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    Une diversité qui perdure : le mode de vie des enfants au Canada selon les recensements des 100 dernières années

    Le 21e siècle à ce jour

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    Plusieurs changements amorcés au siècle dernier se sont poursuivis au 21e siècle, une situation qui a influencé le mode vie des enfants et des jeunes adultes. Parmi ces tendances dans le domaine de la famille amorcées au 20e siècle, on note un passage plus lent à la vie d’adulte pour de nombreuses personnes. Certaines tendances liées à la vie familiale et amorcées plus tôt suggèrent une transition plus lente de la vie de jeune à celle d’adulte; report de la formation des unions, de la fécondité et tendance plus fréquente à rester au domicile parental ou à y retourner (encadré 4) Note 34.

    Alors que la majorité des enfants (64,9 %) continuent de vivre avec des parents mariés, les proportions d’enfants vivant avec des parents en union libre ou avec un parent seul ont augmenté. De 1981 à 2011, la proportion d’enfants qui vivaient avec des parents en union libre a plus que quintuplé, passant de 2,6 % en 1981 à 13,7 % en 2011. Cette tendance était particulièrement  remarquable dans la province de Québec et le territoire du Nunavut, où 31,6 % et 32,6 % des enfants respectivement vivaient avec des parents en union libre en 2011. Dans l’ensemble du Canada cependant, on compte encore proportionnellement plus d’enfants vivant avec un parent seul (21,5 %) qu’avec des parents en union libre. En effet, la proportion d’enfants vivant avec un parent seul en 2011 est la plus forte jamais enregistrée, et plus du triple de la proportion observée au plus fort du baby-boom (6,4 % en 1961).

    Les caractéristiques des parents seuls ont également continué d’évoluer. Depuis trois décennies, la garde partagée des enfants après la rupture d’une union est devenue plus courante. Faisant écho à cette tendance, la proportion d’enfants vivant dans des familles monoparentales avec un père seul a depuis augmenté, inversant la tendance à la baisse, pour passer de 15,5 % en 1996 à 20,1 % en 2011Note 35. Alors que la majorité des enfants vivant dans des familles monoparentales habitent maintenant avec un parent divorcé, séparé ou marié (conjoint absent), la proportion vivant avec un parent célibataire jamais marié a plus que quadruplé au cours des 30 dernières années, passant de 9,0 % en 1981 à 37,4 % en 2011Note 36

    L’évolution du contexte social, culturel et économique après le baby-boom a entraîné une baisse du nombre moyen d’enfants par famille et, ainsi, de la fratrie avec laquelle les enfants ont tendance à grandir. L’indice synthétique de fécondité était de 1,61 enfant par femme en 2011, moins de la moitié de l’indice observé au plus fort du baby-boom (3,94 enfants par femme en 1959) Note 37. Cette tendance s’est accompagnée d’une réduction considérable de la taille moyenne des ménages, qui est passée de 3,9 personnes en 1961 à 2,5 personnes en 2011Note 38. En 1961, les familles avec trois enfants ou plus étaient les plus fréquentes parmi les familles avec enfants à la maison (42,2 %). En 2011, c’était le cas de moins de deux familles avec enfants sur 10 (18,5 %), alors que les familles composées de deux enfants (42,9 %) ou d’un enfant (38,6 %) étaient plus fréquentes (figure 6).

    Figure 6 Répartition (en pourcentage) des familles au Canada avec enfants de 24 ans et moins selon le nombre d’enfants de 1941 à 2011

    Description de la figure 6

    En raison de la plus petite taille des familles, les personnes de 24 ans et moins représentent aujourd’hui une proportion relativement faible de la population totale — 29,8 % en 2011 — et une attention grandissante est portée sur la population âgée, en constante augmentation. On estime que le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus pourrait dépasser le nombre de personnes de 14 ans et moins d’ici 2021. En 2036, les personnes de 24 ans et moins pourraient représenter 27,5 % de la population canadienne totale, soit environ la moitié de leur proportion en 1901 (54,3 %) et à peine plus que celle projetée des personnes âgées de 65 ans (23,7 %)Note 39.

    Compte tenu des tendances relatives au report de la fécondité et au vieillissement de la population, bien des couples du nouveau millénaire n’ont pas d’enfants à la maison, que ce soit parce qu’ils n’ont jamais eu d’enfants ou parce que leurs enfants ont grandi et quitté le domicile parental. Dans le cadre du Recensement de 2006, on a observé pour la première fois que les couples sans enfants de 24 ans et moins étaient plus nombreux (42,7 % de toutes les familles de recensement) que les couples avec enfants de 24 ans et moins (41,4 %), une tendance qui s’est maintenue en 2011Note 40. De plus, pour la première fois en 2011, il y avait proportionnellement plus de ménages d’une personne (27,6 %) que de ménages composés de couples avec enfants (26,5 %)Note 41.

    Jusqu’à présent, le 21e siècle a vu une reconnaissance sociétale grandissante d’autres sortes de familles, comme l’indique la légalisation récente du mariage de personnes de même sexe à l’échelle canadienne en 2005. Dès 2001, les enfants vivant avec leurs deux parents pouvaient être considérés comme vivant avec des parents vivant en couple de sexe opposé ou en couple de même sexe dans le recensementNote 42. Des 8,8 millions d’enfants de 24 ans et moins qui vivaient avec leurs deux parents en 2011, la majorité (99,9 %) vivaient avec des parents de sexe opposé, tandis que les 9 600 enfants restants vivaient avec des parents de même sexe. Bien que relativement faible, ce nombre est plus du double de celui qui avait été observé en 2001 (4 600). Plus de quatre fois plus d’enfants vivaient avec des parents vivant en couple de même sexe féminin (7 700) en 2011 qu’avec des parents vivant en couple de même sexe masculin (1 900), tandis que le nombre d’enfants vivant avec des parents mariés de même sexe était légèrement inférieur à celui des enfants vivant avec des parents en union libre de même sexe (4 000 et 5 500, respectivement).

    Comme on l’a vu précédemment, différentes structures familiales, comme les familles recomposées, ont toujours été présentes dans une certaine mesure, mais ce n’est qu’en 2011 que l’information sur leurs caractéristiques précises est devenue disponible dans le recensement. Dès 2011, les enfants qui vivaient avec leurs deux parents pouvaient être considérés comme vivant dans une famille intacte ou une famille recomposée. Le plus souvent, les enfants vivaient avec leurs deux parents dans une famille intacte — c’est-à-dire une famille composée d’un couple dont tous les enfants du ménage sont les enfants biologiques et/ou adoptifs des deux membres du couple. Cependant, 929 600 enfants, ou 10,5 % de tous les enfants, vivaient dans des familles recomposées en 2011 — c’est-à-dire des familles composées d’un couple et où au moins un enfant est l’enfant biologique ou adoptif d’un seul conjoint marié ou partenaire en union libre. La figure 7 indique que la proportion d’enfants qui vivaient dans des familles recomposées en 2011 variait selon l’âge, la plus forte proportion étant pour les enfants de 10 à 14 ans et de 15 à 19 ans (12,1 % et 12,2 %, respectivement), et la plus faible, pour les enfants de 0 à 4 ans (8,0 %).

    Figure 7 Répartition (en pourcentage) d’enfants au Canada vivant dans certaines structures familiales, par groups d’âge en 2011

    Description de la figure 7

    Les familles recomposées peuvent également être considérées comme simples ou complexes (voir l’annexe pour plus de détails). De tous les groupes d’âge, les enfants de 15 à 19 ans étaient les plus susceptibles de vivre dans une famille recomposée simple (6,5 %) en 2011, ce qui veut dire que tous les enfants de la famille étaient les enfants biologiques ou adoptifs d’un seul conjoint marié ou partenaire en union libre du couple. De tous les enfants, ceux âgés de 10 à 14 ans étaient les plus susceptibles de vivre dans une famille recomposée complexe (7,1 %), c’est-à-dire de vivre avec au moins un demi-frère ou une demi-sœur.

    Les enfants des familles recomposées, ainsi que leurs parents, pourraient être considérés comme des « pionniers à la découverte d’un territoire inconnu dans l’univers des relations familiales »Note 43 considérant l’incertitude plus importante liée aux rôles et responsabilités des membres d’une famille recomposée. Pour bien des enfants, la présence de parents par alliance et/ou demi-frères ou demi-sœurs par alliance peut être une expérience positive, mais certaines études portent à croire que les enfants élevés au sein de familles recomposées ou monoparentales obtiennent des résultats socio-économiques moins bons que ceux élevés au sein de familles intactesNote 44.

    L’analyse présentée précédemment du mode de vie des enfants au début du 20e siècle a révélé que bien des enfants ont vécu avec un grand-parent pendant un certain temps, et que ce grand-parent était, dans certains cas, le seul tuteur de l’enfant, et dans d’autres cas, un de plusieurs membres de la famille élargie présents dans le ménage. Un siècle plus tard, de l’information sur les enfants qui vivent avec leurs grands­parents est encore une fois devenue disponible dans le recensement. En 2011, 366 800 enfants de 24 ans et moins vivaient dans un logement où habitait au moins un grand-parent, avec ou sans leur(s) parent(s). C’est 3,7 % de tous les enfants de ce groupe d’âge, en hausse par rapport à 2,5 % une décennie plus tôt. Cette hausse est survenue au même moment où une hausse des ménages multigénérationnels était observée, deux tendances qui pourraient être liées, entre autre chose, aux circonstances économiques changeantes et/ou aux préférences culturelles de certaines familles ou membres des famillesNote 45. La plus forte proportion d’enfants dans des ménages comptant au moins un grand-parent en 2011 était généralement observée chez les très jeunes enfants, cette situation étant observée chez 6,4 % des enfants de 0 à 4 ans en 2011, comparativement à 1,7 % chez ceux de 20 à 24 ans (figure 8).

    Figure 8 Proportion (en pourcentage) de la population de 24 ans et moins au Canada dans un ménage où vit au moins un grand-parent, par group d’âge en 2011

    Description de la figure 8

    Au fur et à mesure que ces concepts plus détaillés et plus variés quant à la structure familiale continuent d’y être mesurés, les prochains recensements pourront révéler l’évolution de la prévalence de certains modes de vie des enfants, par exemple ceux vivant au sein de familles composées d’un couple de même sexe, de familles recomposées ou de familles multigénérationelles. En association avec les tendances relatives aux familles mariées, en union libre et monoparentales, le nouveau millénaire s’est avéré à ce jour une période de croissance considérable de la diversité—et de la mesure—du mode de vie des enfants.


    Notes

    1. Pour plus d’information, voir Clark, W. 2007. « Tendances differées des jeunes adultes », Tendances sociales canadiennes, 11-008 au catalogue de Statistique Canada.
    2. La baisse du nombre de cas de garde exclusive accordée aux mères après un divorce et l’augmentation des cas de garde partagée augmentent la chance pour les pères d’avoir la garde d’un enfant le jour du recensement. Lorsque mesurée par le recensement, la situation des familles monoparentales ne reflète pas nécessairement la pleine complexité du mode de vie des enfants et les circonstances de la garde.
    3. Cette augmentation est en partie attribuable à un changement conceptuel apporté en 2001 au sujet des familles de recensement. Pour plus d’information, voir l’annexe.
    4. Milan, A. 2013. « Fécondité : aperçu, 2009 à 2011 », Rapport sur l’état de la population du Canada, 91-209-X au catalogue de Statistique Canada.
    5. Recensement de la population de 2011 et Wargon, S.T. 1979. Familles et ménages au Canada, 97-753 au catalogue de Statistique Canada, tableau 2.1.A.
    6. Projection basée sur le Recensement de 2006 et conformément au scénario de croissance moyenne (M1). Source : Projections démographiques pour le Canada, les provinces et les territoires 2009 à 2036, 91-520-X au catalogue de Statistique Canada.
    7. Milan, A. et N. Bohnert. 2012. Portrait des familles et situation des particuliers dans les ménages au Canada, 93-312-X-2011001 au catalogue de Statistique Canada.
    8. Milan, A. et N. Bohnert. 2012. « Les ménages canadiens en 2011 : genre et croissance », Recensement en bref, 98-312-X-2011003 au catalogue de Statistique Canada.
    9. Les données sur les familles comptant un couple de même sexe vivant en union libre ont été rendu disponible en 2001, alors qu’en 2006, ces données ont été étendues pour inclure les familles comptant un couple de même sexe marié à la suite des modifications législatives adoptées en 2005.
    10. Juby, H. 2003-2004. « Yours, Mine, and Ours: New Boundaries for the Modern Stepfamily », Transition, L'Institut Vanier de la famille.
    11. Kerr, D. et R. Beaujot. 2003. « Family relations, low income and child outcomes; a comparison of Canadian children in intact, step and lone-parent families », International Journal of Comparative Sociology, volume 43(1), pages 134 à 152.
    12. Milan, A. et N. Bohnert. 2012. « Les ménages canadiens en 2011 : genre et croissance », Recensement en bref, 98-312-X-2011003 au catalogue de Statistique Canada.
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