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Statistiques annuelles sur l'aviation civile, 2020

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Diffusion : 2022-01-21

Faits saillants

Après avoir enregistré 10 hausses annuelles consécutives du trafic aérien depuis le ralentissement économique de 2009, l'industrie du transport aérien a été durement touchée par la pandémie de COVID-19. En 2020, les transporteurs aériens canadiens ont transporté 28,4 millions de passagers, ce qui représente moins du tiers (30,2 %) des 94,1 millions de passagers transportés en 2019, avant la pandémie.

Les recettes d'exploitation des transporteurs aériens canadiens ont chuté en 2020 pour s'établir à 12,2 milliards de dollars, soit moins de la moitié (41,4 %) de celles déclarées en 2019. Bien que les recettes du transport de marchandises aient été plus favorables, en hausse de 20,0 % pour se chiffrer à 2,1 milliards de dollars, la baisse du nombre de passagers a fait diminuer le revenu net d'exploitation de plus de 5 milliards de dollars par rapport à 2019.

Les profits s'envolent

Après avoir enregistré une croissance de 330,7 millions de dollars de son bénéfice net d'exploitation en 2019, l'industrie du transport aérien a vu ses profits disparaître en 2020; le bénéfice net d'exploitation a diminué de 5,1 milliards de dollars. Les recettes d'exploitation totales générées par les transporteurs aériens canadiens des niveaux I à III ont chuté de 58,6 % par rapport à un an plus tôt pour s'établir à 12,2 milliards de dollars, sous l'effet du recul de la demande des passagers dans le contexte de la pandémie. Plusieurs transporteurs aériens ont suspendu leurs activités ou ont réduit considérablement leurs horaires en réponse aux restrictions en matière de voyages et aux fermetures de frontières mises en place dans le monde entier.

Devant la baisse du nombre de passagers, les transporteurs aériens se sont appuyés sur le transport de marchandises pour accroître leurs recettes. En 2020, les recettes de marchandises ont augmenté de 20,0 % pour se situer à 2,1 milliards de dollars, stimulées par le transport de produits médicaux, pharmaceutiques et de biens de consommation. Au cours de la même année, les recettes de passagers ont reculé de 66,1 % pour s'établir à 8,7 milliards de dollars. En 2020, les recettes de passagers ont représenté 71,5 cents de chaque dollar de recettes d'exploitation, tandis que les recettes de marchandises en ont représenté 17,0 cents. En 2019, les recettes de passagers et les recettes de marchandises ont représenté respectivement 87,3 cents et 5,9 cents de chaque dollar de recettes d'exploitation.

Graphique 1  Graphique 1: Recettes d'exploitation annuelle par source, transporteurs aériens canadiens
Recettes d'exploitation annuelle par source, transporteurs aériens canadiens

Les dépenses d'exploitation dépassent les recettes d'exploitation

La diminution de 44,7 % des dépenses d'exploitation en 2020 par rapport à 2019 rend compte d'importantes réductions des dépenses liées à l'exploitation d'aéronefs (-54,1 %), suivies des baisses de toutes les autres dépenses d'exploitation, comme les taxes foncières et les locations de bâtiments (-49,9 %), et des dépenses relatives à l'entretien (-22,0 %). Les transporteurs aériens ont pris des mesures pour réduire leurs coûts de fonctionnement, comme le report de l'entretien d'appareils, l'immobilisation au sol des flottes dont le coût d'exploitation est élevé, et la mise à pied de personnel.

Néanmoins, les dépenses d'exploitation (15,1 milliards de dollars) ont surpassé les recettes d'exploitation (12,2 milliards de dollars) en 2020. Par conséquent, le ratio d'exploitation a grimpé et est passé de 0,93 en 2019 à 1,24 en 2020. Autrement dit, en 2020, l'industrie a engagé 1,24 $ de dépenses d'exploitation pour produire 1,00 $ de recettes d'exploitation. L'exploitation des aéronefs a représenté plus du tiers (35,2 %) des dépenses d'exploitation, suivie de toutes les autres dépenses d'exploitation, y compris l'administration générale (31,3 %), puis des dépenses relatives à l'entretien (16,1 %).

Graphique 2  Graphique 2: Consommation et dépenses de carburant à turbomoteurs, transporteurs aériens canadiens
Consommation et dépenses de carburant à turbomoteurs, transporteurs aériens canadiens

Les transporteurs aériens canadiens des niveaux I à III ont consommé 3,6 milliards de litres de carburéacteur en 2020, en baisse de 59,1 % par rapport à 2019. Les 2,4 milliards de dollars dépensés en carburéacteur représentaient 15,9 % des dépenses d'exploitation totales, en baisse par rapport à 25,0 % en 2019. Ce recul reflète la diminution des prix du carburant d'aviation (-34,7 %) de janvier à décembre (selon les données de l'Indice des prix des produits industriels) et la diminution du nombre d'heures de vol (-55,8 %), qui s'est chiffré à 1,5 million d'heures.

Le nombre total d'emplois dans l'industrie du transport aérien a diminué de près du tiers (-32,7 %) pour se chiffrer à 47 304, en raison de départs volontaires et de mises à pied. Les transporteurs aériens ont donc versé 3,5 milliards de dollars (-31,1 %) en salaires et traitements. En 2020, 23,3 % des dépenses d'exploitation totales de l'industrie étaient des paiements versés aux employés. Bien que certains de ces transporteurs aériens aient eu recours à la Subvention salariale d'urgence du Canada, les montants ne sont pas déclarés séparément.

En 2020, les recettes d'exploitation par employé ont reculé de 38,4 % par rapport à l'année précédente pour s'établir à 258 397 $, puisque la productivité du travail — mesurée en tonnes-kilomètres (transport de marchandises et transport de passagers) par employé — a diminué pour atteindre 183 267 tonnes-kilomètres. Il s'agit d'une baisse de 51,6 % par rapport à 2019.

Le total de l'actif des transporteurs aériens canadiens des niveaux I à III s'est chiffré à 39,6 milliards de dollars en 2020, en hausse de 4,1 % par rapport à 2019.

Baisse historique du nombre de passagers

Les transporteurs aériens canadiens des niveaux I à III ont déclaré un total de 28,4 millions de passagers à bord de leurs vols réguliers et d'affrètement en 2020, dont la plupart ont eu lieu au cours des deux premiers mois de l'année. Ce total équivaut à moins du tiers (30,2 %) du niveau record de 94,1 millions de passagers atteint en 2019. En fait, ce nombre enregistré en 2020 correspond au plus faible nombre total de passagers transportés depuis la période de récession au début des années 1990.

Graphique 3  Graphique 3: Passagers transportés, transporteurs aériens canadiens
Passagers transportés, transporteurs aériens canadiens

De 2019 à 2020, le nombre de passagers de vols réguliers a diminué de 71,0 % pour s'établir à 26,5 millions, alors que le nombre de passagers de vols d'affrètement a fléchi de 32,8 % pour se situer à 1,9 million. La baisse du nombre de passagers s'est fait sentir à l'échelle nationale (diminution de 66,4 % du nombre de passagers pour atteindre 16,4 millions) ainsi qu'à l'échelle internationale (en baisse de 73,4 % pour se chiffrer à 12,1 millions de passagers). La diminution du trafic transfrontalier (-76,5 %), c'est-à-dire les déplacements entre le Canada et les États-Unis, a été un peu plus marquée que celle du trafic international (- 71,0 %).

Les transporteurs aériens canadiens des niveaux I à III ont enregistré 62,0 milliards de passagers-kilomètres parcourus sur leurs services réguliers et d'affrètement en 2020, en baisse de 73,4 % par rapport à l'année précédente. En moyenne, chaque passager a parcouru 2 182 kilomètres, en baisse de 11,9 % par rapport à 2019. En 2020, la distance moyenne d'un vol intérieur était de 1 156 kilomètres, alors que celle d'un vol international était de 3 573 kilomètres.

Perspectives d'avenir

Les restrictions en matière de voyage s'étant assouplies dans un contexte où le taux de vaccination est plus élevé et le nombre de cas de COVID-19 plus faible, les transports aériens canadiens ont commencé à ajouter des vols et à rétablir certaines liaisons pendant l'été 2021 et à l'automne. L'industrie du transport aérien était en quelque sorte dans une phase de relance; les grands transporteurs ont accueilli plus de 3,1 millions de passagers à bord de leurs vols réguliers et d'affrètement en octobre 2021, ce qui a eu pour effet de dépasser la barre des 3 millions pour la deuxième fois seulement depuis mars 2020. Cette relance pourrait toutefois s'avérer de courte durée, car l'incertitude plane de nouveau sur l'industrie depuis que l'Organisation mondiale de la Santé a annoncé à la fin de novembre l'apparition d'un nouveau variant préoccupant, Omicron, ce qui a incité le Canada à mettre en place de nouvelles restrictions en matière de voyages.

  Note aux lecteurs

Le présent communiqué porte sur les transporteurs aériens canadiens de niveaux I, II et III.

Les transporteurs aériens de niveau I désignent tous les transporteurs aériens canadiens qui, au cours de l'année civile précédant l'année durant laquelle les renseignements sont fournis, ont transporté au moins 2 millions de passagers payants ou au moins 400 000 tonnes de fret.

Les transporteurs aériens de niveau II désignent tous les transporteurs aériens canadiens qui, au cours de l'année civile précédant l'année durant laquelle les renseignements sont fournis, ont transporté, selon le cas : a) au moins 100 000 passagers payants, mais moins de 2 millions de passagers payants; b) au moins 50 000 tonnes de fret, mais moins de 400 000 tonnes de fret.

Les transporteurs aériens de niveau III désignent tous les transporteurs aériens canadiens qui : a) d'une part, ne sont ni des transporteurs aériens de niveau I ni des transporteurs aériens de niveau II; b) d'autre part, ont réalisé, au cours de l'année civile précédant l'année durant laquelle les renseignements sont fournis, des recettes brutes d'au moins 2 millions de dollars pour la fourniture de services aériens pour lesquels ils sont titulaires d'un permis.

Les revenus et les pertes hors exploitation nets proviennent des entreprises commerciales hors du domaine des services aériens, des autres recettes et dépenses imputables aux opérations de financement ou à d'autres activités qui ne font pas partie intégrante du transport aérien, ainsi que des postes spéciaux dont la répétition n'est pas de nature périodique. Les revenus hors exploitation peuvent consister, par exemple, en des gains en capital résultant de la vente d'aéronefs, en des intérêts créditeurs et en des ajustements de devises étrangères, tandis que les pertes hors exploitation comprennent les pertes en capital, les intérêts sur des emprunts bancaires et d'autres dettes.

On obtient la distance moyenne d'un voyage de passagers en divisant le nombre de passagers-kilomètres par le nombre de passagers. Les voyages effectués partout au Canada et partout dans le monde sont inclus dans ce calcul.

Les données de 2016 à 2019 ont été révisées.

Les chiffres ayant été arrondis, la somme des composantes pourrait ne pas correspondre au total.

Les données présentées ici sont comparables aux estimations préliminaires fournies dans les Statistiques annuelles sur l'aviation civile : Premier aperçu, 2020.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (infostats@statcan.gc.ca), ou communiquez avec les Relations avec les médias (statcan.mediahotline-ligneinfomedias.statcan@statcan.gc.ca).

Date de modification :