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Dépréciation économique et les mises hors service des actifs canadiens : Une étude empirique détaillée

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Les études empiriques de la dépréciation économique sont essentielles lorsqu’il s’agit d’obtenir des mesures exactes des ressources économiques et des services du capital. Tandis que la théorie néoclassique de l’accumulation du capital s’est développée rigoureusement depuis les années 1960, les études empiriques portant sur la dépréciation ont été beaucoup moins nombreuses en raison du manque de données. En l’absence de données empiriques fiables, les économistes et les statisticiens ont dû émettre des hypothèses sur les formes et les taux de dépréciation pour la plupart des actifs dans l’économie. L’OCDE1 et le US Bureau of Labor Statistics (US BLS) ont souligné récemment le risque inhérent à l’utilisation d’hypothèses générales pour calculer des taux de dépréciation de divers actifs et ont cherché à promouvoir la réalisation de travaux empiriques sur la dépréciation en faisant une priorité du programme de recherche relatif à la mesure du capital.  

La présente étude, entreprise de concert avec Statistique Canada (SC), contribue à la littérature en fournissant une analyse exhaustive des formes et des taux de dépréciation économique pour une vaste gamme d’actifs. Les taux de dépréciation mis à jour sont calculés en deux temps. Dans un premier temps, nous utilisons une source unique de microdonnées sur les mises hors service et les prix des transactions autodéclarés recueillies par SC pour estimer directement les courbes âge‑prix de 36 actifs du stock de capital canadien. La méthode adoptée pour cette estimation est conforme aux grandes lignes de celles exposées dans les ouvrages reconnus (Hulten et Wykoff (1981a, 1981b, 1996) et Oliner (1993, 1996), entre autres).

Dans un deuxième temps, nous mettons à jour les résultats économétriques pour tenir compte des tendances récentes sur le plan des durées de vie utile et nous procédons au calage des taux de dépréciation pour les actifs pour lesquels des estimations économétriques ne sont pas disponibles afin d’en arriver à un ensemble final de taux de dépréciation. Les données d’enquête sur les durées de vie utile prévues des nouveaux actifs et les taux moyens de dépréciation tirés des estimations économétriques nous permettent d’obtenir des taux de dépréciation pour l’ensemble des 155 actifs dont SC fait le suivi.

Selon les résultats empiriques, les taux de dépréciation pour les bâtiments sont beaucoup plus élevés que ceux utilisés par SC et le US Bureau of Economic Analysis (US BEA). Les faibles taux observés dans les études publiées sont attribuables à un biais d’évaluation des bâtiments plus anciens dû aux améliorations accumulées. En outre, les résultats indiquent que plusieurs bâtiments affichent un profil âge‑prix hybride, c’est‑à‑dire linéaire/convexe, semblable à celui utilisé par le US BEA avant sa révision de 1995. La courbe géométrique est néanmoins une approximation raisonnable du profil hybride. Les taux de dépréciation de la plupart des actifs classés dans la catégorie matériel et outillage sont également plus élevés que les taux officiels de SC, quoique dans une mesure moindre que dans le cas des bâtiments. Une courbe géométrique est une bonne approximation pour la majorité des actifs dans la catégorie matériel et outillage. Les résultats pour les travaux de génie indiquent une augmentation des taux de dépréciation légèrement plus élevée que celle pour les bâtiments. On ne peut tirer aucune conclusion générale quant à la forme réelle de la courbe âge‑prix pour les travaux de génie parce que les marchés de revente des actifs usagés relativement peu actifs limitent le nombre d’estimations directes à trois actifs de travaux de génie. 

La présente étude est organisée comme suit. À la section suivante, les fondements théoriques qui sous‑tendent la mesure de la dépréciation économique sont présentés. La troisième section offre une revue des études empiriques importantes et récentes. À la quatrième section, une description des données utilisées aux fins de l’étude est présentée. La cinquième section expose le cadre d’estimation, alors que les résultats des taux dépréciation estimés ainsi que ceux obtenus par calage sont présentés à la sixième et septième sections. Nous présentons nos conclusions à la dernière section. Pour alléger le texte, nous présentons en annexe plusieurs tableaux ainsi des analyses secondaires.

Note

  1. Organisation de coopération et de développement économiques.