Comptes du bilan national et des flux financiers, premier trimestre de 2023
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Diffusion : 2023-06-14
La valeur nette nationale affiche une remontée sous l'effet d'un raffermissement du bilan des investissements internationaux
La valeur nette nationale, soit la somme du patrimoine national et de la position d'actif net étranger du Canada, a augmenté de 1,7 % par rapport au quatrième trimestre de 2022 pour se chiffrer à 17 109,3 milliards de dollars à la fin du premier trimestre de 2023. Cette hausse fait suite à des baisses enregistrées lors des deux derniers trimestres de 2022, qui ont totalisé près de un billion de dollars (-5,5 %), ce qui représente le plus important recul sur deux trimestres affiché depuis le premier trimestre de 2009. Cela dit, la valeur nette nationale était supérieure de 37,5 % à ce qu'elle était à la fin de 2019. Parallèlement, la valeur nette nationale par habitant a augmenté pour passer de 425 098 $ à la fin de 2022 à 430 970 $ au premier trimestre de 2023.
La valeur totale des actifs non financiers au Canada, aussi appelée patrimoine national, a dépassé les 16 billions de dollars (+0,5 % par rapport au quatrième trimestre de 2022) au premier trimestre de 2023. Il s'agit d'un revirement par rapport au quatrième trimestre de 2022, au cours duquel les actifs non financiers ont inscrit la plus forte baisse trimestrielle depuis la fin de 2008. Après trois baisses trimestrielles consécutives, les prix des logements ont affiché une tendance inverse pour connaître une croissance qui s'est traduite par une hausse de 261,9 milliards de dollars de la valeur des biens immobiliers résidentiels au premier trimestre de 2023. Toutefois, l'augmentation de la valeur des biens immobiliers résidentiels a été en grande partie contrebalancée par une baisse de 223,5 milliards de dollars de la valeur des ressources naturelles (à l'exclusion des terrains). Après avoir atteint un sommet de près de 2,7 billions de dollars à la fin du deuxième trimestre de 2022, la valeur des ressources naturelles a enregistré une baisse marquée d'environ 1,2 billion de dollars en valeur jusqu'au premier trimestre de 2023, période au cours de laquelle le prix au comptant du pétrole brut Western Canadian Select a reculé de 30,0 %.
La position d'actif net étranger du Canada, soit la différence entre l'actif financier international et le passif international du Canada, a progressé de 212,0 milliards de dollars pour s'établir à 1 103,7 milliards de dollars au premier trimestre de 2023, sous l'effet d'une remontée des marchés boursiers. Il s'agit de son niveau le plus élevé depuis le quatrième trimestre de 2021.
Faits saillants
En valeur nominale, l'économie canadienne a progressé au cours du premier trimestre de 2023, après avoir affiché deux baisses consécutives. Parallèlement, la rémunération des employés a augmenté après deux trimestres de ralentissement et les revenus des sociétés ont continué d'être incertains. Les dépenses des ménages et le commerce net se sont accrus, mais les hausses ont été contrebalancées par le ralentissement de l'accumulation des stocks et la baisse des investissements des entreprises dans les machines et le matériel. Malgré des difficultés comme les problèmes liés à la chaîne d'approvisionnement, l'inflation et la hausse des coûts des intrants, les pressions externes exercées sur les entreprises se sont atténuées au cours du trimestre.
Le taux d'épargne des ménages a diminué au premier trimestre en raison de la diminution des transferts gouvernementaux après un quatrième trimestre de transferts élevés et d'une diminution du revenu net de la propriété, en raison des frais d'intérêt qui ont dépassé les revenus d'intérêt. L'activité d'emprunt hypothécaire des ménages a de nouveau ralenti, malgré une légère reprise du marché du logement, alors que la Banque du Canada a augmenté le taux directeur pour le porter à 4,5 % en janvier, pour ensuite le laisser inchangé pendant deux trimestres, puis le relever de nouveau pour le porter à 4,75 % en juin. Les ménages ont continué de modifier leurs placements en réponse à cette situation, ce qui a donné lieu à une importante entrée continue de fonds dans les fonds communs de placement du marché monétaire et les dépôts à terme fixe.
La position d'actif étranger net du Canada s'est améliorée à mesure que les marchés boursiers mondiaux ont progressé au premier trimestre. Parallèlement, la demande de fonds du secteur des sociétés non financières a augmenté, alors que les emprunts sous forme de prêts non hypothécaires se sont poursuivis, atténués par les rachats d'actions cotées en bourse. L'offre de fonds du secteur des sociétés financières a fortement augmenté après un quatrième trimestre de 2022 faible, et l'administration publique fédérale a remboursé une légère partie de sa dette, alors qu'elle a liquidé plus d'obligations à long terme qu'elle n'a émis de bons du Trésor.
Le taux d'épargne des ménages diminue au premier trimestre, tandis que les dépenses demeurent élevées
Au premier trimestre de 2023, la rémunération désaisonnalisée des ménages (en valeur nominale) a augmenté de 1,7 % par rapport au quatrième trimestre de 2022. Cependant, la baisse des transferts gouvernementaux aux ménages et la hausse des coûts d'intérêt par rapport aux revenus d'intérêt ont fait contrepoids à l'augmentation de la rémunération, et le revenu disponible des ménages (-1,0 %) a enregistré un recul par rapport au quatrième trimestre. De plus, les ménages ont effectué des remboursements des versements des programmes de soutien liés à la COVID-19 au premier trimestre de 2023, ce qui a pesé encore davantage sur leur revenu. Cependant, malgré la baisse du revenu disponible, la consommation des ménages (+2,1 %) est demeurée forte, sous l'effet d'une augmentation de la demande des consommateurs à l'égard des vêtements et des services d'alimentation et de boissons. Par conséquent, le taux d'épargne a diminué pour s'établir à 2,9 % au premier trimestre, ce qui est bien inférieur au taux de 5,8 % enregistré au quatrième trimestre de 2022, et légèrement supérieur au taux de 2,8 % enregistré à la fin de 2019.
Les ménages accumulent moins de dépôts et continuent de privilégier les fonds communs de placement du marché monétaire et les dépôts à terme fixe
Depuis le premier trimestre de 2020, la valeur des devises et des dépôts des ménages a augmenté de près de un demi-billion de dollars, sous l'effet d'une récente et importante accumulation au quatrième trimestre de 2022 (+53,3 milliards de dollars). Toutefois, le rythme de l'accumulation a considérablement ralenti au premier trimestre de 2023, les ménages ayant investi pour 17,3 milliards de dollars sous forme de dépôts, ce qui représente l'augmentation la moins prononcée depuis le troisième trimestre de 2021.
Au premier trimestre de 2023, les ménages ont mis fin à leur désinvestissement dans les parts de fonds communs de placement pour enregistrer des investissements nets de 2,8 milliards de dollars, après trois trimestres consécutifs de sorties de fonds. Ces rentrées nettes ont principalement visé les fonds communs de placement du marché monétaire, dans lesquels les investissements nets se sont multipliés pour un cinquième trimestre consécutif, alors que les investisseurs ont opté pour des actifs générateurs de rendement à court terme. De même, parmi leurs actifs sous forme de dépôts, les ménages ont continué de placer des fonds dans des dépôts à terme fixe assortis de taux d'intérêt plus élevés, tandis que la part de leurs actifs détenus dans des comptes chèques et des comptes d'épargne a inscrit une tendance à la baisse.
La valeur nette des ménages augmente à mesure que les marchés financier et immobilier se raffermissent
La valeur nette du secteur des ménages, c'est-à-dire la valeur des actifs moins celle des passifs, a augmenté de 519,9 milliards de dollars ou de 3,4 % par rapport au quatrième trimestre de 2022 pour s'établir à 15 704,2 milliards de dollars au premier trimestre de 2023. La valeur du patrimoine des ménages a été renforcée par la vigueur des marchés boursiers et immobiliers, malgré la volatilité persistante du marché financier et la hausse des taux d'intérêt. La valeur des biens immobiliers s'est redressée après trois trimestres consécutifs de baisse, alors que les marchés boursiers nationaux et internationaux sont demeurés relativement vigoureux comme en témoignent notamment la hausse de 3,7 % de l'indice composé Standard and Poor's (S&P)/Bourse de Toronto et l'augmentation de 7,0 % de l'indice S&P 500.
La valeur des actifs financiers totaux des ménages a augmenté de 3,0 % (+280,0 milliards de dollars) au premier trimestre, tandis que la valeur des actifs non financiers totaux a progressé de 2,7 % (+241,9 milliards de dollars). Les passifs financiers, qui se composent principalement de dettes hypothécaires et non hypothécaires, ont inscrit une légère hausse de 2,1 milliards de dollars par rapport au quatrième trimestre de 2022.
Les prix dans le secteur immobilier résidentiel remontent malgré une activité de vente modérée
La valeur des biens immobiliers résidentiels s'est redressée, en hausse de 3,2 % (+243,6 milliards de dollars) au cours du premier trimestre de 2023, alors que les prix ont augmenté et que les stocks sont demeurés à un niveau historiquement bas. Cette hausse fait suite à trois trimestres consécutifs de baisses du patrimoine immobilier des ménages qui avaient totalisé 10,1 % (-849,3 milliards de dollars). Après un début d'année lent en janvier de 2023, les prix ont commencé à augmenter en février et en mars. Néanmoins, le prix de vente moyen des maisons sur le marché de la revente était inférieur de 17,1 % à celui du premier trimestre de 2022, ce qui souligne l'importance de la baisse des évaluations. La baisse de l'activité immobilière s'est accentuée au premier trimestre de 2023 : la valeur totale des maisons vendues s'est établie à près de 50 % sous la valeur enregistrée au premier trimestre de 2022.
La lenteur de l'activité immobilière au quatrième trimestre de 2022 a persisté au premier trimestre de 2023, en raison de la réaction des marchés immobiliers à la hausse des taux d'intérêt. Le nombre de maisons vendues dans le secteur de la revente au cours des deux derniers trimestres (quatrième trimestre de 2022 et premier trimestre de 2023) était le plus bas pour toute période de deux trimestres consécutifs, et ce, depuis le premier trimestre de 2009. Ce ralentissement au cours de ces deux trimestres faisait suite à deux années de hausse constante de l'activité immobilière.
En dollars courants désaisonnalisés, l'investissement dans le logement a reculé de 3,8 % au premier trimestre de 2023, en baisse pour un quatrième trimestre consécutif. Le recul des investissements était généralisé : la construction neuve (-5,3 %), les rénovations (-1,5 %) et les coûts de transfert de propriété (-4,2 %), qui représentent l'activité de revente, ont tous affiché des baisses. Le recul des investissements dans les constructions neuves a été observé dans chaque province et territoire, sauf au Yukon et à Terre-Neuve-et-Labrador.
L'emprunt des ménages continue de ralentir
Sur une base désaisonnalisée, le rythme des emprunts sur le marché du crédit a continué de ralentir; les ménages ont emprunté 16,5 milliards de dollars en fonds au premier trimestre de 2023. Il s'agit du plus faible niveau d'emprunt trimestriel des ménages depuis 2003, si l'on fait exception du niveau observé au deuxième trimestre de 2020. La dette hypothécaire des ménages a inscrit une hausse limitée de 11,2 milliards de dollars; il s'agit du niveau d'emprunt hypothécaire trimestriel le plus bas des 20 dernières années. En outre, il s'agit du deuxième trimestre consécutif d'emprunts hypothécaires relativement lents (+16,5 milliards de dollars au quatrième trimestre de 2022). Ce ralentissement fait suite à une période d'emprunts hypothécaires record, les emprunts ayant atteint un sommet sans précédent au deuxième trimestre de 2021 (+58,2 milliards de dollars) et affiché au deuxième trimestre de 2022 (+54,0 milliards de dollars) leur deuxième niveau le plus élevé.
La dette des ménages sur le marché du crédit (crédit à la consommation et prêts hypothécaires et non hypothécaires) (en données désaisonnalisées) a augmenté de 0,6 % par rapport au quatrième trimestre de 2022 pour atteindre 2 840,8 milliards de dollars au premier trimestre de 2023, et la dette hypothécaire (2 109,7 milliards de dollars) représentait près des trois quarts de l'encours total de la dette. Les passifs liés aux prêts non hypothécaires se sont accrus de 0,6 %. Bien que les soldes des cartes de crédit des banques à charte aient continué d'augmenter de façon constante, en hausse de 2,9 % au premier trimestre, la baisse des marges de crédit hypothécaire (-0,8 %) et des autres prêts personnels (-2,2 %) a partiellement contrebalancé cette croissance. La dette des ménages s'est chiffrée à 71 560 $ par personne.
Les coûts du service de la dette des ménages augmentent davantage
Sur une base désaisonnalisée, la dette des ménages sur le marché du crédit en proportion du revenu disponible des ménages a augmenté pour s'établir à 184,5 % au premier trimestre de 2023, après avoir atteint 181,7 % au quatrième trimestre de 2022. Autrement dit, il y avait 1,85 $ de dette sur le marché du crédit pour chaque dollar de revenu disponible des ménages au premier trimestre de 2023. La baisse du revenu disponible des ménages a été un facteur clé de la hausse de ce ratio, car le revenu des ménages a diminué, alors que leur dette sur le marché du crédit a continué d'augmenter.
Le ratio du service de la dette des ménages, qui correspond au total des paiements obligatoires du capital et des intérêts sur la dette sur le marché du crédit en proportion du revenu disponible des ménages, a atteint 14,90 % au premier trimestre de 2023, une hausse notable par rapport à 14,40 % au quatrième trimestre de 2022. Cette augmentation trimestrielle, la plus prononcée depuis le troisième trimestre de 2020, a donné lieu à une hausse du ratio du service de la dette des ménages, qui a atteint un sommet inégalé depuis le troisième trimestre de 2019. Les effets conjugués de la faiblesse du revenu disponible des ménages avant les paiements d'intérêts (-0,1 %) et d'une augmentation considérable du remboursement de la dette (+3,3 %) ont entraîné une croissance du ratio au premier trimestre de 2023.
Les paiements d'intérêts hypothécaires ont augmenté de 12,6 % du quatrième trimestre de 2022 au premier trimestre de 2023, poursuivant ainsi la forte hausse amorcée au deuxième trimestre de 2022. Par rapport au premier trimestre de 2022, ils se sont accrus de 69,7 % au premier trimestre de 2023, sous l'effet de l'augmentation continue des taux. Parallèlement, les paiements obligatoires du capital ont diminué de 6,8 % au premier trimestre de 2023, l'important stock de prêts hypothécaires à taux variable ayant probablement permis un autre ajustement des paiements d'intérêt sans augmentation synchrone du capital. Cependant, bientôt, les prêts hypothécaires à taux variable assortis de paiements fixes, dont la valeur représentait un peu moins du quart de l'encours de tous les prêts hypothécaires des banques à charte au cours du premier trimestre, ne pourront probablement plus absorber l'augmentation des coûts d'intérêt, alors que les emprunteurs qui détiennent ces produits atteignent leurs taux déclencheurs. En plus de l'augmentation des taux d'intérêt, la part des prêts hypothécaires assortis d'une période d'amortissement de plus de 25 ans a fortement augmenté et représentait 48,2 % de tous les nouveaux prêts hypothécaires au premier trimestre de 2023.
L'évolution de la conjoncture économique aura probablement une incidence sur le comportement futur des consommateurs. Selon le cycle du premier trimestre de l'Enquête sur les attentes des consommateurs de la Banque du Canada, « les consommateurs s'attendent à dépenser moins pour des services non essentiels – comme les voyages, les repas au restaurant et d'autres activités sociales – qu'au cours des 12 derniers mois ».
Les emprunts de l'administration publique fédérale s'orientent vers les bons du Trésor sur une base nette
Au premier trimestre de 2023, les remboursements nets d'obligations de l'administration publique fédérale ont totalisé 13,9 milliards de dollars, comparativement à des émissions nettes de bons du Trésor de 10,3 milliards de dollars. Cette transition des emprunts à long terme aux emprunts à court terme se produit dans le contexte d'une courbe de rendement inversée où les taux à court terme sont plus élevés que les taux à long terme. La Banque du Canada a maintenu sa politique de resserrement quantitatif. Ainsi, la banque centrale n'a ainsi pas remplacé pour 28,2 milliards de dollars d'obligations de l'administration publique fédérale arrivant à échéance au premier trimestre.
Les frais d'intérêt des administrations publiques continuent d'augmenter. Après avoir atteint un creux record au deuxième trimestre de 2020, le coût d'intérêt effectif sur la dette de l'administration publique fédérale a recommencé à croître pour rattraper les niveaux prépandémie. Compte tenu du contexte de hausse des taux d'intérêt, cette tendance devrait persister à mesure que la dette arrive à échéance et est reconduite à des taux plus élevés.
Le ratio du passif financier net des administrations publiques au produit intérieur brut diminue
Le ratio du passif financier net des administrations publiques (la valeur comptable du total des passifs financiers moins la valeur marchande du total des actifs financiers) au produit intérieur brut (PIB) a diminué pour passer de 26,0 % au quatrième trimestre de 2022 à 25,3 % au premier trimestre de 2023, sous l'effet d'une légère contraction du passif financier net. Le secteur des administrations publiques comprend tous les ordres de gouvernement et les caisses de sécurité sociale. La tendance à la baisse du ratio qui a commencé il y a huit trimestres s'est poursuivie au premier trimestre de 2023, alors que la situation financière nette de tous les ordres de gouvernement a continué de se raffermir par rapport à la croissance du PIB.
La demande de fonds des sociétés non financières privées augmente malgré le plus important rachat net d'actions cotées en bourse jamais enregistré
Au premier trimestre de 2023, la demande de fonds des sociétés non financières privées a augmenté pour s'établir à 12,9 milliards de dollars, alors qu'une valeur de 7,5 milliards de dollars avait été enregistrée au quatrième trimestre de 2022. Les emprunts au premier trimestre étaient principalement sous forme de prêts non hypothécaires (+14,4 milliards de dollars) et d'obligations (+11,2 milliards de dollars). Cette activité a été partiellement contrebalancée par le plus important rachat net d'actions cotées en bourse (-16,6 milliards de dollars) jamais enregistré. Il s'agit du cinquième trimestre consécutif de rachats nets. Alors que les rachats des trimestres précédents étaient principalement des rachats d'actions, au premier trimestre de 2023, l'activité a été marquée par d'importantes fusions et acquisitions menant à des regroupements.
Selon l'Enquête canadienne sur la situation des entreprises, deuxième trimestre de 2023, la hausse de l'inflation a été mentionnée comme l'obstacle avec lequel les entreprises s'attendaient le plus souvent à devoir composer, suivie de la hausse des coûts et des taux d'intérêt. Néanmoins, comparativement au trimestre précédent, les entreprises étaient plus optimistes dans leur vision de l'avenir pour les 12 prochains mois. Le nombre total de dossiers d'insolvabilité déposés par des entreprises au premier trimestre de 2023 a augmenté de 6,7 % par rapport au quatrième trimestre de 2022 pour s'établir à 1 070. En comparaison, les entreprises avaient déposé 603 dossiers d'insolvabilité deux ans plus tôt, au premier trimestre de 2021. Le ratio de la dette des sociétés non financières privées sur le marché du crédit était plus d'une fois et demie supérieure au PIB (152,0 %) au premier trimestre de 2023, en hausse par rapport à 147,2 % à la fin de 2022.
L'offre de fonds dans le secteur financier affiche une reprise après un faible quatrième trimestre
Les sociétés financières ont injecté 85,0 milliards de dollars dans l'économie au moyen d'instruments du marché financier au premier trimestre de 2023, en hausse par rapport à 18,3 milliards de dollars au quatrième trimestre de 2022. L'offre de fonds était principalement constituée d'obligations (+38,4 milliards de dollars) et de prêts non hypothécaires (+36,5 milliards de dollars), lesquels ont été partiellement contrebalancés par des rachats nets d'effets à court terme (-4,2 milliards de dollars) et des remboursements nets de crédits à la consommation (-2,9 milliards de dollars). Une importante part des fonds fournis par le secteur financier provenait des banques à charte, qui à elles seules ont injecté plus de 50 milliards de dollars sur les marchés financier et du crédit.
Parallèlement, les sources de nouveaux fonds du secteur des banques à charte ont diminué pour passer de 85,7 milliards de dollars au quatrième trimestre de 2022 à 27,1 milliards de dollars au premier trimestre de 2023, les banques ayant accepté moins de dépôts (+11,9 milliards de dollars au premier trimestre de 2023 comparativement à +48,1 milliards de dollars au quatrième trimestre de 2022) et effectué des rachats nets d'effets à court terme de 15,9 milliards de dollars.
Note aux lecteurs
Révisions
Cette publication des données pour le premier trimestre de 2023 des comptes du bilan national et des flux financiers comprend les estimations révisées du premier trimestre au quatrième trimestre de 2022. Ces données intègrent de nouvelles données, des données révisées, ainsi que des données sur les tendances saisonnières mises à jour.
Des améliorations aux données des comptes du bilan national et des flux financiers, telles que le développement de renseignements détaillés sur les contreparties par secteur, seront incorporées de façon continue. Pour faciliter cette initiative ainsi que d'autres, il est nécessaire de prolonger la période de la révision annuelle (normalement les trois années précédentes) au moment de la diffusion des données du troisième trimestre. Ainsi, lors de la diffusion des comptes financiers et du patrimoine du troisième trimestre, les données seront révisées rétrospectivement jusqu'à 1990 pour assurer une série chronologique continue.
Mesures de soutien prises par les gouvernements
Des renseignements concernant certaines des mesures de soutien plus significatives du gouvernement fédéral liées à la COVID-19 sont maintenant disponibles dans le tableau 36-10-0687 : Les mesures de la réponse liées à la COVID-19 du gouvernement fédéral dans le cadre du Système des comptes macroéconomiques, trimestriel.
Comptes financiers et du patrimoine sur une base de qui à qui : certains instruments financiers
Le produit de visualisation des données « Comptes financiers sur une base de qui à qui, certains instruments financiers » a été mis à jour en fonction du premier trimestre de 2022 au premier trimestre de 2023.
Prochaine diffusion
Les données du deuxième trimestre de 2023 sur les comptes du bilan national et des flux financiers seront diffusées le 13 septembre 2023.
Aperçu des comptes financiers et du patrimoine
La présente diffusion des données des comptes financiers et du patrimoine regroupe les comptes du bilan national (CBN), les comptes des flux financiers (CFF) et les comptes des autres changements d'actifs.
Les CBN sont composés des bilans de tous les secteurs et sous-secteurs de l'économie. Les principaux secteurs sont les ménages, les institutions sans but lucratif au service des ménages, les sociétés financières, les sociétés non financières, les administrations publiques et les non-résidents. Les CBN englobent tous les actifs non financiers nationaux et toutes les créances d'actifs et de passifs financiers non réglées de tous les secteurs. Afin de permettre une meilleure interprétation des données des flux financiers, certaines séries sur les emprunts des ménages sont offertes sur une base désaisonnalisée (tableau 38-10-0238-01). Toutes les autres données ne sont pas désaisonnalisées. Pour obtenir des renseignements sur la désaisonnalisation, veuillez consulter la page Données désaisonnalisées — Foire aux questions.
Les CFF permettent de mesurer les prêts et les emprunts nets par secteur en examinant les opérations financières dans l'économie. Ils fournissent une mesure de l'investissement financier net, qui correspond à la différence entre les opérations en actifs financiers et en passifs financiers (par exemple, les achats nets de titres moins les émissions nettes de titres). Les CFF fournissent également le lien entre les activités financières et non financières dans l'économie, lequel associe les estimations de l'épargne et l'acquisition de capital non financier (p. ex. l'investissement en logements neufs) aux opérations financières sous-jacentes.
Alors que les CFF enregistrent des changements dans les actifs et les passifs financiers entre l'ouverture et la fermeture du bilan associé aux transactions lors de la période de comptabilisation, la valeur des actifs et des passifs détenus par une institution peut aussi changer pour d'autres raisons. Ces autres types de changements, qu'on appelle les autres flux économiques, sont comptabilisés dans le compte des autres changements d'actifs.
Ce compte comporte deux composantes principales. La première composante principale est le compte des autres changements de volume d'actifs. Ce compte comprend les changements dans les actifs et les passifs non financiers et financiers liés à l'apparition et à la disparition économique d'actifs, les effets d'événements externes comme les guerres ou les catastrophes sur la valeur des actifs ainsi que les changements de classification et de structure des actifs. La deuxième composante principale est le compte de réévaluation, qui présente l'accumulation de gains et de pertes liés à la possession d'actifs ou passifs non financiers et financiers revenant aux propriétaires pendant la période de comptabilisation et découlant des changements dans les évaluations aux prix du marché.
Actuellement, seul l'agrégat des autres changements d'actifs est accessible dans le Système canadien des comptes macroéconomiques; aucun renseignement sur les différentes composantes n'est accessible.
Les définitions relatives aux indicateurs financiers sont présentées dans « Indicateurs financiers des Comptes du bilan national » et dans le Glossaire du Système canadien des comptes macroéconomiques.
Comptes économiques répartis pour le secteur des ménages
Les CBN pour le secteur des ménages sont répartis entre un certain nombre de dimensions socioéconomiques dans le cadre des comptes économiques répartis pour le secteur des ménages. Des données sur le patrimoine et ses composantes selon le quintile de revenu, le groupe d'âge, la génération et la région peuvent être consultées dans les tableaux 36-10-0660-01, 36-10-0661-01, 36-10-0664-01 et 36-10-0665-01.
Il est possible d'en apprendre davantage sur la méthodologie utilisée pour les estimations sur le patrimoine des comptes économiques répartis pour le secteur des ménages en consultant l'article « Comptes économiques répartis pour le secteur des ménages, estimations des répartitions des actifs, des passifs et de la valeur nette, 2010 à 2019 : rapport technique sur la méthodologie et la qualité ».
Produits
Le document « Une vue d'ensemble des révisions apportées aux comptes financiers et du patrimoine, 1990 à 2022 », qui fait partie de la collection Les nouveautés en matière de comptes économiques canadiens (13-605-X), est maintenant accessible.
Il est maintenant possible de consulter le produit de visualisation de données intitulé « Comptes financiers sur une base de qui à qui, certains instruments financiers », qui fait partie de la série Statistique Canada — Produits de visualisation des données (71-607-X).
Comme complément à cette diffusion, vous pouvez également consulter le produit de visualisation de données intitulé « Comptes économiques répartis pour le secteur des ménages, patrimoine : outil interactif », qui fait partie de la série Statistique Canada — Produits de visualisation des données (71-607-X).
Comme complément à cette diffusion, vous pouvez également consulter le produit de visualisation de données intitulé « Statistiques sur les titres financiers », qui fait partie de la série Statistique Canada — Produits de visualisation des données (71-607-X).
Le portail Statistiques des comptes économiques, accessible sous l'onglet Sujets de notre site Web, offre un portrait à jour des économies nationale et provinciales et de leurs structures.
Il est également possible de consulter le Guide de l'utilisateur : Système canadien des comptes macroéconomiques (13-606-G).
Il est également possible de consulter le Guide méthodologique : Système canadien des comptes macroéconomiques (13-607-X).
Il est également possible de consulter le produit Canada: Données économiques et financières - norme spéciale de diffusion des données plus du Fonds monétaire international (13-608-X), « Comptes des autres sociétés financières » aussi connu sous le nom « Actifs et passifs des autres sociétés financières par secteur, valeur marchande, trimestrielle » (tableau 36-10-0668-01).
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