Enquête nationale auprès des ménages : Peuples autochtones
Taux de suicide chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits (2011 à 2016) : résultats de la Cohorte santé et environnement du recensement canadien (CSERCan) de 2011

par Mohan B. Kumar et Michael Tjepkema

Date de diffusion : le 28 juin 2019

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Ressources en santé mentale et aide d’urgence à l’intention des Premières Nations, des Métis et des Inuits

Les ressources en santé mentale et les lignes d’écoute téléphoniques à l’intention des Premières Nations, des Métis et des Inuits sont les suivantes :

Ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être :

Ligne d’aide : 1-855-242-3310
Clavardage en direct (www.espoirpourlemieuxetre.ca)

Ligne d'écoute Kamatsiaqtut

Jeunesse, J’écoute

Ligne d’écoute à l’intention des anciens élèves des pensionnats indiens : 1-866-925-4419

Autres ressources : Prévention du suicide www.canada.ca/fr/sante-publique/services/prevention-suicide.html

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Remerciements

Les auteurs tiennent à remercier les organismes autochtones, y compris Inuit Tapiriit Kanatami, le Ralliement national des Métis et l’Association nationale des centres d’amitié, ainsi que les ministères fédéraux, dont Services aux Autochtones Canada de même que Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada, pour la révision des résultats et de la version préliminaire du présent article. Les suggestions et les recommandations formulées au cours de ce processus ont grandement enrichi l’analyse et la rédaction de l’article. Les auteurs remercient également Jodie Golden, de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), pour la révision de la version préliminaire de l’article en ce qui a trait à l’utilisation d’un langage sécuritaire.

Résumé

Au Canada, les taux de suicide chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits sont toujours plus élevés que celui observé au sein de la population non autochtone; toutefois, les taux de suicide varient selon la communauté, le groupe autochtone, le groupe d’âge et le sexe. Les répercussions historiques et actuelles de la colonisation, du placement forcé des enfants autochtones dans les pensionnats indiens aux XIXe et XXe siècles, du retrait des enfants autochtones de leur famille et de leur communauté lors de la « rafle des années 1960 » et de la délocalisation forcée des communautés ont été bien documentées. Ces événements ont entraîné l’éclatement des familles, des communautés, des structures politiques et économiques, la perte de la langue, de la culture et des traditions, l’exposition à de mauvais traitements, la transmission intergénérationnelle de traumatismes et la marginalisation, des facteurs que l’on croit associés aux taux élevés de suicide. Alors que le suicide au sein de la population autochtone a fait antérieurement l’objet d’un examen, ces études se fondaient sur une cohorte pendant plusieurs décennies ou avaient recours à la méthode de géozones fondée sur la superficie. Utilisant la même méthodologie, d’autres études ont aussi porté sur la question du suicide chez un ou deux groupes autochtones uniquement. Enfin, elles ne traitaient pas du suicide au sein de la population autochtone pour certaines unités géographiques, comme dans les réserves et à l’extérieur de celles-ci, les régions rurales et petites régions ainsi que les petits, moyens et grands centres de population.

Le présent article tente de combler certaines de ces lacunes en matière de connaissances à l’aide de la Cohorte santé et environnement du recensement canadien (CSERCan) de 2011, issue d’une intégration des enregistrements de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 et de la Base canadienne de données sur l’état civil (BCDEC). On y présente les taux de suicide pour la période de 2011 à 2016 chez les personnes ayant déclaré être des Premières Nations, des Métis et des Inuits ainsi que ceux observés au sein de la population non autochtone vivant dans des logements privés au Canada. L’article explore également l’influence de facteurs socioéconomiques dans la disparité du risque de suicide entre les Premières Nations, les Métis, les Inuits et la population non autochtone au Canada.

Les taux de suicide chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits étaient nettement supérieurs à celui de la population non autochtone. Le taux de suicide chez les Premières Nations (24,3 décès pour 100 000 années-personnes à risque) était trois fois plus élevé que celui de la population non autochtone (8,0 décès pour 100 000 années-personnes à risque). Chez les Premières Nations vivant dans une réserve, le taux de suicide était environ deux fois plus haut que celui des Premières Nations vivant hors réserve. Toutefois, les taux de suicide variaient selon la bande des Premières Nations, un peu plus de 60 % des bandes présentant un taux de suicide nul. Le taux de suicide chez les Métis (14,7Note E: à utiliser avec prudence décès pour 100 000 années-personnes à risque) était environ deux fois plus élevé que celui de la population non autochtone. Chez les Inuits, ce taux était environ neuf fois supérieur à celui de la population non autochtone (72,3 par rapport à 8,0 décès pour 100 000 années-personnes à risque). Les taux de suicide et les disparités étaient les plus élevés chez les adolescents et les jeunes adultes (de 15 à 24 ans) des Premières Nations de sexe masculin ainsi que chez les hommes et les femmes inuits.

Les facteurs socioéconomiques, dont le revenu du ménage, la situation vis-à-vis de l’activité, le niveau de scolarité, l’état matrimonial, et les facteurs géographiques, comme le fait de vivre dans une réserve ou hors réserve (chez les Premières Nations) ainsi que la taille de la communauté (chez les Inuits) représentaient une proportion notable de la disparité du risque de décès par suicide chez les adultes des Premières Nations (78 %), métis (37 %) et inuits (40 %) âgés de 25 ans et plus. Cependant, en raison des limites en matière de données, le rôle d’autres facteurs relevés auparavant, comme les traumatismes historiques et intergénérationnels, la détresse communautaire, la continuité culturelle, la solidité de la famille et le bien-être mental n’ont pas été explorés ici.

Les résultats de la présente étude peuvent contribuer à mieux comprendre le suicide chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits au Canada, surtout en ce qui concerne la variabilité du taux de suicide et les facteurs socioéconomiques associés à la disparité du risque de suicide.

Introduction

Les Premières Nations vivant dans les réserves ou à l’extérieur de celles-ci, les Métis et les Inuits affichent un taux de suicide plus élevé que celui observé chez les non-Autochtones. Ces suicides constituent non seulement une perte pour la famille, les amis et les pairs, devenant une source de souffrance et de deuil considérable, mais aussi pour la communauté et la société dans son ensemble, en particulier lorsque la personne décédée est jeune1234. Les répercussions d’un suicide sont plus étendues et graves pour les petites communautés autochtones, au sein desquelles de nombreuses personnes sont apparentées et vivent une adversité personnelle et collective similaires1.

Entre 2005 et 2007, le taux de suicide parmi les enfants et les jeunes étaient 10 fois plus élevé chez les hommes et 22 fois plus hauts chez les femmes dans les régions comptant un pourcentage élevé de Premières Nations, par rapport aux régions à faible pourcentage5. Dans l’Inuit Nunangat, le territoire inuit constitué de la région inuvialuite (nord-ouest des Territoires du Nord-Ouest), du Nunavut, du Nunavik (nord du Québec) et du Nunatsiavut (la partie nord du Labrador), le taux de suicide chez les enfants et les jeunes était 33 fois supérieur à celui du reste du Canada de 2004 à 20086. En fait, le suicide est l’une des principales causes de décès chez les enfants et les jeunes dans les régions comptant un fort pourcentage de Premières Nations ainsi que dans l’Inuit Nunangat56.

Dans le cas des adultes (de 1991 à 2006), les taux de suicide chez les Premières Nations et les Métis étaient deux fois plus hauts que celui des adultes non autochtones78. De 1999 à 2003, le taux de suicide chez les adultes de l’Inuit Nunangat était quatre fois plus élevé que celui de tous les adultes au Canada; cet écart était plus grand pour les hommes que pour les femmes.

Il importe toutefois de noter que les taux de suicide à l’échelon national peuvent sous-estimer des différences à l’échelon régional ou communautaire. Des rapports antérieurs ont, entre autres, démontré que les taux de suicide chez les jeunes des Premières Nations en Colombie-Britannique910 variaient selon le conseil tribal, allant de 0 à 633 décès pour 100 000 personnes9. En fait, la majorité de ces conseils tribaux présentait un taux de suicide nul ou très faible. Une variance régionale similaire a été observée dans les communautés inuites du Nunavut. Le taux de suicide variait de moins de 50 décès pour 100 000 habitants à Whale Cove à un peu plus de 250 décès pour 100 000 habitants à Qikiqtarjuaq11.

Il a également été avancé que les taux élevés de suicide chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits étaient le résultat de traumatismes historiques et intergénérationnels subis du fait de la colonisation et d’une marginalisation continue1412. Certains ont aussi fait valoir que le colonialisme a eu une vaste incidence sur la santé des Autochtones en produisant des inégalités sociales, politiques et économiques qui, à leur tour, jouent un rôle dans le développement de conditions associées à une moins bonne santé13. De nombreux facteurs historiques et contemporains ont été associés au suicide chez les Autochtones au Canada1. Ils comprennent le stress d’acculturation, comme 1) la perte de territoire, d’activités de subsistance traditionnelles et de contrôle sur les conditions de vie; 2) la répression des systèmes de croyances et de la spiritualité; 3) l’affaiblissement des institutions sociales et politiques; 4) la discrimination raciale et 5) la marginalisation11314 . Le racisme et l’isolement social sont par exemple associés à la consommation d’alcool et de drogues13, qui est, à son tour, associée au suicide15. Les Métis, dont bon nombre d’entre eux vivent non seulement en tant que Métis, mais aussi en tant que Premières Nations ou non-Autochtones, déclarent devoir faire face à des formes distinctes de discrimination, ce qui a des répercussions sur leur santé mentale16 . De la même façon, le manque de possibilités d’autodétermination a été signalé comme un facteur de risque de suicide au sein des communautés autochtones913. Le retrait d’enfants et de jeunes des Premières Nations, métis et inuits de leurs communautés et leur placement dans les pensionnats indiens aux XIXe et XXe siècles ont, en outre, eu plusieurs conséquences néfastes14. Celles-ci comprennent notamment la séparation des enfants et des jeunes de leur famille, de leur communauté, de leur culture et de leur langue; souvent l’exposition à de mauvais traitements; l’effondrement des familles et des communautés; ainsi que des maladies mentales1. De plus, le retrait d’enfants des Premières Nations, métis et inuits de leur famille et leur placement dans des familles d’accueil et des établissements de protection de l’enfant au cours de la deuxième partie du XXe siècle (la « rafle des années 1960 »), souvent parce que les familles étaient jugées pauvres et autochtones1718, a entraîné le déracinement culturel et la confusion identitaire119, que l’on pense avoir également contribué au suicide au sein de la population autochtone. La transmission intergénérationnelle du traumatisme, ou la transmission des effets du traumatisme des parents aux enfants, a également été associée à des idéations suicidaires et des tentatives de suicide au sein de la population autochtone20212223. Plus récemment, le recours insuffisant à des services de santé mentale est associé au suicide au sein de la population autochtone424. Le degré de ce recours peut être lié au manque de services compétents, du point de vue culturel, et à un accès inadéquat. Il est également suggéré que d’autres facteurs, comme la détresse communautaire, notamment un logement surpeuplé et l’insécurité alimentaire, les antécédents familiaux de violence et de suicide, le stress post-traumatique et une adversité précoce, une détresse mentale et un stress aigu ou la perte, sont des facteurs de risque de suicide chez les Inuits4.

D’un autre côté, plusieurs facteurs de résilience, ou des facteurs associés à des taux de suicide inférieurs, ont été relevés parmi les jeunes autochtones. Ils comprennent des facteurs de « continuité culturelle », comme compter une forte proportion (50 % et plus) de personnes au sein de la communauté connaissant une langue autochtone425. Des recherches antérieures ont permis de relever d’autres facteurs permettant d’accroître la résilience, comme le fait d’avoir adopté des mesures pour : 1) protéger le droit autochtone sur les terres traditionnelles; 2) atteindre l’autogouvernance; 3) acquérir le contrôle des services éducatifs, des soins de santé, des services de police et d’incendie; et 4) créer des installations culturelles pour préserver et enrichir la vie culturelle91025. Ces facteurs ont été remarqués dans les communautés des Premières Nations de la Colombie-Britannique. Des études similaires reproduisant ces résultats dans d’autres territoires n’ont pas encore été publiées. Sur le plan individuel, un lien parental et familial perçu, le bien-être émotionnel, la réussite scolaire, la participation et le lien communautaires, entre autres, ont été soulignés comme d’éventuels facteurs de protection contre le suicide chez les jeunes1. De plus, des facteurs économiques (en particulier, un revenu supérieur et le fait d’occuper un emploi) ont été associés à des taux de suicide inférieurs262728. Dans l’Inuit Nunangat, les taux de fréquentation scolaire et d’emploi ont été corrélés à des taux de suicide inférieurs29. Il a été en outre suggéré que l’équité sociale, la solidité familiale, le développement sain des enfants, des services de santé mentale adaptés, la capacité de régler et de surmonter la détresse et un soutien social adéquat, etc. sont des facteurs protégeant contre le suicide chez les Inuits4.

Plusieurs représentants autochtones et gouvernementaux, communautés et organismes gouvernementaux ont élaboré des programmes, des politiques ou des stratégies pour réduire le haut taux de suicide chez les Premières Nations, les Inuits et les Métis43031.  L’élaboration et l’évaluation de ces initiatives nécessitent des données à jour sur les taux de suicide. De nombreuses estimations existantes des taux de suicide se fondent sur une cohorte plus âgée (cohorte du Recensement de 1991), qui excluait les non-déclarants fiscaux et les personnes de moins de 25 ans7, ou provenaient d’études utilisant une méthode de géozones fondée sur la superficie. Cette méthode classait les régions à fortes proportions de résidents des Premières Nations comme « régions d’identité » des Premières Nations5 ou examinait le taux de mortalité dans l’Inuit Nunangat comme représentant pour tous les Inuits6. Ces méthodes ont pu être la source d’une sous-estimation ou d’une surestimation des taux de suicide. De plus, des rapports antérieurs ont estimé les taux de suicide chez un ou deux groupes autochtones uniquement, en utilisant la même méthodologie. Enfin, il existe des lacunes en matière de connaissances concernant les taux de suicide chez les Autochtones pour certaines zones géographiques, notamment les régions urbaines, dans les réserves et à l’extérieur de celles-ci.

Le présent article porte sur les taux de suicide chez les Premières Nations, les Métis, les Inuits et la population non autochtone vivant dans des logements privés (c.-à-d. en excluant les personnes vivant dans des logements collectifs et des établissements institutionnels), pour la période de 2011 à 2016. Ces résultats se fondent sur la Cohorte santé et environnement du recensement canadien de 2011 (CSERCan), élaborée en intégrant les enregistrements de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 et la Base canadienne de données de l’état civil – Décès (BCDECD de 2011 à 2016). Les suicides survenus au cours de la période de suivi de 5,63 ans (du jour du recensement du 10 mai 2011 à la fin du suivi, le 31 décembre 2016) ont été utilisés pour générer des taux de mortalité corrigés pour tenir compte des effets attribuables à l’âge de la population ainsi que des taux selon l’âge. Ces chiffres sont présentés sous forme de nombre estimé de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque. Le concept d’années-personnes est souvent utilisé dans des études de cohorte et représente une unité de temps pendant laquelle les personnes présentent un risque de décès et peut être compris approximativement comme le nombre de personnes par an32. En particulier, le présent article 1) examine les taux de suicide chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits, puis établit des comparaisons avec les taux de suicide de la population non autochtone, afin d’explorer et de mieux comprendre les disparités, ce qui pourrait aider à développer des stratégies de prévention, 2) indique la proportion estimée de bandes des Premières Nations n’ayant enregistré aucun suicide, en tant qu’estimation de la variabilité des taux de suicide, et 3) aborde le rôle de facteurs socioéconomiques et géographiques dans l’explication de la mortalité excédentaire par suicide dans les trois groupes.

Résultats

Suicide chez les Premières Nations au Canada

Dans le cadre de la présente analyse, parmi les 851 280 Premières Nations (en se fondant sur les estimations de la population obtenues à partir de la CSERCan de 2011 et ses poids) y compris les personnes ayant ou non le statut d’Indien, vivant dans une réserve ou à l’extérieur de celle-ci et dans des logements privés en 2011, on estime que 1 180 personnes sont décédées par suicide, entre 2011 et 2016. Cela représente un taux de suicide corrigé pour tenir compte des effets attribuables à l’âge de la population de 24,3 décès pour 100 000 années-personnes à risque (tableau 1), ce qui est trois fois plus que le taux de suicide observé au sein de la population non autochtone (8,0). Le taux de suicide chez les hommes des Premières Nations était supérieur à celui des femmes (29,6 par rapport à 19,5). Cette tendance est similaire à celle observée pour la population non autochtone, au sein de laquelle les hommes ont également enregistré un taux de suicide (12,3) plus haut que celui des femmes (3,9). Cependant, ces nombres indiquent que la disparité des taux de suicide  — mesurée en divisant le taux de suicide chez les Premières Nations par celui de la population non autochtone (rapport de taux [RT]) — entre les Premières Nations et la population non autochtone est plus élevée chez les femmes que chez les hommes (RT = 5,0 pour les femmes des Premières Nations et RT = 2,4 pour les hommes des Premières Nations; tableau 1).


Tableau 1
Taux de suicide corrigé pour tenir compte des effets attribuables à l’âge (nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque) et rapports de taux (RT) chez les Premières Nations et au sein de la population non autochtone au Canada, selon le sexe, population à domicile âgée de 1 an et plus, Canada, 2011 à 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de suicide corrigé pour tenir compte des effets attribuables à l’âge (nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque) et rapports de taux (RT) chez les Premières Nations et au sein de la population non autochtone au Canada. Les données sont présentées selon Sexe (titres de rangée) et Premières Nations , Population non autochtone au Canada, TMCA associé au suicide, Intervalle de confiance de 95 % et Rapport de taux, calculées selon inférieur et supérieur unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Sexe Premières Nations Population non autochtone Premières Nations
TMCA associé au suicide Intervalle de confiance de 95 % TMCA associé au suicide Intervalle de confiance de 95 % Rapport de taux Intervalle de confiance de 95 %
inférieur supérieur inférieur supérieur inférieur supérieur
Total 24,3 20,6 28,0 8,0 7,6 8,5 3,0 2,5 3,5
Femmes 19,5 14,5 24,5 3,9 3,5 4,3 5,0 3,6 6,4
Hommes 29,6 24,1 35,0 12,3 11,5 13,0 2,4 1,9 2,9

Les taux de suicide étaient supérieurs chez les jeunes de 15 à 24 ans (48,7; non corrigé pour tenir compte des effets attribuables à l’âge de la population) (données non présentées) lorsqu’ils étaient comparés à d’autres groupes d’âge. Les taux de suicide étaient moins élevés parmi les groupes plus âgés. Les taux chez les Premières Nations étaient significativement supérieurs à ceux de la population non autochtone pour la plupart des groupes d’âge de moins de 45 ans, mais les disparités étaient plus importantes chez les groupes d’âge de moins de 15 ans (RT = 8,9) et de 15 à 24 ans (RT = 6,3) (données non présentées). Cela était particulièrement observable chez les femmes de 15 à 24 ans (RT = 12,0; tableau A.1 en annexe).

Le taux de suicide chez les Premières Nations vivant dans une réserve était pratiquement deux fois supérieur à celui des Premières Nations vivant hors réserve (taux non corrigé pour tenir compte des effets attribuables à l’âge de la population; respectivement de 34,1 par rapport à 19,5). Chez les Premières Nations vivant dans une réserve, les taux de suicide étaient les plus élevés chez les hommes de 15 à 24 ans (78,8) (graphique 1). Les taux étaient inférieurs dans le cas des groupes plus âgés, tant chez les hommes que chez les femmes vivant dans une réserve (tableau A.2 en annexe). Les disparités étaient particulièrement élevées chez les femmes des Premières Nations de 15 à 24 ans vivant dans une réserve (RT = 15,8) par rapport aux femmes non autochtones au Canada. Les disparités étaient plus faibles chez les groupes plus âgés, mais étaient toujours présentes jusqu’à l’âge de 55 ans pour les femmes et de 45 ans pour les hommes. Dans le cas des personnes de 55 ans et plus, les taux de suicide n’étaient pas statistiquement différents chez les Premières Nations vivant dans une réserve et au sein de la population non autochtone. Une comparaison similaire des taux chez les Premières Nations vivant hors réserve n’a pas été effectuée, puisque la plupart des estimations selon le groupe d’âge n’ont pu être publiées en raison de faibles chiffres dans les cellules ou du faible niveau de précision (tableau A.2 en annexe).

Graphique 1
Taux de suicide par âge (nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque) parmi les hommes des Premières Nations vivant dans une réserve et les hommes non autochtones au Canada, population à domicile âgée de 1 an et plus, Canada, 2011 à 2016

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Groupe d’âge (titres de rangée) et Hommes des Premières Nations vivant dans une réserve, Hommes non autochtones au Canada, Intervalle de confiance de 95 % , inférieur et supérieur, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d’âge Hommes des Premières Nations vivant dans une réserve Hommes non autochtones au Canada Hommes des Premières Nations vivant dans une réserve Hommes non autochtones au Canada
Intervalle de confiance de 95 % Intervalle de confiance de 95 %
inférieur supérieur inférieur supérieur
nombre pourcentage
1 à 14 ans 4,7Note E: à utiliser avec prudence 0,5Note E: à utiliser avec prudence 1,5 8,0 0,1 0,8
15 à 24 ans 78,8 11,9 63,6 94,1 9,8 14,0
25 à 34 ans 70,5 14,3 53,3 87,8 12,2 16,5
35 à 44 ans 60,9 18,2 43,5 78,2 15,5 20,8
45 à 54 ans 29,8Note E: à utiliser avec prudence 21,9 16,9 42,7 19,1 24,8
55 ans et plus 26,1Note E: à utiliser avec prudence 18,9 15,2 37,1 17,1 20,7

Aucune différence significative du taux de suicide n’a été enregistrée chez les Premières Nations (les personnes vivant dans une réserve ou hors réserve combinées) selon la province et le territoire. Cependant, dans chacune des provinces, le taux de suicide chez les Premières Nations était plus haut que celui observé au sein de la population non autochtone (les provinces de l’Atlantique ont été regroupées pour accroître la taille de l’échantillon; les taux de suicide n’ont pas pu être déclarés pour la population non autochtone au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut). Les rapports de taux étaient nettement supérieurs dans les provinces des Prairies. Ils étaient respectivement de 4,6, 4,5 et 3,5 au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. Dans les autres provinces, ils allaient de 1,9 à 2,6. Les taux de suicide ne différaient pas significativement selon le type de centre de population33. Ils s’élevaient à 28,8 chez les Premières Nations vivant dans les régions rurales, à 22,9Note E: à utiliser avec prudence dans les petits centres de population et à 18,8Note E: à utiliser avec prudence dans les grands centres de population. Le taux de suicide chez les Premières Nations de chacune de ces régions était significativement supérieur à celui de la population non autochtone (9,3 pour les régions rurales, 9,0 pour les petits centres de population et 7,2 pour les grands centres de population).

Ces estimations aux échelons national et provincial, même si elles sont utiles, sous-estiment la variabilité des taux de suicide dans les communautés des Premières Nations. Les taux de suicide ont été estimés au niveau de la bande à l’aide d’une approche géographique (pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la section « Méthodologie »). Sur les quelque 600 bandes des Premières Nations au Canada, 555 étaient associées à des réserves qui ont été dénombrées dans l’ENM de 2011 ainsi qu’à des personnes de la cohorte CSERCan. Un peu plus de 60 % des bandes des Premières Nations n’ont enregistré aucun suicide entre 2011 et 2016. La proportion de bandes sans suicide, lors d’un examen dans le contexte du taux de suicide parmi les Premières Nations vivant dans une réserve (34,1), occulte la variabilité de l’estimation à l’échelon national. La proportion des bandes des Premières Nations n’ayant aucun suicide variait en effet selon la province et le territoire. Une plus grande proportion de bandes des provinces de l’Atlantique (55 %), de l’Ontario (71 %), de la Saskatchewan (53 %), de la Colombie-Britannique (78 %), du Yukon (80 %) et des Territoires du Nord-Ouest (74 %) présentait des taux de suicide nuls. Dans les autres provinces, la proportion variait, allant de 39 % à 44 %. Il convient de noter que 31 réserves ont été partiellement dénombrées lors du Recensement de 2011; bon nombre se trouvaient en Ontario et au Québec34 (une brève description de ces réserves est présentée à la section « Méthodologie ») et n’ont pas été comprises dans la présente analyse. Les membres de la bande qui ne vivaient pas dans la réserve de leur bande au moment du recensement n’ont pas été compris dans l’analyse. De plus, les membres de la bande qui ne vivaient pas dans la réserve de leur bande au moment du recensement n'ont pas été inclus dans l'analyse.

Des facteurs socioéconomiques ont été auparavant associés au suicide chez les peuples autochtones de l’Amérique du Nord 262728. Pour examiner si des tendances similaires étaient évidentes pour la cohorte CSERCan de 2011,  le rôle de facteurs socioéconomiques individuels (comme le revenu du ménage, la situation vis-à-vis de l’activité, le niveau de scolarité, l’état matrimonial) et de facteurs géographiques (comme le fait de vivre dans une réserve ou hors réserve) a été étudié chez les Premières Nations âgées de 25 ans et plus, en relation avec le risque de décès par suicide. Après avoir tenu compte du groupe d’âge et du sexe, le risque de suicide35 chez les adultes des Premières Nations était deux fois plus élevé que celui des adultes non autochtones (rapport des risques instantanés [RRI] = 2,0; tableau A.4 en annexe). Le fait de tenir compte du revenu du ménage entraînait une diminution du risque de 35 %. Après avoir tenu compte également de la situation vis-à-vis de l’activité, du niveau de scolarité et de l’état matrimonial, les adultes des Premières Nations enregistraient toujours un risque de suicide supérieur à celui des adultes non autochtones (RRI = 1,4). Ensemble, ces facteurs représentaient 66 % du risque de suicide excédentaire. Une correction supplémentaire du fait de vivre dans une réserve ou à l’extérieur de celle-ci a donné lieu à un RRI de 1,2, qui n’était pas significativement différent de 1,0. Ensemble, tous ces facteurs ont représenté 78 % du risque de suicide excédentaire chez les adultes des Premières Nations.

Suicide chez les Métis au Canada

Selon la présente analyse, sur les 452 985 Métis autodéclarés (en se fondant sur les estimations de la population obtenues à partir de la CSERCan de 2011 et ses poids) vivant dans les ménages privés en 2011, environ 415 personnes sont décédées par suicide, de 2011 à 2016. Par conséquent, le taux de suicide a été de 14,7Note E: à utiliser avec prudence décès pour 100 000 années-personnes à risque (tableau 2), ce qui est près de deux fois plus que le taux de suicide observé au sein de la population non autochtone (8,0). Le taux de suicide des hommes métis (22,6Note E: à utiliser avec prudence) était plus de trois fois plus haut que celui des femmes métisses (7,2Note E: à utiliser avec prudence). Le taux de suicide des hommes métis était près de deux fois plus haut (22,6Note E: à utiliser avec prudence) que celui des hommes non autochtones (12,3). Cependant, les taux de suicide des femmes métisses (7,2Note E: à utiliser avec prudence) et des femmes non autochtones (3,9) n’étaient pas significativement différents l’un de l’autre.


Tableau 2
Taux de suicide corrigé pour tenir compte des effets attribuables à l’âge (nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque) et rapports de taux (RT) chez les Métis et au sein de la population non autochtone au Canada, selon le sexe, population à domicile âgée de 1 an et plus, Canada, 2011 à 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de suicide corrigé pour tenir compte des effets attribuables à l’âge (nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque) et rapports de taux (RT) chez les Métis et au sein de la population non autochtone au Canada. Les données sont présentées selon Sexe (titres de rangée) et Métis, Population non autochtone au Canada, TMCA associé au suicide, Intervalle de confiance de 95 % et Rapport de taux, calculées selon inférieur et supérieur unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Sexe Métis Population non autochtone Métis
TMCA associé au suicide Intervalle de confiance de 95 % TMCA associé au suicide Intervalle de confiance de 95 % Rapport de taux Intervalle de confiance de 95 %
inférieur supérieur inférieur supérieur inférieur supérieur
Total 14,7Note E: à utiliser avec prudence 9,5 20,0 8,0 7,6 8,5 1,8 1,2 2,5
Femmes 7,2Note E: à utiliser avec prudence 2,6 11,9 3,9 3,5 4,3 1,9 0,7 3,1
Hommes 22,6Note E: à utiliser avec prudence 13,2 31,9 12,3 11,5 13,0 1,8 1,1 2,6

Parmi les provinces et les territoires, du fait des faibles chiffres obtenus après la répartition, les taux de suicide chez les Métis ont uniquement pu être générés pour l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique combinés (Ontario et ouest). Dans ces provinces, le taux observé chez les Métis (13,4Note E: à utiliser avec prudence) était supérieur à celui de la population non autochtone (7,6). Les taux de suicide chez les Métis vivant dans les régions rurales (16,5Note E: à utiliser avec prudence) ainsi que dans les petits (12,8Note E: à utiliser avec prudence) et grands (15,5Note E: à utiliser avec prudence) centres de population n’étaient pas significativement différents. Le taux chez les Métis vivant dans les grands centres de population était plus haut que celui de la population autochtone (7,2 ; c.-à-d. marginalement significatif). Les taux de suicide n’ont pu être publiés pour les centres de population moyens en raison de faibles chiffres dans la cellule.

Parmi les Métis adultes âgés de plus de 25 ans, après avoir pris en considération le groupe d’âge et le sexe, le risque de suicide était deux fois supérieur à celui des adultes non autochtones (rapport des risques instantanés [RRI] = 1,9; tableau A.4 en annexe). Tenir compte du revenu du ménage, de la situation vis-à-vis de l’activité, du type de centre de population du lieu de résidence, du niveau de scolarité et de l’état matrimonial représentait 37 % du risque de suicide excédentaire. Le risque de suicide était 1,6 fois plus élevé chez les Métis qu’au sein de la population non autochtone après avoir tenu compte de ces facteurs.

Suicide chez les Inuits au Canada

Environ 59 220 Inuits vivaient au Canada en 2011 dans les ménages privés (en se fondant sur les estimations de la population obtenues à partir de la CSERCan de 2011 et ses poids). Parmi eux, on estimait le nombre de décès par suicide à 250 entre 2011 et 2016. Cela représente un taux de suicide de 72,3 décès pour 100 000 années-personnes à risque (tableau 3), ce qui est neuf fois supérieur (RT = 9,0) au taux observé au sein de la population non autochtone (8,0). Le taux de suicide était trois fois plus élevé chez les hommes inuits que chez les femmes inuites (109,3 par rapport 35,4Note E: à utiliser avec prudence, respectivement).


Tableau 3
Taux de suicide corrigé pour tenir compte des effets attribuables à l’âge (nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque) et rapports de taux (RT) chez les Inuits et au sein de la population non autochtone au Canada, selon le sexe, population à domicile âgée de 1 an et plus, Canada, 2011 à 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de suicide corrigé pour tenir compte des effets attribuables à l’âge (nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque) et rapports de taux (RT) chez les Inuits et au sein de la population non autochtone au Canada. Les données sont présentées selon Sexe (titres de rangée) et Inuits, Population non autochtone au Canada, TMCA associé au suicide, Intervalle de confiance de 95 % et Rapport de taux, calculées selon inférieur et supérieur unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Sexe Inuits Population non autochtone Inuits
TMCA associé au suicide Intervalle de confiance de 95 % TMCA associé au suicide Intervalle de confiance de 95 % Rapport de taux Intervalle de confiance de 95 %
inférieur supérieur inférieur supérieur inférieur supérieur
Total 72,3 60,8 83,8 8,0 7,6 8,5 9,0 7,5 10,5
Femmes 35,4Note E: à utiliser avec prudence 23,8 46,9 3,9 3,5 4,3 9,0 6,0 12,1
Hommes 109,3 89,1 129,5 12,3 11,5 13,0 8,9 7,2 10,6

Les taux de suicide chez les Inuits étaient les plus élevés chez les jeunes; le taux de suicide était le plus haut chez les hommes inuits de 15 à 24 ans (363,2; non corrigé pour tenir compte des effets attribuables à l’âge de la population) vivant dans l’Inuit Nunangat (graphique 2). Des estimations publiables ont uniquement pu être produites pour les femmes inuites de 15 à 24 ans et celles de 25 à 34 ans. Le taux de suicide chez les femmes de 15 à 24 ans s’établissait à 108,9Note E: à utiliser avec prudence; cela est 33 fois supérieur à celui des femmes non autochtones du même groupe d’âge (tableau A.3 en annexe).

Graphique 2
Taux de suicide par âge (nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque) parmi les hommes inuits de l’Inuit Nunangat et les hommes non autochtones au Canada, population à domicile âgée de 1 an et plus, Canada, 2011 à 2016

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2. Les données sont présentées selon groupe d’âge (titres de rangée) et Hommes inuits de l’Inuit Nunangat , Hommes non autochtones au Canada, Intervalle de confiance de 95 % , inférieur et supérieur, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d’âge Hommes inuits de l’Inuit Nunangat Hommes non autochtones au Canada Hommes inuits de l’Inuit Nunangat Hommes non autochtones au Canada
Intervalle de confiance de 95 % Intervalle de confiance de 95 %
inférieur supérieur inférieur supérieur
nombre pourcentage
1 à 14 ans Note F: trop peu fiable pour être publié 0,5Note E: à utiliser avec prudence 1,8 8,7 0,1 0,8
15 à 24 ans 363,2 11,9 274,1 452,3 9,8 14,0
25 à 34 ans 232,3 14,3 160,0 304,6 12,2 16,5
35 à 44 ans 85,7Note E: à utiliser avec prudence 18,2 33,6 137,7 15,5 20,8
45 à 54 ans Note F: trop peu fiable pour être publié 21,9 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 19,1 24,8
55 ans et plus Note F: trop peu fiable pour être publié 18,9 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 17,1 20,7

Les taux chez les Inuits ont également été comparés entre chaque région de l’Inuit Nunangat. Les taux étaient beaucoup plus élevés chez les Inuits du Nunatsiavut (188,2Note E: à utiliser avec prudence; non corrigé pour tenir compte des effets attribuables à l’âge de la population) que dans le Nunavik (98,1) et le Nunavut (94,0). Les taux chez les Inuits de la région inuvialuite n’ont pu être publiés en raison de la fiabilité limitée des estimations.

Les estimations à l'échelle nationale, régionale et de l’Inuit Nunangat sous-estiment la variation des taux pour des communautés inuites particulières. Parmi les 50 communautés inuites, 11 affichaient un taux de suicide nul. Cependant, pour la plupart des communautés (66 %), les estimations étaient trop peu fiables pour être publiées. Il convient de noter que certains décès peuvent ne pas être liés à l’ENM et que d'autres ne figuraient pas dans les statistiques de l'état civil au moment de l'intégration des données. Cette dernière lacune a déjà été signalée par Jack Hicks11. Ces exclusions peuvent avoir biaisé l'estimation du nombre de communautés sans aucun suicide.

Dans le cadre d’analyses multivariées, chez les Inuits adultes âgés de 25 ans et plus, le risque de décès par suicide était 4,8 fois plus élevé que chez les adultes non autochtones, après avoir tenu compte de l’âge et du sexe (tableau A.4 en annexe). Après avoir également tenu compte du revenu du ménage, de la situation vis-à-vis de l’activité, du niveau de scolarité et de l’état matrimonial, le rapport des risques instantanés diminuait pour s’établir à 3,4, laissant entendre que ces facteurs représentaient 37 % du risque excédentaire de décès par suicide chez les Inuits. Après avoir tenu compte de la taille de la communauté (type de centre de population), les Inuits adultes enregistraient toujours un risque de suicide 3,3 fois supérieur à celui des adultes non autochtones (RRI = 3,3). Ensemble, tous ces facteurs représentaient 40 % du risque de suicide excédentaire chez les Inuits adultes.

Discussion

Le présent article est le premier à examiner les taux de suicide parmi les trois groupes autochtones (les Premières Nations, les Métis et les Inuits) de différents groupes d’âge et vivant dans diverses régions, en ayant recours à une même méthodologie. Des lacunes en matière de connaissances demeurent toutefois. D'autres recherches sont nécessaires, pour évaluer les tendances à long terme et estimer le rôle d’autres facteurs de risque et de protection contre le suicide chez les Autochtones, et doivent être menées en consultation avec les Premières Nations, les Métis et les Inuits, comme le recommande la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Selon la présente analyse, les taux de suicide chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits étaient nettement supérieurs à celui de la population non autochtone entre 2011 et 2016. Ces taux étaient les plus élevés chez les Inuits et, en particulier, chez les adolescents et les jeunes adultes. Le taux de suicide chez les Premières Nations vivant dans une réserve était plus élevé que le taux de celles vivant hors réserve; ce taux chez les hommes était aussi supérieur à celui des femmes. Les taux de suicide supérieurs chez les hommes ont été attribués à la tendance des hommes à avoir recours à des méthodes plus fatales36 et à l’effet différentiel de sources de stress spécifiques entre les sexes1. Toutefois, des écarts plus importants ont été observés chez les femmes des Premières Nations, pour lesquelles des taux de suicide étaient supérieurs à ceux des femmes non autochtones. Ces tendances sont similaires à ce qui a été rapporté précédemment578.

Un aspect particulièrement préoccupant est le taux de suicide élevé des enfants autochtones de moins de 15 ans. À l’échelle nationale, le taux de suicide des garçons des Premières Nations était quatre fois plus élevé que celui des garçons non autochtones. Il était 10 fois plus élevé chez les garçons des Premières Nations vivant dans les réserves. Comme pour d’autres tendances nationales, ce taux peut obscurcir les différences régionales. Des rapports antérieurs ont laissé entendre que dans certaines communautés des Premières Nations isolées de l’Ontario, les taux de suicide des jeunes de moins de 15 ans étaient près de 50 fois plus élevés que ceux des enfants non autochtones37. Dans les communautés inuites du Nunatsiavut, la disparité relative à l’âge était la plus prononcée chez les jeunes de 10 à 19 ans par rapport à leurs homologues non autochtones vivant à l’extérieur de l’Inuit Nunangat (RT = 15,8)38. De plus, le taux de décès par suicide chez les enfants inuits de 10 à 14 ans semble être à la hausse depuis 1989, même si d’importantes variations dans le temps sont observées11. Reflétant cela, l’idéation suicidaire chez les enfants de la 5e à la 8e année à Saskatoon était près de deux fois plus élevée chez les enfants autochtones que chez ceux non autochtones, après la prise en compte de la santé mentale, des capacités cognitives et des expériences d’intimidation39. Les facteurs de risque en lien avec le suicide chez les jeunes sont multiples et complexes. Bien que les facteurs de risque de suicide chez les enfants soient nombreux et complexes, un rapport récent suggère qu’il y a une insuffisance de services de santé mentale pour les enfants et les jeunes Inuits du Nunavut, pertinents sur le plan culturel et de qualité adéquate40.

Les données ont indiqué certaines tendances positives. Plus de 60 % des bandes des Premières Nations enregistraient des taux de suicide nuls. Cela correspond aux résultats précédents sur le suicide chez les jeunes appartenant à des communautés des Premières Nations en Colombie-Britannique9 et en Ontario41. En Colombie-Britannique, entre 1987 et 1992, la moitié des communautés des Premières Nations ne présentait aucun décès par suicide chez les jeunes25. En Ontario, la plupart des communautés des Premières Nations enregistraient peu de suicides ou aucun41. Chandler et Lalonde ont attribué les faibles taux de bon nombre de communautés des Premières Nations de la Colombie-Britannique aux facteurs de « continuité culturelle »25, mentionnés précédemment. D’autres recherches donnent à penser que les facteurs historiques, les normes culturelles, les réactions aux sources de stress et la relation à la culture dominante diffèrent selon les communautés, entraînant diverses expositions et divers résultats, notamment la résilience42. Cela peut expliquer la variation des taux de suicide observée ici. Chez les Inuits, aucune estimation fiable n’a pu être faite pour la plupart des communautés inuites. Un rapport antérieur indique que les taux allaient de moins de 50 à un peu plus de 250 décès pour 100 000 habitants de communautés inuites au Nunavut entre 1999 et 201411.

De plus, même si nous n’avons pas examiné les tendances temporelles ici, il a été signalé ailleurs que les tentatives de suicide chez les Premières Nations en Colombie-Britannique avaient diminué. Le risque d’hospitalisation pour blessure auto-infligée chez les Indiens inscrits ainsi que la disparité entre ceux-ci et leurs homologues non autochtones ont connu une diminution de 1991 à 201043. Cependant, cela contraste avec les tendances des communautés des Premières Nations isolées de l’Ontario. Là, il a été auparavant signalé que le suicide chez les jeunes autochtones était à la hausse, du fait de l’émergence de suicides dans les communautés où l’on n’en observait pas auparavant; d’une exposition au suicide ou de tentatives de suicide parmi les membres de la famille et les pairs, ainsi qu’une augmentation des groupements de suicides41.

Des facteurs géographiques et socioéconomiques, en particulier le revenu du ménage, la situation vis-à-vis de l’activité, le niveau de scolarité, l’état matrimonial et la région géographique, représentaient ensemble une proportion notable du risque excédentaire de décès par suicide chez les Premières Nations (78 %), les Inuits (40 %) et les Métis (37 %). Le groupe d’âge, le sexe, le revenu du ménage, la situation vis-à-vis de l’activité, le niveau de scolarité et l’état matrimonial représentaient la majorité (66 %) du risque excédentaire chez les Premières Nations âgées de 25 ans et plus. Lorsqu’on tenait compte du fait de vivre dans une réserve ou à l’extérieur de celle-ci, le risque excédentaire augmentait pour atteindre 78 %. En comparaison, chez les Inuits, le groupe d’âge, le sexe, la situation vis-à-vis de l’activité, le revenu du ménage, le niveau de scolarité, l’état matrimonial et la taille de la communauté expliquaient 40 % du risque de suicide excédentaire. Chez les Métis, ces facteurs représentaient 37 % du risque excédentaire. Les raisons de ces écarts ne sont pas claires. Cependant, chez les Premières Nations, une proportion nettement supérieure de la cohorte appartenait au quintile de revenu le plus pauvre (40,7 %) par rapport aux Métis (22,9 %), aux Inuits (23,9 %) ou à la population non autochtone (18,1 %) (tableau A.5 en annexe). Cela peut expliquer le pourcentage plus élevé de risque de suicide que représente le revenu du ménage pour les Premières Nations. Il faut toutefois noter que les mesures utilisant le revenu relatif n’ont pas été ajustées pour la différence du coût de la vie et du prix des produits dans l’Inuit Nunangat. Dans une analyse secondaire, la pauvreté matérielle, soit une mesure du faible revenu selon le revenu après impôts (MFR-AI) et corrigée pour la différence de prix entre l’Inuit Nunangat et le sud du Canada44, a été utilisée en lieu du quintile de revenu du ménage. En la combinant avec la situation vis-à-vis de l’activité, le niveau de scolarité, l’état matrimonial et la taille des communautés, cela représentait 47% du risque de suicide excédentaire parmi les Inuits, ce qui est assez similaire à ce qui est observé avec les quintiles de revenu des ménages (40 %). Chez les Métis, la situation vis-à-vis de l’activité semblait représenter une proportion plus faible du risque excédentaire que dans le cas des Premières Nations et des Inuits. Cela pourrait être attribuable au fait que le profil de la situation vis-à-vis de l’activité des Métis était quelque peu similaire à celui de la population non autochtone (tableau A.5 en annexe). De plus, il convient de souligner que les facteurs socioéconomiques compris dans les modèles de la présente étude ne tiennent pas compte de tous les facteurs pouvant influer sur le risque de suicide, comme : une marginalisation et d’autres effets de la colonisation, telle que la délocalisation forcée vers des établissements permanents; la fréquentation de pensionnats indiens; l’historique familial de suicide et de violence; le traumatisme intergénérationnel; les inégalités sociales historiques et contemporaines; les lacunes en matière d’accès aux services de santé, entre autres facteurs1412. De plus, d’autres facteurs auparavant identifiés comme associés au suicide chez les Inuits, notamment les mauvais traitements infligés aux enfants, les antécédents familiaux et personnels de dépressions majeures, les antécédents de troubles de la personnalité, des tendances impulsives et agressives et la toxicomanie15, ne sont pas pris en considération. Cette étude ne tient pas compte également d’autres déterminants de la santé mentale des Inuits, comme la fierté dans l’identité inuite, le fait de vivre au sein d’une communauté présentant davantage d’interactions sociales positives et la facilité à chasser45. En examinant ces chiffres, il est important de remarquer que seules les personnes ayant survécu jusqu’à l’âge de 25 ans font partie de l’analyse visant à étudier le rôle de la situation vis-à-vis de l’activité, du niveau de scolarité et de l’état matrimonial. Il se peut que ce groupe présente des caractéristiques différentes de celles des personnes n’ayant pas survécu jusqu’à cet âge. Cependant, ces résultats correspondent aux rapports antérieurs suggérant que le chômage et la pauvreté sont associés au suicide262728294546. En particulier, Mehl-Madrona a indiqué que les tentatives de suicide étaient précédées d’un degré élevé de « stress chronique persistant dans la vie (y compris la pauvreté) et d’un isolement relatif »46. L’examen par le Bureau du coroner en chef de l’Ontario des suicides dans une communauté isolée des Premières Nations de l’Ontario a, en outre, suggéré que les déterminants sociaux relatifs à la santé pouvaient jouer un rôle plus important dans la prévention des suicides que la disponibilité et l’accessibilité des services de santé. Il s’agit de déterminants proximaux, comme l’emploi, le revenu, le niveau de scolarité et la sécurité alimentaire, ainsi que de déterminants distaux, comme le colonialisme, le racisme, l’exclusion sociale et le manque d’occasions d’autodétermination37.

Méthodologie

Données

La Cohorte santé et environnement du recensement canadien de 2011 (CSERCan) utilisée ici est un ensemble intégré de données démographiques qui effectue le suivi de la population (en excluant les pensionnaires d’établissements institutionnels) dénombrée dans l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 pour divers résultats en matière de santé, comme la mortalité, le cancer et les hospitalisations. En résumé, l’intégration d’enregistrements pour la CSERCan de 2011 a été effectuée en utilisant l’Environnement de couplage de données sociales (ECDS) de Statistique Canada47. L’ECDS permet de créer des fichiers de données couplées sur la population en vue d’analyses sociales au moyen de l’intégration avec le Dépôt d’enregistrements dérivés (DED), une base de données relationnelle dynamique contenant uniquement des identificateurs personnels de base. Les données d’enquête et administratives sont couplées au DED à l’aide d’un logiciel d’intégration d’enregistrements généralisé qui prend en charge l’intégration déterministe et probabiliste.

L’ENM est une enquête volontaire, réalisée en mai 2011, auprès d’environ 4,5 millions (30 %) de logements privés choisis aléatoirement à partir du Recensement de la population de 2011. L’ENM porte sur toutes les personnes qui vivent habituellement au Canada, y compris les résidents permanents et non permanents, ainsi que les personnes vivant dans les réserves des Premières Nations, les établissements métis ou les communautés inuites. Trente-six réserves des Premières Nations ont été partiellement dénombrées lors de l’ENM de 2011. Pour 13 d’entre elles, le dénombrement a été retardé en raison des feux de forêt dans le nord de l’Ontario. Celui-ci a eu lieu à une date ultérieure. L’ENM exclut les résidents d’établissements institutionnels (comme les hôpitaux, les établissements de soins de longue durée et les établissements correctionnels) ainsi que les logements collectifs (comme les camps de travail, les hôtels et les refuges)47.

Les enregistrements d’environ 6,7 millions de répondants à l’ENM étaient admissibles à l’intégration; 97 % des données ont été couplées au DED au moyen d’une méthode probabiliste fondée sur le numéro de téléphone, les noms de famille, les prénoms, la date de naissance et le lieu de résidence. Aucune différence concernant les taux d’intégration n’a été observée selon le mode de collecte, la province, le sexe ou la décennie de naissance. Pour assurer la représentativité de la cohorte couplée, les poids ont été calculés aux fins de correction en cas de non-intégration47.

Pour protéger la confidentialité des répondants au recensement, les données mises à disposition pour l’analyse ne contenaient aucun identificateur personnel, comme le nom et l’adresse. De plus, les estimations fondées sur de faibles fréquences par cellule (moins de cinq décès ou moins de 10 personnes au total) ont été supprimées.

Variables

Les variables d’identité autochtone autodéclarée, d’âge, de sexe, de revenu du ménage, de situation vis-à-vis de l’activité, de niveau de scolarité, d’état matrimonial et de province de résidence figurent dans l’ensemble de données de diffusion de l’ENM de 2011. Les variables des régions de l’Inuit Nunangat ont été générées à l’aide de codes des Classification géographique type (CGT). De la même manière, une variable de région de résidence dans une réserve ou hors réserve a été générée à l’aide de la CGT. Une variable de suicide binaire a été créée à l’aide de codes de la CIM-10 sous la variable de « cause sous-jacente du décès » de la BCDECD. La génération de variables de suicide et d’années-personnes à risque est décrite dans la section suivante.

Estimation des taux de suicide pondérés

Pour les estimations du taux de suicide, la durée du risque de décès par suicide pour chaque personne a été répartie en années simples de suivi et, pour chaque année de suivi, en durées avant et après la date de naissance. Selon ce processus, l’âge de chaque personne augmentait à sa date de naissance. Cela permet d’appliquer une catégorisation adéquate selon le groupe d’âge afin de calculer les taux de suicide. Les taux pondérés de suicide normalisés selon l’âge (TMNA) (voir la figure 1 pour obtenir une brève description de cette mesure) et leurs intervalles de confiance à 95 % ont été estimés. Les enfants âgés de moins d’un an ont été exclus de l’analyse du fait de la sous-représentation de ce groupe dans l’ensemble intégré de données. En bref, des TMNA ont été calculés en divisant le nombre de membres de la cohorte décédés par suicide au cours de la période de suivi par le nombre total d’années-personnes à risque. La normalisation selon l’âge a été effectuée avec des taux de mortalité par âge en groupes d’âge de cinq ans en prenant la population autochtone totale de 2011 comme population de référence. Les taux pondérés de suicide par âge générés sans normalisation selon le groupe d’âge ont été utilisés pour les comparaisons entre les groupes d’âge au sein d’un groupe autochtone ou entre un groupe autochtone et la population non autochtone. Ces taux ont également été utilisés pour comparer les taux de suicide des Premières Nations vivant dans une réserve ou hors réserve, puisque leurs structures des âges étaient relativement similaires en 2011 (âge médian : respectivement 23,9 et 27,1 ans)48. Les suicides ont été identifiés à l’aide des codes suivants de la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, dixième révision (CIM-10) : X60-X84, Y87.0. Pour chaque membre de la cohorte, les années-personnes de la période de suivi ont été calculées comme étant le nombre de jours depuis le début de la période d’étude jusqu’à la date de décès ou la fin de l’étude, divisé par 365,25. La variance a été calculée au moyen de 500 poids bootstrap.

Figure 1 Schéma de la méthode de génération des taux de suicide avec les années-personnes comme dénominateur et exemple hypothétique

Description de la figure 1 

La figure 1 est un schéma présentant la méthode employée pour estimer le taux de suicide en utilisant le nombre de décès comme numérateur et les années-personnes comme dénominateur. Le schéma illustre un exemple hypothétique de sept personnes qui ont été « suivies » du 10 mai 2011 (jour du recensement) jusqu’au 31 décembre 2016 (fin de la période de suivi) pour déterminer si elles étaient décédées. Dans l’exemple, trois des sept personnes sont décédées au cours de la période de suivi. Les personnes 1, 4 et 7, qui sont décédées durant la période de suivi, ont chacune fourni respectivement 3,0, 1,5 et 4,2 années-personnes à risque au dénominateur. Les autres, celles qui étaient vivantes le 31 décembre 2016, ont chacune fourni 5,6 années-personnes à risque au dénominateur. En tout, les sept personnes ont fourni 31,1 années-personnes à risque au dénominateur. Le taux brut de mortalité est calculé en divisant le nombre de décès par le nombre total d’années-personnes à risque de ces sept personnes, puis multiplié par 100 000. Dans cet exemple hypothétique, le taux brut de mortalité liée au suicide est de 9 646,3 décès pour 100 000 années-personnes de suivi.

Les taux de suicide corrigés pour tenir compte des effets attribuables à l’âge de la population et les taux par âge, exprimés sous la forme du nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque, ont été générés selon le sexe, l’identité autochtone et selon certaines régions géographiques. L’identité autochtone, selon l’autodéclaration dans l’ENM de 2011, comprend les variables suivantes : Premières Nations, Métis, Inuits, identités autochtones multiples, réponses d’identité autochtone non indiquées ailleurs et non autochtones. Cependant, dans le cadre du présent article, seules les estimations des groupes d’identité unique sont montrées. Les régions géographiques à l’étude comprennent les suivantes : province ou territoire, dans une réserve ou hors réserve, régions rurales ou petits, moyens et grands centres de population; et pour les Inuits, dans l’Inuit Nunangat ou à l’extérieur de celui-ci et les quatre régions de l’Inuit Nunangat (le Nunatsiavut, le Nunavik, le Nunavut et la région inuvialuite), ainsi que hors de l’Inuit Nunangat. Les rapports de taux, ou le taux de suicide chez les Premières Nations, les Métis ou les Inuits comparativement à celui de la population non autochtone, ont été calculés pour examiner l’ampleur de la disparité au sein des groupes autochtones par rapport à la population non autochtone. Pour estimer la variance des rapports de taux, la variance et la covariance des taux de mortalité dans le groupe autochtone d’intérêt et la population non autochtone ont été estimés à l’aide de PROC RATIO au moyen de SUDAAN appelable en SAS. La variance des rapports de taux a ensuite été calculée à l’aide d’une linéarisation de Taylor ainsi que des estimations de variance et de covariance de PROC RATIO, puis utilisée pour générer des intervalles de confiance de 95 %. 

Une vérification d’hypothèse a été menée pour relever les taux de suicide significativement différents d’un autre à p < 0,05. Le nombre pondéré de suicides et les taux de suicide n’ont pas été publiés si : 1) le nombre non pondéré de suicides d’une cellule était inférieur à cinq; 2) le chiffre de population pondéré d’une cellule était inférieur à 10; ou 3) le coefficient de variation (CV) était supérieur à 33,3 % (40 % chez les personnes âgées de moins de 15 ans). Les nombres pondérés de suicides ont également été arrondis aléatoirement au chiffre cinq le plus proche. Les TMNA ayant un CV supérieur à 16,6 % et inférieur ou égal à 33,3 % sont accompagnés de la mention « E » pour indiquer qu’ils doivent être utilisés avec prudence.

Estimation du taux de suicide selon la bande des Premières Nations

Pour estimer les taux de suicide selon la bande des Premières Nations, les subdivisions de recensement (SDR) de réserves associées à chaque bande ont été regroupées. Les réserves où se trouvent plusieurs bandes ont été regroupées séparément. Cela a été le cas pour sept réserves. Trois d’entre elles comptaient une population de 10 personnes ou moins. Une était partiellement dénombrée dans l’ENM de 2011. Ce regroupement a fourni environ 600 bandes des Premières Nations. Parmi elles, 555 comprenaient des personnes faisaient partie de la CSERCan de 2011. D’autres étaient associées à des réserves partiellement dénombrées dans l’ENM de 2011 ou qui avaient participé au Recensement de 2011, mais pas à l’ENM. Finalement, 521 bandes ont été comprises dans l’analyse. Les taux de suicide ont été calculés selon la bande des Premières Nations, d’où l’on a déterminé le nombre et le pourcentage des bandes pour lesquelles un taux de suicide de zéro avait été déclaré. Le pourcentage des bandes enregistrant un taux de suicide nul a été calculé avec et sans ces réserves associées à plusieurs bandes et s’est avéré similaire.

Analyse multivariée

Pour examiner le rôle des facteurs socioéconomiques et géographiques dans le risque excédentaire de suicide chez les Autochtones par rapport à la population non autochtone, une modélisation de régression à risques proportionnels de Cox a été utilisée. Les analyses ont été limitées aux personnes âgées de 25 ans et plus, pour permettre l’utilisation de la situation vis-à-vis de l’activité, le niveau de scolarité et l’état matrimonial comme covariables. Pour la présente analyse, on a utilisé l’âge à la date de référence le jour du recensement, puisque d’autres covariables portaient également sur la même période de référence. Les rapports des risques instantanés de suicide ont été estimés chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits (avec la population non autochtone comme groupe de référence). Les covariables ont été entrées de manière séquentielle dans le modèle dans l’ordre suivant : le groupe d’âge ainsi que le sexe, le quintile de revenu du ménage (selon le revenu après impôts corrigé pour tenir compte de la taille de la famille économique), la situation vis-à-vis de l’activité (personnes occupant un emploi, personnes au chômage et personnes inactives), le niveau de scolarité (sans diplôme d’études secondaires, études secondaires, études postsecondaires inférieures au baccalauréat et grade universitaire), l’état matrimonial (jamais légalement marié ou célibataire, légalement marié et non séparé, séparé, mais toujours marié légalement, divorcé ou veuf) et vivant ou non dans une réserve (pour les Premières Nations) ou dans un centre de population ou une région rurale (pour les Métis et les Inuits). Les quintiles de revenu des ménages ont été générés pour chaque province et territoire séparément pour prendre en considération les différences régionales. Dans une analyse secondaire, le revenu du ménage a été utilisé comme variable continue ou les quintiles de revenu des ménages on été générés à l’échelle nationale et utilisés en remplacement de la variable initiale du quintile de revenu du ménage pour examiner la robustesse de l’influence de ce prédicteur sur le risque relatif de décès par suicide chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits. Les covariables ont été choisies en fonction de la documentation existante sur la relation entres les facteurs socioéconomiques et le suicide2627282945 et de la disponibilité des variables associées dans les données de l’ENM de 2011.

À partir des rapports des risques instantanés (corrigés en fonction de l’âge et du sexe ainsi qu’en fonction de facteurs socioéconomiques), on a calculé le pourcentage de risque de suicide excédentaire chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits en tenant compte du revenu du ménage, de la situation vis-à-vis de l’activité, du niveau de scolarité et de l’état matrimonial. La proportion de la mortalité excédentaire expliquée a été calculée comme la différence entre les rapports corrigés en fonction de l’âge et du sexe et les rapports des risques instantanés finaux, divisés par le premier moins 17. Les analyses n’ont pas été effectuées séparément selon le sexe du fait des limites de la taille de l’échantillon.

Évaluation de la validité des taux de suicide

Les taux de suicide fondés sur la cohorte CSERCan de 2011 couplée ont été comparés aux estimations générées auparavant à l’aide de différentes méthodologies pour en évaluer la validité.

Le taux de suicide non corrigé pour tenir compte des effets attribuables à l’âge de la population totale du Canada entre 2009 et 2013 a été précédemment estimé à 11,4 décès pour 100 000 habitants49; par comparaison, pour la cohorte CSERCan, le taux de suicide global était de 10,5 décès pour 100 000 habitants entre 2011 et 2016. Même s’il n’existe pas de taux de suicide publiés pour les Premières Nations, les Métis et les Inuits pour la période allant de 2011 à 2016, les taux de suicide pour toutes les personnes de l’Inuit Nunangat, comptant 73 % des Inuits au Canada, ont été précédemment estimés à 83,5 décès pour 100 000 personnes49. Dans la cohorte CSERCan de 2011, le taux était de 83,5 décès pour 100 000 années-personnes à risque. Toutefois, les estimations entre 2011 et 2016 pour chaque région de l’Inuit Nunangat  (167,3Note E: à utiliser avec prudence au Nunatsiavut, 87,5 au Nunavik et 83,1 au Nunavut) étaient quelque peu différentes lorsque comparées aux estimations de 2009 à 2013 (respectivement, 185,4, 98,3, 79,0). Même si ces estimations sont similaires, plusieurs raisons peuvent potentiellement expliquer cet écart entre les deux ensembles d’estimations. Même si les périodes des deux estimations se chevauchent (entre 2009 et 2013 pour les précédentes estimations et entre 2011 et 2016 pour les estimations du présent rapport), elles ne sont pas identiques. Les taux de suicide fluctuent d’une année à l’autre. Au Nunavut, par exemple, les estimations antérieures suggèrent que le taux allait de 58,2 à 108,5 décès pour 100 000 personnes. Certains décès survenus entre 2011 et 2016 n’étaient pas couplés à l’ENM de 2011. De plus, la cohorte CSERCan exclut la population vivant en établissement institutionnel (p. ex. les établissements de soins de longue durée et les prisons), celle vivant dans des logements collectifs (p. ex. les motels, les hôtels et les maisons de chambres) au moment de la collecte du recensement ainsi que les personnes non dénombrées dans l’ENM de 2011. Les dénominateurs utilisés dans les deux études sont également différents; dans les tableaux publiés auparavant, les taux de suicide étaient pour 100 000 personnes, alors que dans le présent article, ils sont pour 100 000 années-personnes.

Limites

Il convient de noter plusieurs limites à l’analyse. Les taux de suicide présentés dans cet article peuvent sous-estimer les taux réels, du fait de : 1) l’exclusion de la population vivant en établissements institutionnels et en logements collectifs; 2) l’exclusion des personnes non dénombrées dans l’ENM de 2011, notamment les sans-abri parmi lesquels les Autochtones sont surreprésentés50; 3) la non-intégration de certains décès entre 2011 et 2016 avec l’ENM de 2011; 4) d’éventuelles erreurs d’intégration; 5) une éventuelle classification erronée des suicides dans la BCDECD pour éviter la stigmatisation ou du fait d’une classification erronée en tant que décès accidentel ou de l’incapacité d’attribuer une cause; et 6) des décès potentiellement manquants, en raison des retards de traitement, dans les statistiques de l’état civil au moment de l'intégration des données11. En outre, l’identité autochtone est autodéclarée dans le recensement; ce qui peut entraîner une sous-estimation ou une surestimation des taux de suicide de certains groupes autochtones. De plus, 36 réserves indiennes et établissements indiens n’ont été que partiellement dénombrés dans l’ENM de 201134, ce qui peut avoir entraîné une sous-estimation ou une surestimation des taux de suicide. La plupart de ces réserves (29) se trouvaient au Québec et en Ontario; le reste se situant en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique. Parmi celles situées au Québec et en Ontario, certaines se trouvent à proximité des régions métropolitaines de recensement (RMR), alors que d’autres sont dans les régions rurales ou isolées. Les premières comprennent Kahnawake, Kanesatake et Wendake34. Les taux de mortalité pour les petites régions et les petits groupes démographiques peuvent comporter d’importantes variations annuelles aléatoires puisque le décès est un événement plutôt rare, en particulier les décès par suicide. Finalement, les facteurs socioéconomiques et démographiques de référence utilisés dans l’analyse multivariée peuvent ne pas représenter les conditions au moment du décès. Cela a pu entraîner des biais dans les résultats.

Annexe


Tableau A.1
Taux de suicide selon le groupe d'âge (nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque) et rapports de taux (RT) chez les Premières Nations, les Inuits et au sein de la population non autochtone au Canada, selon le sexe, population à domicile âgée de 1 an et plus, Canada, 2011 à 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de suicide selon le groupe d'âge (nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque) et rapports de taux (RT) chez les Premières Nations. Les données sont présentées selon Groupe d’âge (titres de rangée) et Premières Nations , Inuits, Population non autochtone au Canada, Taux de suicide, Intervalle de confiance de 95 % et Rapport de taux, calculées selon inférieur et supérieur unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d’âge Premières Nations Inuits Population non autochtone Premières Nations Inuits
Taux de suicide Intervalle de confiance de 95 % Taux de suicide Intervalle de confiance de 95 % Taux de suicide Intervalle de confiance de 95 % Rapport de taux Intervalle de confiance de 95 % Rapport de taux Intervalle de confiance de 95 %
inférieur supérieur inférieur supérieur inférieur supérieur inférieur supérieur inférieur supérieur
Total (1 an et plus)
Femmes 19,9 14,7 25,0 38,4 26,1 50,6 4,7 4,2 5,2 4,2 3,0 5,4 8,1 5,5 10,8
Hommes 30,5 25,0 36,1 115,6 95,0 136,1 15,1 14,3 16,0 2,0 1,6 2,4 7,6 6,2 9,1
1 à 14 ans
Femmes 5,4Note E: à utiliser avec prudence 2,9 7,9 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Hommes 1,9Note E: à utiliser avec prudence 0,6 3,3 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 0,5Note E: à utiliser avec prudence 0,1 0,8 4,2 -0,1 8,6 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
15 à 24 ans
Femmes 40,3Note E: à utiliser avec prudence 25,8 54,8 79,2Note E: à utiliser avec prudence 42,8 115,6 3,3 2,3 4,4 12,0 6,4 17,6 23,7 10,4 36,9
Hommes 56,6 40,3 73,0 289,7 219,3 360,0 11,9 9,8 14,0 4,8 3,2 6,4 24,4 16,9 31,8
25 à 34 ans
Femmes Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 58,5Note E: à utiliser avec prudence 25,7 91,4 4,2 3,0 5,4 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 13,9 5,5 22,4
Hommes 48,4 34,0 62,8 182,3 125,2 239,4 14,3 12,2 16,5 3,4 2,3 4,5 12,7 8,4 17,1
35 à 44 ans
Femmes Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 5,2 3,9 6,5 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Hommes 45,9Note E: à utiliser avec prudence 18,8 73,0 92,3Note E: à utiliser avec prudence 36,9 147,7 18,2 15,5 20,8 2,5 1,0 4,1 5,1 1,9 8,2
45 à 54 ans
Femmes Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 8,3 6,5 10,1 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Hommes 32,8Note E: à utiliser avec prudence 19,9 45,7 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 21,9 19,1 24,8 1,5 0,9 2,0 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
55 ans et plus
Femmes 6,9Note E: à utiliser avec prudence 2,5 11,4 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 5,2 4,3 6,1 1,3 0,5 2,2 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Hommes 11,5Note E: à utiliser avec prudence 6,9 16,0 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 18,9 17,1 20,7 0,6 0,4 0,9 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer

Tableau A.2
Taux de suicide selon le groupe d'âge (nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque) et rapports de taux (RT) chez les Premières Nations vivant dans une réserve et hors réserve et au sein de la population non autochtone au Canada, selon le sexe, population à domicile âgée de 1 an et plus, Canada, 2011 à 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de suicide selon le groupe d'âge (nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque) et rapports de taux (RT) chez les Premières Nations vivant dans une réserve et hors réserve et au sein de la population non autochtone au Canada. Les données sont présentées selon Groupe d’âge (titres de rangée) et Premières Nations vivant dans une réserve, Premières Nations vivant hors réserve, Population non autochtone au Canada, Taux de suicide, Intervalle de confiance de 95 % et Rapport de taux, calculées selon inférieur et supérieur unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d’âge Premières Nations vivant dans une réserve Premières Nations vivant hors réserve Population non autochtone Premières Nations vivant dans une réserve Premières Nations vivant hors réserve
Taux de suicide Intervalle de confiance de 95 % Taux de suicide Intervalle de confiance de 95 % Taux de suicide Intervalle de confiance de 95 % Rapport de taux Intervalle de confiance de 95 % Rapport de taux Intervalle de confiance de 95 %
inférieur supérieur inférieur supérieur inférieur supérieur inférieur supérieur inférieur supérieur
Total (1 an et plus)
Femmes 26,0 21,4 30,6 16,5Note E: à utiliser avec prudence 9,2 23,8 4,7 4,2 5,2 5,5 4,5 6,5 3,5 1,9 5,0
Hommes 42,1 37,0 47,3 23,0Note E: à utiliser avec prudence 14,9 31,2 15,1 14,3 16,0 2,8 2,4 3,1 1,5 1,0 2,1
1 à 14 ans
Femmes 10,6Note E: à utiliser avec prudence 6,1 15,1 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Hommes 4,7Note E: à utiliser avec prudence 1,5 8,0 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 0,5Note E: à utiliser avec prudence 0,1 0,8 10,4 3,2 17,6 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
15 à 24 ans
Femmes 52,9 40,0 65,7 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 3,3 2,3 4,4 15,8 11,7 19,8 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Hommes 78,8 63,6 94,1 42,6Note E: à utiliser avec prudence 18,3 66,8 11,9 9,8 14,0 6,6 5,3 7,9 3,6 1,5 5,6
25 à 34 ans
Femmes 44,1Note E: à utiliser avec prudence 28,7 59,6 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 4,2 3,0 5,4 10,5 6,9 14,1 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Hommes 70,5 53,3 87,8 34,3Note E: à utiliser avec prudence 13,3 55,2 14,3 12,2 16,5 4,9 3,8 6,0 2,4 0,9 3,9
35 à 44 ans
Femmes 19,2Note E: à utiliser avec prudence 10,4 28,0 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 5,2 3,9 6,5 3,7 1,9 5,4 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Hommes 60,9 43,5 78,2 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 18,2 15,5 20,8 3,4 2,3 4,4 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
45 à 54 ans
Femmes 24,1Note E: à utiliser avec prudence 12,4 35,8 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 8,3 6,5 10,1 2,9 1,5 4,3 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Hommes 29,8Note E: à utiliser avec prudence 16,9 42,7 34,7Note E: à utiliser avec prudence 15,6 53,7 21,9 19,1 24,8 1,4 0,8 1,9 1,6 0,7 2,4
55 ans et plus
Femmes Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 5,2 4,3 6,1 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Hommes 26,1Note E: à utiliser avec prudence 15,2 37,1 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 18,9 17,1 20,7 1,4 0,7 2,0 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer

Tableau A.3
Taux de suicide selon le groupe d'âge (nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque) et rapports de taux (RT) chez les Inuits de l’Inuit Nunangat et au sein de la population non autochtone au Canada, selon le sexe, population à domicile âgée de 1 an et plus, Canada, 2011 à 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de suicide selon le groupe d'âge (nombre de décès par suicide pour 100 000 années-personnes à risque) et rapports de taux (RT) chez les Inuits de l’Inuit Nunangat et au sein de la population non autochtone au Canada. Les données sont présentées selon Groupe d’âge (titres de rangée) et Inuits de l’Inuit Nunangat, Population non autochtone au Canada, Taux de suicide, Intervalle de confiance de 95 % et Rapport de taux, calculées selon inférieur et supérieur unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d’âge Inuits de l’Inuit Nunangat Population non autochtone Inuits de l’Inuit Nunangat
Taux de suicide Intervalle de confiance de 95 % Taux de suicide Intervalle de confiance de 95 % Rapport de taux Intervalle de confiance de 95 %
inférieur supérieur inférieur supérieur inférieur supérieur
Total (1 an et plus)
Femmes 49,6 34,9 64,3 4,7 4,2 5,2 10,5 7,3 13,7
Hommes 142,7 118,3 167,0 15,1 14,3 16,0 9,4 4,5 14,4
1 à 14 ans
Femmes Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Hommes Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 0.5Note E: à utiliser avec prudence 0,1 0,8 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
15 à 24 ans
Femmes 108,9Note E: à utiliser avec prudence 59,1 158,6 3,3 2,3 4,4 32,5 14,2 50,9
Hommes 363,2 274,1 452,3 11,9 9,8 14,0 30,5 21,1 40,0
25 à 34 ans
Femmes 79,3Note E: à utiliser avec prudence 34,8 123,8 4,2 3,0 5,4 18,9 7,0 30,8
Hommes 232,3 160,0 304,6 14,3 12,2 16,5 16,2 10,6 21,9
35 à 44 ans
Femmes Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 5,2 3,9 6,5 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Hommes 85,7Note E: à utiliser avec prudence 33,6 137,7 18,2 15,5 20,8 4,7 1,8 7,6
45 à 54 ans
Femmes Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 8,3 6,5 10,1 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Hommes Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 21,9 19,1 24,8 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
55 ans et plus
Femmes Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 5,2 4,3 6,1 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Hommes Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 18,9 17,1 20,7 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer

Tableau A.4
Risque de suicide relatif corrigé (rapport des risques instantanés [RRI]) chez les Premières Nations, les Métis et les Inuits, population à domicile âgée de 25 ans et plus, Canada, 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Risque de suicide relatif corrigé (rapport de risque [RR]) au sein des Premières Nations. Les données sont présentées selon Corrigé selon (titres de rangée) et Premières Nations, Métis, Inuits, Rapport des risques instantanés et Intervalle de confiance de 95 % , calculées selon inférieur et supérieur unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Corrigé selon Premières NationsTableau A.4 Note  MétisTableau A.4 Note  InuitsTableau A.4 Note 
Rapport des risques instantanés Intervalle de confiance de 95 % Rapport des risques instantanés Intervalle de confiance de 95 % Rapport des risques instantanés Intervalle de confiance de 95 %
inférieur supérieur inférieur supérieur inférieur supérieur
Aucune 1,99 1,57 2,52 1,95 1,25 3,03 4,72 3,49 6,38
Étape 1 : Âge et sexe 2,04 1,61 2,57 1,94 1,25 3,02 4,75 3,51 6,42
Étape 2 : plus le revenu du ménage 1,68 1,33 2,12 1,83 1,18 2,86 4,35 3,21 5,88
Étape 3 : plus la situation vis-à-vis de l’activité 1,58 1,25 2,00 1,81 1,16 2,82 4,00 2,95 5,42
Étape 4 : plus le niveau de scolarité 1,49 1,17 1,89 1,72 1,11 2,68 3,71 2,72 5,06
Étape 5 : plus l'état matrimonial 1,35 1,06 1,72 1,61 1,03 2,51 3,38 2,48 4,62
Étape 6 : plus le fait de vivre dans une réserve ou hors réserve (Premières Nations) ou le type de centre de population (Métis et Inuits) 1,23 0,83 1,80 1,59 1,02 2,47 3,26 2,39 4,46

Tableau A.5
Répartition de certaines caractéristiques socioéconomiques et démographiques chez les Premières Nations, les Métis, les Inuits et au sein de la population non autochtone au Canada, population à domicile âgée de 25 ans et plus, Canada, 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition de certaines caractéristiques socioéconomiques et démographiques chez les Premières Nations Premières Nations , Métis , Inuits, Population non autochtone au Canada, Pourcentage et Intervalle de confiance de 95 % , calculées selon inférieur et supérieur unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Premières Nations Métis Inuits Population non autochtone
Pourcentage Intervalle de confiance de 95 % Pourcentage Intervalle de confiance de 95 % Pourcentage Intervalle de confiance de 95 % Pourcentage Intervalle de confiance de 95 %
inférieur supérieur inférieur supérieur inférieur supérieur inférieur supérieur
Quintile de revenu du ménage
Quintile 1 (le plus pauvre) 40,7 39,4 42,0 22,9 22,1 23,7 23,9 22,5 25,2 18,1 17,6 18,5
Quintile 2 20,7 20,3 21,1 20,9 20,4 21,4 22,4 21,3 23,6 19,2 19,1 19,3
Quintile 3 15,7 15,2 16,2 20,0 19,5 20,5 20,4 19,4 21,4 20,1 20,0 20,2
Quintile 4 12,9 12,4 13,3 19,4 18,9 19,9 18,8 17,9 19,8 20,8 20,6 20,9
Quintile 5 (le plus riche) 10,1 9,7 10,5 16,8 16,3 17,3 14,5 13,6 15,4 21,9 21,7 22,0
Situation vis-à-vis de l'activité
Personnes occupant un emploi 51,9 50,5 53,4 65,0 64,2 65,8 54,8 53,1 56,4 63,1 62,7 63,5
Personnes au chômage 9,7 9,4 10,0 6,2 5,9 6,5 11,4 10,8 12,0 4,0 4,0 4,1
Personnes inactives 38,4 37,0 39,7 28,8 28,1 29,6 33,8 32,2 35,5 32,9 32,5 33,2
Niveau de scolarité
Sans diplôme d’études secondaires 35,7 34,8 36,6 23,6 23,0 24,2 49,8 48,5 51,1 16,6 16,5 16,7
Études secondaires 21,1 20,7 21,5 23,4 22,8 24,0 15,5 14,6 16,5 23,0 22,9 23,0
Études postsecondaires inférieures au baccalauréat 35,0 34,4 35,6 42,0 41,4 42,6 29,6 28,4 30,9 36,5 36,3 36,6
Baccalauréat ou diplôme de niveau supérieur 8,2 7,9 8,6 11,0 10,6 11,4 5,0 4,3 5,9 24,0 23,9 24,0
Type de centre de population
Région rurale 46,2 45,3 47,2 29,2 28,6 29,8 53,8 52,4 55,1 18,3 18,2 18,4
Petit centre de population 16,8 16,4 17,2 19,2 18,7 19,6 32,0 30,9 33,1 12,2 12,1 12,2
Moyen centre de population 8,8 8,5 9,2 11,1 10,7 11,4 2,5 1,8 3,3 8,7 8,7 8,8
Grand centre de population 28,2 27,6 28,8 40,6 40,0 41,2 11,8 10,6 13,1 60,8 60,6 61,0
État matrimonial
Jamais légalement marié (célibataire) 43,8 43,1 44,6 31,1 30,5 31,7 48,3 47,0 49,7 24,0 23,8 24,3
Légalement marié (et non séparé) 36,0 34,8 37,3 46,9 46,0 47,8 37,7 36,1 39,3 56,3 55,7 56,9
Séparé, mais toujours légalement marié 5,6 5,4 5,9 5,3 5,0 5,6 3,5 3,0 4,0 3,3 3,3 3,4
Divorcé 9,3 9,0 9,7 12,5 12,0 13,1 5,6 4,7 6,7 10,1 9,9 10,2
Veuf 5,2 4,9 5,5 4,1 3,9 4,4 4,8 4,4 5,4 6,3 6,1 6,4

Tableau A.6
Répartition selon le groupe d’âge de la population autochtone totale, population à domicile âgée de 1 an et plus, Canada, 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition le groupe d'âge de la population autochtone totale. Les données sont présentées selon Groupe d’âge (titres de rangée) et Pourcentage(figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d’âge Pourcentage
1 à 4 ans 7,93
5 à 9 ans 9,16
10 à 14 ans 9,48
15 à 19 ans 10,12
20 à 24 ans 8,41
25 à 29 ans 7,15
30 à 34 ans 6,49
35 à 39 ans 6,39
40 à 44 ans 6,70
45 à 49 ans 7,04
50 à 54 ans 6,45
55 à 59 ans 4,92
60 à 64 ans 3,74
65 à 69 ans 2,55
70 à 74 ans 1,70
75 à 79 ans 0,97
80 à 84 ans 0,51
85 ans et plus 0,30
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