Qualité de l'emploi au Canada
Sécurité d’emploi perçue, 2025
Début du texte
En avril 2025, 7,7 % des employés au Canada étaient d’accord ou fortement d’accord pour dire qu’ils pourraient perdre leur emploi au cours des six prochains mois. Plus d’employés convenaient qu’ils pourraient perdre leur emploi parmi ceux ayant des emplois temporaires (22,8 %) et ceux travaillant à temps partiel (10,9 %).
La perte d’un emploi et le chômage peuvent souvent mener à une diminution du revenu et à une baisse du bien-être psychologiqueNote . Parmi les travailleurs qui ont toujours un emploi, le sentiment qu’une perte d’emploi est probable peut également avoir une incidence négative sur le bien-êtreNote .
Dans le cadre de la qualité de l’emploi de la Commission économique pour l’Europe des Nations unies (CEE-ONU), l’indicateur de la sécurité perçue de l’emploi fait référence à la proportion d’employés qui croient pouvoir perdre leur emploi au cours des six prochains mois. La mesure dans laquelle les employés sont protégés contre le congédiement ainsi que les conditions commerciales et macroéconomiques plus générales peuvent influencer les perceptions quant à la sécurité d’emploi. Cet indicateur devrait être utilisé en même temps que d’autres renseignements sur la sécurité d’emploi, comme la proportion d’employés ayant des emplois temporaires, pour comprendre pleinement les tendances en matière de sécurité d’emploi sur le marché du travail.
Sauf indication contraire, l'analyse suivante porte sur les résultats des suppléments de l’Enquête sur la population active (EPA) pour les employés âgés de 15 à 69 ans. Puisque les données sur la sécurité perçue de l'emploi peuvent être affectées par des variations saisonnières dans la composition des emplois, l’article se concentre sur les caractéristiques associées à une insécurité perçue plus élevée tant en novembre 2023 qu’en avril 2025, les deux périodes de référence les plus récentes.
Tendances récentes
Selon l’Enquête sociale générale (ESG): Les Canadiens au travail et à la maison, au cours de l’automne 2016Note , un peu plus de 1 employé sur 10 (10,8 %) au Canada était d’accord ou fortement d’accord avec l’affirmation qu’il pourrait perdre son emploi au cours des six mois suivants (données non-désaisonnalisées). Cette proportion était légèrement plus faible dans le supplément de l’EPA de novembre 2023, lorsque 8,1 % des employés étaient d’avis qu’ils pourraient perdre leur emploi. En avril 2025, 7,7 % des employés étaient d’accord pour dire qu’ils pourraient perdre leur emploi au cours des six mois suivants.
Les changements dans la perception de l'insécurité de l'emploi peuvent être en partie dus aux conditions générales du marché du travail. Par exemple, le taux de chômage était de 5,7 % en novembre 2023, un taux plus faible qu'à l'automne 2016 (6,9 %).
En avril 2025, l’économie canadienne était entrée dans une période d’incertitude en raison des perturbations dans la relation commerciale entre le Canada et les États-Unis. Dans ce contexte, une plus grande proportion d’employés étaient ni en accord, ni en désaccord pour dire qu’ils pourraient perdre leur emploi au cours des six prochains mois (18,4 %) comparativement à novembre 2023 (14,2 %) et à l’automne 2016 (13,5 %). Cela donne à penser qu’à certains moments, davantage d’employés peuvent être incertains de l’orientation du marché du travail et de l’économie et de son incidence sur leur sécurité d’emploi, sans nécessairement croire être immédiatement à risque de perdre leur emploi.
Un portrait récent
Travailler à temps plein et être un employé permanent sont des facteurs associés à une meilleure sécurité d’emploi perçue
On s’attend généralement à ce que certains groupes d’employés ressentent davantage d’insécurité par rapport à leur emploi. Un de ces groupes consiste des employés ayant un emploi temporaire, catégorie comprenant les employés ayant un emploi occasionnel, saisonnier, ou un contrat à durée déterminée. Les employés temporaires ont souvent moins de protections contre le congédiement, et bon nombre d’entre eux ont des contrats de moins de six mois.
En avril 2025, 22,8 % des employés temporaires étaient d’accord avec le fait qu’ils pourraient perdre leur emploi au cours des six mois suivants, comparativement à 5,8 % des employés permanents. Parmi les différents types d’emplois temporaires, les travailleurs occasionnels enregistraient des taux plus faibles d’insécurité d’emploi perçue (14,3 %) que ceux ayant des emplois temporaires, contractuels ou à durée déterminée (26,0 %) et ceux ayant des emplois saisonniers (24,8 %).
Les employés travaillant à temps partiel sont également plus portés à avoir un sentiment d’insécurité dans leur emploi. En avril 2025, 10,9 % des employés à temps partiel étaient d’accord ou fortement d’accord pour dire qu’ils pourraient perdre leur emploi au cours des six mois suivants, comparativement à 7,0 % des employés à temps plein.

Tableau de données du graphique 1
| Pourcentage | |
|---|---|
| Notes : Employés de 15 à 69 ans. Exclut la population vivant dans les territoires, les réserves autochtones et les institutions, ainsi que les membres à temps plein des forces armées. Données non désaisonnalisées. Sources : Statistique Canada, Enquête sur la population active, et Indicateurs sur le marché du travail, totalisation personnalisée. |
|
| Permanence de l'emploi | |
| Temporary | 22,8 |
| Permanent | 5,8 |
| Heures habituelles de travail | |
| Temps partiel | 10,9 |
| Temps plein | 7,0 |
Les employés du secteur des services aux entreprises, aux bâtiments et autres services de soutien, ainsi que de celui de l’information, de la culture et des loisirs affichent les taux les plus élevés d’insécurité d’emploi perçue
À l’échelle des secteurs d’activité, la proportion d’employés étant d’accord ou fortement d’accord pour dire qu’ils pourraient perdre leur emploi au cours des six mois suivants était la plus élevée dans l’information, la culture et les loisirs et dans les services aux entreprises, les services relatifs aux bâtiments et les autres services de soutien. C’était le cas tant en novembre 2023 (14,8 % dans l’information, la culture et les loisirs et 12,6 % dans les services aux entreprises, aux bâtiments et autres services de soutien) qu’en avril 2025 (11,4 % et 11,7 % respectivement). L’insécurité perçue plus élevée dans les deux secteurs pourrait être en partie liée à la proportion notable d’employés occupant des emplois temporaires.

Tableau de données du graphique 2
| Novembre 2023 | Avril 2025 | |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Notes : Employés de 15 à 69 ans. Exclut la population vivant dans les territoires, les réserves autochtones et les institutions, ainsi que les membres à temps plein des forces armées. Données non désaisonnalisées. Les estimations pour les ressources naturelles, les autres services et le commerce de gros ont un coefficient de variation de plus de 16,5 % et devraient être utilisées avec prudence. Sources : Statistique Canada, Enquête sur la population active, et Indicateurs sur le marché du travail, totalisation personnalisée. |
||
| Services aux entreprises, aux bâtiments et de soutien | 12,6 | 11,7 |
| Information, culture et loisirs | 14,8 | 11,4 |
| Services d'enseignement | 6,6 | 10,5 |
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 8,2 | 9,4 |
| Administrations publiques | 3,9 | 8,5 |
| Construction | 11,4 | 8,5 |
| Ressources naturelles | 8,5 | 8,5 |
| Fabrication | 8,6 | 8,3 |
| Services d'hébergement et de restauration | 11,8 | 8,1 |
| Autres services (sauf les administrations publiques) | 7,6 | 7,5 |
| Transport et entreposage | 8,6 | 7,0 |
| Commerce de détail | 8,7 | 6,1 |
| Commerce de gros | 6,0 | 6,0 |
| Soins de santé et assistance sociale | 5,3 | 5,2 |
| Finance, assurances, et services immobiliers | 6,5 | 5,0 |
Au cours des deux périodes, la proportion d’employés étant d’accord ou fortement d’accord pour dire qu’ils pourraient perdre leur emploi au cours des six mois suivants était parmi les plus faibles dans le secteur de la finance, des assurances, de l’immobilier, de la location et de la location à bail (5,0 % en avril 2025) ainsi que dans les soins de santé et l’assistance sociale (5,2 % en avril 2025).
En avril 2025, les employés des industries dépendant de la demande des États-Unis en exportations canadiennesNote (8,9 %) étaient plus susceptibles que les employés d’autres industries (7,5 %) de convenir qu’ils pourraient perdre leur emploi au cours des six mois suivantsNote .
Dans les administrations publiques et les services d’enseignement, la proportion d’employés qui perçoivent être à risque de perdre leur emploi était plus élevée en avril 2025 qu’en novembre 2023. Cela peut refléter en partie les tendances saisonnières. Dans les services d’enseignement, par exemple, les contrats temporaires ont tendance à coïncider avec la fin de l’année scolaire en juin. Dans les administrations publiques, les perceptions des employés peuvent également être influencées par les changements dans la situation budgétaire des gouvernements.
Les employés asiatiques occidentaux et arabes sont plus susceptibles d’être dans une situation d’insécurité d’emploi perçue que les employés non racisés et non autochtones
La sécurité d’emploi perçue peut également varier d'un groupe de population à l'autre. Les différences peuvent être dues à la plus grande concentration de certains groupes dans des secteurs ou il y a davantage d’emplois offrant moins de sécurité, ainsi qu'à des inégalités dans la capacité à accéder à des emplois plus sûrs.
Conformément aux résultats observés en novembre 2023, en avril 2025, des proportions plus élevées d’employés asiatiques occidentaux (13,8 %) et arabes (12,8 %) étaient d’accord ou fortement d’accord pour dire qu’ils pourraient perdre leur emploi au cours des six mois suivants comparativement à leurs homologues non racisés et non autochtones (6,9 %). Les employés asiatiques occidentaux et arabes étaient plus susceptibles d’avoir un emploi temporaire que les employés non racisés et non autochtones.
En avril 2025, une plus grande proportion d’employés qui étaient des immigrants récents, c’est-à-dire qui avaient été admis au Canada moins de cinq ans auparavant, avaient la perception d’être à risque de perdre leur emploi comparativement aux employés nés au Canada (11,2 % par rapport à 6,7 %).
Insécurité d’emploi perçue plus élevée chez les jeunes
En novembre 2023, les employés âgés de 15 à 24 ans (13,5 %) étaient près de deux fois plus susceptibles que les employés âgés de 25 à 54 ans (6,8 %) de croire qu’ils pourraient perdre leur emploi au cours des six mois suivants. Les jeunes ont continué d’enregistrer un taux plus élevé d’insécurité d’emploi perçue en avril 2025, mais l’écart avec les employés du principal groupe d’âge actif était plus faible, soit de 2,3 points de pourcentage (9,6 % par rapport à 7,3 %).
En avril 2025, 7,7 % des employés âgés de 55 à 69 ans étaient d’accord pour dire qu’ils pourraient perdre leur emploi au cours des six mois suivants.
Début de l'encadré
Renseignements sur l’indicateur
Description ou définition
L'indicateur de la sécurité d'emploi perçue est le nombre d’employés âgés de 15 à 69 ans qui sont d'accord ou tout à fait d'accord avec l'affirmation « Je pourrais perdre mon emploi dans les six prochains mois », exprimé en pourcentage de l'ensemble des employés de cette tranche d'âge.
Source
Statistique Canada, Enquête sur la population active, novembre 2023 et avril 2025.
Statistique Canada, Indicateurs sur le marché du travail, novembre 2023 et avril 2025.
Enquête sociale générale : Les Canadiens au travail et à la maison, 2016 (cycle 30).
Renseignements aux fins d’interprétation
Pour obtenir des renseignements sur la méthodologie de l’Enquête sur la population active (EPA) et la population visée, veuillez consulter le Guide de l’Enquête sur la population active, 2025.
Des renseignements détaillés sur les concepts et la méthodologie sont également disponibles pour l’Enquête Sociale Générale : Les Canadiens au travail et à la maison.
Les enquête supplémentaires à l’Enquête sur la population active (EPA) de novembre 2023 et avril 2025 ont été recueillies dans le cadre du programme des Indicateurs sur le marché du travail. L’échantillon est constitué de ménages qui en sont à leur 2e, 3e, 4e ou 5e mois de participation à l’EPA et la population visée est limitée aux personnes âgées de 15 à 69 ans habitant dans les provinces. Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la page : Indicateurs sur le marché du travail.
Les estimations tirées de l’EPA sont fondées sur un échantillon et sont donc sujettes à la variabilité d’échantillonnage. L’analyse est axée sur les différences entre les estimations qui sont statistiquement significatives à un niveau de confiance de 95 %. En raison de l’arrondissement, les estimations et les pourcentages peuvent varier légèrement entre différents produits de Statistique Canada, tels que les documents analytiques et les tableaux de données.
La classification des secteurs d’activité est fondée sur le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN) 2022.
Autres renseignements connexes
Des données supplémentaires de Statistique Canada sont disponibles sur les sujets suivants :
Indicateur de qualité de vie : Sécurité d'emploi et travail à la demande
Fin de l’encadré
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