 34 ans ayant une hypothèque, selon la génération
Valeur de la résidence principale, dette hypothécaire et revenu après impôt, personnes de 30 à 34 ans ayant une hypothèque, selon la génération

Grands écarts de richesse parmi les milléniaux

D'importants écarts de richesse ont été observés entre les divers groupes de la génération des milléniaux, et cette disparité était plus prononcée qu'elle ne l'était chez les jeunes de la génération X. L'écart entre les plus riches et les plus pauvres s'est creusé d'une génération à l'autre. Par exemple, la valeur nette des milléniaux de l'échelon inférieur de 25 % était de 9 500 $ alors qu'elle était de 253 900 $ chez ceux de l'échelon supérieur de 25 %. Par comparaison, la fourchette de la valeur nette parmi les jeunes de la génération X allait de 6 200 $ à 126 900 $. Les milléniaux de l'échelon supérieur de 10 % avaient une valeur nette de 588 600 $. Qui plus est, ils détenaient 55 % de la richesse accumulée par l'ensemble de leur génération.

Les milléniaux qui avaient investi dans le marché du logement étaient en bien meilleure situation que les autres. La richesse médiane des milléniaux propriétaires âgés de 30 à 34 ans se chiffrait à 261 900 $, comparativement à 18 400 $ chez ceux qui n'avaient pas investi dans une propriété résidentielle. Les milléniaux ayant fait des études universitaires étaient également en meilleure situation financière, leur richesse médiane se situant à 116 000 $, comparativement à 34 100 $ pour les titulaires d'un diplôme d'études secondaires (ou ayant un niveau inférieur d'études).

Infographie 1  Vignette de l'infographie 1: Valeur nette selon la génération de Canadiens âgés de 25 à 34 ans, selon certains centiles
Valeur nette selon la génération de Canadiens âgés de 25 à 34 ans, selon certains centiles

Par ailleurs, le bien-être économique variait d'un bout à l'autre du pays, les milléniaux vivant à Vancouver et à Toronto affichant une valeur nette plus élevée. La valeur nette médiane s'élevait à 145 000 $ pour les milléniaux de Toronto et à 91 000 $ pour ceux de Vancouver. Ces disparités étaient encore plus prononcées au sommet de la répartition de la valeur nette, comme en témoigne le fait que les milléniaux de l'échelon supérieur de 10 % à Vancouver et à Toronto avaient accumulé près de 1 million de dollars en valeur nette. Ces résultats rendent compte, une fois de plus, des différences dans la valeur du logement, puisque la valeur des actifs liés à la résidence principale a atteint 650 000 $ à Vancouver et à Toronto, soit plus du double de la valeur observée à l'échelle nationale (320 000 $).

Graphique 3  Graphique 3: Caractéristiques financières des milléniaux âgés de 30 à 34 ans, avec ou sans actifs liés à une résidence principale, 2016
Caractéristiques financières des milléniaux âgés de 30 à 34 ans, avec ou sans actifs liés à une résidence principale, 2016

  Note aux lecteurs

Aux fins de la comparaison des actifs, des dettes et de la valeur nette des jeunes générations, cette étude s'appuie sur les données de l'Enquête sur la sécurité financière (ESF) de 1999 et de 2016, ainsi que sur les données de l'Enquête sur les avoirs et les dettes (EAD) de 1984. Pour les mêmes années, les données de l'Enquête canadienne sur le revenu ont été utilisées pour estimer le revenu du ménage rajusté en fonction de la taille de la famille. Étant donné que les données sur les actifs, les dettes et la valeur nette sont recueillies au niveau du ménage, des caractéristiques comme la « génération », l'âge ou le niveau de scolarité sont déterminées en fonction des renseignements du principal soutien économique du ménage.

Afin que les indicateurs financiers clés puissent faire l'objet de comparaisons d'une jeune génération à l'autre, les ménages dont le principal soutien économique était âgé de 25 à 34 ans ont été sélectionnés à partir de l'EAD (1984) et de l'ESF (1999 et 2016). Ainsi, pour les besoins de la présente étude, les milléniaux désignent les personnes qui étaient âgées de 25 à 34 ans en 2016 (nées entre 1982 et 1991). Les jeunes de la génération X désignent les personnes qui étaient âgées de 25 à 34 ans en 1999 (nées entre 1965 et 1971). Enfin, les jeunes baby-boomers sont les personnes qui étaient âgées de 25 à 34 ans en 1984 (nées entre 1950 et 1961).

De plus amples renseignements sur les données et la méthodologie sont fournis dans l'étude intégrale.

Produits

L'article de recherche « Bien-être économique des générations de jeunes Canadiens : les milléniaux sont-ils en meilleure ou en moins bonne situation que les autres? », qui fait partie de la publication Aperçus économiques (Numéro au catalogue11-626-X), est maintenant accessible.

Statistique Canada a également publié aujourd'hui une infographie intitulée « Richesse et endettement : quelle est la situation des milléniaux?, qui présente une comparaison des indicateurs financiers clés pour les milléniaux et les membres de la génération X au même âge. De plus, la vidéo « StatCan au fil des recherches: Le bien-être économique des différentes générations : les milléniaux sont-ils avantagés ou désavantagés ? » a été diffusée. Cette vidéo donne un aperçu des principaux points à retenir de cette étude.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (STATCAN.infostats-infostats.STATCAN@canada.ca).

Pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec Elizabeth Richards au 613-863-4623 (elizabeth.richards@canada.ca), Direction des études analytiques.

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